<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-202453825640709732</id><updated>2012-01-03T21:12:02.941+01:00</updated><category term='solitude'/><category term='coup de foudre'/><category term='audimat'/><category term='ennuyage'/><category term='encore'/><category term='lauréat'/><category term='promesse'/><category term='ennuissime'/><category term='chatte'/><category term='infini'/><category term='mémoire'/><category term='ennuyant'/><category term='zzzzzzz'/><category term='ennuiement'/><category term='imagination'/><category term='ennui'/><category term='jamais'/><category term='ennuyure'/><category term='france 2'/><category term='raté'/><category term='souvenir'/><category term='ennuyée'/><category term='cowboy'/><category term='mouches'/><category term='Arte'/><category term='ennuyé'/><category term='jeunes'/><category term='école'/><category term='Hitler'/><category term='vieux'/><category term='ennuyer'/><category term='orgasme'/><category term='toujours'/><title type='text'>ManonTroppo</title><subtitle type='html'></subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://beaucoupbeaucoup.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/202453825640709732/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://beaucoupbeaucoup.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>ManonTroppo</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01434665557006111691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='12' src='http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/SVC1uIkOdWI/AAAAAAAAATg/IP0XCvOxM5M/S220/allegromanontroppo.jpg'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>100</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-202453825640709732.post-3918675847773113315</id><published>2011-09-06T23:58:00.003+02:00</published><updated>2011-09-07T15:12:41.224+02:00</updated><title type='text'>Bonjour bonjour les hirondelles.</title><content type='html'>&lt;span style="color: red; font-size: x-large;"&gt;On me demande parfois si&lt;/span&gt; je suis heureuse. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ca ne m’arrive pas à la boulangerie, après avoir commandé ma baguette, bien entendu. &lt;br /&gt;Je n’achète pas de pain. Je sauce avec la langue. Et puis je me lève trop tard pour un vrai petit déjeuner tartine beurrée, ricoré des familles. On me demande aussi assez régulièrement si j’ai pas une cigarette, mais je ne crois pas que ça ait un quelconque rapport avec la felicidad. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je trouve la question étonnante, à chaque fois, toute persuadée que je suis de respirer le bonheur; cependant, je mets toujours un peu de temps à répondre. Je devrais crier un «oui» tonitruant, mais je n’aime pas crier, et puis, non, je ne suis pas irrévocablement heureuse et pour toujours. Pas au point de crier, non. Ca pourrait réveiller ceux qui ont enfin arrêté de pleurer pour trouver le sommeil, on sait jamais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-ySYTC0Sp3mo/TmaU_M7MPQI/AAAAAAAAA8Y/J6EBwJ0gh-E/s1600/bonheurtrytobehappy.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="300" src="http://3.bp.blogspot.com/-ySYTC0Sp3mo/TmaU_M7MPQI/AAAAAAAAA8Y/J6EBwJ0gh-E/s400/bonheurtrytobehappy.jpg" width="400" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis heureuse par nature, je crois, c’est une chance, je ne sais d’ailleurs pas vraiment qui je dois remercier pour ça, même si mon petit doigt me dit que c’est moi; je suis heureuse par nature et quand il faut être triste je suis le best of de ça, la tristesse, je vous fais des compil si vous voulez. Et je pleure et pleure et pleure encore, comme si ça me lavait, sans me préoccuper de mes yeux, 12 heures plus tard, que je ne pourrai pas ouvrir parce qu'ils auront emmagasiné toute la dureté du monde et toute la mienne, surtout, ce qui est pire, bien sûr. Bien sûr. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-m27Lx81gQWo/TmaVK9118iI/AAAAAAAAA8c/4bVQtPuUUMA/s1600/allermaldoctors.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="300" src="http://4.bp.blogspot.com/-m27Lx81gQWo/TmaVK9118iI/AAAAAAAAA8c/4bVQtPuUUMA/s400/allermaldoctors.jpg" width="400" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Mais je suis heureuse, spontanément. Je suis heureuse d’un concert qui me remplit pendant une semaine, quand j’y repense alors que de la musique au caca sort des enceintes d’un taxi qui m’arnaque; je suis heureuse d’un livre aux dernières pages maintes fois relues et embrassées même si la personne à qui je l’ai prêté ne me l’a jamais rendu; heureuse d’un chèque qui arrive alors qu’on ne l’attendait plus et qui va combler le tiers d’un découvert obscène et alimenter le sarcasme d’un banquier trop bien payé; heureuse d’une nouvelle émission sur France 5 la nuit, même si elle nous raconte comment les tigres disparaissent à vue d’oeil - on en a tué deux depuis le début de cette phrase-; heureuse d’un vernis qui tient longtemps sur mes ongles même si je dois trop souvent faire la vaisselle et, irrémédiablement, l’écailler. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis, je ne suis pas malheureuse du reste.&amp;nbsp; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais, si on me le demande comme ça, frontalement, les yeux dans les yeux, la main dans la main si ça se trouve, mes pupilles s’embrument. Ca rate jamais; à tous les coups, ça me noie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu’est ce qui me fait de la peine? Mais absolument tout, mon p’tit gars. &lt;br /&gt;Qu’on me demande si je suis heureuse alors que je viens de soliloquer sur un livre pendant une heure en souriant plus que ma bouche ne s’en sentait capable. Que tout à coup, une fois la question posée, mon livre ne pèse plus que 3 crottes de mouche face à l’immensité de ma potentielle réponse. Face à l’étendue de mon hésitation. Devant la multitude de faits autrement plus importants à prendre en compte après une question pareille que mon livre, mon vernis et mon compte en banque. &lt;br /&gt;Ca me fait de la peine qu’on me le demande. Que j’y réfléchisse. Que je n’aie toujours pas de réelle réponse. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ca me fait de la peine que tu en doutes. &lt;br /&gt;Ca me fait de la peine de ne pas en être sûre. &lt;br /&gt;Je me dis souvent que le bonheur, s'il doit être vrai, est incroyablement égoïste et ne peut impliquer personne, et rien. J'en conclue, parfois, que le vrai bonheur ne dure que le temps d'une danse, un matin, dans un jardin, sans se préoccuper du soir même.&lt;br /&gt;Et pourquoi pas. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-lYCG2836eTM/TmaWG5KXSBI/AAAAAAAAA8k/xHxYKQn2Xao/s1600/bonheurmarilyn.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="331" src="http://1.bp.blogspot.com/-lYCG2836eTM/TmaWG5KXSBI/AAAAAAAAA8k/xHxYKQn2Xao/s400/bonheurmarilyn.jpg" width="400" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Je vois souvent ma mini vie depuis une autre échelle. Certaines drogues et l’alcool m’aident à me projeter 10000 mètres au dessus de moi et à jauger mes petits agissements, même s’ils consistent à embrasser qui vous voudrez et à me casser la gueule là où je peux. Ca n’est pas, pour moi, une façon d’atteindre la sérénité -tiens donc?-, mais une possibilité d’envisager d’autres tristesses. J’aime bien et puis j’aime pas. Et c’est peut-être ce qui m’attriste le plus. Tous les gens qui pleurent et qu’ont même pas de masques à l’aloe véra pour faire dégonfler les paupières, le lendemain, au frais dans le frigo à côté du vernis. C’est vraiment dégueulasse. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ca me fait de la peine que vous n’ayez pas compris que, selon-moi-pour-moi, le bonheur n’est pas un état, acquis comme ça, youplaboum, mais un but. Ca demande du boulot, de l'entêtement, presque; ça, j'en suis certaine genre carrément et tout.&amp;nbsp; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ca me fait de la peine que vous ne me posiez jamais la vraie question, la seule qui compte. «Veux tu être heureuse?».&lt;br /&gt;A ce moment là, et grâce à ça, je le serai déjà immensément et je pourrais hurler que oui, quitte à réveiller ceux à qui on ne pose toujours pas les bonnes questions et les autres, dont les réponses n’intéressent personne, et qui pleurent, le visage enfoui dans un oreiller trempé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A chaque jour suffit sa joie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-4diBfaIHrwM/TmaWyd-brFI/AAAAAAAAA8o/JhR0FoSRRKg/s1600/allermalsadnessiseasier.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="227" src="http://2.bp.blogspot.com/-4diBfaIHrwM/TmaWyd-brFI/AAAAAAAAA8o/JhR0FoSRRKg/s400/allermalsadnessiseasier.jpg" width="400" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Le cougar a officiellement disparu de la circulation, pfuit, c’est terminé, finito Benito, ciao l’amigo. Et, c’est surement une broutille, pour vous, mais pour moi, c’est la vie qui voit l’bout. Pourtant, je suis là, et bien là; j’ai ri, joui et mangé une côte de boeuf aujourd’hui. Le tout accompagné d'un très bon Brouilly. Mon monde ne s'est pas écroulé. J'ai eu un pincement au coeur, et mon coeur en a l'habitude, il encaisse, j'imagine. Comme les vôtres, certainement. Je suis là et je suis heureuse. Je crois. Pendant quelques minutes. D’affilée. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Demain est une autre peine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-Rbq26dQtA5Y/TmaXGPOpiPI/AAAAAAAAA8s/jcRB6W7FB74/s1600/joiehihi.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="328" src="http://2.bp.blogspot.com/-Rbq26dQtA5Y/TmaXGPOpiPI/AAAAAAAAA8s/jcRB6W7FB74/s400/joiehihi.jpg" width="400" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;-maispastrop-&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/202453825640709732-3918675847773113315?l=beaucoupbeaucoup.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://beaucoupbeaucoup.blogspot.com/feeds/3918675847773113315/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=202453825640709732&amp;postID=3918675847773113315' title='7 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/202453825640709732/posts/default/3918675847773113315'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/202453825640709732/posts/default/3918675847773113315'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://beaucoupbeaucoup.blogspot.com/2011/09/bonjour-bonjour-les-hirondelles.html' title='Bonjour bonjour les hirondelles.'/><author><name>ManonTroppo</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01434665557006111691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='12' src='http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/SVC1uIkOdWI/AAAAAAAAATg/IP0XCvOxM5M/S220/allegromanontroppo.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-ySYTC0Sp3mo/TmaU_M7MPQI/AAAAAAAAA8Y/J6EBwJ0gh-E/s72-c/bonheurtrytobehappy.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>7</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-202453825640709732.post-4030399435121625348</id><published>2011-07-25T16:22:00.000+02:00</published><updated>2011-07-25T16:22:30.430+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='ennuyée'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='ennuyure'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='ennuyer'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='ennuissime'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='ennui'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='ennuiement'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='ennuyage'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='ennuyant'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='ennuyé'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='zzzzzzz'/><title type='text'>L'ennui et le jour.</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-UQ73BPe6Qvc/TinbDYQ07lI/AAAAAAAAA78/s5z-k8K4lQo/s1600/4e02c1e8650ff.png" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="color: red; font-size: x-large;"&gt; Je me plains&lt;/span&gt; pas. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai à manger. Même s’il arrive que j'attende de trembler d'hypoglycémie pour me nourrir. De la même façon qu’il m’arrive d’aller faire pipi à la tou-tou-toute dernière minute. Je sais pas pourquoi. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais j’ai des toilettes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Me faites pas le coup des petits africains qui souffrent de malnutrition. S’il vous please.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je vole mon carpaccio, régulièrement. Je paie mon parmesan, parfois. On m'offre des câpres des Pouilles. Ma colocataire a un bon plan Mozzarella. Je fais super bien le hachis au canard. Et le café. Sans que je m’en rende compte, ma mère gave mon sac de graines de sésame et autres potions magiques quand je passe chez elle. Quand j'accepte enfin son invitation, mon père m'invite à la pizzeria ou à l'Hippopotamus, comme tous les padre. Léon de Bruxelles, aussi. Le Bistro Romain, bien entendu. Où je n'ai pas à voler le carpaccio, où on m'en ressert même jusqu'à ce que je puisse plus bouger, coufle-bourre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai un Franprix ouvert jusqu’à 22 heures en bas de mon immeuble, pile poil, et ouais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et un appétit d'ogre. Manger, c'est mon doudou. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me plains pas. &lt;br /&gt;J’ai aussi. Heu.&lt;br /&gt;Un toit. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et un toit sur mon toit, rapport au dernier étage où j'ai élu domicile. Un toit où y rien au dessus et sur lequel je peux aller. Et quand j’y vais, généralement, c’est pour fumer des pétards et boire de la gnole avec des affreux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-sS3DNLvzsJo/TirXnIovRUI/AAAAAAAAA8Q/xMq-Q_gqbos/s1600/chute.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="268" src="http://4.bp.blogspot.com/-sS3DNLvzsJo/TirXnIovRUI/AAAAAAAAA8Q/xMq-Q_gqbos/s400/chute.jpg" width="400" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;J’ai des affreux, donc. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai aussi d’autres trucs. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un sexe. Par exemple. &lt;br /&gt;Avec lequel je fais tout comme ce que vous faites avec le vôtre. Mais en mieux. &lt;br /&gt;M’avez vous déjà vue faire pipi? Bon. Alors.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-x29WURM3m6Q/TirXxL0xtOI/AAAAAAAAA8U/nvTsRT85-5M/s1600/sexemasturbation.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="400" src="http://3.bp.blogspot.com/-x29WURM3m6Q/TirXxL0xtOI/AAAAAAAAA8U/nvTsRT85-5M/s400/sexemasturbation.jpg" width="298" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Un ordinateur. &lt;br /&gt;Sur qui il m’arrive de passer ma main pour caresser l’écran.&amp;nbsp; &lt;br /&gt;Je l’aime. Je lui ai donné un prénom. Il a des soucis de santé et ça m'inquiète.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai de l'inquiétude. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et un buraliste chinois. J’ai ça, aussi. C’est à dire un buraliste ouvert tout le temps. Même quand c'est le 1° janvier ou pendant le ramadan. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai manifestement une connexion internet, dix doigts et un blog. Je suis une PRIVILEGIEE. Je suis comme vous, on est d’accord, ok.&amp;nbsp; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me plains pas. &lt;br /&gt;Je suis pas du genre à me plaindre. &lt;br /&gt;J’aime pas les geignards. &lt;br /&gt;Là n’est pas la question. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n’est d’ailleurs pas dit qu’il y ait une quelconque question dans les centaines de signes à venir. Si vous êtes du genre à toujours vouloir répondre à tout, passez votre chemin. Ou alors, oui, allez répondre aux réclamations de ceux qu’habitent dans des quartiers où tout ferme à 20 h. Le Franprix, le tabac, moi, le planning familial. Allez-y donc. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et pourtant. &lt;br /&gt;Je passe mes journées à attendre le lendemain, même pas vraiment impatiente, je suis d’ailleurs pas persuadée que je les attende réellement, les jours d’après; et puis après quoi? Sérieux. Le 2° bing bang, peut-être? Le renouveau? La renaissance? Mais enfin, faut bien que je nomme ça d’une façon ou d’une autre. Disons donc que j’attends.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-bRxk78523YM/TinxZ8nhm1I/AAAAAAAAA8E/UzOOdw8t5Vw/s1600/ennui.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="323" src="http://3.bp.blogspot.com/-bRxk78523YM/TinxZ8nhm1I/AAAAAAAAA8E/UzOOdw8t5Vw/s400/ennui.jpg" width="400" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Même un chat a plus d’activités que moi, en ce moment. Je parle de chat d’appartement, entendons nous bien; ceux qui servent de statues sur les rambardes de balcons ou les pianos fermés, à peu près. Pas ceux qui pêchent et chassent et rentrent chez les gens et s’égarent et se perdent et tombent des balcons ou des pianos et. Et tout. Même ceux qu’on abandonne, ils se bougent davantage, au moins au niveau du stress. Et des émotions qu’ils provoquent. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-UQ73BPe6Qvc/TinbDYQ07lI/AAAAAAAAA78/s5z-k8K4lQo/s1600/4e02c1e8650ff.png" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="298" src="http://1.bp.blogspot.com/-UQ73BPe6Qvc/TinbDYQ07lI/AAAAAAAAA78/s5z-k8K4lQo/s400/4e02c1e8650ff.png" width="400" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Non, je parle du chat bourgeois que j’ai sous la main et sur qui je pose souvent ma paume chaude et ergonomique pour entendre vrombir le torse et le goitre sous le plaisir que ce geste de rien du tout lui procure. Le chat, ce pacha, au moins, lui, il passe du canap’ au lit et du lit au fauteuil; pour pioncer, peut-être, mais il le fait. Et, régulièrement, il pisse. Sans compter le nombre de fois où il déploie tous ses charmes pour se délecter de la pâtée de cheval qu’on a abattu après qu’il se soit cassé une patte, lors d’une course à Chantilly. Ca fait de la gym, quoi. Un peu. Du mouvement. Ca sollicite 2,3 muscles et un certain pouvoir de séduction. Parfois même, ça s’étire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Moi je reste dans le lit, j’en bouge pas d’un poil. Et je ronronne plus jamais. C’est à peine si je remets le drap dans le bon sens après l’avoir chiffonné d’une nuit blanche. Je vais pas jusqu’au fauteuil, non, je pose même pas mes yeux dessus; ça demanderait trop, beaucoup, beaucoup trop de concentration. &lt;br /&gt;Tu m’diras, même avec toute la volonté du monde, je tiendrai pas dans le fauteuil, là, en rond, pour y dormir. Enfin, avec beaucoup, beaucoup d’efforts et de contorsions, peut-être, d'accord. Mais on a compris que les efforts, c’est pas ma came, là, ces jours ci.  Je passe un nombre incalculable d’heures à faire rien d’autre que rien faire. Je le sais, tout en le faisant. Je regarde le plafond, principalement. Il est grand. Et de type clair. Je vous dis tout.&amp;nbsp;Je vous cache rien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Même les livres, ou pire, les films, j’arrive pas. Je m’y mets 5 minutes et puis ça m’emmerde; le roman éponyme de Moravia, que j'ai acheté alors que la maladie ne m'avait pas encore complètement occupée, m'a paru incroyablement loin et haut, dans la bibliothèque. Je n'ai pas eu le courage ni l'envie de déplacer le tabouret pour atteindre la 5° et inhospitalière étagère. Et puis, qu'est ce qu'il est lourd, ce tabouret. Il a doublé de poids en 1 semaine, c'est éventuellement bizarre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-oqZm9YZNjtY/Tinfr2bcWWI/AAAAAAAAA8A/u1xagybIUyY/s1600/noia2.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="226" src="http://2.bp.blogspot.com/-oqZm9YZNjtY/Tinfr2bcWWI/AAAAAAAAA8A/u1xagybIUyY/s400/noia2.jpg" width="400" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&amp;nbsp; &lt;br /&gt;On dirait qu’il me faudrait un truc qui raconte l’histoire de ma vie pour que j’accroche.&lt;br /&gt;Une meuf à poil dans un lit qui regarde un film dans lequel une fille passe son temps à poil dans son lit à regarder une femme dans un pieu qui... . Le pied, mon cul. L’enfer total. Pourtant, je suis à 75 voire 78% convaincue qu'à ça, je m’y intéresserai. Et je suis rarement convaincue de quoique ce soit à 75%. Sinon l’utilité de la viande rouge et l’inutilité du monde depuis la mort de Marilyn Monroe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Limite, je supporterais Isabelle Huppert démaquillée dans un film sans dialogues. Quoique, la télé est dans le salon. Et le salon est au moins, je dis bien au moins, à 4 mètres de ma chambre, c'est à dire 8 pas.&amp;nbsp;8 pas de trop, donc. &lt;br /&gt;Oui, non, je suis pas seulement flemmarde, je suis petite, aussi. Minus. Riquiqui.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’un autre côté, on peut pas dire que je m’ennuie au sens propre du terme. Je m'ennuie pas comme mes amis s'ennuient quand ils disent "je m'ennuiiiie" en traînant sur le I comme pour remplir le temps au moins 3 secondes. Alors, ils tournent en rond, fument cigarette sur cigarette et se lavent plein de fois les cheveux, ou ce genre de choses ineptes. Non, c'est pas comme ça, dans mon monde. Mon ennui est teinté d'intérêt, en toute modestie. Je "m’ennuie" d’ailleurs généralement jamais. Notamment grâce à ma tête, ma géniale tête; on peut me planter devant un mur pendant une semaine, mettons que j’y trouve une mini fissure -y’a toujours une mini fissure- et à partir de là, j’imagine des trucs. J’ai pas besoin de grand chose, vraiment, je suis fille unique, hein, j’ai roulé ma bosse, je lui ai fait faire de l'exercice à mon imagination; la fissure fait l’affaire et me peuple ma journée; je visualise tout un tas d’histoires, marrantes, si possible, dramatiques, si vous voulez; avec un peu de chance, je finis avec des scénarios cochons. Y’a certaines des anecdotes que je me fabrique qui mériteraient presque d’être couchées sur le papier. Mais pour ça, faudrait encore que je me lève, que je me véhicule jusqu'au bureau et que j’allume Grace Jones, mon ordi. Bwarf, rien que d’y penser, je suis crevée.  D’ailleurs, là, ça y est, j’en ai marre de dire que je suis crevée, ça me fatigue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-j1vTaCImbgA/Tin0KlF3_TI/AAAAAAAAA8I/UZ4nK_wq2R0/s1600/blog_m_boredom.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="400" src="http://1.bp.blogspot.com/-j1vTaCImbgA/Tin0KlF3_TI/AAAAAAAAA8I/UZ4nK_wq2R0/s400/blog_m_boredom.jpg" width="273" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;A cet égard, j’en arrive à me demander s’il ne faudrait pas que j'envisage de vivre le jour, un jour. Peut-être. Peut-être.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-ooJjgUNnUNY/Tin0RnRm-2I/AAAAAAAAA8M/QaP0mot7YB8/s1600/Boring_art.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="295" src="http://3.bp.blogspot.com/-ooJjgUNnUNY/Tin0RnRm-2I/AAAAAAAAA8M/QaP0mot7YB8/s400/Boring_art.jpg" width="400" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'ennui porte conseil. Voyons voir. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;-maispastrop-&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/202453825640709732-4030399435121625348?l=beaucoupbeaucoup.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://beaucoupbeaucoup.blogspot.com/feeds/4030399435121625348/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=202453825640709732&amp;postID=4030399435121625348' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/202453825640709732/posts/default/4030399435121625348'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/202453825640709732/posts/default/4030399435121625348'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://beaucoupbeaucoup.blogspot.com/2011/07/lennui-et-le-jour.html' title='L&apos;ennui et le jour.'/><author><name>ManonTroppo</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01434665557006111691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='12' src='http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/SVC1uIkOdWI/AAAAAAAAATg/IP0XCvOxM5M/S220/allegromanontroppo.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-sS3DNLvzsJo/TirXnIovRUI/AAAAAAAAA8Q/xMq-Q_gqbos/s72-c/chute.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-202453825640709732.post-7616040689002435995</id><published>2011-07-12T00:28:00.052+02:00</published><updated>2011-07-15T15:55:30.185+02:00</updated><title type='text'>Jusqu'au bout de l'incroyable extrême limite.</title><content type='html'>&lt;span style="color: #cc0000; font-size: x-large;"&gt;Je vous ai déjà parlé de&lt;/span&gt; Jonathan Safran Foer? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais si. Vous savez. Cet auteur américain d’une trentaine d’années, au physique quelconque et aux épaules légèrement tombantes, qualifié ici de prodige, là, d’ovni, et petit protégé de Joyce Carol Oates. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-B3Eirt-COyk/Thtj557d77I/AAAAAAAAA3M/Vz97JZUV3NA/s1600/Jonathon+Safran+Foer.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="300" src="http://2.bp.blogspot.com/-B3Eirt-COyk/Thtj557d77I/AAAAAAAAA3M/Vz97JZUV3NA/s400/Jonathon+Safran+Foer.jpg" width="400" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Je vous ai déjà parlé de Jonathan Safran Foer, oui, naturellement. Naturellement. Au moins en dormant. Ou à 6 heures de la nuit avec des problèmes d’élocution. «Jontansafrfernf», c’était lui, hein. C’est toujours lui, Jontansafrfernf.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a quelques mois, pour ne pas parler d’année, j’ai commencé un roman. Enfin, pour être précise, &lt;b&gt;j'avais&lt;/b&gt; commencé un roman. Et puis, un jour, j’ai perdu 80 et quelques pages; pages remplacées comme par magie/destin/message divin...? par une lettre adressée à mon &lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;fils de pute de&lt;/span&gt; banquier. Subitement, les 280000 signes que j’avais poussés et mis au monde s’étaient transformés en une seule page Word, une, une seule, et n’avaient pour toute intrigue qu’une demande d’autorisation de découvert minable et non méritée dont tout un chacun aurait su qu’elle n’aboutirait pas. Ca faisait léger, comme manuscrit, ne nous mentons pas. Sans parler du «Cordialement» à la fin. Aucun roman n’est censé être cordial. Ni signé à la dernière page. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un -autre- jour, donc, après plusieurs mois de tentative de deuil et de jérémiades informatiques, j’avais décidé de reprendre l’Ecriture avec un grand Heu...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«&lt;i&gt;Un tout autre sujet, il me faut un tout autre sujet&lt;/i&gt;» me disais-je sans cesse, sans cesse, sans cesse. Enfin, c’est à dire, quand j’y pensais. Disons, quand je m’y collais. &lt;br /&gt;Bref, «&lt;i&gt;Un tout autre sujet&lt;/i&gt;», que je me répétais occasionnellement, certains dimanches. Fériés. Bissextiles. Tout ça. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les tentatives de retrouver, dans ma mémoire flapie, les meilleurs moments des pages tombées aux oubliettes, s’étaient avérées, sinon vaines, tout du moins humiliantes; certaines idées me revenaient, soit; une métaphore même, youpi; mais la façon de le dire n’était plus qu’une pale copie de l’originale. C’est à dire de mon originale à moi mienne. Déconcertant, donc, humiliant, et perdu d’avance. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«&lt;i&gt;Un tout autre sujet, un nouvel angle, d’autres personnages, une ville différente, des drames incomparables, des bonheurs sans égal, un héros sans égo, un auteur moins aigri&lt;/i&gt;», voilà ce que je m’étais imposé. &lt;br /&gt;Et ces règles s’étaient révélées assez inspirantes, dans l’imbroglio de la terreur d’un nouvel essai; elles me guidaient, à la façon du nombre de signes imposés devant l’immensité des possibles d’une interview qui s’éternise. Un peu de cadre, ça peut pas faire de mal. Y’a pas que les gens qui nous ont mis au monde qui disent ça, la preuve. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après quelques semaines transpirantes, recluse en Normandie, n’y étant pour personne, portable coupé et partie sans chargeur, j’avais mon début de deuxième roman. Je le tenais. Sérieusement; il était là, lisible, noir sur blanc. Et bien qu’ayant pour habitude d’être sévère vis à vis de moi-même - en ce qui concerne l’écriture, hein, à part ça, je me pardonne tout-, j’avais beau le retourner de toutes les façons possibles, la vérité apparaissait comme la vérité apparaît toujours: nue, criante, éblouissante. C’est ce qu’ils disent, les mecs qui parlent de la vérité: qu’elle est nue, souvent, criante aussi, et éblouissante pour les plus illuminés. La vérité vraie, c’était que c’était parti, mon kiki.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'avais mon bureau au grand air. La belle vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-05pJklZGuPw/ThtlnwLCLwI/AAAAAAAAA3Q/qXwjc4pbqB8/s1600/Photo0305.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="300" src="http://3.bp.blogspot.com/-05pJklZGuPw/ThtlnwLCLwI/AAAAAAAAA3Q/qXwjc4pbqB8/s400/Photo0305.jpg" width="400" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ressentais un truc d'écrivain, de vrai écrivain, qui, selon l'endroit où il écrit, crache à une vitesse plus ou moins fulgurante. J'étais Proust. Ni plus ni moins. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-mKGhxCspxY4/ThtnZBumkKI/AAAAAAAAA3Y/8TzBgjBPjwI/s1600/Photo0306.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="300" src="http://2.bp.blogspot.com/-mKGhxCspxY4/ThtnZBumkKI/AAAAAAAAA3Y/8TzBgjBPjwI/s400/Photo0306.jpg" width="400" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;J’avais décidé qu’au bout de quinze jours, je devais être fixée. Quinze jours d’écriture, me direz-vous, c’est énorme. Mais, vous rétorquerais-je aussitôt grâce à ma vivacité alerte, je n’ai pas la patience des femmes de marins ni la pugnacité des épouses trompées. En revanche, le penchant nocturne et arrosé de... mettons, toutes les parisiennes un tant soit peu bien dans leurs pompes qui ne prennent rien au sérieux, ça oui. J’en déborde à ne plus savoir qu’en faire. &lt;span style="font-size: x-small;"&gt;Vous en voulez?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aussi ne m’attelais-je à ma tâche que 3 petites heures par jour, à la dérobée, entre la promenade des bunkers de la plage jusqu’au Casino de Trouville, le bar cubain de Deauville où on m’offrait des cigares et où je volais des cendriers en remerciement, et le cognac des 4 Chats, rue des Bains, sur le chemin du retour.&amp;nbsp; &lt;br /&gt;Néanmoins, après 3 heures d’écriture par 24 heures sur 15 jours: au bout d‘1,875 jour d’Helvetica, donc, je tranchai.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-jt3TJ0v3cGY/ThtoqCzJ6XI/AAAAAAAAA3c/QhpZT88Uhps/s1600/ecriturepoubelle.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="400" src="http://3.bp.blogspot.com/-jt3TJ0v3cGY/ThtoqCzJ6XI/AAAAAAAAA3c/QhpZT88Uhps/s400/ecriturepoubelle.jpg" width="300" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;J’étais non pas satisfaite de ce que j’avais écrit mais persuadée d’être lancée. La différence est de taille, j’étais du bon côté. J’avais même découvert cette option magique et forcément, forcément inventée par un type qui lutte pour l'émergence de nouveaux auteurs dans ce monde: l’affichage «plein écran». Sans rire, on peut se concentrer comme dans le cosmos et ça vous mystifie le truc que z’avez pas idée; ça mettrait en confiance Ribéry après 400 pages de biographie. Ecrites par lui, j’entends. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-rRDg9PfGddo/Tg4_jzXxuLI/AAAAAAAAA3E/doptp2m8f0I/s1600/jonathan.png" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="250" src="http://2.bp.blogspot.com/-rRDg9PfGddo/Tg4_jzXxuLI/AAAAAAAAA3E/doptp2m8f0I/s400/jonathan.png" width="400" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Je me disais «en voiture Simone», je me chuchotais «en route pour l’aventure» et d’autres expressions vieillottes que je préfère ne pas immortaliser ici. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’veux dire, j’y croyais, bon sang. Ca faisait, au bas mot, un an que je n’y avais pas cru de la sorte. Et, avec la foi, revenait la douce ivresse liée à la naissance d’un projet. Mon bas ventre frétillait. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rentrée à la maison, je considérais mon foetus sous un nouvel angle. Etrangement, à Paris, il prenait encore plus d’envergure, dans la régularité de l’agitation citadine et, qu’on le veuille ou non, capitale. Dans le silence de la nuit aussi. Capitale, tout autant. Essentielle. &lt;br /&gt;Je commençais à m’y attacher, diantre; je lui voyais des débuts de bras, de prépuce, et les idées fleurissaient en jet continu. Partout, sans prévenir, facialement, même. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme pour mon premier roman, mort né, j’avais choisi un personnage masculin. J’ai beau aimer ça, les femmes, elles continuent d’acheter Closer, c’est à dire, payer Mondadori, c’est à dire, arroser Berlusconi, tout en se revendiquant féministes; et puis elles dépensent des fortunes dans des manucures tout en causant fin du monde, les pieds en éventail. &lt;br /&gt;Ca ne m’avait pas décidée, ces faits là, ça m’avait confortée; j’ai jamais imaginé écrire autre chose que l’histoire d’un homme. Parce que j’ai jamais imaginé écrire l’histoire de quelqu’un qui lui en voulait, à l’histoire, tout en la fuyant. Point. Barre./&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un soir, soudainement, je savais que mon personnage devait se déplacer. Les transports, l’émotion du transport, le mouvement, les paysages qui défilent, là où on se pose, les mauvaises chambres d'hôtel, la fenêtre du TGV, les poteaux qu’on compte, les vaches qui nous fixent, les arrondissements qui se contredisent, et la Seine, sereine. Toute cette merde, c’était ma came et, à fortiori, la sienne. Tout du moins, il devrait faire avec.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-ZpIS1JiIY7Q/ThttkLc14hI/AAAAAAAAA3o/_py9gqbVviM/s1600/Photo0094.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="300" src="http://4.bp.blogspot.com/-ZpIS1JiIY7Q/ThttkLc14hI/AAAAAAAAA3o/_py9gqbVviM/s400/Photo0094.jpg" width="400" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;Arnaud, mon Arnaud, mon personnage chéri, était en train de déménager. J’avais fait en sorte qu’il déménage au bon moment, dès les premières pages, pas quand on l’attendait; je trouvais Arnaud tout à fait super, alors. J’étais fière de lui, mon avorton. J’étais certaine qu’Arnaud allait aller loin malgré le destin que je lui réservais. D’après moi, Arnaud était parti pour 200 pages, voire 220. Et ne pas être trop «roman Français». Non pas que j’abhore le genre, mais, de toute évidence, dans l’éventualité d’un succès planétaire au niveau de Paris 75010, je ne réussirai jamais à véhiculer l’impolitesse requise pour répondre désagréablement aux journalistes incompétents sur les plateaux de la tv. En plus, y'avait même pas des gens connus ou mon vrai mari, dans l'histoire. Donc.&lt;br /&gt;Bon. &lt;br /&gt;Donc bon. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi, Arnaud bandait du futur que je lui mijotais, et moi donc. Nous formions une fine équipe. Nous nous souhaitions bonne nuit souvent. Et à n’importe quelle heure de la journée, c’est dire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis. Un beau soir...&lt;br /&gt;Souvent, on dit «un beau matin», mais, me concernant, faudra repasser rapport au fait que j’aime pas trop voir les gens et qu’il me faut au moins 12 heures pour me faire à l’idée de, peut-être, accepter un rendez-vous; tout ce qui aurait pu m’être annoncé un beau matin m’est finalement craché vers 21h. &lt;br /&gt;Un beau soir, disais-je, on m’a offert un livre. En me l'offrant, on m'a dit "&lt;i&gt;Il est pour toi, ce livre, il est fait pour toi, il a été écrit pour toi, il est pour toi.&lt;/i&gt;" On m'a dit ça, tout de go. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai pensé &lt;i&gt;"nom de dieu de bordel de merde, qui es-tu, toi, pour savoir ce qui est fait ou non pour moi ou pas, mmmh?"&lt;/i&gt; sans oser le dire à voix haute parce que, tout de même, je recevais un cadeau, sans raison apparente, sans date anniversaire, sans événement à fêter, simplement parce que ce fameux roman était soit disant fait pour moi. Alors je me taisais et demandais simplement:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-C'est quoi?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'était simple, comme demande. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-C'est extrêmement fort et incroyablement près.&lt;br /&gt;-Cool. Enfin, j'veux dire, tu vas pas me dire, après avoir annoncé qu'il était fait "pour moi" que c'est majestueusement mou et formidablement incompréhensible. Donc, d'accord, c'est bien mais: &lt;u&gt;c'est quoi?&lt;/u&gt;&lt;br /&gt;-Non mais, c'est le titre, en fait, Extrêmement fort et incroyablement près. &amp;nbsp; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-NOSfTznmfd4/ThtqD0cB-VI/AAAAAAAAA3g/5ERy0HeX_dE/s1600/9782879294810.gif" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="400" src="http://3.bp.blogspot.com/-NOSfTznmfd4/ThtqD0cB-VI/AAAAAAAAA3g/5ERy0HeX_dE/s400/9782879294810.gif" width="257" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Extrêmement fort et incroyablement près&lt;/i&gt; c’était le titre. Et chez mon éditeur préféré. Et, drôle, drôle à en crever: la couverture était incroyablement celle que j’avais imaginée pour mon mien de roman extrêmement à moi, si, un jour, peut-être, un mec sur le point d’être viré d'une maison d'édition décidait de l’éditer, comme ça, pour la blague. Ca roulait la merde*. J'étais salement de la baise**. Mon Arnaud transpirait un peu, à cette minute là, et mon roman haletait. Mon coeur battait plus vite que d’habitude, et, d’habitude, il bat déjà trop vite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette couverture m'avait assommée. Littéralement. J'veux dire, j'ai ouvert le paquet cadeau et j'ai eu le tournis au point de devoir me tenir à ce type, là, avec qui je buvais beaucoup trop de vodka, et qui n'était pourtant pourtant pas la cause de mon étourdissement.&amp;nbsp; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Ca va? T'es ivre?&lt;br /&gt;-Non. Oui. Non. Enfin non, je suis pas ivre. Et, oui, ça va.&lt;br /&gt;-T'es sûre?&lt;br /&gt;-... Non, ça va pas. En fait, ça va pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fait ça n'allait pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Pourquoi, qu'est ce qu'il t'arrive?&lt;br /&gt;-Je voudrais être ivre.&lt;br /&gt;-Ah. Alors, ça va.&lt;br /&gt;-Non.&lt;br /&gt;-Non?&lt;br /&gt;-Non, je voudrais être ivre au point d'atteindre ce moment où je perds la mémoire et comme ça, bon, demain, je me dirai pas que la couverture que je voulais pour mon roman existe déjà, et, du coup, bin, je pourrai continuer à écrire mon roman que déjà je l'ai perdu la première fois alors bon, que je voudrais bien qu'on me foute la paix. Que merde quoi. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-oUr4spYnxa4/ThtrC6O37dI/AAAAAAAAA3k/oYybFiT5m3Q/s1600/alcoolfillesaoule.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="251" src="http://2.bp.blogspot.com/-oUr4spYnxa4/ThtrC6O37dI/AAAAAAAAA3k/oYybFiT5m3Q/s400/alcoolfillesaoule.jpg" width="400" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;- Heu, quoi, donc? Tu veux un verre alors?&lt;br /&gt;-Je ne sais même pas pourquoi t'es pas déjà au bar, à vrai dire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et, à vrai dire, j'ai dit ça en le poussant de sa chaise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je regardai cette couverture. Je la regardai de tous mes yeux. Chacun d'eux étaient concentrés comme jamais ils ne l'avaient été sur, même, mettons, une carte de boissons fortes à moitié prix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-lAYzWDW66f8/Th9Z_wLLGKI/AAAAAAAAA7k/yBQDBmVmFmA/s1600/zvomb.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://1.bp.blogspot.com/-lAYzWDW66f8/Th9Z_wLLGKI/AAAAAAAAA7k/yBQDBmVmFmA/s320/zvomb.jpg" width="247" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-lQlVrWBHvMo/Th9ZtmIf0hI/AAAAAAAAA7g/9bNQOWhYsmw/s1600/zvomb.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;-Tiens, je t'ai pris une vodka tonic, ça te va?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après l'avoir bue d'une traite, j'avais jugé inutile de lui répondre considérant que mon débit représentait déjà une forme d'approbation. Merci. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et je suis partie, avec le livre que je serrais sous mon bras, en le protégeant, comme s'il savait comment sauver l'humanité et tout. De tout. Et pour toujours. Alors que j'en ai rien à foutre de l'humanité. Et que j'en ai rien à foutre de rien. Jamais. Mais je le serrais, et le serrais encore, jusqu'à ce qu'une crampe à l'épaule m'empêche de continuer et que je me résigne à faire une petite pause respiration, équilibre, pulsations et espoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-yvucuZRUX4A/ThtwAaEBjWI/AAAAAAAAA3s/3A-hhB5rcak/s1600/allermaldoctors.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="300" src="http://4.bp.blogspot.com/-yvucuZRUX4A/ThtwAaEBjWI/AAAAAAAAA3s/3A-hhB5rcak/s400/allermaldoctors.jpg" width="400" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;On dira ce qu'on voudra des Parisiens, ils savent repérer un moment crucial comme personne. Proportionnellement, ils sont meilleurs que tous les autres quand ils sont à moitié sympas, forcément, puisqu'ils partent du pire. Si je n'avais pas été en perdition, ma tentative de rattraper la porte cochère avant qu'elle ne se ferme derrière madame et son chien-chien aurait été assimilée à du vandalisme avant même que je sorte ma bière, mon berger allemand, mes bilboquets et mes bombes. Ce soir là, madame et son chien-chien ont compris, et ma tentative de rattraper la porte cochère avant qu'elle ne se ferme a été suivie d'un échec, d'un obscur bruit électronique de verrou automatique, oui, mais aussi d'un code tapé sous mes yeux comme par magie, juste après.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Je vous en prie, me dit la dame.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je l'avais même pas encore remerciée que déjà elle me remerciait de l'avoir pas encore remerciée.&amp;nbsp; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Je vous remercie, je lui réponds, du coup. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et je pense, subitement, à la façon dont l'humanité pourrait s'aider allégrement dans ce genre de petits gestes quotidiens. Je me rappelle aussi immédiatement mon incapacité à m'y plier et mon mépris de ça, l'humanité. Et puis, si tout le monde se donnait la main, qui s'occuperait de faire à manger, sérieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Vous avez l'air en retard.&lt;br /&gt;-Cause que je suis préssée.&lt;br /&gt;-Bonne soirée.&lt;br /&gt;-Bonne soirée à vous aussi et à (je regarde le caniche rose beige poudre bizarre)...&lt;br /&gt;-Cannelle.&lt;br /&gt;-Sérieusement?&lt;br /&gt;-Que voulez vous dire?&lt;br /&gt;-Je veux dire, vous avez sérieusement appelé ce caniche rose-beige-poudre: Cannelle?&lt;br /&gt;-Oui. Pourquoi?&lt;br /&gt;-Parce que... et bien, c'est un peu comme appeler un labrador beige Caramel, vous voyez.&lt;br /&gt;-J'ai aussi un labrador. Beige.&lt;br /&gt;-Ha? &lt;br /&gt;-Qui s'appelle Caramel.&lt;br /&gt;-Ha! &lt;br /&gt;-Oui.&lt;br /&gt;-Vous aimez bien les chiens, non, dans la vie?&lt;br /&gt;-Non, je me force.&lt;br /&gt;-Ah zut, désolée.&lt;br /&gt;-Je plaisante.&lt;br /&gt;-Ah ok, désolée.&lt;br /&gt;-Bonne soirée.&lt;br /&gt;-Oui. Voilà. D'accord. Vous aussi. Bonsoir Cannelle. Le bonjour à Caramel hein !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et en me retrouvant dans le hall, fleuri comme un rond point de ville jumelée à je ne sais trop quel bourg anglais, je me suis dit que c'était pas tout à fait ce qu'on pouvait appeler "un grand moment de conversation", que je venais de vivre là. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me suis assise sur les marches de ce que j'ai imaginé être la loge de la concierge. C'était mignon tout plein, y'avait de la faune en cage et de la flore en pot. Quelques fourmis. Deux escargots. Et le silence. J'ai ouvert le livre. Mon coeur battait plus fort encore que tout à l'heure quand il battait déjà trop fort. Je sentais le trafic sanguin dans mes tempes, j'étais un métronome d'angoisse à moi toute seule. J'ai ouvert le livre. J'ai ouvert le livre.&lt;br /&gt;Je l'ai ouvert. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dès la première page, j'ai cru mourir. &lt;br /&gt;C'était mes mots. Et si c'était pas mes mots, c'était mes blagues. Et si c'était pas mes blagues, c'était l'intérieur de ma tête. J'ai tout de suite décidé de feuilleter le truc, tout en respirant l'odeur qui sortait du mouvement des pages. Et j'ai cru mourir à nouveau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est là que j'ai su que j'étais pas morte, du coup.&amp;nbsp; On meurt pas deux fois, hé, ça va, ça je le sais. Ca m'a soulagée un peu, l'air de rien, dans la suffocation de ma noyade. Mais je me suis aussitôt rappelé ce truc avec lequel j'avais toujours été plus ou moins d'accord, que je sais plus qui avait dit, je sais plus quand, et qui disait à peu près "mieux vaut tard que jamais". Je me suis également dit que ce dicton n'avait absolument aucun rapport avec ce que je vivais à ce moment précis, et j'ai senti comme un décalage narquois entre mon moi et mon surmoi. Je me suis aussi rappelé ne pas croire à ces trucs de moi et de sur-toi. J'étais comme on dit, en train de pédaler dans la semoule. Je continuais donc de sombrer dans le papier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La mise en page aussi était la mienne. Des dessins pas finis, des lignes rayées, des pages entièrement noircies et des cartes de visite scannées. C'était, à n'en pas douter, une expérience extrêmement forte et incroyablement proche. C'était, sans aucun doute, fait pour moi. Je l'admets. J'aurais préféré que non. J'aurais préféré qu'aucun livre ne soit fait pour moi, je me serais satisfaite de Fante, Topor, Salinger, Vian. Je me serais satisfaite de rien s'il avait fallu. J'avais jamais demandé à tomber sur un roman "fait pour moi" presque fait par moi. Il m'aurait d'ailleurs fallu bien plus d'imagination que je n'en ai pour exiger un truc pareil. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: right;"&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;i&gt;-&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;Bonjour mon bonhomme.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-En fait, je ne suis pas votre bonhomme.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Oui, bon. Il fait un temps magnifique aujourd'hui, tu ne trouves pas? Si tu veux, on peut sortir taper un peu dans le ballon.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Est ce que je trouve qu'il fait un temps magnifique, oui. Est ce que je veux sortir taper dans le ballon, non.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-T'es sûr?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Le sport n'est pas passionnant.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Qu'est ce que tu trouves passionnant?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Quel genre de réponse cherchez-vous?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Qu'est ce qui te fait croire que je cherche quelque chose?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Qu'est ce qui vous fait croire que je suis le dernier des crétins?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Je ne crois pas du tout que tu sois le dernier des crétins. Je ne te trouve pas crétin du tout.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Merci.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-D'après toi, pourquoi es-tu ici, Oskar?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Je suis ici, docteur, parce que ma maman est inquiète que la vie me mette devant des difficultés insurmontables. &lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Est-ce qu'elle a raison de s'inquiéter?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Pas vraiment. La vie est une difficulté insurmontable.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Quand tu dis "difficulté insurmontable", à quoi penses-tu?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Je suis sans arrêt victime de mes émotions.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Tu en es victime, là, en ce moment?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-J'en suis extrêmement victime, là, en ce moment.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Quelles sont les émotions que tu ressens?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Toutes.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Mais encore?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Là,  en ce moment, je ressens de la tristesse, du bonheur, de la colère, de  l'amour, de la culpabilité, de la joie, de la honte, et un tout petit  peu d'humour parce qu'une partie de mon cerveau se rappelle quelque  chose de tordant que Dentifrice a fait un jour et dont je ne peux pas  parler.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Ca fait vraiment beaucoup.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Il a mis du laxatif dans les pains au chocolat qu'on vendait à la fête du club de français.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Je reconnais que c'est drôle.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Je ressens tout.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Cette émotionnalité, est-ce qu'elle affecte ta vie quotidienne?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Pour  répondre à votre question, je crois que ce mot n'existe pas.  Emotionnalité. Mais je comprends ce que vous essayez de dire, et, oui,  je pleure beaucoup, le plus souvent quand je suis tout seul. C'est  extrêmement dur pour moi d'aller à l'école. Et aussi, je ne peux pas  dormir chez des amis parce que je panique à l'idée d'être loin de maman.  Je m'y prends mal avec les gens.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Et d'après toi, que se passe-t-il?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Je ressens trop de choses. Voilà ce qui se passe.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Tu crois qu'on peut ressentir trop? Ou alors qu'on ne ressent pas comme il faudrait?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Mes intérieurs ne collent pas avec mes extérieurs.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Et ce n'est pas le cas de tout le monde, tu crois?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-J'en sais rien. Je ne suis que moi.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Peut-être que c'est justement la personnalité de chacun, cette différence entre l'intérieur et l'extérieur.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Mais pour moi, c'est pire.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Je me demande si tout le monde n'a pas cette impression.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Probablement. Mais pour moi, c'est vraiment pire.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;Il s'est redressé sur son fauteuil et il a posé son stylo sur le bureau.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Je peux te poser une question très personnelle?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-On est en république.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-As-tu remarqué des petits poils sur ton scrotum?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Scrotum?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Le scrotum est le petit sac à la base de ton pénis qui contient tes testicules.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Mes couilles.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-C'est ça.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Passionnant.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Vas-y, ne te gêne pas, réfléchis une seconde. Je peux me retourner si tu veux.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Je n'ai pas besoin de réfléchir. Je n'ai pas de petits poils sur le scrotum.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;Il a écrit quelque chose sur un bout de papier.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Docteur?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Appelle-moi Howard.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Vous m'avez dit de vous dire quand j'étais gêné.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Oui.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Je suis gêné.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Excuse-moi.  Je sais que c'était une question très personnelle. Je l'ai posée  seulement parce que parfois, quand notre corps change, nous éprouvons  des changements spectaculaires dans notre vie émotionnelle. Je me  demandais si, par hasard, une partie de ce que tu vis n'était pas due à  des changements dans ton corps.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-La réponse est non. C'est dû à ce que mon père est mort de la mort la plus horrible que quiconque ait jamais pu inventer.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;Il  m'a regardé et je l'ai regardé. Je me suis promis que je ne serais pas  le premier à détourner les yeux. Mais, comme d'habitude, j'ai été le  premier.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Un petit jeu, ça te dirait?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Est-ce que c'est un casse-tête?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Pas vraiment.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-J'aime bien les casse-tête.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Moi aussi. Mais ce n'en est pas un.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Pas de bol.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Je  vais dire un mot et je veux que tu me dises la première chose qui te  viendra à l'esprit. Ca peut être un autre mot, le nom de quelqu'un, ou  même un bruit. Tout ce que tu voudras. Il n'y a pas de bonne ou de  mauvaise réponse. Pas de règle. Tu veux bien qu'on essaie?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Allez-y.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;Il a dit: &lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Famille&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;J'ai dit:&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Famille.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;Il a dit:&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Excuse-moi,  j'ai l'impression que je n'ai pas bien expliqué. Quand je dis un mot,  tu me dis la première chose qui te passe par la tête.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Vous avez dit "famille", et la première chose qui m'est passée par la tête c'est famille.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Bien, mais essayons de ne pas utiliser le même mot. D'accord?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-D'accord. Heu, pardon, oui.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Famille.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Flirt poussé.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Flirt poussé?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-C'est quand un homme frotte le ginva d'une femme avec les doigts, c'est bien ça?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Oui, c'est ça, d'accord. Il n'y a pas de mauvaises réponses. Mais pourquoi pas sécurité?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Pourquoi pas.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-D'accord.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Oui.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Nombril.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Nombril?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Nombril.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Je ne peux penser à rien d'autre que nombril.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Allons essaie. Nombril.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Nombril ne me fait penser à rien.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Creuse un peu.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Mon nombril?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Ton cerveau, Oskar.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Heu....&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Nombril. Nombril.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Anus de l'estomac?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Bien.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Mal. &lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Non, j'ai dit "bien". Ta réaction est bien.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Ma réaction est bonne.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Bonne.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Bonbonne.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Fêter.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Ouaf Ouaf!&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-C'était un aboiement?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Bref.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-D'accord. Génial.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Oui.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Sale.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Nombril.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Mal à l'aise.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Extrêmement.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Jaune.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-La couleur du nombril d'une personne jaune.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Essayons de répondre par un seul mot, tu veux bien?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Pour un jeu qui n'a pas de règles, ça fait beaucoup de règles.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Blessé.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Réaliste.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Concombre.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Formica.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Formica?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Concombre?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Foyer?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Là où on a ses affaires.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Urgence.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Papa.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Ton père est la cause de l'urgence ou sa solution?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Les deux.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Bonheur.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Bonheur. Heu, pardon.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Bonheur.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Je sais pas.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Essaie. Bonheur.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Chaipas.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Bonheur. Creuse.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;J'ai haussé les épaules. Bonheur, bonheur.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Docteur?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Howard.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Howard?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Oui?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Je suis gêné.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;On  a passé le reste des 45 minutes à parler alors que j'avais rien à lui  dire. J'avais pas envie d'être là. J'avais envie d'être nulle part sauf à  chercher la serrure. Quand il a été presque l'heure que maman rentre,  le Dr Frein a dit qu'il voulait qu'on fasse un projet pour que la  semaine prochaine soit meilleure que la précédente.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;Il a dit:&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Et  si tu me disais les choses que tu penses pouvoir faire, des choses à ne  pas oublier. Comme ça, la semaine prochaine, on verra si tu as réussi. &lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Je vais essayer d'aller à l'école.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Bien. Vraiment bien. Quoi encore?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Peut-être que je vais essayer d'être plus patient avec les crétins.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Bien. Et quoi d'autre?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Je ne sais pas. Peut-être que je vais essayer de ne pas tout gâcher en étant si émotif.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Autre chose?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Je vais essayer d'être plus gentil avec maman.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Et?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Ca suffit pas?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Si. Ca suffit amplement. Maintenant, il faut que je te demande comment tu penses accomplir toutes ces choses?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Je vais enfouir mes sentiments profondément en moi.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Comment ça, enfouir tes sentiments?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Même  si je ressens les choses très très fort, je ne laisserai rien sortir.  Si je dois pleurer, je pleurerai à l'intérieur. Si je dois saigner, je  me ferai un bleu. Si mon coeur commence à s'affoler, je n'en parlerai à  personne au monde. Ca ne sert à rien. Ca ne fait que rendre la vie de  tout le monde plus difficile.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Mais si tu enfouis tes sentiments profondément, tu ne seras plus réellement toi, non?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Et alors?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Je peux te poser une dernière question?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-C'était celle-là?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Crois-tu que quoi que ce soit de bien puisse sortir de la mort de ton père?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-De bien? Est-ce que je crois que quelque chose de bien peut sortir de la mort de mon père?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Oui. Crois-tu que quoi que ce soit de bien puisse sortir de la mort de ton père?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;J'ai renversé ma chaise d'un coup de pied, jeté tous ses papiers par terre et hurlé:&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;-Non! Bien sûr que non, espèce de sale con!&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;br style="color: #666666;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;Ca, c'était ce que j'avais envie de faire. Au lieu de quoi, j'ai seulement haussé les épaules.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;&lt;span style="background-color: black;"&gt;&lt;span style="background-color: white;"&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;Sur mes frêles épaules à moi, Oscar avait lu en même temps, malgré les tremblements. Il était outré. Je voulais lui jurer que je n’avais jusqu’à alors jamais eu vent de ce personnage, de cet Arnaud jeune, de cet Arnaud mieux, et je savais qu’il n’en croirait rien ou que ça ne suffirait pas à consoler l’immense peine qu’il ressentait devant la constatation la plus terrible qu’on puisse être amené à faire: sa vie existait déjà en puissance 2. Elle était reliée, elle était publiée, elle était plus forte, plus belle, mieux écrite que la sienne; et sa créatrice préférait celui qui l’incarnait à celui qu’elle avait elle-même fabriqué. J’aurais aimé pouvoir le serrer dans mes bras, mais chacun sait qu’un personnage de roman n’est pas palpable, pas humain, pas solide. Chacun le sait mais je le réalisais pour la première fois, Arnaud n'avait pas de consistance, je ne trouvais pas son corps en brassant l'air alentour. Ca m’a foutu un coup, comme on dit. Plus d’un, peut-être même. Toutes ces émotions en si peu de temps. Je me demandais tout à fait pourquoi je m’étais jetée dans cette aventure, manifestement trop musclée pour moi, et ce qui m’avait convaincue de croire être d’attaque, pour ça, «écrire un roman». &lt;br /&gt;Après un fou rire &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;&lt;span style="background-color: black;"&gt;&lt;span style="background-color: white;"&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;inextinguible et &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;&lt;span style="background-color: black;"&gt;&lt;span style="background-color: white;"&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;pour le moins nerveux, je chialais un moment. Trois ou quatre secondes, par là. Histoire de faire le tour du bordel une bonne fois pour toutes et qu’on n’en parle plus.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;&lt;span style="background-color: black;"&gt;&lt;span style="background-color: white;"&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;&lt;span style="background-color: black;"&gt;&lt;span style="background-color: white;"&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;&lt;span style="background-color: black;"&gt;&lt;span style="background-color: white;"&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-GIpVjhBFcSo/Th9bboa2fcI/AAAAAAAAA7o/ZIUYRETxI_A/s1600/allermalenviede.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="225" src="http://4.bp.blogspot.com/-GIpVjhBFcSo/Th9bboa2fcI/AAAAAAAAA7o/ZIUYRETxI_A/s400/allermalenviede.jpg" width="400" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;&lt;span style="background-color: black;"&gt;&lt;span style="background-color: white;"&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;&lt;br /&gt;Si Jonathan Safran Foer tenait un blog, la chose la plus belle du monde (avec la viande rouge gratuite à volonté et la résurrection de Marilyn Monroe) serait qu’un de ses billets commence par «Je vous ai déjà parlé de Manon Troppo?». Mais ça ne se fera pas. A moins d’être suivi de «C’est une connasse qui s’est prise pour moi, nom de dieu, que fait la police!» ou ce genre de mots doux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je sais que tout a déjà été dit, je sais que je n’écrirai jamais rien d’unique, je sais, je sais que quelqu’un a sûrement déjà dit ça aussi, oui, et, d'une plus jolie façon, certainement; pourtant, il va bien falloir que j’essaie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;&lt;br /&gt;-maispastrop-&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;&lt;span style="background-color: black;"&gt;&lt;span style="background-color: white;"&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;&lt;span style="background-color: black;"&gt;&lt;span style="background-color: white;"&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;&lt;span style="background-color: black;"&gt;&lt;span style="background-color: white;"&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;&lt;span style="background-color: black;"&gt;&lt;span style="background-color: white;"&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;&lt;span style="background-color: black;"&gt;&lt;span style="background-color: white;"&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;*bisou Sened.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;&lt;span style="background-color: black;"&gt;&lt;span style="background-color: white;"&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;**ça boum, le Dhab?&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #666666;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/202453825640709732-7616040689002435995?l=beaucoupbeaucoup.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://beaucoupbeaucoup.blogspot.com/feeds/7616040689002435995/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=202453825640709732&amp;postID=7616040689002435995' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/202453825640709732/posts/default/7616040689002435995'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/202453825640709732/posts/default/7616040689002435995'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://beaucoupbeaucoup.blogspot.com/2011/07/incroyablement-extreme.html' title='Jusqu&apos;au bout de l&apos;incroyable extrême limite.'/><author><name>ManonTroppo</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01434665557006111691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='12' src='http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/SVC1uIkOdWI/AAAAAAAAATg/IP0XCvOxM5M/S220/allegromanontroppo.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-B3Eirt-COyk/Thtj557d77I/AAAAAAAAA3M/Vz97JZUV3NA/s72-c/Jonathon+Safran+Foer.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-202453825640709732.post-7961589994866694248</id><published>2011-03-30T17:42:00.002+02:00</published><updated>2011-03-30T17:48:51.694+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='école'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='imagination'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='vieux'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='mouches'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='jeunes'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='lauréat'/><title type='text'></title><content type='html'>&lt;span style="color: #cc0000; font-size: large;"&gt;C’est une triste maladie&lt;/span&gt; que de manquer d’imagination. La pire, peut-être. Un microbe qu’il ne faut pas laisser s’installer, jamais.&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;Jamais, tu m'entends?&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;Un virus ingrat et insidieux qui s’attaque à mes faibles défenses immunitaires 3... 4 fois par an. Et pas seulement quand il fait froid. Ca se répartit équitablement, printemps, été, automne, météo, comme ça. Ca fait bien son boulot. L’hiver, peut-être, aussi, parfois; c’est plus rare; l’hiver tout le monde rêvasse sous la couette, on se raconte des histoires autour d’un chocolat chaud et on se love dans la chaleur qu’un corps sur le départ a laissée dans le lit pour se rendormir. Mais l’hiver, aussi, peut-être, lors des mauvais crus arides et des mauvaise crues débordantes, je sèche; peut-être bien, ouais. &lt;br /&gt;C’est au printemps, cependant, que ma tête brasse le plus d’air. Et attrape froid, dans les courants. Ce printemps, tiens. Et tout le monde se réjouit du bientôt beau temps, tout le monde s'enthousiasme du presque grand soleil, personne parle plus de rien, je m’assèche. Et le pastis n’y changera rien. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ca ponctue le calendrier. Quatre fois l’an, comme ils disent, y’a les visites chez le gynécologue, et ça.&lt;br /&gt;Périodes pendant lesquelles tout me paraît affreusement concret puisque je suis incapable d’imaginer une danse derrière un geste, de comprendre l’homme derrière un enfant, d’entendre un orchestre derrière les embouteillages. Et l’inverse. Ou l’inverse.&lt;br /&gt;Je ne vois que le geste; l’enfant. Je n’entends que les klaxons. Ca pue les pots d’échappement. Je suis affreusement terre à terre, alors. &lt;br /&gt;Et il est difficile de dire à quel point la vie manque de charme quand nous n’y voyons que ce qu’il y a à y voir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-e0afajZxd0o/TZKFI9MQFdI/AAAAAAAAA04/UJhMLiez9SE/s1600/reality.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="292" src="http://4.bp.blogspot.com/-e0afajZxd0o/TZKFI9MQFdI/AAAAAAAAA04/UJhMLiez9SE/s400/reality.jpg" width="400" /&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-5orD5m0SlWg/TZNHrPmnDeI/AAAAAAAAA08/-EtKbzvL180/s1600/tableau-ecole.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&amp;nbsp;L’appartement où il m’arrive de rôder donne sur une école. C’est à dire que, non, ça n’est pas vraiment une école, plus tout à fait, puisque c’est un collège.&lt;/div&gt;Depuis les fenêtres, au 2° étage, on peut admirer, en contre-plongée, les crânes hirsutes baissés sur les copies; parfois, on croise les regards rêveurs qui essaient d’attraper un bout de ciel; mais la plupart du temps, à cause du contre-jour, on ne peut qu’apercevoir. Apercevoir seulement les silhouettes. On ne peut même pas lire l’intitulé de l’interrogation sur le tableau noir. Vert, en fait. On dit toujours «tableau noir» pour parler d’un tableau qui n’existe plus, celui d'aujourd'hui vire au verdâtre un peu british qu’ont les plumes des canards au bois de Vincennes. Et ailleurs, si ça se trouve. &lt;br /&gt;On ne peut pas lire l’intitulé de l’interrogation sur le tableau vert, ni même la date écrite en toutes lettres.&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-5orD5m0SlWg/TZNHrPmnDeI/AAAAAAAAA08/-EtKbzvL180/s1600/tableau-ecole.jpg" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="213" src="http://3.bp.blogspot.com/-5orD5m0SlWg/TZNHrPmnDeI/AAAAAAAAA08/-EtKbzvL180/s320/tableau-ecole.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;Si je m’en tiens à ce que je vois, j’arrête aussitôt de regarder, ça n’a en effet pas grand intérêt; l’occupation ressemblerait même tout à fait à ce qu’on peut appeler une sacrée perte de temps. Or, le temps, c’est ce que vous savez. &lt;/div&gt;Et puis, si je porte tout de même un peu plus d’attention aux détails, j’arrive à distinguer un effaceur qu’une main distraite fait tourner sur elle-même dans une chorégraphie millimétrée, grâce à la cohésion longuement travaillée du pouce et du majeur; pendant qu’un billet circule sous les tables et qu’un coude se déplace, discrètement mais régulièrement, afin de dévoiler la copie au voisin; voisin dont le regard saute des réponses au surveillant et du surveillant aux réponses avec une souplesse oculaire tout à fait juvénile.&lt;br /&gt;Si je veux bien croire qu’on triche toujours, je ne pensais pas qu’on utilisait encore des effaceurs, de nos jours. Enfin, de «leurs» jours. Et qu’on les faisait tourner, comme je faisais.&amp;nbsp; Moi j’arrivais même à le faire tourner dans un sens et puis le faire repartir à nouveau dans l’autre. Je ne savais faire que ça, en fin de compte, au fil des cours. Mais, attention, ça m’avait demandé des années de cancre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je croyais que les effaceurs, c’était réservé aux mots écrits au stylo à plume. Il existe peut-être un gros malin qui a inventé un effaceur pour l’encre des bic. Ou un effaceur qui n’efface rien mais qui écrit bien alors ils achètent tous. Ce gros malin doit être riche à ne plus savoir que foutre de ses royalties à l’heure qu’il est. Si ça se trouve, il est même devenu trop-riche-trop-vite, si bien qu’après avoir acheté des résidences secondaires et des amis de substitution en veux-tu en voilà, il a commencé à devoir s’intéresser à ce qui lui donnerait l’énergie de tenir aussi longtemps que les soirées qu’il organise le lui demande. Il doit être gros et un peu dépressif. Ou dépressif et un peu gros. Ou très maigre. &lt;br /&gt;Il a du vieillir d’un coup. Sa famille ne le reconnaît sûrement plus. D’ailleurs, il s’en fout, il s’est trouvé une nouvelle famille. Celle de ceux qui ont gagné trop-d’argent-trop-vite et que leur famille ne reconnaît plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me demande s’il y a dans cette classe, dans ce cours de... -si j’en crois ma bonne vue-... français, une tête pensante dans le genre. Un débrouillard trop flemmard pour apprendre ses leçons mais assez ambitieux pour observer ses camarades de classe et en tirer parti. Enfin, non, pas ses camarades: ses voisins. On dit toujours «camarades de classe» même pour définir les pires connards à qui on a rêvé de démonter la mâchoire pendant toute notre scolarité. &lt;br /&gt;Il observerait ses voisins en se disant, «tiens, qu’est ce qu’il nous manque, à nous?» et, peut-être, il inventerait le concept des effaceurs qui n’effacent rien ou des soirées pour ados. J’dis ça parce qu’un jeune con a véritablement inventé le concept des soirées pour ados. Résultat, il se retrouvait aux soirées pour adultes avec des sachets d’herbe et de poudre plus grands que lui; qu’on lui chapardait, d’ailleurs, et qu’on dispersait dans des pays d’excès où il n’avait pas le droit de rentrer. &lt;br /&gt;Depuis ma fenêtre, j’me demande s’il y a ce genre de personnage dans cette triste classe. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parce qu’elle est triste, hein, cette classe. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’y avais pas pensé jusque là, mais une salle de cours, c’est affreusement disgracieux. &lt;br /&gt;A croire que tout est fait pour déprimer pour de bon les élèves. A part le hall de gare de Perpignan, je vois pas plus maussade et impersonnel que cette pièce dans laquelle ils vont pourtant passer la moitié de leur année. Et de leur vie de mioches, finalement. Même leur chambre amoureusement postérisée, ils la fréquenteront moins. &lt;br /&gt;Un amas de tables et de chaises de bois pauvre, sinon d’aggloméré, cet alignement ridicule, ces rideaux, ahlala, ces rideaux rêches et épais, ces tissus aux presque-couleurs-pas-abouties toujours plus déprimantes. Une sorte de rouge brique kaki. Qui a bien pu avoir l’idée de créer des rideaux de classe rouge-brique-kaki? Combien ce type a été payé pour ça? Ce tissu granuleux. Qui a bien pu avoir l’idée de créer des rideaux de classe rouge-brique-kaki rugueux. &lt;br /&gt;Et nauséabonds. &lt;br /&gt;Rideaux qui cachent à peine des fenêtres mal lavées, sur lesquelles on laisse s’incruster les traces de cuirs chevelus grassement adolescents, assoupis et assommés contre la vitre par ennui ou pas manque de nuit. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les chaises toujours bancales. Ca rate jamais: à toutes, il manque au moins 1 des 4 tampons anti-dérapants. Alors ça crisse et ça brinquebale. Comme si c’était déjà pas assez branlant là dedans sous le cuir chevelu adipeux. Et les tables, sur lesquelles on n’a même plus le droit de graver pour toujours et à la vie à la mort, qu’on aime machine, que truc est trop beau et que 1 + 1 égale toi et moi, même si c’est pas vrai ou si c’est recouvert par d’autres. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et c’est sans parler de la plante. Y’a toujours une plante dans une salle de cours. Une sorte de bonne conscience, j’imagine. J’veux dire, ça ne peut raisonnablement pas être installé là par souci d’esthétisme ou de bien-être. Si des gens se souciaient de l’esthétisme ou du bien-être des salles d’école, ça se saurait. Ca se verrait surtout. &lt;br /&gt;Ca ne peut pas non plus exister rapport à l’oxygène ou au dioxyde de carbone, ou alors les profs de bio seraient tous virés manu militari. Et d’ailleurs, en parlant d’oxygène, tout, et principalement les profs et les rideaux, serait à revoir. Et serait revu, si l’idée était de rendre l’endroit accueillant. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’en doute, là, tout de suite, je suis pas convaincue. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Donc, une plante, comme ça, hop, bon. Une sorte de restes de la motivation du premier jour gonflé d'énergie d’un professeur optimiste. Vite décrépies. La plante. Et la motivation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il arrive même qu’on trouve un poisson rouge, à côté du ficus. &lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-A4JS1Pul7Ig/TZNIeIhDECI/AAAAAAAAA1A/jpggGOrnLbk/s1600/10989672_eab4ee56b7.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="285" src="http://3.bp.blogspot.com/-A4JS1Pul7Ig/TZNIeIhDECI/AAAAAAAAA1A/jpggGOrnLbk/s320/10989672_eab4ee56b7.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;J’ai connu ça dans une de mes écoles. Ca avait le don de me rendre tarée à chaque fois que je rentrais dans la pièce. «Ils veulent nous faire croire à un petit coin de paradis ou c’est vraiment et uniquement du foutage de gueule?» que je me demandais. Et puis ça m’inquiétait, toute cette vie laissée à l’abandon une fois les 18 heures sonnées. La décoration vivante, j’ai jamais été pour. J’ai moi-même refusé d’en être, c’est dire. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Le truc le plus joli qu’on trouve dans une salle de cours, exceptés la prof d’anglais stagiaire ou le pion des heures de colle, c’est certainement une carte du monde, ou de la France, mettons. Laissée là depuis toujours, on croirait; y’a même des régions dont les noms ont changé, les fleuves ont grandi, ou séché, les départements sont nés, depuis. On a peut-être même délimité les pays d’Afrique à l’équerre, entre temps. &lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="390" src="http://www.youtube.com/embed/WtleX_Fbuys" title="YouTube video player" width="480"&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;Malheureusement, le public auquel s’adresse cette fioriture n’est pas à même d’y trouver une once de beauté. Et on peut comprendre ce public pour la bonne raison que nous avons nous-même été ce public. Et que nous n’avions que faire de la vieille et authentique carte de France du fond de la classe d’un cours qu’on séchait tout le temps puisque le seul endroit qui comptait, alors, était notre nombril. Ou sa bouche. Ou sa bouche sur notre nombril. Et le café du coin. &lt;/div&gt;Mais le pays qui nous offrait des rideaux parfumés à la mort tout en nous vendant l'apprentissage de la litote, c’était trop d’ironie pour nous, vraiment. &lt;br /&gt;Pour eux aussi, certainement, aujourd’hui, là, pendant que que je suis à ma fenêtre en les contemplant. Certainement. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais je n’ai pas d’imagination en ce moment. Alors je ne vois qu’une salle austère remplie d’insolents boutonneux. Et je referme ma fenêtre devant laquelle les pauvres, pauvres platanes peinent à bourgeonner. &lt;br /&gt;Qu’ils vivent leurs vies et moi la mienne, ces mioches. Ils font tout de même partie de la génération qui donne de l’argent à Justin Bieber, je vous signale. Faudrait être l’Abbé Pierre pour trouver à ces trucs là un centimètre de raison d’être. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il se trouve que l’Abbé Pierre est mort. Bon. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce que je ne sais pas, c’est qu’un insolent boutonneux m’a vue, moi, ouvrir mes fenêtres pour me pencher sur son cas le temps d’une cigarette. Et il s’est imaginé que j’étais une sorte de mondaine, qui traînait chez elle à fumer en plein milieu de l’après midi. Sa mère, à cette heure là, elle répond à 4 coups de fils en même temps et elle fait visiter autant d’appartements que ses mains peuvent ouvrir de portes. Je suis forcément une mondaine entretenue, moi, alors. En plus, je suis même pas vraiment habillée. Si ça se trouve, je suis carrément une pute, tiens. D’ailleurs, via une feuille clairefontaine A4 pliée en 8, il s’empresse d’en parler à son voisin et néanmoins camarade. Ils décident qu’ils se renseigneront sur mon cas, ils peuvent pas laisser ce mystère non élucidé. Et puis c’est toujours autant de temps qu’il n’auront pas passé à écouter cette prof au bord du suicide. C’est déjà ça. &lt;br /&gt;C’est toujours au bord du suicide, les profs de Français. C’est pour ça qu’on les aime. Enfin, c’est pour ça qu’on les aime après. C’est toujours ça. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais je n’ai pas d’imagination en ce moment, aussi ne puis-je pas concevoir que d’autres en aient, et quand je sors acheter ma dose quotidienne de nicotine, je ne remarque pas que c’est l’heure de la fin des cours. Les queues devant les boulangeries ont beau faire le tour de la ville, je ne comprends pas non plus pourquoi 2 mioches mal habillés me suivent en pouffant. &lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-D_tWTBpvby0/TZNJe7i_Z4I/AAAAAAAAA1E/JToBPVTUCXA/s1600/SortieEcoleBrest.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="253" src="http://3.bp.blogspot.com/-D_tWTBpvby0/TZNJe7i_Z4I/AAAAAAAAA1E/JToBPVTUCXA/s400/SortieEcoleBrest.jpg" width="400" /&gt;&amp;nbsp;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;Pour moi, ce ne sont que deux bébés-trucs qui, au lieu de me suivre, feraient bien de traiter leurs problèmes cutanés et vestimentaires. Et même quand ils pouffent encore, je me dis qu’il est urgent qu’ils pensent à muer, ces crevards.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Honnêtement, les jeunes, c’est du ridicule sur pattes quoi. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour eux, je suis une chose qu’ils ne comprennent pas et qu’ils vont suivre jusqu’au supermarché pour voir si elle se nourrit; et de quoi. Si elle utilise une carte bleue, ou si elle sort un billet de 20 d’une énorme liasse cachée dans un journal. Rapport à la prostitution suspectée et les séries américaines, tout ça. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour moi, ils sont une présence gênante, j’aimerais être tranquille maintenant. Et toujours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour eux, agités devant l’éternité, derrière mon geste, il y a une danse; derrière un bruissement d’ailes, un oiseau. Derrière ma distance, un mystère. En me suivant un peu en retard, ils font freiner les voitures sur le passage piéton, et ça klaxonne. Ils sont les fanfarons de cette fanfare, ils entendent l’orchestre pendant que j’ai seulement mal à la tête. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sérieux, les jeunes, c’est la tannée quoi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà qu’ils gambadent en me dépassant maintenant. Je ralentis. Je suis curieuse de savoir comment ils vont mener la fin de leur enquête. &lt;br /&gt;Ils ralentissent aussi. &lt;br /&gt;Soit. &lt;br /&gt;Je m’arrête. &lt;br /&gt;Ils s’arrêtent aussi. &lt;br /&gt;Soit. &lt;br /&gt;Je me demande si en me mettant à pisser cul nu en récitant les capitales du monde et en me curant le nez, là tout de suite dans la rue, je les verrais me singer aussi bêtement que leur âge l’impose. &lt;br /&gt;Je m’arrête complètement en me disant que le peu de capitales qu’ils connaissent sont celles qu’on voit sur les t-shirts qui les &amp;lt;3. Et qu’ils ne savent même pas que c’est pas une capitale, New York Empire State of Mind. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Start spreading the news, dumbass, que j’me dis. Et je me fige quand même vers eux, le menton un peu relevé, l’air passablement provocatrice.&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-z5ThsPV_RDY/TZNKAJttgGI/AAAAAAAAA1I/tIJFR-UxPkc/s1600/RTEmagicC_colette-x-gap-i-love-paris-claude-closky.jpg.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="240" src="http://3.bp.blogspot.com/-z5ThsPV_RDY/TZNKAJttgGI/AAAAAAAAA1I/tIJFR-UxPkc/s320/RTEmagicC_colette-x-gap-i-love-paris-claude-closky.jpg.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;Le truc, c’est que moi, je suis pas en train de me gondoler avec mon meilleur super camarade d’ami de classe, mais toute seule, toute seule, et qu’immobile comme ça, je m’ennuie sur les bords et puis j’ai peur que le tabac ferme; j’ai envie de finalement m’en foutre et de repartir de plus belle. J’imagine qu’ils s’en foutront, eux aussi, j’imagine qu’ils ne savent même pas s’ils pensent vraiment quelque chose de la situation, j’imagine que ce que j’ai appris sur le cerveau des adolescents ne m’engage pas à les aimer davantage, j’imagine que mon manque d’imagination m’éloigne d’eux, de leur monde absurde de possibilités et de curiosité. J’imagine que je sais que je m’aime pas quand je me rappelle l’époque où j’étais comme eux. Où mes congénères enlevaient des ailes aux mouches pour voir si elles pouvaient toujours voler, et où les filles brisaient les garçons pour voir s’ils pouvaient.... toujours enlever les ailes des mouches. &lt;/div&gt;Alors comment les aimer, eux? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Bon, on fait quoi maintenant? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien entendu, ils feignent ne pas m’avoir entendue. Ils arrêtent de parler, se regardent en écarquillant leurs globes oculaires grand comme ça, comme ça, et essaient de reprendre une conversation tout en gloussant, l’air de pas être là et de pas faire ce qu’ils font, ces trous du cul. &lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/--5xrc4atUUA/TZNKihEdS4I/AAAAAAAAA1M/uLtLwaKVay8/s1600/child-poker-player.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="240" src="http://2.bp.blogspot.com/--5xrc4atUUA/TZNKihEdS4I/AAAAAAAAA1M/uLtLwaKVay8/s320/child-poker-player.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;-Evidemment vous faites comme si vous ne m’aviez pas entendue. Super. Mais, arrêter de parler, rouler vachement des yeux et reprendre une conversation ayant pour sujet «heu t’sais, ouais t’as vu tu t’souviens d’ailleurs », ça trompe pas son homme, hein. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Ils daignent tourner la tête vers moi. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Voilà. Bon. Donc, on fait quoi, maintenant, disais-je. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout répéter, convaincre, être patiente. Ca vous fait perdre un temps, ces animaux là... Un calvaire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Bin. &lt;br /&gt;-Bin? &lt;br /&gt;-Bin rien. &lt;br /&gt;-Comment ça, rien?&lt;br /&gt;-Chais pas, rien. &lt;br /&gt;-Rien, c’est pas possible. &lt;br /&gt;-...&lt;br /&gt;-Je dis pas qu’on doit décider d’un resto où manger ensemble ou quoi, je préférerais mourir que de connaître vos goûts culinaires, mais on doit faire quelque chose entre continuer la filature ou l’arrêter. C’est de ça que je parle. &lt;br /&gt;-La fila quoi?&lt;br /&gt;-La filature. &lt;br /&gt;-De quoi?&lt;br /&gt;-Vous savez ce que «filature» veut dire.&lt;br /&gt;-Bin. &lt;br /&gt;-Bin?&lt;br /&gt;-Bin nan. &lt;br /&gt;-Alors pourquoi en faites vous une? &lt;br /&gt;-Nous? &lt;br /&gt;-Oui, vous. Allô. Youhou. Wake up. Vous me suivez = vous faites une filature. &lt;br /&gt;-Ah. Aaaaah, ok. &lt;br /&gt;-Oui, «ah». On devrait jamais avoir le droit de faire quelque chose dont on ne connaît même pas le nom. C’est comme la sociologie. C’est ridicule, votre vie, sérieux, ça me fait pitié. (Je dis «pitié» comme si le mot pesait plus lourd que les autres, dans ma bouche, au fait, et qu’il me fallait faire peser plus lourd chaque lettre)&lt;br /&gt;-Bin au moins on sait qu’une fille à sa fenêtre en plein milieu de la journée c’est une entretenue hein.&lt;br /&gt;-Mais, ça, c’est pas une action que VOUS faîtes. &lt;br /&gt;-Bin. &lt;br /&gt;-Bin non. Cause que vous, si vous vouliez justement être entretenus, faudrait déjà que vous soigniez cette vilaine peau, comme dit lot’, et que vous achetiez des jeans à votre taille. Sans ça, je donne pas cher de votre carrière. &lt;br /&gt;-Ouais d’accord ouais. ... Quel «ot’»?&lt;br /&gt;-Non mais ok, ok, je suis la vieille, vous êtes les jeunes, ok, mais y’a quoi comme action que vous faîtes dont vous connaissez le nom? Hein?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je sors une cigarette, rapport au fait que finalement, oui, j’ai envie d’entendre absolument&amp;nbsp; leurs arguments hyper cons. En fumant. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Genre marcher ça fait la marche?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il sort son briquet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Genre ça ouais, j’dis, en attendant que la nicotine rentre.&lt;br /&gt;-Bin...&lt;br /&gt;-Bin?&lt;br /&gt;-Enculer, ça fait la sodomie. &lt;br /&gt;-Super, et sucer, ça fait la fellation, d’accord. Mais à part des trucs de morveux prépubères?&lt;br /&gt;-...&lt;br /&gt;-Et t’as déjà enculé quelqu’un? Tu t’es déjà fait sucer? Tu parles que de trucs que tu fais pas? Tu veux qu’on cause du yoga en 69 en saut à l’élastique au Pérou peut-être? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et j’imagine, en le disant, que ça n’existe pas, mais qu’il faudrait que j’en parle à 2,3 personnes tout de même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il rougit et sort un briquet, va pour l’allumer et n’y arrive pas. Il se trouve qu’il tremble. J’allume ma cigarette toute seule avec son briquet à lui, et ça m’énerve d’imaginer que je rentre là dans une scène de grande dadame face à ces petites crottes de peteux. Faut que j’arrête de fumer, sérieux. Faut qu’ils grandissent, please.&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-CIJdlapK_Lc/TZNL5143J4I/AAAAAAAAA1U/VykJQ9fRco0/s1600/cigarette.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://1.bp.blogspot.com/-CIJdlapK_Lc/TZNL5143J4I/AAAAAAAAA1U/VykJQ9fRco0/s320/cigarette.jpg" width="317" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-BgQ7ianfY3Y/TZNLEjdUfVI/AAAAAAAAA1Q/4urKn1lIsUA/s1600/cigaretteslangue.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;-Du genre, par exemple, je sais pas hein, je dis ça au hasard, peut-être quelque chose comme «réfléchir» ça fait «la réflexion», ou, mettons, «manger autre chose que des hamburgers» ça fait «une peau qui rend présentable» non?&lt;/div&gt;-Mais vous êtes une entretenue alors? Vous fumez vachement bien. &lt;br /&gt;-Mais, c’est vrai que les ados ils leur faut beaucoup de temps pour comprendre qu’on a changé de sujet? &lt;br /&gt;-Les entretenues, elles répondent jamais directement aux questions. &lt;br /&gt;-Personne ne répond jamais directement aux questions. &lt;br /&gt;-Pourquoi?&lt;br /&gt;-Bin...&lt;br /&gt;-Ah vous dites «bin» vous aussi?&lt;br /&gt;-Non mais. Parce que sans ça, on s'ennuierait à mourir. Sans ça, je devrais vous répondre que, non, je suis pas une entretenue, et votre f.i.l.a.t.u.r.e. perdrait toute raison d’être, et alors vous vous sentiriez aussi cons que vous l ‘êtes et on n’aurait plus aucune raison de se parler alors que bon. &lt;br /&gt;-Bon?&lt;br /&gt;-Bin. Bon. On se parle tous toujours un peu sur des malentendus. C’est joli. &lt;br /&gt;-...Ah ouais. &lt;br /&gt;-Non mais attendez on n’est pas obligés de parler. C’est vous qui m’avez suivie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’écrase ma cigarette. Avec mon pied, même. &lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-BgQ7ianfY3Y/TZNLEjdUfVI/AAAAAAAAA1Q/4urKn1lIsUA/s1600/cigaretteslangue.jpg" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://4.bp.blogspot.com/-BgQ7ianfY3Y/TZNLEjdUfVI/AAAAAAAAA1Q/4urKn1lIsUA/s320/cigaretteslangue.jpg" width="241" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;-Bin, oui. Mais bon.&amp;nbsp; &lt;br /&gt;-Parfait, je crois qu’on a atteint la fin de notre conversation. On peut maintenant se dire au revoir et retourner à nos occupations. Vous, le biactol, moi, les capotes, tout ça tout ça, quoi. &lt;br /&gt;-...Vous écrasez vachement bien votre cigarette.&lt;br /&gt;-...&lt;br /&gt;-Un ange passe. &lt;br /&gt;-(m’étouffant) Non! on dit encore «un ange passe» à votre âge? Arrêtez!&lt;br /&gt;-Quoi notre âge? &lt;br /&gt;-Quoi notre âge, ouais? (Là c’est le deuxième boutonneux qui parle, et pour la première fois).&lt;br /&gt;-Bin, votre âge quoi. Pourquoi t’as rien dit jusqu’à maintenant, toi?&lt;br /&gt;-Il aime pas parler. &lt;br /&gt;-Ah je vois. T’as décidé qu’il aimait pas parler parce que toi t’aimes parler. Du coup il parle jamais et quand il parle tu dis qu’il aime pas ça comme ça, toi tu peux..&lt;br /&gt;-(me coupant)N’importe quoi. N’IMPORTE QUOI. &lt;br /&gt;-N’IM-POR-TEUH-QUOI (Là c’est le deuxième boutonneux qui parle pour la deuxième et finalement seconde et donc dernière fois)&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;Et ils partent. Je fais demi-tour, je me rappelle même plus vraiment ce que je devais acheter absolutment avant une certaine heure. De la vodka? Ils m’ont fatiguée. Est ce possible? Ils m’ont réellement fatiguée. Ils reviennent, tiens, d’ailleurs, tant qu’à faire, les bougres.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-gSDK2jDaVxA/TZNNEjpJc-I/AAAAAAAAA1Y/ShN5qTYaXm0/s1600/204972-killthealarm_super.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="223" src="http://4.bp.blogspot.com/-gSDK2jDaVxA/TZNNEjpJc-I/AAAAAAAAA1Y/ShN5qTYaXm0/s400/204972-killthealarm_super.jpg" width="400" /&gt;&amp;nbsp;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;-Ouais, bin, on voulait vous dire que, on n’est pas si des bébés que ça vu que vous nous parlez comme à des demeurés. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Dit-il en se balançant sur ses pieds et en tripotant ses boutons. Et sa mèche. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Ok. Cette phrase n’a absolument aucune syntaxe, mais j’vais faire comme si je l’avais comprise. &lt;br /&gt;-On n’est pas des bébés. On n’est pas des demeurés. &lt;br /&gt;-J’ai pas dit ça. &lt;br /&gt;-Ouais mais bon.&lt;br /&gt;-Ok, pas de problème.&lt;br /&gt;-Non&amp;nbsp; mais on a bien vu que vous nous preniez pour des bébés. &lt;br /&gt;-...&lt;br /&gt;-Bin, quoi? C’est pas vrai p’t’être? &lt;br /&gt;- Je sais pas. J’en sais rien. Vraiment, je sais pas. &lt;br /&gt;- Bin demandez nous.&lt;br /&gt;-Demander quoi?&lt;br /&gt;-Si on est des bébés. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà que je ressors une cigarette. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Ok. Heu.Voyons... Ah. Ok: Est-ce que vous avez déjà arraché des ailes à une mouche?&lt;br /&gt;-Pfff, quel rapport?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ressort son briquet. L’autre est toujours à l’écart. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Rapport au côté bébé.&lt;br /&gt;-Pfff, bin ouais.&lt;br /&gt;-Et Pfffff. Donne moi ton feu. Et re-Pfffff. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'allume ma cigarette avec son bic et cette fois, oui, clairement, pas de pitié, je me le range dans ma poche à moi. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Ok quoi? C’est quoi le problème, quel rapport?&lt;br /&gt;-Le rapport c’est «Pourquoi faire?»&lt;br /&gt;-Pourquoi faire quoi?&lt;br /&gt;-Rhaaaaa, pourquoi faire «arracher des ailes à des mouches» Einstein!&lt;br /&gt;-Bin pffff. &lt;br /&gt;-Pfff, quoi?&lt;br /&gt;-Pour voir si elle volait, tiens. &lt;br /&gt;-Cause que tu penses que si une mouche qui passe son temps à voler, quand tu lui enlèves ses ailes, tu peux enfin réaliser qu’elle avait des ailes pour voler, c’est ça?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ris d’une façon qui peut être un peu méprisante, c’est vrai. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Quoi?&lt;br /&gt;-Quoi, quoi? &lt;br /&gt;-Bin, la mouche trouduc. &lt;br /&gt;-Bin j’voulais voir. &lt;br /&gt;-Ce que tu savais déjà?&lt;br /&gt;-Bin.&lt;br /&gt;Ras le bol des «bin». Alors, oui, Bébés. Bébés Cadum. Rejetons. Boutonneux. Puceaux. Castra. Petites bites. Frimeurs. Baltringues. Oui. &lt;br /&gt;-Non mais, j’ai juste enlevé les ailes pour voir si ...&amp;nbsp; ... si ça marchait. Je sais pas. &lt;br /&gt;-Tu vois toi même en le disant que c’est ridicule et que ça n’a pas de sens. &lt;br /&gt;-Mais je veux pas vous vexer!&lt;br /&gt;-Mais, je suis pas une mouche!&lt;br /&gt;-Non mais je veux pas que vous pensiez que... tout ça. &lt;br /&gt;-Je pense rien. Merci pour le briquet. A bientôt. &lt;br /&gt;-Quoi? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je pars, un peu, en essayant de me rappeler où est le supermarché et en me disant, pour plus tard, que je ne parlerai plus jamais à quelqu’un dans un quartier qui n’est pas le mien. &lt;br /&gt;Pour ne pas oublier ce que je devais faire. &lt;br /&gt;Que je ne parlerai plus jamais à quelqu’un qui a encore des boutons. Pour ne pas oublier qui nous sommes. &lt;br /&gt;Les petits morveux me dégoûtent. &lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-g-TRtM6CkZM/TZNNauuOQ0I/AAAAAAAAA1c/SaXEh8cvzF0/s1600/dead_flies_art_14.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="272" src="http://3.bp.blogspot.com/-g-TRtM6CkZM/TZNNauuOQ0I/AAAAAAAAA1c/SaXEh8cvzF0/s320/dead_flies_art_14.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;On tape sur mon épaule. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;-Oui. («oui» très lassé, hein)&lt;br /&gt;-Vous êtes formidable. &lt;br /&gt;-Super. &lt;br /&gt;-Non mais vous avez quel âge?&lt;br /&gt;-Comment ça. Ho. Ca vous regarde pas. J’en sais rien. &lt;br /&gt;-Vous avez 20 ans non? C’est sûr. Vous avez 20 ans. 21? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma tête formule des trucs, des idées, des pensées aussi, je sais jamais vraiment quel âge j’ai, dans la vie, je suis toujours à 2,3 ans d’écart de mon certificat de naissance. Mais ça, je sais que non, j’ai pas 20 ans, non. «T’as vu mon foie», j’ai envie de lui dire. Et finalement, je lui réponds:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Non. Non, j’ai 29 ans. Ou 28. Je sais plus. &lt;br /&gt;-N’importe quoi. &lt;br /&gt;-Si, si, je suis née en 82. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silence de cimetière. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Bon, ça va, 82 de 1900 hein. Je suis pas en talc non plus, ho. &lt;br /&gt;-Ouais mais 82 quand même. Je vous crois trop pas. Vous avez 24 ans! Mais oui, 24 ans.&amp;nbsp; &lt;br /&gt;-Comme tu voudras. &lt;br /&gt;-...&lt;br /&gt;-...&lt;br /&gt;-Si c’est pas une réponse d’entretenue, ça. &lt;br /&gt;-Oh, dégage. Et pour de bon, là. Allez. Ouste. &lt;br /&gt;Mais j’ai ri quand même, soulagée d’entendre enfin quelque chose d’un peu perspicace dans sa bouche. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il m’a suivie jusqu’au tabac. Il se cachait derrière des brindilles. Il laissait voir ses yeux malicieux. Malins? Son ami était rentré. J’ai vu son ombre avant de passer la porte. Et, il regardait à ma fenêtre pendant l’explication de texte de Flaubert le lendemain. Il était le seul à ne pas mortellement s'ennuyer. &lt;br /&gt;Les heures passent trop lentement pour eux, et les années trop vite. Pour moi.&lt;br /&gt;Si derrière lui, je devrais voir un homme, peut-être que derrière moi, il voit une gosse. C’est possible. Ca a tellement d’imagination, à c’t’âge là, ces imbéciles. &lt;br /&gt;Il a laissé un mot, à la concierge, un jour plus tard. Ca disait «Hey Missise Robinson Ouide Like Too Now a Liteulle Beat Of You files»&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="390" src="http://www.youtube.com/embed/-3lKbMBab18" title="YouTube video player" width="480"&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;Il y avait un point de marqué, pour la culture, mais un point de perdu pour l'écriture. Anne Bancroft aurait peut-être pu trouver à ces fautes d'orthographe une nonchalance attrayante.&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;Il se trouve que Anne Bancroft est morte. &lt;/div&gt;Et pas moi.&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;J’ai un début de ride sur le front, j’ai vu ça ce matin, je sais que c’est à cause de mon étonnement perpétuel et de ma perplexité quotidiennement passagère. Je le sais. Il n' y pas d’autre explication, j'imagine. &lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;-maispastrop-&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-BgQ7ianfY3Y/TZNLEjdUfVI/AAAAAAAAA1Q/4urKn1lIsUA/s1600/cigaretteslangue.jpg" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/202453825640709732-7961589994866694248?l=beaucoupbeaucoup.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://beaucoupbeaucoup.blogspot.com/feeds/7961589994866694248/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=202453825640709732&amp;postID=7961589994866694248' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/202453825640709732/posts/default/7961589994866694248'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/202453825640709732/posts/default/7961589994866694248'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://beaucoupbeaucoup.blogspot.com/2011/03/cest-une-triste-maladie-que-de-manquer.html' title=''/><author><name>ManonTroppo</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01434665557006111691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='12' src='http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/SVC1uIkOdWI/AAAAAAAAATg/IP0XCvOxM5M/S220/allegromanontroppo.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-e0afajZxd0o/TZKFI9MQFdI/AAAAAAAAA04/UJhMLiez9SE/s72-c/reality.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-202453825640709732.post-7336120701836017927</id><published>2011-02-01T17:55:00.000+01:00</published><updated>2011-02-01T17:55:51.777+01:00</updated><title type='text'>Si ta marraine tond ton parrain, on s'en fout de ton tonton.</title><content type='html'>&lt;span style="color: red; font-size: large;"&gt;Ce qu’elle est devenue&lt;/span&gt;, je l’ignore; je ne pense pas en avoir d’ailleurs quoi que ce soit à foutre aujourd’hui. Ce n’est pas quelqu’un qui me manque, ce n’est pas non plus quelqu’un pour qui je m’inquiète. Elle a même pas le double de mes clés, d’façon, elle me servirait à quoi?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je l’aimais beaucoup. Elle était mon idole, mon idole «de la tête». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’aimais ses humeurs, humeurs dont elle changeait plusieurs fois dans la journée et ce, en toute logique, toujours de manière imprévisible. Une simple brise pouvait la ravir le lundi et la rendre acariâtre le mardi. Le mercredi, alors que ça commençait à souffler et qu’on se demandait tous comment elle allait le vivre, elle ne s’en rendait tout bonnement pas compte; toute occupée qu’elle était à s’émerveiller sur les petits détails de la vie, comme ça. Vie qu’elle maudissait dans sa globalité une heure auparavant. &lt;br /&gt;Rien n’était fixe, c’était au petit bonheur la chance qu’on se rendait à un déjeuner avec elle. Je l'appelais «pilouface», tout attaché et un peu sommairement, mais j’avais 10 ans, à l’époque, alors ça va, ça passe, c’est pas dramatique. &lt;br /&gt;Quand je lui donnais ce petit nom en sa présence, toujours, à chaque fois, ça n’a jamais loupé, elle se levait -elle était souvent assise à cause de ce que je vous expliquerai plus tard- et minaudait avant de s’égosiller sur Coryne Charby. Elle regardait tantôt à droite, tantôt en face, en faisant exagérément virevolter ses cheveux, comme ses chanteuses des années 90 à qui on demandait de jouer yeux dans les yeux avec 3 caméras pendant une chanson de deux minutes 50, une chorégraphie à deux balles et quart et des paroles en soldes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;iframe allowfullscreen="" class="youtube-player" frameborder="0" height="390" src="http://www.youtube.com/embed/-l70OKXjg98" title="YouTube video player" type="text/html" width="480"&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si, à la fin de la prestation, elle attrapait un regard un tant soi peu réprobateur, elle rétorquait avant même de reprendre son court souffle «ho hé, les chansons de merde c’est fait pour ça, sinon, qu’on les pende haut et court, tous!». &lt;br /&gt;Elle m’avait appris cette expression «qu’on les pende haut et court», je l’utilisais à tire-larigot, une autre expression qu’elle m’avait apprise, ça, «à tire-larigot». Je ne cessais de caser ce que j’imaginais être chic ou intellectuel, n’importe comment et n’importe quand. &lt;br /&gt;A l’école, alors que j’avais essayé de griller la queue de la cantine et que le pion m’attrapait par le col en m’admonestant mollement et en me replaçant à ma place initiale, c’est à dire tout au bout, j’avais dit «maisheu, hier, je me suis fait volé ma placeheu, donc aujourd’hui, c’est à tire larigot !», convaincue de mon argument tout autant que de mon petit effet. Bon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’aimais ses humeurs, donc. Ses humeurs seulement, pas le fait qu’elle en ait, pas elle non plus quand elle en avait, seulement ses humeurs, comme des entités à part entières. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’aimais ses malheurs aussi. Ils étaient dramatiques comme dans les livres. Tout le monde mourrait autour d’elle. Tout le monde. Tant et si bien que certains vivants commençaient à creuser un fossé, à repousser les rendez vous ou à passer sur liste rouge. A foutre le camp, quoi. «Foutus superstitieux», qu’elle disait. &lt;br /&gt;Son fils était mort d'overdose, faut dire. Après ça, que son banquier et son cousin et son chat et son amie d’enfance meurent, mettons, le même jour et, pourquoi pas, tous assassinés par la même personne qui, de surcroît, aurait été un unijambiste fan de Wagner, ça lui aurait pas fait plus d’effet qu’un opéra de Wagner justement. Plus rien ne la touchait vraiment.&lt;br /&gt;Cette inconditionnelle de la Walkirye donnait même ses places de loges Garnier à n’importe qui. Sérieusement, je l’ai vue de mes yeux vue tendre ses billets à des touristes inconnues, comme ça, dans la rue, boulevards des Italiens. &lt;br /&gt;En fait, tout la touchait encore, mais précisément au même endroit, là où c’était déjà creusé, là où il y avait cette crasse, cette tristesse même pas humaine et qu’elle n’a jamais pris la peine d’expliquer pour la bonne raison qu’elle savait qu’on ne l’aurait jamais comprise. Alors les disparitions coulaient sur elle et abreuvaient son puits de malheur, comme ça, tout simplement. &lt;br /&gt;Plus que ses malheurs, j’aimais Son Malheur, sa façon de faire avec, sa façon de faire sans, sa façon de faire comme si, ses manières, j’aimais comme elle vivait la mort. J’aimais les humeurs que ça lui provoquait. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’avais 10 ans, j’étais en plein Madame Bovary, alors, hein, ça va, ça passe, c’est pas dramatique. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’aimais la place qu’elle prenait. &lt;br /&gt;C’était une femme ronde. &lt;br /&gt;Souvent, dans la langue française, et c’est une des raisons pour lesquelles je l’aime tant, un même mot, un seul adverbe, revêt plusieurs significations. Ici, nous nous intéresserons à l’adjectif «ronde». &lt;br /&gt;C’était une femme en sur-poids et ivre la plupart du temps, en gros.&lt;br /&gt;Deux images en une même femme. &lt;br /&gt;Elle était vraiment maousse, sans rigoler, les garçons qui ravissaient mes jours d’école à cette époque auraient du s’y mettre à 10 pour la relever après qu’elle ait raté le début d’une chanson à cause d’une fin de bouteille en trop. &lt;br /&gt;C’était un phénomène. &lt;br /&gt;C’était ma marraine. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TUdWKp2wpjI/AAAAAAAAAuU/TuiezAUWq9I/s1600/bigbike.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://4.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TUdWKp2wpjI/AAAAAAAAAuU/TuiezAUWq9I/s320/bigbike.jpg" width="204" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’aimais sa voix fluette et bizarrement désaccordée à la proéminence de ses poumons, la façon douce et talquée qu’elle avait de me mettre en garde contre le froid, les hommes et moi-même, quand je partais. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’aimais son odeur. Elle sentait la grosse. C’est ce que je pensais, et j’avais 10 ans, alors ça va, ça passe, vous connaissez la chanson. La grosse hyper propre, la grosse coquette, le savon chic et la poudre Marie Antoinette. J’aimais son drame. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle était mon idole «de la tête». J’adorais l’intérieur d’elle. Comment elle réfléchissait, appréhendait, rebondissait. J’adorais la voir fabriquer ses plaisanteries, rire à celle des autres, et rebondir, encore. C’est un truc qu’elle faisait vachement bien, ça, le rebondissement. Rien ne la laissait vraiment jamais à terre. Rien n’aurait permis qu’elle nous laisse voir à quel point elle rampait après des millimètres de bonheur et d’oubli. Sa tête, comment elle était foutue, les chemins que parcouraient les pensées et la matière de son cortex, j’en étais fan. Mon idole «de la tête», vous dis-je. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais j’aimais pas son corps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qu'il était devenu, ce qu'il signifiait, la manière qu'elle avait de s'en foutre éperdument. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un jour, son mari avait voulu me montrer des photos de leurs fils. Y’a toujours un parent qui craque et qui dégueule tout, et tant qu’à faire sur une mioche comme moi qu’a rien demandé. J’avais regardé la photo sans la prendre dans mes mains, comme ça, par dessus une épaule. Ok, le fils était beau, d’accord, ils avaient l’air heureux; jusque là, rien de bien étonnant. J’veux dire, c’est bon, je connaissais personnellement le père noël et j’avais déjà vu des films américains et même It’s a Wondeful Life, hé ho. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;iframe allowfullscreen="" class="youtube-player" frameborder="0" height="390" src="http://www.youtube.com/embed/mrmUipa1kc4" title="YouTube video player" type="text/html" width="480"&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais elle, elle, bordel. A l’époque de son fils, elle n’était pas seulement une mère, elle était aussi l’épouse d’un mari et la galeriste réputée, la femme brillante et tout aussi exubérante, et belle, belle à couper le souffle. Ah non, pardon, c’est pas du domaine du détail. Et y’a pas de «elle a perdu son fils, elle peut bien prendre 40 kilos et en avoir plus rien à foutre». Justement, non. C’était une femme dont, qu’elle le veuille ou non, se dégageait un gâchis insupportable pour ses proches. Gâchis qui avait été conforté par ses photos sépia à la con sur une plage, une plage du nord, à tous les coups. Il fallait pas me montrer à quel point elle avait pu être belle en étant heureuse parce que je ne pouvais m’empêcher de penser que sa laideur d’aujourd’hui était proportionnelle à sa tristesse. Personne ne veut aimer quelqu’un de triste, personne. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’aimais pas ce corps qui vendait un laisser-aller même pas bon-vivant, un laxisme suicidaire contre lequel je pouvais rien, rien. J’aimais pas son putain de corps et quelques fois, quand elle s’asseyait à côté de moi, je ne cachais pas l’inconfort que sa tonne provoquait quand elle faisait se creuser la masse du canapé vers elle et ses bourrelets. Comme par hasard, elle disait rien devant ma mimique dégoûtée. Et c’était pas le genre à rien dire. Comme par hasard. Ca me rendait encore plus maboule qu’elle ferme sa putain d’énorme gueule. Putain. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parce qu’elle était ma marraine, ça signifiait, sur le papier, qu’elle était potentiellement en charge de moi si ma vraie mère de l’utérus venait à décéder comme un vulgaire humain. Non parce que j’avais cherché ça, dans le dictionnaire, un jour que je m’étais demandé si c’était pas un simple synonyme de «bouffonne». J'avais 10 ans, combien de fois faudra-t-il que je vous le répète. C'était pas dramatique. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MARRAINE n.f. (du latin mater, mère) Femme qui présente un enfant au baptême ou à la confirmation et qui se porte garante de sa fidélité à l’Eglise. &lt;br /&gt;Tiens!&lt;br /&gt;De toute évidence, sa fidélité à l’église consistait à croire uniquement en «buvez, ceci est mon sang» et puis, de toute façon, je n’avais pas été baptisée ou confirmée ou dieu sait quoi. N’empêche, c’est écrit «du latin mater, mère». &lt;br /&gt;J’aurais préféré mourir avec la mienne que de me retrouver avec elle en adulte responsable à la maison, il m’était tout bonnement impossible de l’imaginer régler ses factures à l’heure et de me border sans me vomir dessus. Je m’étais demandé si ma mère n’avais pas pêché, en s’estimant immortelle, puisqu’il était certain qu’elle n’aurait pas non plus voulu être relayée par quelqu’un qui oubliait toujours ma date de naissance. Et la sienne. Et toutes les autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;iframe allowfullscreen="" class="youtube-player" frameborder="0" height="390" src="http://www.youtube.com/embed/scWlSTZwmNk" title="YouTube video player" type="text/html" width="480"&gt;&lt;/iframe&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis, elle s'appelait Jacqueline. Avouez que ça fait beaucoup de défauts pour une seule femme, tout ça. Pour je ne sais quelle obscure raison, tout le monde l'appelait Jacques. Il se trouve que son mari s'appelait également Jacques. Mais, illogiquement, et sans aucun respect de la symétrie, personne ne l’appelait Jacqueline, lui. Alors quand on criait «Jacques!» les 2 se retournaient. &lt;br /&gt;Sauf que, généralement, on criait pas seulement le prénom, on lançait «Jacques, tu peux éviter de boire tout le vin?» ou «Jacques, pourquoi as-tu garé la voiture au milieu des Champs? Enfin!» ou «Jacques, ton mari a honte de toi, là, tu sais, il se cache.» ce qui fait qu’il savait, le vrai Jacques, l’homme du couple, qu’on ne s’adressait pas à lui. Et puis personne ne s’adressait véritablement à lui, jamais complètement, j’entends. Dès que quelqu’un lui adressait la parole, c’était doucement et sans l’interpeller publiquement, à l'oreille, pour lui dire combien sa femme était tous les adjectifs possibles. Personne l’écoutait. Personne l’écoutait jamais. Il est même possible que cet homme n’ait jamais fini une des rares phrases qu’il avait commencées. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TUg5Jv3HYhI/AAAAAAAAAuc/UPG9JfjrR2U/s1600/coupleinstable.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="218" src="http://2.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TUg5Jv3HYhI/AAAAAAAAAuc/UPG9JfjrR2U/s320/coupleinstable.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On allait souvent dîner au Drugstore des Champs Elysées, on connaissait tout le monde, on nous accueillait comme des messieurs. Et, un soir où la mater-marraine avait décidé de s’attarder plus que de raison au bar, avec des artistes qu’elle exposait, j’avais osé demandé à celui qui n’était pourtant pas mon parrain «Dis, Jack -du coup, on l'appelait comme ça, Jack- tu t’occuperais de moi si ta femme mourrait?»&lt;br /&gt;Ca n’avait pas réellement refroidi l’assemblée, à vrai dire. Ma mère m’avait adressé un de ces regards dont elle a le secret et dont on ne sait jamais si, en terme de pourcentage, la réprobation prend le dessus sur la complicité. La meilleure amie de Jacques avait jugé ma question franchement mature pour mon âge, 10 ans, vous savez. Et la meilleure amie de Jack semblait prendre plaisir à entendre sortir de la bouche du mioche ce qu’elle n’avait jamais osé formuler, cette vieille conne.&lt;br /&gt;Il n’avait pas répondu, c’est comme ça, les dîners, on passe à autre chose et puis on passe à autre chose et puis on devrait passer à autre chose et puis personne se rappelle plus rien et les conversations restent en trois petits points. N’empêche qu’à la librairie du Drugstore où j’aimais flâner, Jacqueline s’est pointée, comme par enchantement. Je feuilletais un livre, un truc avec des images, j’avais le droit, c’est pas dramatique, j’étais jeune, et elle avait posé sa main sur mon épaule. S’en était dégagée une chaleur quasiment inhumaine, quelque chose de suffocant, un truc fou. &lt;br /&gt;Je m’étais retournée aussi sec, inquiète de me trouver face à face avec un monstre thermonucléaire, et elle s’était penchée vers moi, comme ça, tout à fait comme vous pouvez l’imaginer, comme ça.&amp;nbsp; &lt;br /&gt;Je pensais qu’elle allait me dire quelque chose, m’engueuler peut-être, pour mes questions sournoises de tout à l’heure, mais non. &lt;br /&gt;Elle s’était contentée de se pencher, de me mettre son odeur incroyable de grosse poudrée dans les naseaux, et ses yeux dans les miens, sans rien dire. J’étais pas très sûre des messages du genre, à l’âge que j’avais, mais j’aurais juré que c’était une promesse. Un moment muet qui en dit beaucoup, quoi, si vous voulez.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;iframe allowfullscreen="" class="youtube-player" frameborder="0" height="390" src="http://www.youtube.com/embed/kYSYlVFF_94" title="YouTube video player" type="text/html" width="480"&gt;&lt;/iframe&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A la caisse, elle m’avait suivie, toujours sans moufter, et quand je présentais les cartes postales de Marilyn que je voulais m’acheter et que le caissier, l’horrible caissier, constatait que malgré mes nombreuses pièces de 1 et 2 francs, je n’avais pas assez pour payer, je m’étais retournée vers elle. C’était la première fois que je comptais sur elle. Sans déconner, Marilyn, c’était du genre important pour moi. &lt;br /&gt;J’avais dix ans. &lt;br /&gt;Et, juste après avoir croisé mon regard, un regard d’enfant, en somme, qui pensait être indépendant mais se trouve dans le besoin et espère 3 pièces, elle était partie. Partie. Même ça, elle avait pas voulu me le donner. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle était LA femme que je n’aurais pas aimée si on me l’avait pas mise dans les pattes et si on ne lui avait pas déclaré qu’elle serait celle qui devrait s’occuper de moi comme de la chair de ses entrailles si ma génitrice venait à mourir. &lt;br /&gt;Sans ça, on se serait jamais regardé le coin de la gueule elle et moi. Elle avait quelque chose de snob et d’obséquieux qui me dégoûtait quand je passais lui rendre visite à la galerie. Elle en faisait trop. Elle avait plus d’amour. Elle était déjà morte. Quelque part, j’aurais voulu qu’elle crève, je trouvais bizarre qu’un fantôme prenne autant de place, je comprenais pas, vraiment, pour de vrai, je comprenais pas qu’on l’écoute quand elle prenait la parole à propos de sujets sentimentaux alors qu’on savait tous qu’elle était toute sèche. Je voyais pas de raison d’écouter un vieux croûton de pain rassi s’exprimer sur la fluidité des sentiments et les naufrages de l’amour. C’était ses souvenirs qui parlaient. Je m’en tapais de ses souvenirs. J’avais dix ans, bon sang, faut vous le dire en quelle langue. J’avais dix ans et je voulais un être vivant, avec de l'avenir devant, là, maintenant, pour de bon. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ca n’est jamais venu. Je pourrais imager l’affaire en romançant les années qui ont suivi et en lui prêtant un désintérêt total de la nourriture, de la boisson, des relations humaines, enfin bref, de tout ce qui rend quelqu’un humain, pour raconter qu’elle a fini rachitique et malade dans une chambre de bonne, mais c’eut été trop facile, et, avec le recul que j’ai aujourd’hui, trop scénarisé. Non. Elle continuait de se bâfrer, de s’enivrer et ce, dans tous les plus beaux endroits de Paris en compagnie des plus brillants parisiens. Mais je voulais un être vivant.&amp;nbsp; Alors j’ai décidé de couper les ponts. Je savais que ça lui ferait un peu chaud et un peu froid et juste après, un peu rien. J’assassinais personne. Sa tombe était déjà ouverte, merde. J’avais 10 ans. J’étais odieuse et vraie. C’est bon, ça passe. C’est pas un drame. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui, je ne donnerai mon double de clé à personne d’autre qu’elle. Il faudrait peut-être prendre un train pour qu’elle me les donne mais elle m’offrirait le train, l’hospitalité pour la nuit et le tout sans me poser de questions, jamais. Que ce soit par manque d’intérêt ou par pudeur, je ne m'en m’inquiéterais pas outre mesure, dans les conditions du direct. Je lui serais simplement redevable d’être celle qui répond au téléphone à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. Et, au petit matin, avec autant d’indolence que le soir. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;iframe allowfullscreen="" class="youtube-player" frameborder="0" height="390" src="http://www.youtube.com/embed/qffuN0JahJ0" title="YouTube video player" type="text/html" width="480"&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si ça se trouve, finalement, je l’aimais pas mal, cette grosse truie flemmarde du bonheur. Et puis, on m'en a offert un max, des cartes postales de Marilyn, depuis. Si ca se trouve, même, je comprends qu’elle se soit laissée allée mais en décidant auparavant de s’entourer de gens qui comprendront, qui comprendraient. Pas comme moi. J’aurais pu comprendre. J’aurais du, sûrement. Je m’en rends compte aujourd’hui, à 28 ans. Et si je lui avais raconté ça, je sais qu’elle aurait dit «c’est pas dramatique» entre deux bouchées. Et qu’elle aurait rajouté, après une gorgée de vin, «comme tout le reste.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’espère qu’elle aurait eu tort. &lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;-maispastrop-&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/202453825640709732-7336120701836017927?l=beaucoupbeaucoup.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://beaucoupbeaucoup.blogspot.com/feeds/7336120701836017927/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=202453825640709732&amp;postID=7336120701836017927' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/202453825640709732/posts/default/7336120701836017927'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/202453825640709732/posts/default/7336120701836017927'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://beaucoupbeaucoup.blogspot.com/2011/02/si-ta-marraine-tond-ton-parrain-on-sen.html' title='Si ta marraine tond ton parrain, on s&apos;en fout de ton tonton.'/><author><name>ManonTroppo</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01434665557006111691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='12' src='http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/SVC1uIkOdWI/AAAAAAAAATg/IP0XCvOxM5M/S220/allegromanontroppo.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://img.youtube.com/vi/-l70OKXjg98/default.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-202453825640709732.post-5859135298177438980</id><published>2011-01-05T14:48:00.000+01:00</published><updated>2011-01-05T14:48:05.332+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>J'ai un peu de mal à écrire en ce moment, je passe mon temps à courir à droite à gauche, et le reste du temps, je bâfre. &lt;br /&gt;&lt;table align="center" cellpadding="0" cellspacing="0" class="tr-caption-container" style="margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;"&gt;&lt;tbody&gt;&lt;tr&gt;&lt;td style="text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TSR2A9FdP-I/AAAAAAAAAtU/skbJ8UEfcl0/s1600/nike1.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: auto; margin-right: auto;"&gt;&lt;img border="0" height="290" src="http://4.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TSR2A9FdP-I/AAAAAAAAAtU/skbJ8UEfcl0/s400/nike1.jpg" width="400" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;tr&gt;&lt;td class="tr-caption" style="text-align: center;"&gt;&lt;span class="arial18"&gt;&lt;b&gt;© Olle Hemmendorff&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/202453825640709732-5859135298177438980?l=beaucoupbeaucoup.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://beaucoupbeaucoup.blogspot.com/feeds/5859135298177438980/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=202453825640709732&amp;postID=5859135298177438980' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/202453825640709732/posts/default/5859135298177438980'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/202453825640709732/posts/default/5859135298177438980'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://beaucoupbeaucoup.blogspot.com/2011/01/jai-un-peu-de-mal-ecrire-en-ce-moment.html' title=''/><author><name>ManonTroppo</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01434665557006111691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='12' src='http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/SVC1uIkOdWI/AAAAAAAAATg/IP0XCvOxM5M/S220/allegromanontroppo.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TSR2A9FdP-I/AAAAAAAAAtU/skbJ8UEfcl0/s72-c/nike1.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-202453825640709732.post-4665591497942996164</id><published>2011-01-04T11:55:00.002+01:00</published><updated>2011-01-04T11:55:57.126+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;span class="txtC40 B14"&gt;&lt;a class="txtC40 B14" href="http://www.evene.fr/citations/mot.php?mot=pendant"&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="txtC40 B14"&gt;"Pendant le siège, toutes les femmes ont mangé du chien. On pensait que cette nourriture leur inculquerait des principes de fidélité. Pas du tout. Elles ont exigé des colliers." &amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="txtC40 B14"&gt;&lt;/span&gt;Aurélien Scholl&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/202453825640709732-4665591497942996164?l=beaucoupbeaucoup.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://beaucoupbeaucoup.blogspot.com/feeds/4665591497942996164/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=202453825640709732&amp;postID=4665591497942996164' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/202453825640709732/posts/default/4665591497942996164'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/202453825640709732/posts/default/4665591497942996164'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://beaucoupbeaucoup.blogspot.com/2011/01/pendant-le-siege-toutes-les-femmes-ont.html' title=''/><author><name>ManonTroppo</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01434665557006111691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='12' src='http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/SVC1uIkOdWI/AAAAAAAAATg/IP0XCvOxM5M/S220/allegromanontroppo.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-202453825640709732.post-91761759836672951</id><published>2010-11-22T18:10:00.002+01:00</published><updated>2010-11-23T01:16:02.222+01:00</updated><title type='text'>La vie en fille d'attente.</title><content type='html'>&lt;span style="color: #cc0000; font-size: large;"&gt;Parfois, c’est d’une vie de vieille fille&lt;/span&gt; dont j’ai besoin. &lt;br /&gt;Une vieille fille riche, s’entend. &lt;br /&gt;Un grand appartement, aux couloirs interminables agrémentés de cadres remplis de photos sépia de familles qu’on a peut-être jamais connues, qui ne sont même pas des branches de mon arbre, si ça se trouve. Un piano, qui prend la poussière à force de n’être que trop peu aimé. Des livres reliés, aux pages encore scellées. Un plancher en bois ciré, un de ceux qui grince dès qu’on y fait 2,3 pas de fox trot de trop.&lt;br /&gt;Et un environnement de vieux, plongé dans la naphtaline. Quelque chose qui serait déjà décalé de la vie, du cours de la vie, et figé pour toujours, en dehors, ailleurs, envers et contre les modes des canapés design et des feng shui-fait chier. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La rue pourrait continuer de fourmiller, le JT pourrait annoncer encore des nouvelles morts, des menaces, un tremblement de terre imminent, peut-être, rien ne bougerait. Paisible. Inaltérable. Loin. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un contexte qui ne me rappellerait en rien, jamais, que j’ai, paraît-il, toute la vie devant moi. &lt;br /&gt;Parce que c’est en ayant toute la vie devant moi que je prends le temps de ne jamais m’en occuper. Je ne prends jamais le temps de m’en occuper, de ma vie devant moi, parce que j’ai des amis de mon âge à voir, de la vodka à boire, des nuits à rattraper, des livres à dévorer, des séries américaines à empiffrer, des rues à arpenter, des trains à rater et beaucoup, beaucoup d’entre deux. Un état mi-pensif mi-léthargique qui m’amène à m’installer à mon bureau et à laisser mes yeux traîner sur les tickets de carte bleue du week-end. Pendant plusieurs heures, j’veux dire, mes yeux font ça, ils traînent sur les tickets de carte bleue du week-end.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TOqfdSXHK0I/AAAAAAAAAp8/BWEzny1rwi8/s1600/la-vie-devant-soi.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://3.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TOqfdSXHK0I/AAAAAAAAAp8/BWEzny1rwi8/s320/la-vie-devant-soi.jpg" width="194" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Si seulement ces tickets de carte bleue m’inspiraient une idée révolutionnaire qui renverserait le monde et étoufferait les méchants... Mais non, devant ces tickets où, déjà, le carbone pâlit, je me pâme, d’abord, d’avoir passé une formidable soirée. Je découvre ensuite le montant, formidable, lui, aussi. Et puis, je blêmis et j’essaie de me rappeler. C’est moi, la méchante étouffée, maintenant. De formidable, ma soirée passe à formidiable. C’est comme ça que je dis, depuis peu, pour qualifier une soirée dont je pourrais jurer qu’elle était sensas’ mais que je ne peux me remémorer que par shots de souvenirs. Et puis, généralement, c’est à ce moment là que je pense à l’incalculable quantité d’€ investis dans des trous noirs. Autant de biffetons, qui, si je les avais économisé consciencieusement, m’auraient permis de ne plus avoir peur d’en dépenser plus que je n’en ai. Je vis tellement au dessus de mes moyens que de tout là haut, ils ont l’air encore plus petits.Il paraît que ça peut pas durer. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne suis pas la première à le dire, je serai pas non plus la dernière: si j’avais été très riche, j’aurais été autrement géniale. J’aurais offert à ma vie ce que je lui promettais, petite, dans le Dear Diary.&lt;br /&gt;Je ne dis pas que j’aurais exclusivement oeuvré pour l’humanité ou remué ciel et terre pour la couche d’ozone. Si ça se trouve, j’aurais même pas «fait» danseuse étoile qui sauve des lions pendant les vacances. J’aurais été la même finalement, mais en mieux, en un million d’€ de fois mieux. &lt;br /&gt;Une sorte d’oisive jouisseuse, sur un plus beau canapé. Entourée d’horloges qui n’indiquent que les saisons. C’est vraiment tout ce qui compte, les saisons; les heures, elles ont même pas de personnalité à elles.&amp;nbsp; &lt;br /&gt;Et, surtout, quelqu’un se serait occupé de ranger le désordre de mon jeudi soir. Alors, le vendredi, j’aurais pu m’attabler devant un bureau débarrassé de tous ces tickets de carte bleue; un bureau ami, qui ne m’aurait pas déconcentrée. Et, cerise sur Ladurée, je n’aurais pas culpabilisé. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour qu’il n’y ait pas méprise, je le précise: je suis pas à plaindre, et d’ailleurs, je ne me plains pas. Je sais simplement que l’argent et le temps me gâchent. L’argent que je n’ai pas, le temps que j’ai décidé de prendre quand même. L’argent qui manque et le temps qu’il reste, en somme. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TOqfxY-8G2I/AAAAAAAAAqA/3rxSN2jDrBU/s1600/horlogefuck.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://2.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TOqfxY-8G2I/AAAAAAAAAqA/3rxSN2jDrBU/s320/horlogefuck.jpg" width="253" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Personnellement, je n’ai..., je n'aurais aucun problème avec l’idée de vivre dans un lit à écrire et lire et et manger, et d’autres trucs qu’on fait allongée et du genre qu’on couche pas sur le papier. L’ambition, la carrière, la reconnaissance, tout ça, ça me passe bien au dessus de mon mètre 60. Un peu trop, j'imagine. &lt;br /&gt;Mais voilà, d’après mon banquier, je ne peux tout simplement pas me le permettre et j’ose dire que je trouve ça incroyablement injuste, ne pas pouvoir se permettre ce pour quoi on a été taillée. Surtout dans la mesure où, non, tout le monde n’aimerait pas vivre au lit à lire et écrire et tout le reste. Non. Je ne prendrais la place de personne. C'est pas vrai. Vous, par exemple, aimeriez-vous le faire? Il y a suffisamment de gens qui veulent déplacer des montagnes, monter une entreprise ou faire des enfants comme ça, il n’y a que ça, d’ailleurs. &lt;br /&gt;Pour de vrai, moi qui aime tellement ne rien faire, je trouve absurde de n’être pas née riche héritière. &lt;br /&gt;C’est un truc que j’ai mis dans ma liste des 10 choses les plus injustes de ma vie, «ne pas être une riche héritière». Et c’est en deuz. La première c’est d’être du genre à mettre cette injustice en deuxième position. La troisième c’est d’être un petit peu folle, bon. Tout ça se goupille finalement pas mal.&lt;br /&gt;Mais le fait d’être un petit peu folle est aussi dans la liste des choses dont je suis contente d’être habitée sans avoir rien demandé. Oui, j’ai aussi cette liste là. Quoi? Je suis un petit peu folle, c’est tout. Et je m’en plains et m’en vante en 3° position de toutes mes listes. Oui, parce que, j’ai d’autres listes. Celles, des livres, des restaurants, des cocktails, des pays, des connards que, si je les croise je leur crache à la gueule, des amours que, s’ils me toisent, je les prends dedans mes bras. A chaque fois, ce qui arrive en 3°, c’est que, soit je suis un petit peu folle, soit, je m’excuse du choix fou du 2° de la liste à cause de ma petite folie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une vie de demoiselle, à l’horizontale, d’où tout est toujours plus joli. &lt;br /&gt;Le droit de ne pas me préoccuper du monde, de ne même pas me demander comment je pourrai(s) être utile au déroulement de ce monde, de ne surtout pas réaliser que je ne suis rien et que je ne serai jamais utile à ce pauvre, pauvre monde où toutes les verticalités annoncent autant d’effondrements que les nineoneone et autres esclaves, morts debout pour construire la tour de Shanghai la plus haute de la terre alors qu’on est jamais aussi bien que couché, et que c'est comme ça qu'on devrait tous mourir.&amp;nbsp; &lt;br /&gt;Une vie de vieille fille, à n’écouter que les radios qui parlent de musique classique et à éviter tout ce qui concerne de près ou de loin, l’Actualité. &lt;br /&gt;Une vie d'ermite, où, cependant, les sushis seraient livrés plus vite, et meilleurs que dans les autres quartiers. &lt;br /&gt;Une vie sans vous, j’imagine, aussi. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TOqgtvKiR4I/AAAAAAAAAqE/CZlbAhwWC4Q/s1600/page1-369px-%25C3%2589rasme_-_%25C3%2589loge_de_la_folie.djvu.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://4.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TOqgtvKiR4I/AAAAAAAAAqE/CZlbAhwWC4Q/s320/page1-369px-%25C3%2589rasme_-_%25C3%2589loge_de_la_folie.djvu.jpg" width="196" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Souvent, c’est une vie de jeune maboule que je mène. J’écris sur la poussière du piano «me voy a la nouba bambalaya, hasta la vista, baby» et avec les virgules. &lt;br /&gt;Je m’écoute parler, avoir des avis sur la vie, la mort, la peine, la peine de mort, l’avortement, et l’amour. Je me moque de moi. Je suis à mon propre spectacle: une demoiselle qui, avec des amis, échange sur ce que d’autres connaissent mieux, connaissent, tout court, mais n'arrivent justement pas à tourner à la plaisanterie. Je me moque de nous. Nous me faisons rire. Et je souris en rêvant, repoussant ce bruit de fin du monde que fait mon réveil pour m’indiquer que la vie m’attend. Qu’elle n’attend que moi, paraît-il. &lt;br /&gt;J’espère qu’elle est patiente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;-maispastrop-&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/202453825640709732-91761759836672951?l=beaucoupbeaucoup.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://beaucoupbeaucoup.blogspot.com/feeds/91761759836672951/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=202453825640709732&amp;postID=91761759836672951' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/202453825640709732/posts/default/91761759836672951'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/202453825640709732/posts/default/91761759836672951'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://beaucoupbeaucoup.blogspot.com/2010/11/la-vie-en-file-dattente.html' title='La vie en fille d&apos;attente.'/><author><name>ManonTroppo</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01434665557006111691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='12' src='http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/SVC1uIkOdWI/AAAAAAAAATg/IP0XCvOxM5M/S220/allegromanontroppo.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TOqfdSXHK0I/AAAAAAAAAp8/BWEzny1rwi8/s72-c/la-vie-devant-soi.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-202453825640709732.post-8823447033043507747</id><published>2010-11-17T17:07:00.001+01:00</published><updated>2010-11-17T17:51:14.232+01:00</updated><title type='text'>Sans laisser d'adresse</title><content type='html'>&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;( Si vous n'avez pas pris l'avion cet été, il y a assez peu de chances pour que vous ayez pu vous délécter de cette nouvelle estivale. Ca aurait été terriblement dommage de passer au dessus, n'est ce pas? )&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TOP8HItkVWI/AAAAAAAAApw/DNYPagIXj54/s1600/nouvelle1.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="400" src="http://2.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TOP8HItkVWI/AAAAAAAAApw/DNYPagIXj54/s400/nouvelle1.jpg" width="317" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TOP8cA55EuI/AAAAAAAAAp0/cIZ61Udjleo/s1600/nouvelle2.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="400" src="http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TOP8cA55EuI/AAAAAAAAAp0/cIZ61Udjleo/s400/nouvelle2.jpg" width="317" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TOP8koRpSPI/AAAAAAAAAp4/hClTMaDQ7EU/s1600/nouvelle3.jpg" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="400" src="http://4.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TOP8koRpSPI/AAAAAAAAAp4/hClTMaDQ7EU/s400/nouvelle3.jpg" width="326" /&gt;&amp;nbsp;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: x-large;"&gt;&lt;span style="color: #cc0000;"&gt;Ce matin encore,&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; je me suis levé à l’aube. Mes yeux n’en voulaient pas, mais mon corps a forcé la &lt;br /&gt;main, et dans la salle de bain, je me suis rappelé que j’étais matinal pour une bonne raison. La &lt;br /&gt;meilleure qui existe. La seule, peut-être. Dans le rétroviseur, le chauffeur de taxi surveillait mon &lt;br /&gt;sourire d’un air suspect; c’est à dire qu’on est plus vraiment habitués aux gens heureux. Une fois &lt;br /&gt;arrivé, j’ai compté avec satisfaction les minutes d’avance que j’avais devant moi, je me suis installé &lt;br /&gt;et j’ai attendu. &lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Ca y est, voilà, je ne ressens plus aucune fatigue. Au lieu de ça, une excitation gamine &lt;br /&gt;circule un peu partout dans un corps que j’estime à chaque fois trop vieux pour s’emballer à ce &lt;br /&gt;point. Je me sens bien, ici; ça me fait cet effet à tous les coups, j’ai l’impression d’être à ma place &lt;br /&gt;plus que nulle part ailleurs. Il y a cette possibilité latente de partir n’importe où, il y a des étrangers &lt;br /&gt;à tous les coins de salles d’attente, et des bagages remplis de souvenirs. Il y a, au delà de tout, &lt;br /&gt;une conviction qu’on n’appartient jamais à rien ni à personne; conviction qui resplendit mieux que &lt;br /&gt;jamais, là, dans cet endroit où tout semble pourtant me posséder tellement il me rend vivant. Je &lt;br /&gt;me sens bien. Je les regarde.&amp;nbsp; &lt;br /&gt;Je pourrais être cet homme, à ma droite, qui&amp;nbsp; -si l’on en croit l’empressement qu’il met à se &lt;br /&gt;recoiffer chaque minute- doit certainement retrouver une femme qui lui procure aussi pas mal de &lt;br /&gt;sensations. Je pourrais être cet enfant, qui voyage seul, mais semble accompagné, pourtant, de &lt;br /&gt;toutes ses frasques estivales, comme si elles le protégeaient d’une aura ensoleillée. Je pourrais &lt;br /&gt;être cette femme, cernée par un chagrin que le lieu public et la proximité avec des étrangers &lt;br /&gt;n’arrivent pas à contenir, et qui pleure parce que... elle a du perdre quelqu’un. J’imagine. Peut-être &lt;br /&gt;se rend-elle à un enterrement. Je pourrais être cette femme, mais je ne préfère pas. &lt;br /&gt;Il se trouve que je suis un homme qui aime les aéroports comme certains enfants raffolent des &lt;br /&gt;confiseries: sans retenue, absolument, quitte à s’y casser les dents. &lt;br /&gt;J’ai la chance de les fréquenter 2 à 3 fois par mois. Je me rends bien compte que c’est un luxe. &lt;br /&gt;J’ai lu un truc, un article assez sérieux, qui expliquait que beaucoup de gens n’avaient jamais pris &lt;br /&gt;l’avion. C’est à dire: jamais de leur vie. Des gens que j’ai peut-être croisés dans le métro, et tout. &lt;br /&gt;L'intérêt de l’article consistait à s'intéresser à des témoins qui étaient déjà vieux. Parce que, moi &lt;br /&gt;non plus, à 25 ans, je n’avais jamais pris l’avion. Or, ces gens, dans l’article respectable, là, ils &lt;br /&gt;avaient un âge tout à fait idéal pour attraper le lecteur, faire en sorte qu’il se sente sinon concerné, &lt;br /&gt;au moins compatissant. J’avais compati à fond les ballons. Je me souviens «Paul a vécu 67 ans &lt;br /&gt;dans le Larzac et ne l’a jamais quitté». 67 ans quand même, c’est pas rien, je me dis. &lt;br /&gt;Je me demande s’il y a un Paul, près de moi, qui part pour la première fois. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Les passagers à destination de leur destin sont priés de se présenter porte 5, merci. &lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’appel de mon vol interrompt le cours de mes pensées, c’est aussi ce que j’aime dans les &lt;br /&gt;aéroports, ça va, ça vient ; je me lève, je n’y pense plus, à Paul, aux autres, aux premières fois. Je &lt;br /&gt;suis simplement un homme qui aime les aéroports, à chaque fois. Je lance le chariot à bagages, &lt;br /&gt;en prenant soin d’appuyer mes avants bras sur la résistance, pour que ça ne freine pas. C’était &lt;br /&gt;pas comme ça, les chariots, y’a encore une dizaine d’années. Je n’ai pas de réels bagages, je ne &lt;br /&gt;pars que quelques jours, mais je maîtrise comme personne les virages de chariots à Orly. &lt;br /&gt;L’attente n’est pas trop longue et les hôtesses sont... hospitalières même si leurs jupes sont un &lt;br /&gt;peu longues à mon goût. J’ai envie de demander les menus mais, par timidité, je préfère attraper &lt;br /&gt;des journaux que je ne lirai pas, en souriant nonchalamment.&amp;nbsp; Ca fait plus sérieux, je crois, la &lt;br /&gt;nonchalance. &lt;br /&gt;&amp;nbsp; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-C’est ça, 30% alors? &lt;br /&gt;-Oui oui, je vous dis, j’ai lu cet article moi aussi. 30% des Français. &lt;br /&gt;-Mais... 30%... c’est précis... &lt;br /&gt;-... Vous vous demandez si je bluffe. &lt;br /&gt;-Non, pas du tout, je... &lt;br /&gt;-Si, si, je le vois bien. Je comprends d’ailleurs. C’est suspect de tomber sur quelqu’un qui, hop, &lt;br /&gt;précisément connaît les chiffres d’une enquête dont on lui parle, comme ça, en voisin d’avion. &lt;br /&gt;-Suspect, je ne sais pas, mais... Bon, 30% quand même, ça me paraît assez énorme. &lt;br /&gt;-Vous voulez savoir pourquoi je sais ça, et tout le reste de l’enquête d’ailleurs? &lt;br /&gt;-Je veux tout savoir et ça en particulier. &lt;br /&gt;-Parce que je n’avais moi-même jamais pris l’avion avant aujourd’hui. &lt;br /&gt;Mon sang fait mille tours. &lt;br /&gt;-Jamais, jamais? &lt;br /&gt;-De toute ma vie. Et avant que vous n’ayez la courtoisie de ne pas me demander mon âge, je vous &lt;br /&gt;le confie: 39 ans. En 39 ans, j’avais jamais pris l’avion, voilà. &lt;br /&gt;-... Mais qu’est ce que vous avez fait, alors, pendant tout ce temps? &lt;br /&gt;-Autant vous dire que l’enquête m’a parlé. J’ai même découpé l’article. Et, pour ne rien vous &lt;br /&gt;cacher, je l’ai relu hier soir. J’aurais du le prendre, tiens, je vous les aurais montrés les 30%. &lt;br /&gt;-Et, vous n’étiez jamais allé dans un aéroport? &lt;br /&gt;-Ah si, si. Je viens souvent chercher maman. Elle me visite pendant les soldes. Elle est très... &lt;br /&gt;-Intéressée par la mode? &lt;br /&gt;-Radine. &lt;br /&gt;L'hôtesse hospitalière nous sert nos plats. Pierre et moi, on échange un peu plus que des idées, il &lt;br /&gt;me donne son beurre, je lui offre mon dessert, c’est une affaire qui roule. &lt;br /&gt;-Et (là, je parle la bouche pleine, mais la curiosité me dépasse), ça vous fait quoi, alors, de prendre &lt;br /&gt;l’avion pour la première fois? &lt;br /&gt;Il me regarde en mastiquant. Le pain est un chouia caoutchouteux, ça doit être pour ça. &lt;br /&gt;-Vous êtes bien curieux. Ca vous fascine, mon dépucelage aérien? &lt;br /&gt;-Je crois que, oui, ça me fascine, oui. Vous savez, moi je suis accro à ça, les avions, les voyages, &lt;br /&gt;les aéroports et tout, alors... vous êtes une sorte d’ovni pour moi. &lt;br /&gt;-Ah vous travaillez dans le voyage alors? &lt;br /&gt;-Non, pas du tout, je travaille dans le textile. J’achète des tissus, pour faire court. Par internet, &lt;br /&gt;depuis mon bureau, à Paris. Et puis, je pars vérifier le matériel, enfin, vous voyez.&amp;nbsp; &lt;br /&gt;-Et, ce qui vous fascine, c’est les voyages? &lt;br /&gt;-Oui. Et les aéroports, les départs, les avions. Tout ça. &lt;br /&gt;-C’est étonnant de travailler dans un bureau quand on est attiré par l’instant et le mouvement, &lt;br /&gt;non? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Nous traversons actuellement une légère zone de turbulences, veillez à ne pas perdre la &lt;br /&gt;tête, merci. &lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon sang s’arrête. Il me gifle en freinant. J’ai dans les bras un fourmillement désagréable et &lt;br /&gt;anesthésiant, au point que j’hésite à sonner l'hôtesse. J’adore sonner l'hôtesse mais j’ai passé &lt;br /&gt;l’âge, alors, comme un grand, je m’interdis tout le temps de le faire. &lt;br /&gt;-Vous vous sentez bien? &lt;br /&gt;En fait, oui, je me sens parfaitement nickel, je crois même que je frôle la béatitude: il aura fallu que &lt;br /&gt;Pierre, un parfait inconnu, pousse des portes que j’avais déjà entrouvertes, dans ma petite tête, &lt;br /&gt;pour que l’évidence s’impose d’elle même. Je finis ma mignonnette d’un seul trait. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Je ne dors pas, j’attends. J’ai déjà relevé ma tablette, et ma ceinture frétille à l’idée d’être &lt;br /&gt;raccrochée. L’arrivée pointe son nez, et, avec elle, mon irrévocable départ. Aujourd’hui, j’accorde &lt;br /&gt;une attention toute particulière à l’annonce du capitaine concernant l’heure, la température et tout &lt;br /&gt;le toutim. Pour être honnête, j’avais presque oublié ma destination, et je découvre avec joie que la &lt;br /&gt;météo de juin à Tel-Aviv n’est pas très différente de celle de Paris. Mes 2 costumes feront l’affaire &lt;br /&gt;le temps que je m'acclimate. J’ouvre ma sacoche dans laquelle je pensais n’avoir pris que &lt;br /&gt;l’essentiel: les coordonnées du vendeur de soie, mon téléphone, mon ordinateur et mon billet de &lt;br /&gt;retour. Elles apparaissent alors comme les choses les plus superflues que j’ai été amené à voir de &lt;br /&gt;toute ma mini vie. Je ne suis pas pressé de sortir, je laisse les impatients se ruer dans les allées &lt;br /&gt;embouteillées et je me lève après tout le monde. Ca me laisse le loisir d’observer, encore, ces &lt;br /&gt;gens en transit, remplis d’émotions et d’attentes. C’est la toute première fois que je sors en &lt;br /&gt;dernier, ça me permet de relever la fatigue sur les sourires des hôtesses; sourires que j'interprète &lt;br /&gt;néanmoins comme des encouragements. &lt;br /&gt;-Nous espérons que vous avez fait un bon voyage en notre compagnie. &lt;br /&gt;-«Le meilleur» me dis-je, en serrant fort contre moi la sacoche qui contient tout ce dont je veux &lt;br /&gt;maintenant me séparer. &lt;br /&gt;Le hall fourmille. Je jette un dernier regard à mon ordinateur, à mon téléphone et: poubelle. Je &lt;br /&gt;déchire le billet de retour en plein de tous petits morceaux. Paris s’effrite. Je n’ai pas la moindre &lt;br /&gt;idée de l’endroit où je vais aller; et je sais que Louise serait dubitative quant à la manière dont je &lt;br /&gt;décide tout à coup de recommencer ma vie. Mais, après tout, qu’est ce que ça peut me faire? Je &lt;br /&gt;n’ai plus de femme, je n’ai plus rien, je suis comme neuf avec 2 costumes et 2 jours pour &lt;br /&gt;construire une existence qui m’attend depuis mon premier hall d’aéroport. J’espère que quelqu’un &lt;br /&gt;pensera à arroser le ficus du bureau. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;-maispastrop-&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="color: #cc0000;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;&lt;b&gt;Illustrations © Marc Zory-Casali&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/202453825640709732-8823447033043507747?l=beaucoupbeaucoup.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://beaucoupbeaucoup.blogspot.com/feeds/8823447033043507747/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=202453825640709732&amp;postID=8823447033043507747' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/202453825640709732/posts/default/8823447033043507747'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/202453825640709732/posts/default/8823447033043507747'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://beaucoupbeaucoup.blogspot.com/2010/11/sans-laisser-dadresse.html' title='Sans laisser d&apos;adresse'/><author><name>ManonTroppo</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01434665557006111691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='12' src='http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/SVC1uIkOdWI/AAAAAAAAATg/IP0XCvOxM5M/S220/allegromanontroppo.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TOP8HItkVWI/AAAAAAAAApw/DNYPagIXj54/s72-c/nouvelle1.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-202453825640709732.post-94665467457981578</id><published>2010-10-20T17:10:00.000+02:00</published><updated>2010-10-20T17:10:18.010+02:00</updated><title type='text'>Ode à l'inconnue, comme dit l'autre.</title><content type='html'>&lt;span style="color: #cc0000; font-size: x-large;"&gt;Prendre une retraite&lt;/span&gt; sentimentale à mon âge, pour certains, ça n’a pas de sens; pour d’autres, ça représente quelque chose d’assez magique. &lt;br /&gt;Ca n’a pas de sens pour ceux qui ne s’adonneraient jamais à ce type d’occupation. C’est magique pour ceux qui se l’offrent. On se comprend entre ceux qui doivent se comprendre, donc. Tout va pour le mieux dans tous les mondes y compris le meilleur, s’il existe. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je pars, seule, loin. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TL7-jTmYRBI/AAAAAAAAAow/GNaU52mAksw/s1600/retraitesentimentale.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TL7-jTmYRBI/AAAAAAAAAow/GNaU52mAksw/s1600/retraitesentimentale.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout ce qui n’est pas à côté, à 2 pâtés de maison des copains, c’est loin. Sans parler du XIII° arrondissement, qui est carrément sur un autre continent. Alors quand on est à 2 heures de train du Carillon, c’est le bout de monde, quasi, là où on est. &lt;br /&gt;Avoir envie, tout à coup, de retrouver quelqu’un à 3h et quelques 45 minutes de la nuit s’avère, sinon impossible, trop long et compliqué et cher et fatiguant et tout à accomplir pour se résoudre à l’accomplir. Et, ce qui tombe plutôt pas mal, c’est que, quand on prend une retraite sentimentale, on n’a envie de rejoindre personne à je sais pas quelle heure, du jour, de la nuit. Jamais. Personne. Ce serait pas honnête, on serait pas nous-même vu qu’on est déjà à moitié dans notre tête, à moitié ailleurs, dans un lieu non défini, difficilement définissable; ça servirait à rien du tout, un rendez-vous de ce genre pendant une retraite sentimentale. Ca équivaudrait à retrouver des amis en ne leur adressant pas un mot de la soirée. Et ce serait de la triche pour ladite retraite, également. Venir la bousculer en lui imposant quelqu’un d’étranger, comme ça, quelqu’un à qui il faut dire des trucs en faisant des phrases, et si ça se trouve des sourires. Commenter la brise marine, c’est déjà la ressentir un peu moins. Je n’échange pas d’opinions, je n’écoute pas d’avis, je vis, tout court, pour rien. Je dérive sans entraîner quiconque, ce serait pas sympa. Certains chaos organisés ne peuvent accueillir personne dans leur placard, et on n’écrit pas un journal intime pour le faire lire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TL7_Fh383OI/AAAAAAAAAo0/hCqaAfYRMBE/s1600/bateau-sur-la-plage.1185380962.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="240" src="http://3.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TL7_Fh383OI/AAAAAAAAAo0/hCqaAfYRMBE/s320/bateau-sur-la-plage.1185380962.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TL8ATrrqVQI/AAAAAAAAAo4/n609V7vLfio/s1600/retour-envoyeur.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TL8ATrrqVQI/AAAAAAAAAo4/n609V7vLfio/s1600/retour-envoyeur.jpg" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;Non, vraiment, la retraite sentimentale n’est pas portée sur ce genre d’activité. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je dis «retraite sentimentale», c’est parce que j’ai pas d’autres termes sous la main. Y’a pas vraiment de sentiments dont j’ai envie de me retirer, mais une ambiance générale que j’ai envie de voir de loin, puis d’oublier, puis de reprendre, peut-être, en rentrant. Une sorte de bilan annuel. Sans en être vraiment un, sans être tout à fait annuel non plus, puisque toute la ressource de ce que nous appellerons dorénavant ce «retrait» consiste à ne pas penser à ce dont on se retire, précisément. Et à le renouveler autant que nécessaire, tant pis si c’est 2 fois de suite. &lt;br /&gt;L'intérêt, alors, me demanderez-vous, ousqu’il est? &lt;br /&gt;Ben, l'intérêt c’est qu’on sait pas vraiment ousqu’il est, l'intérêt. On le trouve à tâtons, comme ça, sans réellement s’en rendre compte. Si ça se trouve, on le trouve pas. &lt;br /&gt;Honnêtement, c’est pas très important. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis seule, loin. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certains amis partent en groupes d’amis, d’autres travaillent et se regroupent, quand même, le soir, pour fabriquer de l’ambiance estivale autour d’un pastis, en terrasse. Et moi, grand luxe, je suis seule, loin. Pas isolée au point que mon téléphone ne capte pas si on m’appelle, mais retirée au point qu’on n’ose pas m’appeler. D’ailleurs mon téléphone, je le coupe. Il me dit «le monde est à vous» quand je l’éteins, même que; ce qui, si on y pense une seconde, est plutôt ironique dans la mesure où, précisément, du monde, je veux m’en éloigner quand je ne veux pas qu’on puisse me joindre. Le monde est aux autres, en réalité. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TL8AjSViNnI/AAAAAAAAAo8/M0_3zssjWuU/s1600/retour-envoyeur.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://3.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TL8AjSViNnI/AAAAAAAAAo8/M0_3zssjWuU/s1600/retour-envoyeur.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Depuis que j’ai cette manie, j’ai regardé, observé, zyeuté, pris des notes même, j’ai vu personne faire ça. Et cette fois encore, comme depuis 10 ans, pas une seule fille de mon âge seule de son plein gré à retirer ses sentiments d’on ne sait trop où pour en faire on sait pas quoi. Personne. Queudale. Non pas que j’en tire de la fierté, si je me penchais sur le sujet, peut-être même y trouverais-je matière à m’inquiéter. N’empêche, j’ai vu personne faire ça, je le dis, c'est tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis, il y a eu une fille, que je croisais, qu’était tout le temps toute seule, et qui a retenu mon attention. Pourtant, c’est pas le genre de fille qui retient l’attention, autant le dire tout de suite. Pas l’attention de ceux portés sur l'esthétisme ou sur le mélange de quelconques muqueuses, disons. Vraiment, y’avait rien chez elle qui attisait ces deux penchants. &lt;br /&gt;Plus jeune, plus bête, j’aurais trouvé là la raison de sa solitude; et puis, avec le temps et l’intelligence, et bien sûr le génie qui me caractérise, j’ai appris que tout le monde avait des amis, même les filles pas attirantes et négligées comme elle. Elle a forcément une amie aussi moche et mal fagotée, peut-être même plus moche encore, si elle l’a bien choisie. C’est comme ça, c’est la règle du jeu. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et pourtant non, toujours je la voyais seule et l’air de pas trop s’en plaindre, ce qui me foutait un sacré coup: y’aurait quelqu’un d’autre comme moi? et c’est à ça que ça ressemble? &lt;br /&gt;Je voulais être foudroyée sur place. &lt;br /&gt;Ou: faire une enquête sur place. &lt;br /&gt;Entre l’un et l’autre, allez savoir pourquoi, j’ai vite fait mon choix. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’était simple comme bonjour. Elle allait tous les jours au même endroit pour boire son thé, comme une vieille anglaise jamais mariée, peut-être pucelle, encore. Une mademoiselle qui trouverait en avance dans l’occupation des vieux tout ce que sa jeunesse attendait, sans honte.&amp;nbsp; Et, puisqu’on s’était croisées pas mal de fois et que j’avais remarqué chez elle l’envie de faire connaissance, manifestée par son avancée du menton à mon égard et une petite gêne adolescente en me saluant, j’étais sûre à fond qu’en m’installant à la table voisine, elle m’adresserait la parole. J’aurais parié ma mère, sur ce coup. Ou ma bière, disons. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’endroit était vraiment pas à mon goût, une connerie pseudo-rustique même pas authentique, un attrape couillon ou un q.g. d’habitués de 50 ans et plus. J’aurais préféré le PMU du coin, ou le bar du Normandy, m’enfin bon, c’était là qu’elle était, c’est donc là que je m’installais l’air de rien mine de crayon. &lt;br /&gt;Lalalilala, je pose mon sac et commande un café, youplaboum, je sors mon livre, ahlala, y’a du soleil, tiens tiens tiens, c’est où donc que j’ai mis mes lunettes déjà et.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Bonjour. &lt;br /&gt;Simple comme ça, j’vous avais dit. &lt;br /&gt;-Bonjour. &lt;br /&gt;Avec l’air un peu étonné, faut bien. &lt;br /&gt;-Vous...&lt;br /&gt;V’là qu’elle cherche ses mots. Y’a pas grand chose qui m‘horripile davantage que quelqu’un qui engage la conversation et qui n’a rien à dire au bout de la deuxième réplique. &lt;br /&gt;-Fait chaud hein. &lt;br /&gt;Bon, j’aide comme je peux. Et puis d’ailleurs, je n’aide pas, j’enquête, c’est différent. &lt;br /&gt;-Ouhla oui. &lt;br /&gt;-Mmmmh.&lt;br /&gt;-Vous...&lt;br /&gt;V’là que ça le reprend. Elle a qu’à pas dire «vous» si ça la bloque. &lt;br /&gt;-Vous pouvez me tutoyer. On s’est croisées plusieurs fois, on doit avoir la même décennie, donc, moi, ça me dérange pas. &lt;br /&gt;Mon dieu, je ne me savais pas capable de m’abaisser à ce point pour une investigation. &lt;br /&gt;-Ah! Tant mieux, ça me gêne un peu le vouvoiement, moi. &lt;br /&gt;-Oui, j’ai cru comprendre.&lt;br /&gt;-Pardon?&lt;br /&gt;-Non mais, à chaque fois que vous m’avez vouvoyée, ben, vous n’avez pas fini votre phrase. &lt;br /&gt;-Ah, non, ça c’est parce que je suis très timide. &lt;br /&gt;-Ok. ... Ok. Et moi mal à l’aise donc. Pardon. Excusez-moi, je voulais pas... Je pensais que...&lt;br /&gt;-Non mais y’a pas de problème, je voulais te parler parce que je t’avais vue ces derniers jours, pas mal de fois, je me disais: on a le même âge, c’est bête, «va lui parler» tout ça, et puis j’osais pas parce que je me disais que peut-être t’avais envie d’être seule, enfin, qu’on te parle pas, t’avais pas vraiment l’air d’avoir envie qu’on te parle, donc bon, mais là, t’es là, et on se parle donc c’est chouette, ça tombe bien quoi. Tu fais quoi dans la vie?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ok, heu, et ça, c’est être timide?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TL8BMnObA_I/AAAAAAAAApA/Ps23H8dsCPo/s1600/304420877_small.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="299" src="http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TL8BMnObA_I/AAAAAAAAApA/Ps23H8dsCPo/s320/304420877_small.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;-Heu, je. &lt;br /&gt;Mon café arrive. Je devrais tenir un carnet où je noterais toutes les fois où un café m’a sauvée d’une phrase que j’avais pas envie de terminer, qu’on m’a forcée à commencer. J’opterais pour la 17298° fois, aujourd’hui. Ou quelque chose dans ce goût là. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Je trouve pas mes foutues lunettes! &lt;br /&gt;Là c’est une façon de changer de sujet tout en subtilité, vous avez vu ça.&lt;br /&gt;-Oh, je te prête les miennes si tu veux!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors on est déjà meilleures amies, la «timide» et moi? Ok, stop, on arrête, l’investigation est bouclée, remballez le matos, on se replie. Dispersez-vous. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Non merci, je, j’avais pas vu l’heure, j’aurais même pas du me permettre un café, je dois y aller. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Partir dans l’urgence nécessite d’être ok pour laisser 3€ sur la table sans attendre la monnaie alors que ce jus ne valait même pas les 2€10 facturés. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Mais, tu vas où? Tu fais quelque chose ce soir? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Je rentre à Paris. A la prochaine !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La fille seule comme moi n’était pas seule comme moi. La fille seule était seule, foutrement, et se cherchait une amie. Elle avait cru la voir en la personne de moi-même qui, précisément fuyait toute compagnie humaine. C’est mal foutu quand même la vie, parfois. Enfin, pour elle, surtout. &lt;br /&gt;Je suis pas méchante, entendons nous bien. &lt;br /&gt;La façon dont je parle de l’esseulée moche et mal habillée n’est pas vraiment révélatrice de l’amour que je peux porter à l’être humain; c’est simplement que, de manière générale, je trouve très maladroit de forcer la main à quelqu’un pour s’en faire un ami. Elle m’avait mise mal à l’aise. J’avais rien de rien à lui dire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TL8FTZqPrAI/AAAAAAAAApI/li6ESDG1liY/s1600/idonthatepeople.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="256" src="http://4.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TL8FTZqPrAI/AAAAAAAAApI/li6ESDG1liY/s320/idonthatepeople.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;Sur le chemin, j’ai regretté l’excuse que je lui avais servie. Parce que, non, je ne rentrais pas à Paris et qu’il allait s’avérer périlleux de circuler librement dans ce bled sans tomber nez à nez avec son petit air de «ben j’croyais que t’étais partie / ah t’es là, chouette / on va boire un café?.» &lt;br /&gt;Elle avait dit «chouette» une fois, elle était cap’ de remettre ça. Qu’est ce que j’allais bien pouvoir faire alors? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lui dire la vérité? &lt;br /&gt;Personne n’aime la vérité. &lt;br /&gt;Surtout quand elle ne leur va pas au teint. &lt;br /&gt;Je mentirai donc. Je dirai que, je devais partir en effet, et puis je suis revenue. Et avant même qu’elle me pose des questions, là, je dirai un bout de vérité. Tant pis. Que je suis là pour être tranquille. Que j’espère qu’elle passe un bon moment. Qu’elle me laissera passer un bon moment tranquille. J’espère qu’elle comprendra. J’ai même croisé les doigts, hier soir, dans mon lit, pour qu’elle me comprenne si, par malheur, je devais me retrouver dans la situation de confrontation. Il faudra un jour que j’arrête de croiser les doigts pour rien et de faire des voeux à 22h22, c’est plus de mon âge.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TL8BywezqaI/AAAAAAAAApE/FvaYYpmFLBs/s1600/main.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="217" src="http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TL8BywezqaI/AAAAAAAAApE/FvaYYpmFLBs/s320/main.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Mais elle était là, ce matin, à la terrasse, avec son thé de miss Marple. Et elle m’a interpellée. Et j’ai été incapable de produire ne serait-ce qu’un son avec ma bouche. Alors je me suis assise à côté d’elle, et j’ai écouté tout ce que nous allions faire ensemble, elle et moi, et à quel point c’était CHOUETTE qu’on se soit trouvées. Elle avait plein de boutiques à me faire découvrir, et elle ne me laissait pas le temps de lui dire que le shopping, c’était pas ma came, et que si je devais en faire, ce ne serait pas avec une fille habillée comme ma prof de piano de 75 ans. Autant recevoir des conseils de beauté d'une fille qui a les sourcils très épilés en forme de V. Elle voulait me présenter son cousin, assistant du maire ump, et je ne pouvais même pas caser que l’ump me donnait des crises de fous rires qu’elle prenait déjà rendez-vous. Elle touchait mes cheveux pour savoir comment avoir les mêmes boucles et là, j’attrapais son bras et la stoppais net. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Pardon, mais non.&lt;br /&gt;-Pardon?&lt;br /&gt;-Non.&lt;br /&gt;-Non quoi?&lt;br /&gt;-Tu ne touches pas mes cheveux.&lt;br /&gt;-...Ah. Pardon. &lt;br /&gt;-Ouais. &lt;br /&gt;-Non mais je voulais juste savoir... comment ils étaient, doux, ou pas, j’avais envie de...&lt;br /&gt;-Et si moi j’ai envie de savoir si t’as ne serait-ce qu’une once de bienséance, dans ton cerveau, je vais aller t’ouvrir le crâne pour y fouiller? &lt;br /&gt;-...&lt;br /&gt;-Non. Je ne le ferai pas. Donc ne touche pas mes cheveux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La serveuse avait décidé, dieu sait pourquoi, de nous offrir une nouvelle tournée. J’imagine qu’elle avait enfin réussi à faire l’amour depuis 1 ou 10 mois qu’elle essayait et que le bonheur continuait de circuler dans certains endroits de son corps. La Normandie, c’est pas le Lido, hein. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-A la tienne. &lt;br /&gt;Dieu que c’était désarmant: être gentille, encore, alors que je lui avais présenté mon mr Hyde. &lt;br /&gt;-A la mienne, oui. &lt;br /&gt;Et puis elle savait même pas trinquer. &lt;br /&gt;Finalement, je lui demandais son prénom. Lucille, comme la chanson. &lt;br /&gt;-Quelle chanson?&lt;br /&gt;Mon coeur tombait définitivement dans mes chaussettes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;object height="385" width="480"&gt;&lt;param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/z3-OaNevkfg?fs=1&amp;amp;hl=fr_FR"&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name="allowFullScreen" value="true"&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name="allowscriptaccess" value="always"&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src="http://www.youtube.com/v/z3-OaNevkfg?fs=1&amp;amp;hl=fr_FR" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="480" height="385"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Moi qui m’étais débrouillée pour n’entretenir aucune sorte d’intimité avec des gens que je vois depuis 15 ans, ici, il a fallu que je me fasse avoir, comme ça, sur un coup de grosse tête. &lt;br /&gt;Ca m’apprendra. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;&lt;br /&gt;-maispastrop-&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/202453825640709732-94665467457981578?l=beaucoupbeaucoup.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://beaucoupbeaucoup.blogspot.com/feeds/94665467457981578/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=202453825640709732&amp;postID=94665467457981578' title='7 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/202453825640709732/posts/default/94665467457981578'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/202453825640709732/posts/default/94665467457981578'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://beaucoupbeaucoup.blogspot.com/2010/10/ode-linconnue-comme-dit-lautre.html' title='Ode à l&apos;inconnue, comme dit l&apos;autre.'/><author><name>ManonTroppo</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01434665557006111691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='12' src='http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/SVC1uIkOdWI/AAAAAAAAATg/IP0XCvOxM5M/S220/allegromanontroppo.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TL7-jTmYRBI/AAAAAAAAAow/GNaU52mAksw/s72-c/retraitesentimentale.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>7</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-202453825640709732.post-7134296757935529994</id><published>2010-10-04T00:21:00.001+02:00</published><updated>2010-10-04T17:49:10.193+02:00</updated><title type='text'>Ground control to Major Tom</title><content type='html'>&lt;span style="color: red; font-size: x-large;"&gt;On devrait tous&lt;/span&gt; passer notre vie en transit. &lt;br /&gt;Je crois au pouvoir magique des trains, des avions et des bus.&amp;nbsp; Je ne parle même pas des gros et grands bateaux qui font des randonnées de plusieurs jours.&lt;br /&gt;J'émets cependant une certaine réserve concernant les taxis, comme tout bon parisien, et ce n’est pas à vous que j’expliquerai pourquoi. -Si vous ne voyez pas ce à quoi je fais référence, estimez-vous chanceux, tout simplement.-&lt;br /&gt;Mais, les transports, les vrais, ceux dont on ne voit pas le conducteur, ceux où les passagers inconnus nous côtoient, nous frôlent, parfois; ceux où le paysage défile tantôt minuscule et lointain, tantôt grandeur nature, juste là, et campagnard peut-être, .... ceux-là abritent mes espoirs de bonheur pour l’humanité. L’humanité entière. Rien que ça. Oui, oui. J’y crois dur comme fer. &lt;br /&gt;D’ailleurs, et pour y avoir réfléchi un chouia, il n’y a rien d’autre que j’estime plus à même de rendre l’homme heureux que le voyage. Non pas la destination, mais le trajet d’un point à un autre, et la magie avec laquelle cet espace-temps de tous les possibles s’empare de notre cortex et notre matière grise -ou ce qu’il en reste- pour nous ramener à ce qui nous anime et qui, étrangement, n’a pas sa place dans nos pensées et rêveries quotidiennes. &lt;br /&gt;Peut-être parce que, au jour le jour, la rêverie et la pensée n’ont pas réellement leur place. Tout simplement, peut-être. Peut-être.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TKj4aCLLt_I/AAAAAAAAAmk/UVf33mdo5Ow/s1600/train_accident.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://3.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TKj4aCLLt_I/AAAAAAAAAmk/UVf33mdo5Ow/s320/train_accident.jpg" width="265" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Souvent, la perspective de m’installer dans un TGV vers des vacances en Provence pour un mois m'enthousiasme bien plus que celle de me rendre en Provence pour le mois. Je n’ai pas honte de le dire. Ca ne signifie aucunement que le mois provençal à venir ne me fait pas envie, ça souligne simplement l’impatience de ressentir la rareté des émotions qui me remplissent lorsque je m’installe à une place précise dans une ville et qu’à la même place, quelques heures plus tard, je suis ailleurs. Dans une autre ville. Ailleurs où on ne parle parfois pas la même langue, ou bien, pas avec le même accent, et où je suis moi-même encore en train de traduire ce que je ressens alors qu’il faut déjà, paraît-il, prendre garde de n’avoir rien oublié et faire attention à la distance entre la marche et le quai. &lt;br /&gt;J’oublierai tout, pourtant. Et la distance entre la marche et le quai n'arrête jamais, jamais, jamais de grandir. Elle est absolument affamée d’être plus grande qu’immense, cette distance. C’en est éreintant. Et fascinant à la fois. &lt;br /&gt;Et toutes ces choses auxquelles j’aurais pensé pendant le trajet resteront comme suspendues, pour toujours, parce qu’elles ne sont pas productives, ou concrètes, mais enfouies quelque part et toujours furibondes. Pas du genre à se laisser attraper ou à se fixer quelque part. &lt;br /&gt;Ce serait, si je voulais les imager, comme des animaux dans moi qui ne sortent le museau que lorsque leur niche avance à + de 50 km/h. Ca veut dire que je suis leur niche, pour ceux qui ne suivent qu’à moitié. Les ours hibernent l’hiver, et bien, eux, mes animaux furibonds, ils fleurissent en période de mouvement. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’aimerais que mon bureau soit une cabine SNCF. &lt;br /&gt;J’aimerais vraiment ça. &lt;br /&gt;N’en déplaise à la table parisienne sur laquelle je couche beaucoup de paperasses et d’idées, aussi, quelquefois. &lt;br /&gt;J’aimerais que ma jolie table parisienne, une fois que je m’y installe, se télétransporte dans un train qui n’aurait pas de destination sinon celle qui saurait que, quand je n’aurai plus rien à dire, ce sera ok, on pourra rentrer à la maison.&lt;br /&gt;Et, il se trouve qu’on n’a jamais plus rien à dire. &lt;br /&gt;Ou alors on est mort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TKj4vBqxntI/AAAAAAAAAmo/WFQfv-VmJjU/s1600/accident_hindenburg.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="256" src="http://2.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TKj4vBqxntI/AAAAAAAAAmo/WFQfv-VmJjU/s320/accident_hindenburg.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce train là est passé par mal de péripéties. Le genre d’emmerdements qui saupoudre encore un peu plus de miettes de honte sur les agents SNCF. Et sur les fonctionnaires en général, j’imagine. &lt;br /&gt;D’abord, et bien, ce sera en retard que vous prendrez votre train. &lt;br /&gt;Et, d’ailleurs, on ne sait pas de combien de minutes sera le retard. &lt;br /&gt;Mais régulièrement, ça, très régulièrement, quelque chose comme toutes les 5 minutes, on vous assurera que le retard est effectif et que notre incompétence est pire. &lt;br /&gt;Et puis, on vous fera monter dans le train, oui, mais on aura un problème de signalisation; un problème qui fait que, à un des stop, on marquera finalement une sorte d’arrêt. Un arrêt dont on ne peut pas dire s’il est définitif ou non. &lt;br /&gt;Quand le train finira par repartir, on vous annoncera qu’à cause des problèmes sus-cités, on roulera à vitesse réduite. Mais on ne sait pas pour combien de temps. Ni vraiment à quelle vitesse, d’ailleurs.&lt;br /&gt;On vous annonce le retard qu’on a déjà mais on ne peut pas s’exprimer sur celui qu’on aura au final, en gare, au terminus, là où tout le monde semble impatient d’arriver. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TKj44c7KCHI/AAAAAAAAAms/tVl3MwCyusg/s1600/accident-avion.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="232" src="http://3.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TKj44c7KCHI/AAAAAAAAAms/tVl3MwCyusg/s320/accident-avion.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors les langues se délient. &lt;br /&gt;Et ce n’est pas tout à fait ce que j’aime, dans le concept du voyage, l’imprévu qui fait que n’importe qui trouve normal de faire part de ses états d’âme n’importe comment. L’idée initiale était de laisser mes états d’âme tranquilles et libres de s’amuser, au fait, j’aurais du le leur dire. Et zut. Note pour plus tard: le leur dire. Le leur dire avant, au départ. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je vois qu’ils n’aiment pas ça, la perspective de passer une heure de plus ici, alors j’en conclue avec ce que j’ai de sens de la déduction qu’ils envisagent ce train comme un simple train. &lt;br /&gt;Ca me fait de la peine pour le train en question, le train qui abrite mes animaux furibonds et rares. J’ai envie de m’excuser auprès de ce train. Et auprès de mes animaux furibonds. &lt;br /&gt;Il faut que j’arrête de croire tout le temps que tout a une âme. Non mais sérieusement, quand vous vous retrouverez dans la situation où, honteuse, vous réfléchissez à la meilleure façon de vous excuser de vos brusques et rustres congénères auprès d’une machine, vous comprendrez mon malheur, vous direz vous aussi qu’il faut que j’arrête de croire tout le temps que tout a une âme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis exaspérée par la vulgarité des passagers, la banalité avec laquelle ils accueillent la nouvelle, le costume évident du client en rogne qu’ils revêtent à la vitesse lumière, je me prends à réaliser qu’ils ne sont pas, eux, ici pour apprécier le trajet, mais pour aller d’un endroit à un autre. Point. &lt;br /&gt;«On va toujours tous d’un endroit à un autre», j’me dis. «Qu’ils se calment un peu, là», je pense. Ca me rend folle qu’ils ne respectent pas davantage ce lieu précis où toutes les imaginations et tous les souvenirs peuvent grossir. Ca me rend folle. &lt;br /&gt;Et puis, c’est pas comme si on était sur un Paris/New-York remplis de personnes, enfin, de têtes pensantes, qui devraient engranger du contrat. Non, aujourd'hui, nous sommes Septembre, comme dit l’autre, et je vous vois, vous êtes vieux, vous n‘avez pas rendez-vous, vous changez d’endroit parce que la retraite vous le permet, vous l’impose peut-être, parce que l’ennui vous y contraint. Alors, pourquoi vous impatienter d’arriver à un endroit où vous n’aurez pas plus de raison de vivre qu’à celui que vous venez de quitter. &lt;br /&gt;Point d’interrogation. &lt;br /&gt;Et puis personne ne vous attend. Personne ne vous attend nulle part. &lt;br /&gt;«Occupez-vous donc d’être moins impatients», j’ai envie de leur crier. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant le trajet, j’ai fait ma petite affaire de sentimentale nomade. &lt;br /&gt;J’ai pensé à des choses auxquelles je ne pense jamais. J’ai été contente du retard, ce qui m’arrive rarement. J’ai apprécié l’odeur des fauteuils du train. J'ai compati avec ceux qui s'étaient retrouvés en salle de réunion pour décider du motif qui ornerait les sièges. J'ai aimé les motifs des sièges, et les sièges. J’ai même descendu la tablette pour y installer mon ordinateur et raconter tout ça. &lt;br /&gt;Pendant que ça pestait partout, je n’avais qu’une envie, me rappeler à quel point je suis ok avec le mouvement, quitte à ce qu’il stagne. Alors il fallait que je l’écrive. &lt;br /&gt;Et puis, non, au bout de quelques minutes, genre 14, 15, -ce qui est beaucoup, en termes de secondes, ou de retard par exemple- j’ai remonté la tablette et abandonné l’idée de raconter puisque le vrai événement c’est qu’il était beaucoup plus excitant de penser des trucs, des machins, des bribes d’idées et des avortons de concept, que de les immortaliser, noir sur blanc. Quitte à les oublier. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a ceux qui ont un foyer qu’ils aiment et qu’ils veulent retrouver au plus vite. Il y a ceux qui supportent une vie de merde et qui sont heureux d’y échapper. Il y en a d’autres pour qui tout va bien, qui partent d’un foyer adorable pour retrouver une double vie adorée. Il y a la belle famille, contrainte de se rendre à la maison d’un père qui vient de mourir. Il y a l’antiquaire qui, sans parler de foyer ou de vie, ni de ce qu’il aime ou de ceux qui meurent, doit prendre le train, et prend le train, tous les jours que dieu fait, et puis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TKj5CxA1v4I/AAAAAAAAAmw/vcXQ3xia79M/s1600/accidentfus%C3%A9e.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://3.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TKj5CxA1v4I/AAAAAAAAAmw/vcXQ3xia79M/s320/accidentfus%C3%A9e.jpg" width="251" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est vrai que l’espace entre la marche et le quai est costaud, au moins autant que mes talons, il a fallu que je m'agrippe à la rambarde, enfin, ah non, à une épaule d’homme, manifestement, oups. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Ah pardon. Je croyais attraper la rambarde. &lt;br /&gt;-Je vous en prie. &lt;br /&gt;Il dit ça sans vraiment me considérer. J’aime bien ça, qu’il m’aide, sans me considérer. C’est l’idée que je me fais de l’élégance. &lt;br /&gt;-Merci. &lt;br /&gt;-Je vous en prie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bon. Quelques minutes passent, ça arrive dans la vie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«En raison d’un problème de signalisation, nous sommes dans l’obligation de stationner en gare.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Ca, ils nous l’ont déjà dit. &lt;br /&gt;Il s’adresse à moi. Ou au vide, je ne sais pas. &lt;br /&gt;-Oui, c’est vrai.&amp;nbsp; &lt;br /&gt;Je m’adresse et à lui et au vide, pour pas prendre de risques mais rester polie envers les deux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai pas envie de parler de ça. Et pourquoi pas la pluie et le beau temps, tant qu’on y est. S’il avait écouté ce que j’ai dit plus haut, il saurait que j’ai pas envie de parler du tout. Que sa politesse élégante est parfaite, qu’il faut s’en tenir là et arrêter de croire que, parce que nous sommes les passagers d’un même train, nous serions les esclaves des mêmes phobies. Et qu’en prime, nous aimerions tous les partager dans une partouze de plaintes et de revendications. Non. Non non et non. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Moi j’ai un car à prendre. Et là, je sais pas si je l’aurai. &lt;br /&gt;-Mmmmh.&lt;br /&gt;Je peux pas m’empêcher de me demander si ce car ne serait pas l’équivalent de mon train. Peut-être que ce train n’était pour lui qu’un métro. Peut-être est-ce dans ce car qu’il compte rêvasser par la fenêtre, peut-être a-t-il un rendez-vous qu’il veut imaginer sur le décor, peut-être...&lt;br /&gt;-A tous les coups, je l’aurai pas. &lt;br /&gt;-Y’en a sûrement régulièrement. &lt;br /&gt;J’y vais doucement. &lt;br /&gt;-Au pire... toutes les heures, je rajoute. &lt;br /&gt;Je prends mes précautions. &lt;br /&gt;-Je sais pas, j’ai les horaires quelque part. &lt;br /&gt;Il fouille dans sa poche, le con. Moi je veux qu’il me dise qu’il attend d’être sur un siège pas trop devant, pas trop derrière, ni non plus près des toilettes pour retrouver quelque chose de fou. Ou bien qu’il se taise à jamais. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Regardez, y’en a un toutes les heures. &lt;br /&gt;-Alors vous l’aurez. &lt;br /&gt;-Comment?&lt;br /&gt;-Bin... D’une façon ou d’une autre, vous l’aurez. A une heure, ou celle d’après. Mais vous l’aurez. &lt;br /&gt;-Oui. Oui, bien sur. C’est vrai. &lt;br /&gt;-Bon. &lt;br /&gt;-Mais je ne sais pas lequel j’aurai. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu’il la crache sa valda bordel. Qu’est ce qu’il est si empressé de retrouver, je veux savoir. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«En raison d’un problème de signalisation, nous sommes dans l’obligation de stationner en gare pour une durée indéfinie.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Ca se précise!&lt;br /&gt;Je fais de l’humour, un peu. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’autres minutes passent. Ca vous arrivera aussi que les minutes passent, vous verrez. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-N’empêche, ça va se compliquer si je peux pas arriver pour le dîner. Vous allez voir votre famille? &lt;br /&gt;Moi qui voulais savoir sa vie, voilà qu’il m’interroge sur la mienne. &lt;br /&gt;-Je...&lt;br /&gt;J’ai pas du tout envie de parler de ma vie, j’ai envie de fumer. &lt;br /&gt;-Vous avez du feu?&lt;br /&gt;J’aime bien demander aux gens qui fument s’ils ont du feu. J’attends d’ailleurs qu’on me réponde un jour «non» depuis le temps que je pose la question. &lt;br /&gt;Il sort son briquet. &lt;br /&gt;-Ma mère déteste les retards. &lt;br /&gt;-Existe-t-il seulement une mère qui aime passionnément ça? &lt;br /&gt;Je fais de l’absurde, un peu, pour voir. La fumée chatouille ma gorge, je suis bien. &lt;br /&gt;-Comment?&lt;br /&gt;-Imaginez: une mère, un rendez vous pour dîner, un fils qui arrive avec 3 heures de retard, et la mère qui lance, quand elle lui ouvre la porte: «mon fils chéri, tu as toujours du retard, c’est ce que j’aime chez toi, on peut jamais savoir quand mettre le rôti au four, on est suspendu à ta fantaisie, mon fils chéri!». Imaginez un peu. &lt;br /&gt;-Vous n’êtes pas très pressée, vous, hein? &lt;br /&gt;-Je n’ai pas le temps pour ça, non. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Le train Xtrucbidule9 à destination de là bas va partir.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Enfin!&lt;br /&gt;-Bon, bin, bon courage pour votre car. Enfin, bonne chance quoi.&lt;br /&gt;-Oui, enfin, dîner chez sa mère, vous savez, ça ne demande ni du courage ni de la chance... Juste une capacité d’évasion, à table, pendant qu’elle me racontera que son four marche mal et que le monde tourne pas rond.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TKj5SUDvSSI/AAAAAAAAAm0/-vM4wavVZ-k/s1600/bateau-accident.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="230" src="http://3.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TKj5SUDvSSI/AAAAAAAAAm0/-vM4wavVZ-k/s320/bateau-accident.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis déjà à peu près remontée pendant qu’il me dit ça, raison pour laquelle je ne lui réponds pas qu’il n’a pas le droit de parler «capacité d’évasion». Oh non. Ca lui est tout bonnement interdit. Ce serait comme un raciste du dernier degré qui réclamerait de la tolérance. Sa capacité d’évasion, il n’avait qu’à lui faire faire de l’exercice là, dans le train, parce qu’elle manque cruellement de souplesse. Et qu’il est au moins aussi rigide que sa mère qui, si ça se trouve, elle, prend le temps de ne serait-ce que critiquer la saleté d’une gare où on l’oblige à stationner en attendant que le train reparte. Mais qui ne passe pas son temps à réclamer qu’il file encore plus vite. Le temps. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’étais à peu près remontée pendant qu’il m’avait dit ça. &lt;br /&gt;J’ai repris place dans mon siège, déjà froid de mon corps. J’étais impatiente de voir un poteau, deux poteaux, 3 poteaux, une vache, un poteau, 3 vaches défiler. Quelle que soit la vitesse. Je voulais que ça défile. J’étais triste pour le type qui avait failli rentrer dans ma liste des «hommes élégants gratuitement». Failli, c’est le cas de le dire. &lt;br /&gt;On ne pourra jamais trouver une once d’élégance chez un homme pressé de s’ennuyer et incapable de profiter du répit que lui offre la croisière de l’un à l’autre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.deezer.com/listen-7005970" target="_blank"&gt;  http://www.deezer.com/listen-7005970 &lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On devrait tous passer notre vie en transit. Et ne pas le savoir, être convaincus qu’une gare nous attend, sinon, pourquoi cette valise et ces souvenirs achetés pour la famille? Il faudrait qu’on ne se rende pas compte que ça dure toujours. Il faudrait que ça dure toujours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;-maispastrop-&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/202453825640709732-7134296757935529994?l=beaucoupbeaucoup.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://beaucoupbeaucoup.blogspot.com/feeds/7134296757935529994/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=202453825640709732&amp;postID=7134296757935529994' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/202453825640709732/posts/default/7134296757935529994'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/202453825640709732/posts/default/7134296757935529994'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://beaucoupbeaucoup.blogspot.com/2010/10/ground-control-to-major-tom.html' title='Ground control to Major Tom'/><author><name>ManonTroppo</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01434665557006111691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='12' src='http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/SVC1uIkOdWI/AAAAAAAAATg/IP0XCvOxM5M/S220/allegromanontroppo.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TKj4aCLLt_I/AAAAAAAAAmk/UVf33mdo5Ow/s72-c/train_accident.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-202453825640709732.post-6599129393772907022</id><published>2010-09-26T23:09:00.003+02:00</published><updated>2010-09-28T17:26:36.742+02:00</updated><title type='text'>J'ai deux humeurs: la mauvaise, et Paris.</title><content type='html'>&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TJuCmCjTp9I/AAAAAAAAAkc/Y6JdDbGagBE/s1600/Image+1.png" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="color: red; font-size: x-large;"&gt;Le retour à Paris &lt;/span&gt;dont tout le monde se plaint me ravit.&lt;br /&gt;La fin Août, que d’aucuns consacrent à dilapider en enjambements de vergetures sur des plages embouteillées, m’offre un horizon dégagé sur le bitume, une température modérée et une faune triée sur le volet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TJ5DB_UBTfI/AAAAAAAAAlk/OwgP7JuF28c/s1600/parisvide.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="218" src="http://3.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TJ5DB_UBTfI/AAAAAAAAAlk/OwgP7JuF28c/s320/parisvide.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Il s’avère de plus en plus difficile d’apprécier cette satanée cité tant elle se laisse envahir par des mécréants, aussi je ne vais pas cracher sur les quelques semaines de répit qu’elle se paye et que je m’offre. Je pestais, avant, contre la fermeture des tabacs et l’invasion des amerloques, mais, j’ai appris, depuis, à garder mon rythme de vie estivalier en plein Belleville. Il suffit presque de penser «vacances» pour s’y sentir comme tel; ne pas trouver mon buraliste en bas de mon chez moi ouvert et devoir pousser le pas 150 mètres plus loin est un acte, si l’en est, qui ne diffère en rien des habitudes de plagistes que les parisiens adoptent si facilement, et avec un si grand sourire béat. Considérer le dimanche comme un jour mort, consacré au seigneur et au dieu Alka Seltzer, est supportable ici aussi. Puisque là bas j’achetais mon poisson le samedi, en prévision du jour super fermé sans Hyper U, pourquoi ne pas anticiper ma boîte de nuggets 48 heures à l’avance ici aussi.&amp;nbsp; ? Quant aux citoyens américains, je sais maintenant que grâce à eux, et à leurs dollars dépensés n'importe comment, les musées de ma ville ont des murs propres. Donc bon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’arrête de pester contre cette ville, c’est outre décidé. &lt;br /&gt;Ca ne m'amuse plus, cette horde sauvage toujours prête à couler ma cité. &lt;br /&gt;Je l’aime parce qu’elle mérite d’être aimée. &lt;br /&gt;Je ne laisserai plus personne dire le contraire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TJuzYUIxe1I/AAAAAAAAAlE/kaWVYnh6rks/s1600/devise_de_paris.png" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://4.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TJuzYUIxe1I/AAAAAAAAAlE/kaWVYnh6rks/s320/devise_de_paris.png" width="255" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis, l’été, c'est pas trop ma came, faut dire. &lt;br /&gt;C’est pas pour faire ma snob, mais quand même. &lt;br /&gt;Ca n’a jamais été de nature à m’émoustiller, la perspective d’avoir à côtoyer du gras double torse nu au rayon Pastis de Carrefour. Ca me fait pas bander davantage, l’obligation de devoir partager mon lopin de sable avec les 3 petits derniers qui n’ont pour unique amusement que d’envoyer du sable sur mon bouquin et dans mes yeux. J’ai rarement trouvé alléchante la vue des cartes de restaurants qui augmentaient de 3 € pendant 2 mois leurs plats traduits en mauvais anglais. &lt;br /&gt;Vous me direz, si j’avais ma maison à moi, dans les terres un peu, isolée en quelques sortes, avec une piscine et un petit jardin, tout ça, ce serait un autre son de cloche. J’aimerais l’été, par conséquent. &lt;br /&gt;Que nenni. &lt;br /&gt;D’une, si j’avais ma maison à moi, dans les terres un peu, isolée en quelques sortes, avec une piscine et un petit jardin, j’aimerais à peu près toutes les saisons, et la vie en général, et les gens, par dessus le marché.&lt;br /&gt;De deux, j’y passerais alors certainement le plus clair de mon temps, à ne pas confondre avec "le plus chaud de mon temps", et je garderai le privilège des V(raies) I(solées) P(ersonnes) du mois d'Août à Paris. Paris serait ma résidence secondaire. Absolument.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais je n’ai pas ma maison à moi. Et les geignards rentrent au bercail.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils reviennent avec des tshirts I&lt;span style="color: red;"&gt;♥&lt;/span&gt;NY, Singapour, Calvi, Maubeuge. &lt;br /&gt;Mon dieu. &lt;br /&gt;Ils disent que Paris est sale, que Paris est chère, que Paris est snob. Ils disent ça à plusieurs, ils tombent tous d’accord pour une fois, ils souillent Paris dans un bar sale, cher, et snob. Un bar dans lequel ils vont tous les jours. Savent-ils seulement que rien de rien ne se fait ici bas si on doit construire sur du dénigrement passif? Imaginent-ils une seconde que les mondes dont ils rêvent sont remplis de personnes qui, le matin, ne prennent pas leur café pour supporter leur journée mais pour la rendre unique? Voudraient-ils qu'en plus de ce que le monde se plaît à dire, à raison,  sur l'hygiène, le racisme, la prétention et le sentiment de supériorité des parisiens... le monde y rajoute le fait que, d'ailleurs, les incriminés sont incapables de s'en défendre et s'en sortir puisqu'ils sont partisans du rien...? Le voudraient-ils?&lt;br /&gt;J'aime l'ironie, l'insolence et l'alcoolisme des parisiens, j'aime leur magnifique toupet, et leur incommensurable inconscience. C'est pourquoi, d'après moi, ceux d'entre eux qui se plaignent de Paris d'Août à Octobre ne sont que des petits pélerins perdus qui doivent trouver leur mecque et s'y faire les genoux ou panser de mille Compeed les ampoules qui les mèneront à leur saint jack de daniel. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a quelques temps de ça, je m’étais renseignée sur le prix que coûterait la confection d’un tshirt sur lequel serait écrit «Et bin retournes-y, glandin». Je me disais que ceux qui devaient me comprendre me comprendraient. J'aimais bien l'idée qu'on se croise, eux et leur tshirt, et moi et le mien. ...Il aurait fallu que j’enlève «glandin» pour que la plaisanterie ne soit pas au-dessus de mes moyens... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TJuCmCjTp9I/AAAAAAAAAkc/Y6JdDbGagBE/s1600/Image+1.png" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TJuCmCjTp9I/AAAAAAAAAkc/Y6JdDbGagBE/s320/Image+1.png" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’en ai marre, marre marre marre de les entendre se plaindre, au retour des vacances. De supporter leurs regrets de ne pas être resté, d’être rentré, de "quand est ce qu'on repart?" et "il fait trop moche, quoi!".&amp;nbsp; Sans même parler de l'accent nonchalant avec lequel ils larmoient les yeux secs, l'âme vide. Un accent qu'ils ont pris, "là bas". &lt;br /&gt;Là bas où on se foutait bien de leur gueule/accent/ville. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le pire, le pire du pire, c'est qu'en les écoutant, en décidant de, pourquoi pas, leur donner la chance d'exprimer peut-être une véritable pensée, on réalise qu'ils ne font que regretter un endroit où ils ont passé 2 mois &lt;u&gt;avec &lt;/u&gt;des parisiens &lt;u&gt;pour&lt;/u&gt; des parisiens. C'est fou. C'est complétement fou, en fait. En vrai, non mais, attendez, si on réfléchit 2 secondes, c'est tellement fou. Ca veut dire que:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Salut, je suis parisien, je m'en vais en vacances, je suis trop joisse.&lt;br /&gt;Salut je suis parisien, je rentre de vacances, je suis trop down.&lt;br /&gt;-Ah merde. Mais pourquoi?&lt;br /&gt;-Bin, tu vois, là bas, c'était... Pfiouh.&lt;br /&gt;-Mmmmh. Ouais. Mais encore?&lt;br /&gt;-Pfiouh.&lt;br /&gt;-"Pfiouh" ne veut rien dire, ok? "Pfiouh" peut être assimilé de plein de manières différentes. Par exemple, moi, là, je me dis que "pfiouh, tu t'es fait chier quoi!"&lt;br /&gt;-Non mais t'es folle!&lt;br /&gt;Le parisien réagit super vite quand on a pas compris sa crâne. Super, super vite.&lt;br /&gt;-Alors "pfiouh" quoi?&lt;br /&gt;-Pfiouh, le festival, les concerts, les potes...&lt;br /&gt;-Mmmmh.&lt;br /&gt;-Non mais même les backstages quoi.&lt;br /&gt;-Les backstages aussi étaient "pfiouh"?&lt;br /&gt;-Les backstages étaient ûber Pfiouh.&lt;br /&gt;-En gros, ce qui était Pfiouh, c'était de vivre à Paris au bord de la mer?&lt;br /&gt;-Quoi?&lt;br /&gt;-Pffff.........&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De la colonie de vacances à la colonisation de vacanciers, il y a une légère frontière que le rustre ne manque jamais de dépasser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils reviennent, qu'à cela ne tienne, je m'en vais. Vraiment, leur bronzage exagéré me fait pâlir de nausée. Sans compter qu'il dissimule trop mal leur tristesse, il me rappelle les fonds de teint trop épais sur les femmes fatales vieillissantes.&lt;br /&gt;Il y a des trains tous les jours, certains d'entre eux se dirigent même vers des endroits où les parisiens ne sont plus.&lt;br /&gt;Salut la compagnie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je reviendrai quand mes congénères -et dans "congénères", il a y "génères"- auront fabriqué du projet, du futur et de l'effervescence au lieu de se croire nostalgiques et de ne pourtant faire écho à aucun passé, aucune histoire, seulement de l'ennui. Je reviendrai parce que très vite, bien plus vite que prévu, Paris me manquera. Paris manquera à ma vie. A mon quotidien. Quand je pourrai à nouveau supporter qu'elle vaille plus que ses lâches disciples et ses nombreux traîtres. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est le seul problème de Paris: elle est infestée de Parisiens. De Parisiens qui ne l’apprécient pas à sa juste valeur. Non, parce que oui, Paris a une valeur, n’en déplaise aux sceptiques.&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TJutct53NcI/AAAAAAAAAk8/ouJifO4XusA/s1600/Image+6.png" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="235" src="http://3.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TJutct53NcI/AAAAAAAAAk8/ouJifO4XusA/s320/Image+6.png" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TJutP_K8C_I/AAAAAAAAAk0/EKNya8kJ6Hc/s1600/Image+5.png" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="202" src="http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TJutP_K8C_I/AAAAAAAAAk0/EKNya8kJ6Hc/s320/Image+5.png" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TJzBCmr9xLI/AAAAAAAAAlU/qTTDlj3Sj0c/s1600/Image+2.png" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="176" src="http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TJzBCmr9xLI/AAAAAAAAAlU/qTTDlj3Sj0c/s320/Image+2.png" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TJzBEOc3A1I/AAAAAAAAAlY/rV8d6qtAETk/s1600/Image+7.png" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="257" src="http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TJzBEOc3A1I/AAAAAAAAAlY/rV8d6qtAETk/s320/Image+7.png" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme je les déteste. Je les déteste allégrement. Je les conchie, même, pour être tout à fait honnête. Je ne veux pas être des leurs. Plutôt crever.&amp;nbsp; &lt;br /&gt;A mon retour, revigorée par l'iode et rassasiée de calme, je leur rappellerai qu'ils oublient régulièrement un détail, ces parisiens qui n'aiment rien, c'est qu'en retour, personne ne les aime davantage. C'est bien fait pour eux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne suis pas loin de rouspéter contre tout et tout le monde, il semblerait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est que je suis parisienne, oui monsieur. &lt;br /&gt;Et que j'aime ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;object height="385" width="480"&gt;&lt;param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/jEcKtTMbkIc?fs=1&amp;amp;hl=fr_FR"&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name="allowFullScreen" value="true"&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name="allowscriptaccess" value="always"&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src="http://www.youtube.com/v/jEcKtTMbkIc?fs=1&amp;amp;hl=fr_FR" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="480" height="385"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;-maispastrop-&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/202453825640709732-6599129393772907022?l=beaucoupbeaucoup.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://beaucoupbeaucoup.blogspot.com/feeds/6599129393772907022/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=202453825640709732&amp;postID=6599129393772907022' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/202453825640709732/posts/default/6599129393772907022'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/202453825640709732/posts/default/6599129393772907022'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://beaucoupbeaucoup.blogspot.com/2010/09/jai-deux-humeurs-la-mauvaise-et-paris.html' title='J&apos;ai deux humeurs: la mauvaise, et Paris.'/><author><name>ManonTroppo</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01434665557006111691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='12' src='http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/SVC1uIkOdWI/AAAAAAAAATg/IP0XCvOxM5M/S220/allegromanontroppo.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TJ5DB_UBTfI/AAAAAAAAAlk/OwgP7JuF28c/s72-c/parisvide.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-202453825640709732.post-1325980150336681665</id><published>2010-09-07T11:41:00.000+02:00</published><updated>2010-09-07T11:41:52.211+02:00</updated><title type='text'>Quand j'étais petite, je n'étais pas grande.</title><content type='html'>&lt;span style="color: red; font-size: large;"&gt;&lt;span style="font-size: x-large;"&gt;L’été&lt;/span&gt; est terminé, &lt;/span&gt;à ce qu’il paraît.&lt;br /&gt;A-t-il seulement commencé un jour?, objecterez-vous.&lt;br /&gt;Parce que je ne suis pas miss météo, je ne vous répondrai pas. Je parlais de l’été, comme ça, pour faire joli, pour commencer mon texte; tout ce qui est technique, ensuite, ça me passe au dessus de la tête et par delà les nuages. &lt;br /&gt;Et puis l’été, j’m’en fous pas mal. &lt;br /&gt;La météo de manière générale, d’ailleurs, ça me fait ni chaud ni froid. Je m’estime chanceuse de ne pas être de ceux qui, au réveil, savent tout de suite que leur journée sera belle ou pas selon que le thermomètre est haut ou non. &lt;br /&gt;M’enfin, c’est comme ça, Septembre arrive et ses pleurnichards avec. Ce que d’aucuns nomment «la reprise» me paraît précisément être une période de raccords et de rafistolages, de la basse couture consistant à faire tenir un bouton hésitant sur un manteau, ou à cacher un trou dans une veste, grâce à un vieux tissu, gardé, là, dans le tiroir rempli de bidules qu’on croyait inutiles. &lt;br /&gt;Ca reprise sec, donc. &lt;br /&gt;On reprend contact avec ceux qu’on n’a pas vus depuis 3 mois, on replonge la tête dans les boulots qu’on avait survolés, on repousse le pastis à 20h, au lieu des 17h adoptées depuis la mi-juin.Et puis on finira par le remplacer complétement pour ne le retrouver que l'année prochaine, comme un amour de vacances. &lt;br /&gt;On fait comme on peut avec ce qu’on a, on encaisse comme on peut ce qu’on n’aura plus, on tente d’accepter ce avec quoi on va devoir vivre, là, à l’année, en traînant un peu des pieds. On raccommode et on s’en accommode.&amp;nbsp; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TIX_Yp9JVDI/AAAAAAAAAhY/7v3ZVfMMRz0/s1600/rentree+scolaire.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://3.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TIX_Yp9JVDI/AAAAAAAAAhY/7v3ZVfMMRz0/s320/rentree+scolaire.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Dans ma résidence secondaire -qui est un appartement sans jardin ni piscine mais mérite l’appellation tout autant que vos mas de Provence- j’ai rangé mes souvenirs d’enfance. Dans ma résidence secondaire, j’ai rangé mes souvenirs d’enfance. Dit comme ça, on dirait du Delerm, ça me dégoûte, je me dégoûte. &lt;br /&gt;D’autant que «Souvenirs d’enfance» est ici une appellation complètement inappropriée puisque, voilà, il a bien fallu m’y résoudre: aucune des peluches, aucun des puzzles, des livres, des dessins, des lettres ... ne me rappelaient quoique ce soit de cette période désordonnée, gesticulante et pisseuse qu’est la sacro-sainte Enfance. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin, bon. &lt;br /&gt;Il y avait bien une sorte de mammifère informe, proche du félin, du lionceau même, qui me projetait en arrière et m’envoyait des images de moi, ridiculement petite, amoureusement accrochée à cette masse de matière synthétique. Du genre à piquer des crises si, par malheur, quelqu’un de sensé décidait de le laver et, par là même, de le soustraire à ma nuit. Nuit qui devenait par conséquent insupportable et, surtout, absolument blanche, sans sa présence, son odeur, sa forme, bref, vous voyez qu’est ce que je veux dire.&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TIX_x_11ycI/AAAAAAAAAhg/NQ3h897TCzg/s1600/lionceau.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://4.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TIX_x_11ycI/AAAAAAAAAhg/NQ3h897TCzg/s320/lionceau.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Ca oui, lui, ça m’a parlé, de le sortir de la malle. Je l’ai même respiré. J’ai fait ce geste inconsidéré: je l’ai respiré. Bien entendu, tout ce que ça sentait, c’était la vieille paille et l'ouate enfermées depuis 10 ans. Mais je l’ai fait. Alors je n’étais plus en position de nier que j’avais un jour été petite. Gesticulante, désordonnée, pisseuse et affreusement attachée à une peluche aux yeux faits d'une matière dont je jurerais qu’elle est aujourd’hui interdite. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y avait aussi un livre. Un truc à la con, mais bien pensé, hein. Tous les Walt Disney mis par écrit accompagnés des vraies images des dessins animés. Quand je l’ai ouvert, et dieu sait que j’aurais voulu l’éviter, j’ai ressenti non pas la mémoire de l’émotion d’alors, mais l’émotion pure. &lt;br /&gt;Voilà que je me disais «&lt;i&gt;Wahou, comment c’est magique, j’ai l'image en dessin, là, pour moi&lt;/i&gt;!»; et que je passais ma main dessus; et que je tournais frénétiquement les pages; et que je décidais qui de Blanche Neige ou de Cendrillon était la plus jolie. &lt;br /&gt;Blanche Neige a toujours été la plus jolie, on est tous d’accord. N’empêche, le livre, il permet de faire la comparaison en direct. Avec les VHS, c’était pas si facile. &lt;br /&gt;Et que je me demandais si j’avais toujours les VHS. &lt;br /&gt;...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai décidé de jeter les poupées. La plupart sont affreusement terrifiantes. Sans rire, si je voulais faire peur à un gosse, c’est précisément comme ça que je les ferais, ces poupées de malheur. &lt;br /&gt;La pire, c’était celle dont les yeux s’ouvraient ou se fermaient selon qu’on la couchait ou qu’on la tenait debout. J’en ai frissonné, à 28 ans. Non, vraiment, c’était pas de mon âge. &lt;br /&gt;Pourtant, à y regarder de plus près, je voyais qu’ici, j’avais maquillé machine, que là, j’avais coupé les cheveux à trucmuche. Et, mais oui: j’avais carrément mis ma robe de bébé à cette pouffe de boucle d’or!&lt;br /&gt;J’avais donc vécu avec elles, je les avais aimées; si ça se trouve, je leur avais peut-être même donné des prénoms et tout le bordel. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je voulais les jeter, elles. J’ai juste gardé leurs têtes. Je jugeais qu’il y aurait forcément quelque chose à faire de toutes ces têtes. Comme... je sais pas, moi, les mettre dans un carton et les envoyer à quelqu’un qu’on aime pas. Par exemple. En séparant les têtes des corps, j’agissais en adulte; mes préoccupations étaient tout à fait pragmatiques: comment ne pas abîmer le cou?, et si c’est rempli de produits toxiques?, est ce que cette tête tiendrait attachée à un fil de fer dans mes toilettes? tout ça, tout ça. Des trucs d’adultes, vous dis-je. Et puis, bim. C’est arrivé comme ça, mes mains ont refusé d’en disséquer une. Ma tête, aussi sec, rappelle son autorité. Ma tête est supposée être celle qui décide de ce que fera chacun des membres du corps, c’est la règle, on s’est mis d’accord, sinon, où va le monde. Mais rien n’y faisait. Mes mains restaient comme ça, interdites, genre rebelles qui font la grève et tout. Ca rendait ma tête folle. Tout moi, exceptées mes mains, était furax devant ce refus de coopérer. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le meilleur truc à faire, dans ces cas-là, c’est de fumer une cigarette. Mes mains étaient ok pour fumer une cigarette. Et tout mon corps n’attendait que ça. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je fumais une cigarette devant la poupée, pour relativiser, pour comprendre peut-être. Pour fumer, principalement. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelques minutes plus tard, j’arrivais à séparer la tête du corps. C’était foutu comme sur les barbies: le cou finissait en un petit rond sur lequel le trou de la tête venait se lover. C’était pas si difficile à enlever, et, m’est avis que c’était pensé aussi pour que ça puisse se remettre. Etrangement, j’ai eu l’impression que je faisais quelque chose de mal, qu'il fallait pas qu'on me voie. C’était le pompon: moi qui m’évertuais à donner un sens à tout ce néant, voilà que je me sentais presque coupable. &lt;br /&gt;La vie, parfois, j’vous jure...&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TIYBPxo6yLI/AAAAAAAAAho/UfeBdxeLKfk/s1600/prison.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://2.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TIYBPxo6yLI/AAAAAAAAAho/UfeBdxeLKfk/s320/prison.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Toutes ces têtes plus tard, j’admirais le vide que j’avais fait dans l'obscénité consumériste que représente une vie d’enfant. Qu’est ce que j’en avais à faire, à l’époque, de la façon dont ça avait été fait, tous ces jouets? Et par qui? Et où? Et de leur impact écologique? Rien de rien, j’en avais rien à faire. J’en avais rien à faire de rien. C’est ce que j’aime pas trop chez les enfants, cette nonchalance pure et innocente avec laquelle ils se promènent dans une vie tout juste bonne à être recyclée. Cet acharnement avec lequel ils exigent qu’on remplace un jouet pas utilisé par autre jouet qu’ils n’ouvriront pas. Jamais je serai cap’ d’affronter cette bêtise entêtée, jamais je ne tolérerai qu’elle sorte de mon vagin en tout cas. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ouvrais la porte au voisin qui, chacun sa vie, avait décidé d’avoir 7 enfants. Oui, 7. Sept comme les jours de la semaine, qui ne devaient d’ailleurs certainement pas suffire à les combler. Comme les 7 nains, aussi, qui ne les amusaient sûrement pas vu qu’on est en 2010 et que la Playstation existe. Comme les 7 merveilles du monde, également. Quoiqu’ici, la comparaison me fait un peu mal au coeur: un coup de rein, et hop: un mioche. En revanche, les palais suspendus de Babylone, c’était une autre paire de manche comme dirait quelqu’un d’un peu vieux, d’un peu réac et avec qui je serais absolument d’accord au point de dire que j’allais le dire. &lt;br /&gt;Bref, le pondeur sonnait. &lt;br /&gt;Je l’accompagnais dans le salon où l’équivalent de 14 kilos de jouet l’attendaient. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Tout ça ! Mais... Vous ne gardez rien? &lt;br /&gt;-Non, si. Enfin. Bon.&lt;br /&gt;-Vous ne gardez rien? &lt;br /&gt;Le type devait avoir l’habitude de répéter les choses, à force, j’imagine. &lt;br /&gt;-N.O.N. S.I. E.N.F.I.N. B.O.N. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il commençait à ouvrir les sacs quand j’ai senti que la question que je voulais m’interdire de lui poser allait quand même sortir de ma bouche. Il devenait urgent de discipliner certaines parties de mon corps, manifestement. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Vous avez vraiment 7 enfants?&lt;br /&gt;-Les poupées... elles... heu... il n’y a pas de corps?&lt;br /&gt;Puisqu’il ne s’était pas gêné, j’allais pas me gêner:&lt;br /&gt;-Je disais: vous avez vraiment 7 enfants? &lt;br /&gt;-Les 7 merveilles du monde, oui! Vous les adoreriez. Il faut absolument que vous veniez les voir. Surtout après tous ces cadeaux !&lt;br /&gt;Arf, l’air me manquait, j’essayais donc de me dépatouiller:&lt;br /&gt;-Oui, non, j’ai enlevé les têtes. Mais les enfants s’en branlent de toute façon, non?&lt;br /&gt;-Oui, non, enfin, sans tête, quand même...je sais pas trop. &lt;br /&gt;-Ah. Vous devriez commencer à avoir de l’expérience pourtant. &lt;br /&gt;J’ai souri, quand même. &lt;br /&gt;Il a souri, du coup. &lt;br /&gt;Le sourire, c’est un truc assez contagieux. Comme le bâillement. J’aurais pu bailler au lieu de sourire. Rapport au fait que je m’étais pas ennuyée à ce point depuis à peu près mon bac philo, mais j’ai jugé le sourire plus sociable. On a souri, quoi.&amp;nbsp; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les puzzles l’avaient ravi. Ce que je peux aisément comprendre. Ces puzzles étaient maboulement cool. Mais, honnêtement, les garder aurait impliqué que je les fasse, et quelqu’un qui n’a pas envoyé ses feuilles de soins depuis 3 ans peut-il vraiment se permettre de faire un puzzle de 375 pièces des espèces en voie de disparition? Sans compter que les espèces avaient à 75% véritablement disparu, depuis. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je l’accompagnais à la porte, en l’aidant à transporter tout ce ramassis de connerie quand un corps s’est échappé du sac des cadavres de poupées. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Laissez, je vais le ramasser.&lt;br /&gt;Et, il allait pour le ramasser. &lt;br /&gt;Bim, encore, ça m’a repris. Mes mains ont lâché tout ce que je portais et ma bouche a dit, hurlé peut-être, «&lt;i&gt;Mathilde!&lt;/i&gt;»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien entendu, mon voisin ne s'appelait pas Mathilde. J’imagine qu’il y a des parents qui vont déclarer les prénoms de leurs enfants à l’Etat Civil en état d'ébriété, mais pas au point de confondre le sexe. C’est la raison pour laquelle il n’a pas pensé que je l'appelais lui mais que j'appelais la poupée. Pas bête, le voisin. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Elle s’appelle Mathilde?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà qu’après mes mains et ma bouche, c’était mes joues qui décidaient de n’en faire qu’à leur tête et rougissaient, rougissaient, rougissaient jusqu’à ce que j’ai trop chaud et honte pour affronter devant un inconnu des années de souvenirs qu’on me renvoyait en vrac. &lt;br /&gt;Je partais à la cuisine pour ne pas avoir à lui parler en face, finalement c’était presque un inconnu. La dernière personne avec qui je voulais partager ça. Ou peut-être la seule, remarque. &lt;br /&gt;Depuis l’évier où je m’aspergeais le visage autant que possible, je lâchais, d'un ton que je voulais tout à fait neutre:&lt;br /&gt;-Oui, elle s’appelle Mathilde. Je vous laisse ramener les affaires, je me sens patraque. Vous laisserez le corps de Mathilde ici en partant, s’il vous plaît. Le bonjour à vos merveilles et tout ça, bref, bonsoir. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il avait rien dit. Il était habitué, il en avait 7. Oui, Sept.&amp;nbsp; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand j’ai entendu la porte se fermer, je me suis précipitée vers l’entrée où gisait tout ce qu’il y avait de moins spirituel chez Mathilde. Et puis, juste après je me suis jetée sur le sac où j’avais rangé les intellect. La tête était là. Elle n’attendait que moi, quasi. &lt;br /&gt;Je me suis assise en tailleur et j’ai remis Mathilde du haut sur Mathilde du bas. Il est possible que je me sois excusée, mais, même si c’était le cas, je ne l’avouerai pas.&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TIYEhOMHKRI/AAAAAAAAAhw/6KW0PnkeGq0/s1600/poup%C3%A9ecorps.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://4.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TIYEhOMHKRI/AAAAAAAAAhw/6KW0PnkeGq0/s320/poup%C3%A9ecorps.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Mathilde était entière, droite dans ses bottes, la tête sur les épaules, et ce petit regard inquisiteur de celle qui vous en veut d’avoir oublié qu’elle avait été votre confidente pendant des années.&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TIYEm1t5scI/AAAAAAAAAh4/FMriv0UEiX0/s1600/poup%C3%A9et%C3%AAte.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TIYEm1t5scI/AAAAAAAAAh4/FMriv0UEiX0/s320/poup%C3%A9et%C3%AAte.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Ca m’était revenu, à la dernière minute, comme l’huile d’olive qu’on a oubliée alors qu’on est déjà à la caisse. J’avais tout raconté à Mathilde. Personne me connaissait mieux. Je lui avais menti aussi; des histoires abracadabrantesques, je lui en avais servi sur divers plateaux. C’est ce que j’aime bien chez les enfants, qu’ils racontent des trucs impossibles à des poupées en plastique fabriquées en Chine. C’est pour ça que ce sont des enfants après tout, j’imagine, et qu’un jour, puisqu'ils grandissent, ils se séparent de certaines poupées.&amp;nbsp; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’était début Septembre, bientôt la reprise, et avant de fermer mon sac pour Paris, je m’assurais de ne pas froisser encore Mathilde de peur que son cou finisse par rompre complètement. Et puis, je savais pas coudre. Au pire, je demanderai à môman de faire un petit point de rafistolage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;-maispastrop- &lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/202453825640709732-1325980150336681665?l=beaucoupbeaucoup.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://beaucoupbeaucoup.blogspot.com/feeds/1325980150336681665/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=202453825640709732&amp;postID=1325980150336681665' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/202453825640709732/posts/default/1325980150336681665'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/202453825640709732/posts/default/1325980150336681665'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://beaucoupbeaucoup.blogspot.com/2010/09/quand-jetais-petite-je-netais-pas.html' title='Quand j&apos;étais petite, je n&apos;étais pas grande.'/><author><name>ManonTroppo</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01434665557006111691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='12' src='http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/SVC1uIkOdWI/AAAAAAAAATg/IP0XCvOxM5M/S220/allegromanontroppo.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TIX_Yp9JVDI/AAAAAAAAAhY/7v3ZVfMMRz0/s72-c/rentree+scolaire.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-202453825640709732.post-582956948912693388</id><published>2010-07-07T17:22:00.001+02:00</published><updated>2010-07-08T12:54:13.369+02:00</updated><title type='text'>Rosa, rosa, rosam ; rosae, rosae, rosas...</title><content type='html'>&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: x-large;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: #cc0000;"&gt;Les vacances scolaires arrivent,&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;je me replonge donc logiquement dans l’ambiance estudiantine. Agenda, devoirs et mercredi après-midi aérés seront, cet été encore, mes meilleurs ennemis. &lt;br /&gt;Non pas que je veuille faire absolument mon originale à l’encontre de la norme et des calendriers communément adoptés, mais j’ai toujours été archi d’accord avec Michmich’: «&lt;b&gt;&lt;i&gt;Qu’il est doux de ne rien faire quand tout s’agite autour de nous&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;», ah ça oui; et, dans le même ordre d’idée, j’ajoute: Quand plus personne n’en fout une, j’ai comme envie de me secouer les puces. &lt;br /&gt;Voilà, j’ai des devoirs qui m’attendent. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;object height="385" width="480"&gt;&lt;param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/v6rLLE48RL0&amp;amp;hl=fr_FR&amp;amp;fs=1"&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name="allowFullScreen" value="true"&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name="allowscriptaccess" value="always"&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src="http://www.youtube.com/v/v6rLLE48RL0&amp;amp;hl=fr_FR&amp;amp;fs=1" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="480" height="385"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au delà de l'incommensurable effort que ça va me demander niveau paperasse et relations familiales -pour ne citer que les taches les plus sexy- il va me falloir user de subterfuges, aussi, pour me coller à mes exercices.&amp;nbsp; &lt;br /&gt;Des exercices donc, non pas de gymnastique, quelle idée! mais d’écriture.&amp;nbsp; &lt;br /&gt;Ah, vous pouvez rire autant qu’il vous plaira. Il me plaira aussi que vous riiez, j’aime ça, que les gens se la fendent. N’empêche, y’a pas à chipoter, les exercices, ça fait son homme. Quand je faisais du piano, je la voyais, la différence, après 2h30 passées à refaire une trille infernale qui tirait sur les ligaments de la main. Et je vous raconte pas pour la danse. Pointes, pointes, un coupé pour soit disant respirer, et pointes encore, et toujours, pointes-pointes-pointes. Tant qu’on n'a pas saigné des pieds, tant qu’on n’a pas le poignet en steak tartare, tant qu’on ne connaît pas toutes les conjonctions de coordination...on n’y est pas, on n’y sera jamais. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TC4ttrmPlJI/AAAAAAAAAgE/SpNtNCmAg6E/s1600/tendon-main-muscles.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="400" src="http://2.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TC4ttrmPlJI/AAAAAAAAAgE/SpNtNCmAg6E/s400/tendon-main-muscles.jpg" width="357" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des exercices, disais-je. Pour m’aventurer dans ces couloirs de ma tête où j’ai la flemme de me rendre spontanément; pour m’y égarer, si le plan fonctionne; pour, surtout, sauver des muscles à la limite de l’atrophie. -&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;Déjà qu’un muscle qui se nécrose c’est pas beau à voir,&amp;nbsp; imaginez donc ça, dans le décor du cerveau, qui en soi n’est pas de nature à émoustiller les sens: c’est la cata&lt;/span&gt;.- Trouver un second souffle, enfin. Et repartir de plus belle, courbatue mais vaillante. &lt;br /&gt;Y’a pas que les chevaliers qui font des exploits, attends. Et, je mets ma main à couper que nombre d’explorateurs connaissaient mieux certaines îles que leur propre lobe temporal. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TC4ueLlcVoI/AAAAAAAAAgM/_MPnEBvHNks/s1600/cerveauhomerSimpsons05.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="300" src="http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TC4ueLlcVoI/AAAAAAAAAgM/_MPnEBvHNks/s400/cerveauhomerSimpsons05.jpg" width="400" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si je mets «ma main à couper» là, c’est notamment parce que les explorateurs dignes de ce nom sont morts, aujourd’hui, et qu’ils ne pourront donc pas me contredire. Et que je n’ai aucune envie de me passer de ma main. Ma main me sera utile. Pour la danse, pour le piano, pour l’écriture, pour la masturbation. De moi, des autres. J’y tiens. Un peu comme à la prunelle de mes yeux. Elle a d’ailleurs servi à l’instant même à expliquer combien elle me servirait encore. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je le ferai seule, cet exercice, il paraît.&amp;nbsp; &lt;br /&gt;Alors que, d’habitude, on s’appelle entre copinous pour les rédactions, on se retrouve au café pour les exposés et on fait appel à des coachs, à ce qu’il paraît, pour surveiller notre rythme cardiaque et nous motiver pendant les abdos-fessiers. Seule, c’est moins facile d’être assidue. Bontempi. &lt;br /&gt;Et c’est pas faute d’avoir proposé l'entraînement à 2,3 connaissances, mais il semblerait que plus personne, ici bas, n’ait envie de s’émoustiller le cortex. Ca remet à plus tard. Ca préfère l’entertainment à l'entraînement. Moi la première, hein. Mais, ça suffit cette hâte consacrée à ne rien-faire, et puis freiner des 4 fers, ensuite, quand il s’agit de se sortir ce qu’on sait de là où on pense. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des exercices, dans ma vie, j’en ai pas fait beaucoup, j’ai même consacré le plus clair de ma scolarité à les éviter. Mais, y’en avait un qui avait trouvé grâce à mes yeux, et dont je m’étais même inspirée: tomber sur 3 mots dans le dictionnaire et, au mieux: en faire un sujet, au pire: les caser dans un texte sans grand rapport. &lt;br /&gt;Une fois dans ma vie, j’y avais joué avec un ami, dans un bar. A cet exercice. J’me rappelle: c’était jadis. Il m’arrivait de me rendre en cours, et un de ces jours inhabituels, confite dans mot pot d’ennui, j’avais confié&amp;nbsp;mon envie de jouer avec les mots&amp;nbsp;à un collègue d’avant-dernier rang. Ca l’avait motivé et pas qu’un peu. On aurait dit que je lui avais proposé, je sais pas, un tour de l’argentine en moto et que j’avais à disposition ET la moto ET les billets d’avion ET des contacts là-bas, ET des très gros seins. On avait 18 ans, je précise. Si l’expression «sauter au plafond» devait prendre forme humaine, il en aurait été la pure incarnation. Il en aurait eu des bosses en haut de la tête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TDSHPn_kNjI/AAAAAAAAAgU/CNX2aHsjiX4/s1600/jump.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="400" src="http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TDSHPn_kNjI/AAAAAAAAAgU/CNX2aHsjiX4/s400/jump.jpg" width="376" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Oui, mais oui, quelle riche idée, c’est génial, GE-NIAL. &lt;br /&gt;-Non mais, t’emballe pas, c’est un truc basique, genre ateliers d’écriture et écrivains à la petite semaine. &lt;br /&gt;-Mais GENIAL. On n’est ni l’un ni l’autre, tu vois? &lt;br /&gt;-Ben. Oui, je vois oui. &lt;br /&gt;-Et qu’est ce qu’on est? &lt;br /&gt;-...Chais pas. Des cancres?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme si elle avait été branchée sur mouchard, la prof de je sais plus quoi, -une sorte de matière hybride qui ne m’a jamais servie depuis- quelque chose comme «les maths» je crois, à moins que ce ne soit «les mathématiques»? Bref, nous l’appellerons la digne représentante du Ministère de l’Education Nationale, avait pas moult apprécié notre conversation sans grand rapport avec les examens. Elle avait pesté à notre égard et nous avait qualifiés, sinon traités, de «vauriens». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-... Bon, ben... Des vauriens alors, manifestement. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai toujours éprouvé, depuis, un plaisir à chuchoter, même si je reste convaincue que les «S», les «CH» et les rires sous capes se remarquent davantage dès lors qu’on veut les étouffer. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Tatata, on n’est pas des vauriens, et on va le prouver !&lt;br /&gt;-A qui?&lt;br /&gt;-A tout le monde, pardi!&lt;br /&gt;-Genre tu dis «&lt;i&gt;pardi&lt;/i&gt;». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rire étouffé-bruyant / regard assassin de la prof inutile / avertissement qui frétille. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Chut, ris pas. Si je dis «&lt;i&gt;pard&lt;/i&gt;i» c’est parce qu’on est dans le délire «mot chelou à caser dans un texte». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Là, ça faisait beaucoup de «CH» et de «S». Comme il ne parlait qu’avec le souffle, sa voix intervenait accidentellement ça et là, son chuchotement devenait hilarant, d’une manière déraisonnablement perturbante. Et, pour un prof comme cette Jesaisplusqui, prendre le risque de perdre le peu d’élèves concentrés qu’elle avait à cause de 2 cancres slash vauriens irrécupérables qui ont, de surcroît, le culot de prétendre faire l’effort de ne déranger personne, c’était trop. Trop c’est trop, c’est le genre de phrases qu’elle pouvait se dire, "Trop c’est trop". &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Machine, machin, vous sortez. Bureau du proviseur. Vous lui expliquez la situation et vous revenez avec un mot de sa sanction. &lt;br /&gt;-...&lt;br /&gt;-...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On faisait moins les malins. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Ca fait moins les malins, là hein. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au moins un point sur lequel on était d’accord. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-C’est exactement ce que je me disais. &lt;br /&gt;-Eh bien parfait: au moins un point sur lequel nous sommes d’accord. &lt;br /&gt;-Ca aussi, je me le disais ! Ca nous fait deux points ! Dingue ! Si ça se trouve on va finir par devenir potes à force d’être toujours d’accord !&lt;br /&gt;-Votre carnet de correspondance. Maintenant. Cette insolence va vous coûter cher. &lt;br /&gt;-J’ai été insolente?&lt;br /&gt;-Vous continuez?&lt;br /&gt;-Je continue?&lt;br /&gt;-Dehors!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Non mais. J’en revenais pas. Qu’est ce que quoi. J’avais à peu près rien fait, faut pas déconner, des élèves qui chuchotent, y’a que ça, mais des élèves qui disent à voix haute , devant les camarades, qu’ils pourraient presque s’entendre avec la prof pouilleuse du lycée... y’en a un peu moins. Merde quoi. J’ai pas dit «merde quoi» à voix haute, mais, c’était tout comme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Comment elle me juge trop pas à ma juste valeur, putain.» que je disais, sans chuchoter, à mon acolyte. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Vous dîtes?&lt;br /&gt;-Je dis que : vous ne me jugez pas à ma juste valeur. C’est ça que je dis. Putain aussi. Merde quoi, d’ailleurs. &lt;br /&gt;-Sortez. &lt;br /&gt;-Vous savez que j’ai dit, y’a de ça 3, peut-être 4 minutes, -je sais pas, c’est vous l’adulte qui surveillez tout- que si ça se trouve «on pourrait même devenir potes» ?&lt;br /&gt;-Je le sais, raison pour laquelle vous allez immédiatement me donner votre carnet de correspondance et sortir de cette pièce. &lt;br /&gt;-Vous savez qu’en disant ça, j’ai pris un risque. &lt;br /&gt;-L’exclusion, en effet. &lt;br /&gt;-Vous ne croyez pas si bien dire: déclarer à un bouffon qu’on a peut-être des atomes crochus, c’est le risque de ne plus avoir d’amis. Je vous ai dit, à vous, qui êtes l’incarnation même de la prof bouffonne, que si ça se trouve, on pourrait être amies. A ce moment même, les petits péteux que vous voyez aux 4° et 5° rangs parce qu’ils n’ont ni les couilles d’être premiers de la classe ni le culot de faire la connerie que je fais en ce moment... ces péteux là, ils se sont dit «han, la honte» en m’entendant. Et, je le savais, en vous le disant. Qu’ils diraient de moi Han-La-Honte. Ce qui, je suis désolée de vous l’apprendre, est dramatique, à mon âge. &lt;br /&gt;-Sortez ou j’appelle le conseiller qui s’en chargera lui-même. &lt;br /&gt;-Comment vous comprenez trop rien à rien, ca m’fait pitié. Si vous êtes un si mauvais prof, je devrais avoir le droit d’être un mauvais élève aussi. Y’a pas de raison. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Acolyte, qui me surprenait toujours pas sa fraîcheur et sa spontanéité, avait objecté:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Si, quand même, on peut pas dire: elle touche sa bille en maths. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ok, on était donc en cours de maths. &lt;br /&gt;Je jugeais opportun de ranger mes livres d'histoire tiret géo avant de dire le reste des tréfonds de ma pensée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Ok, vous y comprenez quelque chose en maths, super, mais si vous comprenez rien à ceux à qui vous devez les expliquer... Ce serait-i-pas ce qu’on appelle «un putain de prof raté»?&lt;br /&gt;-Comment osez-vous?&lt;br /&gt;Elle devenait rouge, principalement sur le cou. Je suis pas experte, mais je suis sûre que c’était pas un signe de bonheur. &lt;br /&gt;-Et vous? Comment osez-vous faire de moi une potentielle allergique à tout ce qui est angles droits, sinus, et.... bon, tout le reste là. C’est pas pro. C’est pas pro. Je le dis deux fois même. Moi je suis pas payée pour la sanction que je vais avoir. Et vous, vous êtes payée pour celle que vous n’aurez pas. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle n’avait pas eu besoin de rajouter quoique ce soit. J’allais pour sortir, ok, j’y allais, c’est bon, oui ok. Acolyte, derrière, avait la tête de celui qui est fier tout en s’excusant. Ca fait une mimique bizarre, autant vous le dire, distordue. Comme si son côté droit se battait avec son côté gauche, comme si ces deux côtés étaient ravis de se battre, comme si c’était bizarre quoi, comme je disais. &lt;br /&gt;Je le savais, la tête qu’il avait, je l’avais attendu à la porte, le temps qu’il arrive, au moins pour la claquer derrière lui. J’étais sûre qu’il n’y penserait même pas. &lt;br /&gt;Enfin, bon. Beaucoup d’émotions quoi. On partait dans les couloirs, sans bousculades, pour une fois, sans rien du tout d’ailleurs, on avait même pris le temps de constater la qualité du plancher et aussi l’odeur&amp;nbsp;près de la cantine, et des toilettes,&amp;nbsp;dont on savait déjà qu’elle nous manquerait plus tard. C’est pas sexy, mais c’est comme ça. Elle nous manquerait, un jour, sans qu’on arrive même à la définir. On était ok sur ce genre d’émotions, sans se le dire, c’est vous dire combien on était connectés niveau amitié, Acolyte et moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TDSQGAIVFeI/AAAAAAAAAgk/a7xjdDR3GfY/s1600/paulbertinsolente2.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="400" src="http://4.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TDSQGAIVFeI/AAAAAAAAAgk/a7xjdDR3GfY/s400/paulbertinsolente2.jpg" width="316" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Absolument convaincue que l’injustice régnait sur le monde comme Lafontaine sur les fables, je partais avec Acolyte, sachant, sans avoir à le lui demander, qu’il comptait lui aussi éviter la case «bureau du proviseur» pour se rendre directement à l’étape «pmu d’en face». &lt;br /&gt;J’espérais simplement que le jeu qui nous attendait n'allait pas nous faire pas tomber sur le mot «école» ou «justice» ou «adulte». Ah oui et «jeune adolescente inculte» aussi. &lt;br /&gt;Mais, en grande intellectuelle que j’étais, je me faisais remarquer à moi-même que ça n'existait pas «jeune adolescente inculte» dans le dictionnaire.&lt;br /&gt;Et je commençais à le regretter, rapport au fait que, du coup, personne ne nous comprendrait jamais et qu’on serait amenés à vivre toujours incompris, nous, les jeunes adolescents incultes. C’était sur, je me disais, les adultes et nous, on avait de longues années de guerre à l’horizon. Au moins, ça nous faisait un horizon. J’me disais tout ça. &lt;br /&gt;Quand, pile poil, Acolyte me lança son coude dans les côtes. A 99% persuadée qu’il n’était pas mal intentionné, je grimaçais, soit, mais sans l’insulter. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-ON A PAS D’OUTIL DE TRAVAIL ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il avait crié de tous ses poumons. &lt;br /&gt;Je me souvenais d’un vague pétard, fumé 2 heures plus tôt mais je le pensais pas si tapette sur le shit. Me concernant, tout ça était de l’histoire ancienne, peut-être restait-il des preuves de mon attitude de délinquante droguée asociale dans mon sang, mais dans mon exaltation, que nenni. J’en aurais d’ailleurs bien fumé un nouveau. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Mec, t’es encore fraca? T’as refumé? Sans moi?&lt;br /&gt;-ON A PAS DE DI-CTI-ONNAI-RE !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Merde. On avait pas de dictionnaire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au PMU habituel, on a essayé de dégoter deux ou trois magazines, assez de texte, de signes, d’imprimés, de polices Arial ou whatever, pour pointer l’index au pif et choisir les 3 mots tant espérés. Tout ce qu’on avait trouvé, c’était des grilles de paris de courses; et encore, même pas vierges, mais jetées sur le sol, inutiles, perdantes. &lt;br /&gt;Or «mise», «tiercé» et «cochez» réduisaient l’inspiration de beaucoup. Je crois même qu’un de nous deux avait dit que «c’était pas notre dada». Blague générationnelle quoi. Dont personne ne peut vraiment être fier. Raison pour laquelle je préférerais mourir plutôt que d’avouer que c’était de moi. Bon. André, notre André chéri, ne savait plus comment rendre nos cafés plus gratuits que d’habitude, tout désolé qu’il était de ne pas être utile. &lt;br /&gt;On avait 4 cafés, 4 grilles de PMU, et pas mal de rien d’autre. On se sentait comme des manchots à une partie de poker.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-C’est là que je pourrais dire de toi que t’es mon compagnon d’infortune. Tu trouves pas?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il trouvait pas trop-trop, apparemment. &lt;br /&gt;Alors j’avais fait comme d’hab’, comme ce qu’on faisait toujours, j’avais commencé à faire le tour de ma main sur le set de table avec un stylo bille. Le tour de ma main gauche, avec ma main droite. Un bic noir. Je le précise parce que, d’une: ma main droite est celle dont j’ai déjà dit que je ne pourrai jamais me passer et que, que vous le vouliez ou non, je viens encore de le prouver d’une façon qui n’accepte pas de contradicteur: elle faisait le tour de ma main gauche, ok? Faut pas déconner. On se passe pas de ce genre d’outil de nos jours. De deux, parce que, je suis une fille, et, même si ça me désole de répondre aux critères des magazines, il s’avère que, oui, de temps à autres, je dis ouvertement qu’il y a des choses que je n’aime pas chez moi. Pas pour m’entendre dire que j’ai tort, non, là, je serais vraiment ce que j’appelle une sous-femme. Moi, c’était sans raison, finalement. Ce qui est encore plus stupide que ce qui amène les sous-femmes à s’exprimer. Là, j’allais dire que je n’aimais pas le contour, la silhouette, l’allure de ma main gauche. J’allais dire que je la trouvais mal roulée. Je dis ça parce que, ce qui est intéressant, c’est que, ma main gauche, c’est précisément celle que j’utilise le moins. Enfin, je l’utilise pour le piano, ok, pour l’écriture, et encore, pour la danse, quoi que. Pas pour la masturbation, ça c’est sur. Ni pour la cuisine, ou, je sais pas... le maquillage. Par exemple, pendant que je me maquille, pendant que je cuisine, pendant que... mettons, je sais pas, je lave les vitres... Ok, donc : pendant que je suis une putain de femme au foyer des années 50 aux Etats unis, et bien, pendant tout ce temps là, c’est ma main droite qui bosse. Ouais, ma main droite, c’est un peu l’homme de la maison. Ma main gauche, pendant ce temps, il semblerait qu’elle trouve passionnant de traîner le long de mon corps, ou de s’appuyer ça et là. Sans que ça n’ait vraiment d'intérêt ces «ça» et «là». Ni que ça serve à quoi que ce soit de «s’appuyer». M’enfin, les femmes, vous savez... On comprend jamais trop. &lt;br /&gt;Donc, bon, tout ça pour dire que ma main gauche était la plus fine des deux puisque la moins utilisée. Les phalanges étaient plutôt esthétiques, la courbe des muscles: discrète, mais présente. Les ongles, vernis: et pas trop écaillés.&amp;nbsp; Mais quand bien même, là, à 9h45, alors qu’on jouait soit disant notre avenir, qu’on avait bu trop de café, qu’on avait plus de pétard, qu’on avait pas de dictionnaire et que tout ça,&amp;nbsp; je disais à Acolyte que je trouvais que j’étais grosse. Que je trouvais que Beurk. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Beurk, comment chuis grosse! Haaan! T’as vu?&lt;br /&gt;-Quoi?&lt;br /&gt;-Regarde cette main!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je tendais le set de table imprimé de l’erreur que dieu-maman-génétique avaient faite. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Quel rapport avec le cul? avait-il dit en repoussant le set.&lt;br /&gt;-Quoi?&amp;nbsp;Le cul? Quel rapport en effet, je te le demande.&lt;br /&gt;-Regarde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il avait sorti une photo de sa p.e.t.i.t.e.c.o.p.i.n.e. de son p.o.r.t.e.f.e.u.i.l.l.e.&lt;br /&gt;Malgré le fait que je voulais en savoir plus sur ma grosseur des mains et son histoire de cul, je ne pouvais m’empêcher de pouffer rapport à la photo dans le larfeuille, merde, quoi, ho. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Tu t’es cru aux States?&lt;br /&gt;-Quoi?&lt;br /&gt;-Mec! T’as la photo de ta meuf dans ton portefeuille! Allô?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Là, je le regardais fort fort fort avec mes yeux grands grands grands ouverts ouverts verts. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Non mais, c’est pour te montrer, ce qui est gros, ce qui ne l’est pas, tout ça. ... Me Mets pas mal à l’aise comme ça. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et voilà qu’il rangeait la photo dans son portefeuille. Again. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Je disais donc: TU T’ES CRU AUX STATES?&lt;br /&gt;-ELLE s’y est crue, oui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bon alors je prenais le portefeuille, sortais la photo, avec ma main droite, hein, celle qui fait tout bien et qu’est pas si moche et je regardais, mais pour le coup, de mes 2 yeux, la donzelle. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Sexy lady» j’aurais du dire. J’entends: si j’avais été une bonne amie, avec une anatomie normale et deux mains équilibrées. Au lieu de quoi j’ai dit «Wahou, mais...» &lt;br /&gt;Il faut savoir que ces trois points de suspensions ont duré bien plus de temps qu’il n’en faut pour les lire. Pour preuve, pour lire trois points de suspension, il faut quelque chose comme, je sais pas, je vais pas faire appel à un spécialiste mais. &lt;br /&gt;Il y’a des spécialistes pour ça? Disons un centième de seconde. Mes 3 points de suspension du dessus avaient duré comme les 3 minutes qu'il avait mises à oser me montrer la photo. Ce que je réalisais trop tard. Je réalisais ça ET le fait que la vie soit pas cool. Parce que si j’avais réalisé avant qu’il avait mis autant de temps à me montrer la photo, j’aurais sûrement même pas parlé de mes mains, j’veux dire, ou alors, quand il m’aurait montré la photo, j’aurais senti tout ce que ça impliquait pour lui et j’aurais tenté un saut au plafond comme il savait si bien le faire, pour lui montrer, que, wahou, la vue de sa donzelle me remplissait de joie, que, mec, avec une plante pareille sur la terre, l’humanité n’avait plus aucun souci à se faire, j’aurais même peut-être dit, en mentant sûrement, mais pour lui faire plaisir, que je comprenais, maintenant, pourquoi il la gardait dans son protefeuille comme un américain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Acolyte, là,&amp;nbsp; me sort de ma tête:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Wahou, mais quoi?&lt;br /&gt;-Ben, wahou, mais, mec, vous devez être nombreux pour vous occuper de son cas, hein, non?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ah, là, tout de suite, en le disant, pile poil, à peine j’avais terminé ma phrase que je savais. Comme on dit en maths: hésitation+sarcasme=pas bien. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-T’es assez nulle quand tu veux être une amie, tu sais. Elle a un gros cul ok, mais je montrais ça pour t'expliquer que ta main était parfaite, qu'elle allait avec le reste et que même si tu te trouvais grosse, -ce qui est insultant pour pas mal de jeunes qui vivent dans des pays en voie de développement- y'aurait toujours quelqu'un pour trouver ça beau, et je te le prouvais en te montrant que j'aimais une fille aux formes gargantuesques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et voilà qu'il rangeait à nouveau la photo dans le portefeuille. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Non mais, attends, ce que je veux dire c’est que...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bon, là, Acolyte avait utilisé sa main gauche pour la mettre sur ma main droite Peut-etre parce qu’il voulait que ma main droite à moi ne fasse rien et que la sienne puisse faire ça:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Je me suis pas cru aux States, Baby. (Acolyte est drôle); j’ai aussi une photo de toi dans mon portefeuille. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma main tremblait un peu sous la sienne. Tout ça parce que j’ai une tendance à me laisser envahir par l’émotion, ce qui est très mal pour quelqu’un qui ne croit en rien, je sais, je bosse dessus. &lt;br /&gt;Il sortait la photo.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Quoi? Mais d’où t’as cette photo! Rends la moi. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il la tenait à distance, comme dans les films, quand y’a justement un mec qui a une photo qu’une fille ne veut pas qu’il aie et que la fille veut la récupérer et que la nauture a fait les choses de telle sorte que les mecs sont assez grands pour tenir les photos qu’on veut récupérer sous notre nez mais hors de portée. Grand = 1m82, pour info. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Arrête ça tout de suite. &lt;br /&gt;-Ca fait moins la malineuh.&lt;br /&gt;-Ca parle comme une prof de matheuuuuu.&lt;br /&gt;-Ca te rendra pas ta photo-heu. &lt;br /&gt;-Super. André?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;André arrive toujours comme s’il attendait, là, juste derrière, qu’on l’appelle. A peine on a fini de prononcer le «dré» d’André que le mec dit:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Oui mon abricot?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;André donne des noms de fruits aux clients qu’il aime bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-(Soupir)&lt;br /&gt;-Qu’est ce que tu veux mon abricot, un jus de fruit?&lt;br /&gt;-Bwarf, on n’a pas d’argent, on est des nuls, c’est nul, chuis désolée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;André avait compris ce que je voulais vraiment de lui et il avait attrapé la photo qu’Acolyte tenait encore derrière son dos, me l’avait donnée et m’avait dit:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-4 café ou 6, un jus de fruit ou 2, tu sais... Abricot... Ca changera pas la face du monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;André était généreux.&lt;br /&gt;En prenant la photo, je le regardai, fier de son petit tour de passe-passe et lui demandai:&lt;br /&gt;-Parce qu’il y a quelque chose qui changera la face du monde, tu crois, un jour?&lt;br /&gt;-A part toi, non, rien, ça c’est sûr. &lt;br /&gt;Et il était reparti près du percolateur. &lt;br /&gt;Pfioulala, André était généreux, à tendance «petits noms» et papa en herbe de surcroît.&lt;br /&gt;Ca faisait beaucoup pour un seul homme, et ça me faisait beaucoup d’effet à moi, la moitié d'une femme. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Acolyte, qui sentait mon enthousiasme baisser à vue d’oeil, avait décidé d’outre passer les règles, d’inventer notre propre loi: il déciderait des mots, j’écrirai. Soit. Pourquoi pas. Allons-y. &lt;br /&gt;Entre-temps, on avait fumé le pétard dont j’avais eu envie plus haut et, alors, j’étais à peu près cap de tout faire. Ou alors non, j’étais à peu près cap d’en n’avoir rien à foutre de rien. Un truc dans ce genre là, quoi. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Mais tu me fais pas le coup de mots comme «pardi» hein. &lt;br /&gt;-Ben, je fais tous les coups que je veux. &lt;br /&gt;-Non mais «pardi», «sapristi», «mazette» et «damoiseau», ça va nous faire un conte de château, c’est chiant. &lt;br /&gt;-Bon, Albuquerque. &lt;br /&gt;-Non, alors, je t’arrête tout de suite, excuse moi, mais puisqu’on va se la jouer vocabulaire, autant te le dire tout de suite, on dit «abdique» dans la vie et pas ... «albriqueque» ou je sais trop ce que tu viens de prononcer. &lt;br /&gt;-Al-bu-quer-que. &lt;br /&gt;-Ah. Ok. Ben. Heu. C’est pas un mot. &lt;br /&gt;-Tatata, mot, nom propre, adjectif, peu importe. Albuquerque, j'te dis!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je notais «Albuquerque», me voyant déjà faire circuler un personnage sombre et solitaire à la frontière de l’Uruguay et...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-C’est bien en Uruguay, Albuquerque, hein?&lt;br /&gt;-Tu sais quel cours va commencer, là?&lt;br /&gt;-Elle dit qu’elle voit pas le rapport avec sa question.&lt;br /&gt;-Le cours d’Histoire géo.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pffff, il avait oublié de dire «tiret» entre Histoire et Géo, l’inculte. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Ok, et?&lt;br /&gt;-Et, puisque tu ne vas pas y aller, tu ne sauras jamais où se trouve Albuquerque. &lt;br /&gt;-Non mais attends... je sais très bien où est Albuquerque, c’est pas en Uruguay, je disais ça comme ça, c’est, ... t’sais, pas loin de...&lt;br /&gt;-"Polissonne".&lt;br /&gt;-Si tu veux m'entendre dire que Polissonne est un pays, un de ceux qui auraient une frontière commune avec le Nouveau Mexique et le désert de Chihuahua, tu oublies que le pétard me redonne la mémoire ET l’envie de te taquiner, raison pour laquelle, pendant que tu réalises que, oui, Albuquerque est bien au Nouveau Mexique à côté, tout près du désert de Chihuahua, et que tu te demandes comment ça m’est revenu, et bien, pendant tout ce temps, je vais me contenter de te chatouiller là où je sais que c’est tellement insupportable pour toi que tu peux te pisser dessus. Mais je vois que tu es encore en train de comprendre ma phrase quand tu devrais déjà t’enfuir, donc, d’une: le pétard ne fait pas le même effet à tout le monde, de deux: donne moi ta côte. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le con avait soulevé son tshirt. Comme un gros con. Le con. J’te jure. Les garçons, parfois, ça me fait pitié. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Ca te dérange pas si je te traite d’attardé pendant que je te chatouille, hein? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant qu’Acolyte se tordait et rampait et enfin reprenait son souffle je disais:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Polissonne, donc? je vous vraiment pas ce que ça veut pouvoir dire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je la fermais et notais «polissonne». En voyant Albuquerque et Polissonne côte à côte, j'ai eu l’impression qu’il choisissait ses mots d’après un critère phonétique, l’idée n’était pas pour me déplaire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-"Ammoniaque", "Mangrove".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu’est ce que quelqu’un irait faire au Nouveau Mexique pour sniffer de l’ammoniaque et sauver la mangrove? Tomber amoureux d’une polissonne? Ca s’annonçait pas super-super cohérent tout ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-"Farandole».&lt;br /&gt;-Bon, ça fait pas 3 mais 5 là. On arrête. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A vrai dire, Farandole me sauvait. Tout ce monde là allait bien s’entendre, c’était outre-décidé. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai fait mon exercice dès que j'ai pu en me disant que, voilà, il suffisait de concerner un élève pour le voir se passionner et obéir, que c'était tout de même pas sorcier, nom de nom. J'avais même cherché d'autres mots qui sonnaient joliment. J'étais dedans, en somme. Le lendemain, il était sur son bureau. Un bureau qui ressemblait étrangement à un top case de scooter. La semaine d'après, je l'avais adressé à mon proviseur et ma prof de cette matière hybride dont j'ai déjà oublié le nom, pour les remercier de m'avoir donné 3 jours pour m'amuser. Ma prof de Français était dans le coup, bien sûr, les profs de Français ont toujours été dans mes coups. L'exercice, il vaut ce qu’il vaut, il a, quoiqu’on en dise, le mérite d’exister. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est là, d'ailleurs:&lt;br /&gt;&lt;a href="http://beaucoupbeaucoup.blogspot.com/2008/03/en-pmoison.html"&gt;http://beaucoupbeaucoup.blogspot.com/2008/03/en-pmoison.html&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'énergie que ça m'avait donné, ce petit jeu à la noix, l'envie d'être à la hauteur du challenge et le plaisir de jouer avec des consonances et des sens que ça m'avait procuré, c'est autant de raisons pour que je m'y colle à nouveau. Ben, oui, les exercices dont je parlais. Et aujourd'hui, grande bourgeoise que je suis, j’ai un dictionnaire, que je peux feuilleter, et qui décidera donc que les mots clés seront:&lt;br /&gt;(inquiète mais impatiente, je prends un dictionnaire, je pointe, et j’arrive)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TDSUl0H_PHI/AAAAAAAAAgs/K3DkpbOwuDs/s1600/ROULETTE-RUSSE.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TDSUl0H_PHI/AAAAAAAAAgs/K3DkpbOwuDs/s320/ROULETTE-RUSSE.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Supsense et roulements de tambour, merci de votre intervention, je n'ai plus besoin de vous pour rendre le verdict.&lt;br /&gt;-"Egérie"&lt;br /&gt;-"Coupable"&lt;br /&gt;et&lt;br /&gt;-"Liaison"&lt;br /&gt;seront les héros de ma composition.&lt;br /&gt;Et que ça saute.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;-maispastrop-&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: right;"&gt;&lt;i&gt;(et pour ceux qui douteraient de ma franchise et qui me voient déjà décider des mots sans aucun dictionnaire, je suis au regret de vous annoncer que vous vous mettez le doigt dans l'oeil jusque là, et que d'ailleurs: J'AI UNE PREUVE vidéo. hé ouais. j'ai assez triché dans ma vie pour m'attendre à ce qu'on ne croie plus alors j'anticipe. et bim.)&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: right;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/202453825640709732-582956948912693388?l=beaucoupbeaucoup.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://beaucoupbeaucoup.blogspot.com/feeds/582956948912693388/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=202453825640709732&amp;postID=582956948912693388' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/202453825640709732/posts/default/582956948912693388'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/202453825640709732/posts/default/582956948912693388'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://beaucoupbeaucoup.blogspot.com/2010/07/rosa-rosa-rosam-rosae-rosae-rosas.html' title='Rosa, rosa, rosam ; rosae, rosae, rosas...'/><author><name>ManonTroppo</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01434665557006111691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='12' src='http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/SVC1uIkOdWI/AAAAAAAAATg/IP0XCvOxM5M/S220/allegromanontroppo.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/TC4ttrmPlJI/AAAAAAAAAgE/SpNtNCmAg6E/s72-c/tendon-main-muscles.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-202453825640709732.post-2708056654430395810</id><published>2010-05-11T23:22:00.018+02:00</published><updated>2010-05-12T17:12:28.137+02:00</updated><title type='text'>lundi matin, l'empereur, sa femme et le petit princeuh.</title><content type='html'>&lt;span style="color: rgb(204, 0, 0);font-size:180%;" &gt;On n’a pas tous les jours&lt;/span&gt; des choses passionnantes à partager. Et personne ne peut se vanter de vivre, quotidiennement, une épopée digne d’être racontée. La vie elle-même se tourne parfois les pouces, plongée dans une apathie somnolente; il existe une routine qui, contrairement aux projets nous tenant à coeur et pour lesquels on se targue soit disant de vivre, enlace le lundi au mardi et le mardi au mercredi et le mercredi au reste... et le reste à une quantité astronomique de mois, avec une aisance pour le moins déconcertante. Quand un dessin reste inachevé, le bout du crayon rangé, presque définitivement, dans le tiroir à dessins, la semaine, elle, sautille d’un jour à l’autre sans s'essouffler. Jamais. Jamais de la vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S-nNuqsHd5I/AAAAAAAAAeE/Wn7mmlF07dI/s1600/diary_3.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 393px; height: 270px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S-nNuqsHd5I/AAAAAAAAAeE/Wn7mmlF07dI/s400/diary_3.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5470129424035182482" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a de ça à peine quelques heures, ou 3 semaines, on commençait un scénario avec l’entrain de la jeune fille qui a enfin le droit de s’acheter son tout premier soutien gorge. Autant dire que l’excitation était vraiment en train de prendre une bonne leçon, voire une raclée, niveau enthousiasme. On avait tout en tête; les mots arrivaient, dociles, les phrases se construisaient d’elles-mêmes, bienveillantes, et les dialogues, dieu qu'ils étaient authentiques, les dialogues; on pensait déjà à ceux qui comprendraient tout ce qu’on voulait dire. Le monde était bientôt à nous, tout était possible, et ce qui était inaccessible ne nous préoccupait pas outre mesure. Pendant plusieurs jours, rien ne comptait davantage, les huissiers pouvaient tambouriner autant qu'ils voulaient, on réglerait nos factures à la fin de cette séquence, pas avant.&lt;br /&gt;Et pourtant.&lt;br /&gt;Maintenant, bon, voilà, le scénario est là, branlant, ni fait ni à faire, il s’ennuie sur les bords, nous indiffère tout autant; on l’a oublié peut-être. Et quand il se rappelle à nous, on préfère finalement se coller aux factures EDF pour le noyer sous les tâches qui nous incombent - &lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;c’est comme ça que disent les grands&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; -.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Non mais franchement.&lt;br /&gt;Ca n’a ni queue ni tête, cette façon de vivre et d’osciller entre l'absolument passionnant qu’on n’a jamais le temps de mener à bout, et l’obligatoirement responsable dont on ne voit jamais la fin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comment ils font, les autres?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je veux dire, y’en a qui payent leurs factures à temps et qui fabriquent des romans, dessinent des maisons, s’occupent de leurs enfants, et profitent des premiers jours des soldes; je le sais, je l’ai vu. Au JT ou un truc comme ça, même. Une autorité incontestable en tout cas. Si ça se trouve, leur appart’ est nickel-propre en plus, les coins resplendissent de produit ménager et ils ont même le temps d’acheter un nouveau bouquet avant que l’ancien ne se fane; comme ça, pour le plaisir, histoire de faire joli et chaleureux, sur la table-cirée-à manger où c’est qu’ils se régalent de petits-plats-faits-maison. Avec des produits achetés au marché, je précise. Je suis sûre que j’aurais pas du préciser, que c’est comme une insulte à votre intelligence, pourtant je précise quand même: des petits plats faits maison avec des légumes achetés au marché du matin qu’on sert sur une table cirée. Dans une vaisselle assortie, aussi, j’avais oublié ça: la vaisselle assortie, tout ce bordel, wahou.&lt;br /&gt;Des gens vivent &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;vraiment&lt;/span&gt; dans des catalogues de décoration qui feraient aussi guides de bien-être, il faut le savoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant ils n'ont pas de super pouvoirs, sinon, bien entendu, ils les consacreraient à sauver le monde, or, jusqu'à preuve du contraire, le monde n'est pas sauvé et ces mortels s'en sortent.&lt;br /&gt;Comment font-ils, alors, ceux-là?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S-nVMnW_ZWI/AAAAAAAAAeU/pGAdTZcFvCQ/s1600/Image+6.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 304px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S-nVMnW_ZWI/AAAAAAAAAeU/pGAdTZcFvCQ/s400/Image+6.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5470137635118736738" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S-nVWKhML7I/AAAAAAAAAek/lAvByQQDByk/s1600/Image+8.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 337px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S-nVWKhML7I/AAAAAAAAAek/lAvByQQDByk/s400/Image+8.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5470137799175581618" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S-nVIKZM78I/AAAAAAAAAeM/fbCq9ufm8-8/s1600/Image+5.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 259px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S-nVIKZM78I/AAAAAAAAAeM/fbCq9ufm8-8/s400/Image+5.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5470137558623907778" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S-nVQpIgRwI/AAAAAAAAAec/8qrwQsy-01U/s1600/Image+7.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 295px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S-nVQpIgRwI/AAAAAAAAAec/8qrwQsy-01U/s400/Image+7.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5470137704314324738" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’aimerais bien qu’on me raconte. En soi, ce serait déjà plus captivant, leur quotidien un peu lisse d’ovni propret, que mes jours à moi, que je ne connais que trop bien et que je colle les uns après les autres, tant bien que mal, en essayant de faire goupiller la fin du samedi avec le début du dimanche, en vain, toujours. Toujours de la vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est du rafistolage, à ce niveau. Ma prof de dessin du lycée, elle dirait ça, que "c’est du rafistolage", et, ma prof de dessin du lycée elle croyait un max’ en moi, c’est pour dire.&lt;br /&gt;Pourtant, j’ai pas l’impression d’abîmer quoique ce soit, je suis sûre de ne pas avoir de réparation à faire puisque j’ai la certitude de n’avoir rien cassé. Mais  -&lt;span style="font-size:85%;"&gt;et c'est un tracas&lt;/span&gt;-, dès que j’ai une conviction, après, je doute. Ca rate jamais. C’est pénible, je vous dis pas à quel point c’est pénible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est ça que je me disais, mais en plus intéressant, dans le métro, ce matin. (&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;11h50, le "matin", hein&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;)&lt;br /&gt;Je me dis souvent des tonnes de trucs dans le métro; faut croire que le fait d’être dans l’incapacité d’écrire mes idées leur donne envie de débarquer par milliers. Et, la proximité avec des corps et des têtes et tout, des gens, en somme, ça me fait cet effet; des personnages habillés -comme moi-, parfumés -comme moi-, dans leur tête -comme moi-; et moi qui essaie d’infiltrer la leur... toujours ça me fait penser à ça: comment je suis trop qu’une crotte de mouche parmi trop les crottes de mouches parmi les merdes trop sur lesquelles on se pose, nous tous, trop. Grave. Et tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S-naFWaKhDI/AAAAAAAAAes/n98aI-FXEB0/s1600/Image+9.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 307px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S-naFWaKhDI/AAAAAAAAAes/n98aI-FXEB0/s400/Image+9.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5470143007867700274" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S-na_iPuO1I/AAAAAAAAAe8/aYez2wIehfk/s1600/Image+10.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 263px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S-na_iPuO1I/AAAAAAAAAe8/aYez2wIehfk/s400/Image+10.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5470144007477541714" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et, généralement, ce sentiment pourtant déceptif en diable me remplit de joie. J’aime me sentir au milieu d’une énergie, surtout si elle n’est pas la mienne, encore plus si elle marche en rythme dans la rigole que je tente de remonter à contre-courant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me suis souvent dit d’une grognasse enceinte «&lt;span style="font-style: italic;"&gt;ma vieille, grâce à la hargne que tu mets à exiger qu’on te sacrifice un siège parce que t’es à 6 mois alors que tout le monde s’en fout et que c’est la faute de personne dans ce wagon, grâce à cette hargne, tu alimentes un truc dans moi, un truc que je sais pas nommer, une sorte de flux qui, tout en mettant en lumière à quel point nous sommes différentes, nous relie inexorablement, toi et moi, d’une façon ou d’une autre&lt;/span&gt;».&lt;br /&gt;Non, mais, sérieusement, je me dis ça, je le pense, je le vis, je suis à fond; tant et si bien que si ça se trouve -&lt;span style="font-size:85%;"&gt;et ça se trouve&lt;/span&gt;- je me lève pour lui laisser ma place. Je lui dis «&lt;span style="font-style: italic;"&gt;je me fous que vous soyez enceinte, d’ailleurs, soit disant, vous devriez respirer le bonheur et blablabla qu’ils disent dans les magazines, alors que là, tout ce que je vois, c’est de la haine pour le monde qui vous entoure. ce qui, si vous voulez mon avis -ce dont je doute vu que vous ne voulez que ma place mais quand même je vous le donne, mon avis- ce qui, donc, ne présage pas d’une grande philosophie-bisoubisou-calinou pour l’éducation du bou’d’chou à venir. pourtant, voilà, vous me rappelez à quel point on est reliées, vous et moi, en étant si différente de moi, et, moi de vous; et, entre vous et moi, en étant si chiante aussi, parce que vous êtes chiante hein là, vraiment. vous me rappelez tout ça, alors: prenez ma place et s’il vous plaît, arrêtez de faire la gueule, c’est pas bon pour la santé et donc pour le bébé et donc gnagnagna il paraît, qu’ils disent dans les magazines&lt;/span&gt;».&lt;br /&gt;Bon et bien voilà, je ne me fais pas d’amis, pas d’ennemis non plus; je donne juste l’opportunité à ceux que je trouve étrangement étranges de me trouver bizarrement bizarre en retour. En toute civilité. C’est déjà ça. Y'a un contact, on s'exprime, on est vivants les uns pour les autres; il ne faut se taire pour rien au monde, personne n'a le monopole du cœur, à ce qu'il paraît, bon. Alors personne n'a celui de la colère non plus. C’est une forme de cohabitation, on peut pas dire le contraire. Sans rire, c’est déjà pas mal, je vous jure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S-ngX16jrrI/AAAAAAAAAfE/4dsrPqtaD5I/s1600/d%C3%A9bat.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 267px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S-ngX16jrrI/AAAAAAAAAfE/4dsrPqtaD5I/s400/d%C3%A9bat.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5470149922632478386" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et bien. Je crois que c’est parti. Le truc miraculeux que j'ai toujours cru spontané, évident, mien, acquis, éternel. Ce phénomène d’être reliée à des gens que je comprends pas, que j’aime pas, qui sentent mauvais peut-être même sous leurs costard-cravate-dénouée, mais reliée quand même et reliée d'amour; je le sens plus, c’est pas ça. Y’a un truc qui cloche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui, je les regardais de plus près, tous mes collègues, de très près puisque, carrément je me tenais face au profil que m’offraient mes voisins de banquette ; honnêtement, ne nous mentons pas, ce ne sont pas là des façons. On ne se retourne pas sur quelqu’un qui lit, pour le regarder, alors qu’on ne le connaît pas, alors qu’on s’est même pas souri, rien. Dans la vraie vie, on ne fait pas ça. Et je l’ai fait, d’accord, et je ne dis pas que j’en suis fière, ok.&lt;br /&gt;Soit.&lt;br /&gt;Mais j’ai plein d’explications à donner, et si ça ne suffit pas, j’ai tout autant d’excuses et au moins mille arguments.&lt;br /&gt;Je me suis retournée, le bout de mon nez frôlant presque sa joue, je voyais tous les petits défauts de sa peau, j’apercevais des bribes de phrases insipides dans son livre, je sentais sa mauvaise eau de Cologne. Mais c'est pas la question, ce qui me dérangeait, au-delà de tous ces défauts notoires, c’était principalement le fait qu’il fasse comme si je n'existais pas, comme s'il n'accordait pas d'importance à quelqu'un qui se collait&lt;span style="font-size:100%;"&gt; belliqueusement &lt;/span&gt;à lui , comme s'il s'en fichait et que, par là-même, il acceptait de ne rien vivre d'un peu différent.&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(255, 255, 255);"&gt;------------&lt;/span&gt;Qu'il ne me retourne pas les compliments.&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="color: rgb(255, 255, 255);"&gt;------------&lt;/span&gt;Qu’il préfère, en prenant l’air de celui qui ne se rend pas compte, rester plongé dans son roman tiré à 250000 exemplaires, réimprimé à 50000 ensuite, parce que des pouilleux comme lui se décidaient finalement à eux aussi ne surtout pas lire quelque chose qui les réveilleraient et à opter pour un énième «&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Et si j’étais vivant&lt;/span&gt;». Cette blague.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;span style="color: rgb(255, 255, 255);"&gt;------------&lt;/span&gt;Qu’il feigne de ne même pas noter mon inspection, ne me laissant pas la place de lui dégobiller les tréfonds de ma pensée.&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(255, 255, 255);"&gt;------------&lt;/span&gt;Qu’il ne me traite pas de snobinarde parisienne élitiste odieuse qui mériterait une bonne raclée, une fois que je l’aurais eu qualifié de bouseux de mauvais goût qui ferait mieux de donner 10€ à un auteur qui le sortirait de sa torpeur et lui apprendrait qu’on écarte pas les jambes et qu’on ne prend pas toute la place de la banquette, dans le métro.&lt;span style="color: rgb(255, 255, 255);"&gt; &lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(255, 255, 255);"&gt;------------&lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(255, 255, 255);"&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;&lt;span style="color: rgb(102, 102, 102);"&gt;Je cherchais le moyen d'avoir un échange, un échange dont l'essence est pas facile à exprimer, sans vraiment de forme, sans fond non plus, mais rempli d'un espoir d'enfant, et, s'il y a bien un truc cool chez les enfants, peut-être le seul, c'est bien l'espoir absolu qui frôle la naïveté tellement ça croit en tout, les mioches. Je voulais que, peut-être, il me convainque, en fait, qu'on puisse lire "&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic; color: rgb(102, 102, 102);"&gt;Et si j'étais vivant&lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(102, 102, 102);"&gt;" en ayant l'air d'être mort alors qu'il était encore plus vivant que moi. Moi qui étais sur le déclin. Et lui qui ne voyait rien. Qu'il réagisse, nom d'un petit bonhomme! Qu'il se passe quelque chose. QUELQUE CHOSE, N'IMPORTE QUOI. Je suis pas exigeante, je veux juste être sûre qu'on respire.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;Je lui en ai voulu, qu’est ce que je lui en ai voulu. Je l’ai bousculé, même, en partant. En ne réagissant pas, là non plus, il a confirmé mon soudain mépris pour ceux qui étaient déjà morts et occupaient néanmoins la place de plein d’autres gens tout plein de vie. J’en connais un max’ des gens tout plein de vie qui n’ont pas la place qu’ils méritent. Ca me mine, je crois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne me suis plus réellement sentie connectée avec l’humanité, ces derniers temps. Laissez moi vous dire que c’est un de ces sentiments qui, malgré le fait qu’il traite d'absence, de vide et de manque, vous remplit de tout partout au point que vous en arriviez à déborder de ça: c’est à dire de trop plein de rien. Laissez moi ajouter que personne ici bas n’a été fabriqué pour accueillir ce sentiment avec joie.&lt;br /&gt;Laissez moi vous laissez déduire que j’ai donc été submergée par du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Rien-Avec-Tristesse&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;Je ne souhaite ça à personne, y compris à mon pire ennemi, contrairement à la maxime.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’étais touchée, encore, puisqu’on me bousculait;  attendrie, toujours, puisqu’un homme semblait avoir des réminiscences de galanterie en me laissant sa place; concernée, parfois, puisque le clochard, en passant, frottait de toutes ses bactéries mon nouveau manteau. J’étais, pour ainsi dire, pourrie. Au sens propre comme au sens sale.&lt;br /&gt;En tout cas, plus moi-même.&lt;br /&gt;Ils m’avaient déçue, tous; &lt;span style="color: rgb(255, 255, 255);"&gt;------------&lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(255, 255, 255);"&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;&lt;span style="color: rgb(102, 102, 102);"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;ça, d’accord.&lt;br /&gt;Mais, bien plus important encore, ils m’avaient étouffée de leur éloignement. J’étais arrivée au stade où je ne sentais plus de ponts entre eux et moi; même s’il avait fallu les traverser chargée d’insultes, j’aurais préféré. Là, juste, comme ça, pouf, ça faisait flop. Paf.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0); font-style: italic;"&gt;Tu prends le métro, ok, je passe, tu me laisses passer, tu me laisses passer?!, je «pfff» à ton égard, tu «rhhhh» en retour, je m’assieds, j’augmente le volume de mon ipod, je mets les jambes sur le côté vu que mon voisin est sûrement trop un raté pour s’alimenter correctement vu comment il est méga gros, je regarde pas les stations puisque je les connais par coeur, je reconnais le virage annonciateur de mon départ, je prends même pas la peine de me lever assez en avance pour laisser à tout ce petit monde le temps de s'organiser, m’en fous, je fonce en disant «pardon» soit trop fortement soit trop faiblement, parce que je n’ai pas baissé le son de l’ipod, dieu m’en garde, je descends, on me pousse un peu sur le quai, je m’en fous, je m’en fous?, je continue, on me tient pas la porte, je la tiens plus non plus, quand je traverse, une voiture klaxonne parce que je l’empêche de griller le feu rouge, cela dit je suis pas vraiment sur le passage piéton, j’arrive à la porte, l'ascenseur va pour partir, la personne ne retient pas la porte, je monte à pieds, je me demande à quoi je pense, je me demande si je pense seulement à quelque chose, j’aime vraiment bien ce disque, ils devraient pas limiter le volume des ipod comme ça, j’ouvre la porte, je dis bonjour en ayant encore les écouteurs, l’indifférence, la rudesse, et l’éloignement de ces 30 minutes qui m’ont fait perdre 1 an d’espérance de vie, d'espérance, et de vie.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S-rC7E2E_2I/AAAAAAAAAfM/ghTCBJoZ9TA/s1600/crowd1.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 323px; height: 400px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S-rC7E2E_2I/AAAAAAAAAfM/ghTCBJoZ9TA/s400/crowd1.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5470399017563520866" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Qui oserait réclamer un quotidien pareil, sérieusement.&lt;br /&gt;Et, je dois être honnête, ce genre d’aventure ne m’arrive que&lt;span style="font-weight: bold;"&gt; très, très très&lt;/span&gt; rarement. J’ai mis 3 «très» parce que, véritablement, c’est rarissime dans ma vie, des épisodes pareils. Pour reprendre l'exemple du métro, la plupart de mes trajets sont épiques, ponctués de rencontres et de sentiments divers et variés. Souvent, j’entends les gens se raconter ça: à quel point c’était chiant le travail aujourd’hui, les couches culottes, le métro, le ménage, le rendez-vous avec la vieille copine un peu dépressive, le consultation gynécologique, le ménage de printemps... tout. Et je me félicite moi-même d’avoir choisi d’être bizarre. Je vis jamais ces trucs là, tout simplement parce que j’ai choisi de ne pas les vivre.&lt;br /&gt;Ce qui est&lt;span style="font-weight: bold;"&gt; très très très&lt;/span&gt; pratique, c’est que quand ça nous arrive, par la force des choses, le ménage de printemps ou le métro en deviennent presque amusants tant on avait eu tendance à en oublier la nature même. J’ai essayé de faire en sorte d’être divertie tout le temps, par tout et tout le monde. C’est une hygiène de vie qui demande pas mal de règles et pas moins d’interdits, entraînant aussi une quantité de conséquences; on croirait pas comme ça, je sais. Pourtant, vivre soit disant «différemment», c’est au moins aussi chiant que de vivre comme tout le monde. Sans compter qu’on y prend goût et qu’on en sort donc pas en un claquement de doigt.&lt;br /&gt;Mais voilà, faut croire que j’ai mis la barre en deçà de mes exigences puisque je me retrouve à m’ennuyer de l’ennui de ceux que j’ai toujours tenu à l’écart. Y’a un truc qui cloche, disais-je. Au moins, ça, ça se tient.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant, je n’ai rien contre l’ennui, c’est devenu très vite un ami aux qualités incontestables: la halte intemporelle qu’il représente, le flottement insouciant au dessus de l’agitation et toutes les idées qu’il nous offre, sans parler des rêveries, dont il est loin d’être avare; pire/mieux que ça, l’ennui, c’est presque un terme positif dans mon dictionnaire d’enfant unique:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Ma chérie, qu’est ce qui te ferait plaisir, ce soir, t’as bien envie de faire quelque chose?&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;-Oh oui ! Oui oui oui: je veux m’en-nu-yer !&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Quand on n’a pas de frère sur qui s'énerver ou de sœur à coiffer, on apprend à se satisfaire tout seul, et quand on en a eu assez de se coiffer soi-même tout en s'énervant toute seule, on cherche d’autres moyens de s’amuser, on s’invente des mondes, on joue avec rien, les fissures des murs sont des labyrinthes bien plus mystérieux que ceux des jeux Playschool empaquetés à Noël, nos amis imaginaires foulent chacun de nos pas et nous chuchotent des plaisanteries que ces nigauds venant de familles nombreuses ne comprendraient même pas. On devient un peu snob aussi. Logique: on est supérieurs aux autres.&lt;br /&gt;Bref, l’ennui, c’est le pied. Surtout quand on l’invite pour un tête à tête. Mais je ne savais pas que celui des autres pouvait à ce point annuler les effets positifs de mon propre isolement nostalgique.&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S-rEiQtn64I/AAAAAAAAAfU/tPDmUZ_9a5U/s1600/solitude.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 320px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S-rEiQtn64I/AAAAAAAAAfU/tPDmUZ_9a5U/s400/solitude.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5470400790275812226" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;J’ai l’ennui pourri. C’est gênant. Ca pose un réel problème d’organisation. J’en suis à espérer que tout le monde s’amuse, même si c’est d’une façon absolument vulgaire; alors, je serai tranquille, et mes pensées ne seront pas parasitées par la tristesse des voisins dans le métro. Une tristesse même pas triste, que je finis par entendre depuis mon lit, la nuit. Un sentiment déjà un peu accepté, avec lequel on fait, vaille que vaille.&lt;br /&gt;Oui, mais non: moi, j’y arrive pas, vos nuages noirs me polluent, il faut absolument que vous trouviez une solution parce que le problème est vital:&lt;br /&gt;Vous étiez ma passion. Vous regarder, vous écouter, vous maudire parfois, vouloir vous prendre dans les bras ou vous insulter, on va pas se mentir, ça me faisait mes journées. Après ça, ma mauvaise humeur et mon nombril ne pesaient pas grand chose et j'envoyais balader l'un comme l'autre, forte de tout ce que vous m’aviez donné et que j’avais volé ça et là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;C’est la crise?&lt;/span&gt; je me demande, dégoûtée par moi-même de formuler une question d'une pareille banalité.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;C’est ma crise!&lt;/span&gt; je me dis, persuadée que, oui, tout est lié, vos humeurs, les miennes, et même les battements d’ailes des papillons.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Ca craint&lt;/span&gt;, je conclue, tout en réalisant que j’aurais pris un tant soit peu de plaisir à raconter que je m’ennuie.&lt;br /&gt;Preuve que tout n’est pas perdu.&lt;br /&gt;Y’a de l’espoir, comme dit l’autre. Reste à savoir où.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;-maispastrop-&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/202453825640709732-2708056654430395810?l=beaucoupbeaucoup.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://beaucoupbeaucoup.blogspot.com/feeds/2708056654430395810/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=202453825640709732&amp;postID=2708056654430395810' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/202453825640709732/posts/default/2708056654430395810'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/202453825640709732/posts/default/2708056654430395810'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://beaucoupbeaucoup.blogspot.com/2010/05/lundi-matin-lempereur-sa-femme-et-le.html' title='lundi matin, l&apos;empereur, sa femme et le petit princeuh.'/><author><name>ManonTroppo</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01434665557006111691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='12' src='http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/SVC1uIkOdWI/AAAAAAAAATg/IP0XCvOxM5M/S220/allegromanontroppo.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S-nNuqsHd5I/AAAAAAAAAeE/Wn7mmlF07dI/s72-c/diary_3.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-202453825640709732.post-7642138546276373170</id><published>2010-01-20T13:45:00.005+01:00</published><updated>2010-01-20T14:46:54.431+01:00</updated><title type='text'>Haut les mains, haut les bras, haut-le-coeur.</title><content type='html'>&lt;span style="color: rgb(204, 0, 0);font-size:130%;" &gt;Je lis plus, j’écris plus, &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;les films n’ont plus de couleurs et les conversations sont sans goût.&lt;br /&gt;Le froid ne fait que me frôler. Quand on me bouscule, mon corps reçoit le coup et se plie, indolent, sous l’impact du choc sans vraiment le réaliser. Mes pas reprennent le rythme, et continuent. Je n’insulte plus ces gens là.&lt;br /&gt;Je voulais les tuer, avant. Je rebroussais chemin et leur attrapais le bras en leur servant, l’air le plus acariâtre possible : «&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Vous me bousculez parce que vous pensez que ça me fait plaisir ou parce que vous n’avez aucun sens commun? Vous voulez que je vous montre ce que ça fait?&lt;/span&gt; -je les bousculais- &lt;span style="font-style: italic;"&gt;et si je pars sans m'excuser, vous voulez savoir ce qu’on ressent?&lt;/span&gt;» et je partais sans m’excuser, donc.&lt;br /&gt;Parce que bon. Ca allait deux minutes. Sûr qu’ils bousculeraient plus jamais personne, au moins.&lt;br /&gt;Ca me prenait un temps fou tous ces règlements de compte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’expliquais au serveur qu’il y avait de fortes chances pour qu’il voit son pourboire faire peau de chagrin s’il me servait mon café au bout de 15 interminables minutes en me le renversant à moitié sur les genoux sur une table qu’il avait jugée indigne d’être nettoyée.&lt;br /&gt;Quand un vendeur s’étonnait de mon refus d’acheter finalement un pull qu’il venait de trouer en ôtant l’antivol, je lui demandais si, lui, il l’aurait acheté. J’étais impliquée dans la vie, quelque chose de fort.&lt;br /&gt;S’il me répondait qu’il s’en moquait et que j’avais qu’à aller ailleurs, je prenais quelques minutes, encore, pour lui demander s’il était heureux de travailler comme ça, s’il pensait pas qu’en étant plus aimable, il aurait plus souvent la possibilité d’être aimé.&lt;br /&gt;J’étais dans la vie, tout au milieu, noyée, à m’accrocher désespérément à l’idée qu’en fait, au fond, les gens étaient intrinsèquement bons. Forcément. Et qu’il fallait essayer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour qui je me prenais?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Non, c’est pas la question; c’était pas par excès de confiance en moi, en grand sage philosophe, en savant moralisateur, que j’abordais les foules. C’était en petite idiote, convaincue que c’était faux archi faux, tout ce blabla des vieux qui consistait à ne pas uniquement regretter leur époque mais à aussi nous prédire la nôtre chaotique. Parfois, même, ils osaient s'en vouloir de nous y avoir pondu.&lt;br /&gt;Ca, j’en pouvais plus. Et par dessus tout, je voulais leur prouver.&lt;br /&gt;Que c’était leur faute. Et qu’avec un peu de volonté... tout ça. Que l’irrespect qu’ils recevaient ne tenait qu’à l’aigreur qu’ils dégageaient et m’épargnait, moi, parce que je laissais leur chance aux gens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Ha! Je vous l’avais dit, les gens sont sympas, la vie est belle, la guerre, c’est fini et l’eau ne mouille que les vieux réacs!&lt;/span&gt;»&lt;br /&gt;«&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Nananèreuh&lt;/span&gt;», peut-être même en prime.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me prenais pour rien donc.&lt;br /&gt;Je prenais simplement l’espoir. En otage, enfermé dans la cave, et je voulais pas qu’il s’en aille, jamais, et qu’il devienne simplement réel. Bientôt.&lt;br /&gt;Je le choyais tous les jours un peu plus, ne voulant pas comprendre qu’il l’aimait pas, la prison que je lui avais faite. Il avait pas que ça à faire, attends. Fallait qu’il en déçoive plein, plein, plein d’autres encore. Environ 6 milliards à l’époque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.worldometers.info/"&gt;http://www.worldometers.info/&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis, les métaphores ont commencé à m’ennuyer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les profs de français ne comprenaient pas qu’on préfère sécher leurs cours pour écrire; les clochards avec qui on rigolait en profitaient pour nous subtiliser des pièces dans les poches; je faisais du mal aux garçons que j’aimais; et y’avait toujours un documentaire où on tuait des animaux simplement pour avoir des manteaux qui font genre on est riches.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’espoir a rétréci son champ d’action, d’un coup.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’arrivais plus à croire en tout le monde.&lt;br /&gt;Je m’endormais en pensant que quelque part, on tuait une femme. Que peut-être même, on poussait le vice jusqu’à l’enterrer proportionnellement à la gravité de son crime, lui donnant ainsi la possibilité de &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;ne pas&lt;/span&gt; éviter la lapidation, au lieu de &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;ne pas du tout&lt;/span&gt; éviter la lapidation.&lt;br /&gt;J’entendais le voisin qui pleurait après avoir bu toutes ses bières. Je le croisais parfois au supermarché, je prenais ma tête dans mes mains quand je le voyais déposer sur le tapis roulant des dizaines de canettes, espérant peut-être n’en boire qu’une, et le recroisant le lendemain en achetant la même quantité. Je pouvais pas le sauver.&lt;br /&gt;Il allait plus jamais aimer personne.&lt;br /&gt;J’étais inutile.&lt;br /&gt;J’allais jamais sauver personne.&lt;br /&gt;Je me demandais s’il achetait autant bières parce qu’il était inutile, lui aussi.&lt;br /&gt;Et qu’il pouvait même pas se sauver lui-même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’espoir a prêté sa place à la colère, pour voir. Tiens, vas-y, installe toi, je t’ai chauffé la chaise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La colère m’a épuisée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Même ceux qui me connaissaient depuis toujours ne comprenaient pas, ils disaient tout le temps «&lt;span style="font-style: italic;"&gt;où est ce que tu veux en venir???&lt;/span&gt;» avec plein de points d’interrogation dans la voix et des yeux exorbités.&lt;br /&gt;Comme si je le savais moi-même.&lt;br /&gt;Le trémolo de leur incompréhension me froissait tellement que je finissais par ne plus les aimer, eux, qui ne partageaient pas ma révolte. Et ça non plus, ils ne l’ont pas compris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je gardais ma révolte bien au chaud, tout me hérissait, j’enrageais pour un papier jeté par terre, je prenais plus la peine de m’expliquer, je réduisais mon vocabulaire à «Arriéré !» tout court, j’avais plus assez de salive pour leur expliquer; et si je m’étais lancée dans une de ces tirades dont mon adolescence avait eu l’exclusivité, il aurait fallu que je leur dise à quel point je les haïssais d’avoir fait de moi quelqu’un qui commençait à comprendre ce que «les vieux réacs» disaient du monde, d’eux, de moi. Que c’était leur faute.&lt;br /&gt;Et je ne l’ai jamais fait parce que je commençais à comprendre que je n’aurais pas été capable d’entendre ce qu’ils m’auraient répondu : que c’était le cadet de leur souci.&lt;br /&gt;Je comprenais aussi que c’était autant ma faute que la leur.&lt;br /&gt;Bon, que des trucs pas très réjouissants en somme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.worldometers.info/"&gt;http://www.worldometers.info/&lt;/a&gt; encore, et ça a déjà empiré.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certains de mes acolytes en étaient encore à se couper les avant-bras pour être sûrs d’être vivants quand j’évitais à tout prix de m’attarder sur le fait que je ressentais moins de choses, de peur de réaliser que j’étais presque morte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un matin, une prof de lettres m’avait pour ainsi dire fermé la porte au nez. Dans le bon sens du terme, c’est à dire, pour me garder dans la pièce, pas pour m’en exclure.&lt;br /&gt;J’avais ce défaut d’arriver toujours la dernière et de repartir pas davantage en avance, les quelques fois où je venais. Facile comme un jeu d’enfant alors, pour l’adulte qu’elle était, de bloquer la moitié de femme qui m’habitait dans son antre. Je me rappelle que la pièce n’avait plus la même odeur quand on s’y est retrouvées seules.&lt;br /&gt;Au moins, elle en avait une.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;- Je ne suis pas du genre moralisatrice.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;- J’ai remarqué. Mais votre entrée en matière est flippante quand même. &lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;- Je ne t’ai jamais donné de conseils. Ni même d’ordres. &lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;- Je dirais le contraire...&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;- ? Je t’en ai donné ?&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;- Non, je veux dire, je le dirais dans l’autre sens. Vous ne m’avez jamais donné d’ordres. Ni même de conseils. &lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;- Ca se vaut, en effet. Mais, pourquoi aurais-je construit cette phrase dans ce sens là?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;- Pour souligner à quel point vous êtes cool. &lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;- Est ce que tu me trouves cool?&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;- Me suis jamais posé la question, mais la façon dont vous me traquenardez avec vos phrases, et l’intro que vous faîtes à un tirage d’oreille tout en faisant croire que vous n’allez pas en faire, c’est mieux si vous faîtes la phrase dans l’autre sens, d’après moi. Comme ça, c’est l’avis d’une personne cool. Genre. Et c’est ni de la morale, ni des ordres. Tout ça tout ça. &lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;- Je suis pas sûre que le verbe «traquenarder» existe, mais je vois où tu veux en venir et...&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;- ... Ah non! moi je veux en venir nulle part hein. Ni maintenant ni jamais. C’est vous qui m’avez traquenardée dans la pièce pour me faire la morale et me donner des ordres, moi j’ai rien demandé. &lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;- Manon...&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;- ...&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;- Je sens bien que tu perds prise ces derniers temps.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est con, c’est la dernière chose que j’avais envie d’entendre. Même si j’avais fait ma maligne, façon «on me l’a fait pas, je me ferai pas avoir», j’attendais que ça, qu’elle me la fasse et qu’elle m’ait. Et voilà qu’elle tombait dans le grand panneau «attention chute de clichés».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;- Je perds pas prise, vous comprenez rien, &lt;/span&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-style: italic;"&gt;je lâche prise&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;. Vous n’avez pas saisi la nuance.  A ce titre, vous ne méritez pas que j’écoute vos morales une seconde de plus. Si c’est pour me dire de ne pas le faire, de toute façon, c’est trop tard. Et si c’est pour me dire que c’est mal, alors vous devenez une pas-cool. Et si c’est pour m’encourager... Si c’est pour m’encourager, votre cynisme me dégoûte. Vous êtes foutue. Vous vous êtes traquenardée toute seule. Pourtant je voulais vous laisser une chance. Sérieux.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et comme elle avait claqué la porte, je vois pas pourquoi moi, qui faisais manifestement preuve de davantage de jugeote, j’aurais pas eu le droit de le faire, résultat, je l’ai fait, voilà. Dans le mauvais sens du terme. C’est à dire en l’excluant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant elle a quand même dit quelque chose, en la rouvrant, sur mes pas amers qui résonnaient dans les couloirs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;- Vous n’êtes pas de ceux qui baissent les bras. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je comprenais pas, j’avais pas l’impression d’avoir abandonné quoique ce soit. Peut-être que mon imperceptible haussement d’épaule l’a amenée à insister.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;- Vous n’êtes pas désillusionnée. Vous ne le serez jamais. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ca m’a fait un pic dans le corps quand elle a dit ça. Je sais plus trop où. Partout sûrement,  nulle part à la fois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Ha, désillusionnée! Super... Encore faudrait-il que j’ai été illusionnée, j’vous signale. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n’avais pas encore relevé qu’elle m’avait vouvoyée pour la première fois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;- Tu n’es ni désillusionnée ni illusionnée, tu aimes les gens, je crois vraiment que tu veux les aimer, et l’essentiel, c’est d'essayer, et de bien le leur expliquer, ils seront d’accord, toujours, tout le monde veut toujours qu’on l’aime.  &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’avais ralenti. Non pas que ses mots me parlaient, mais, je sais pas, elle me donnait beaucoup d’elle, je trouvais. Je me devais de l’écouter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;- Vous pourriez me dire de me mêler de ce qui me regarde. Et pourtant vous voulez me laisser parler parce que vous m’aimez. Vous ne devez pas baisser les bras. Vous devez rester une enfant. Vous êtes une formidable enfant. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je réalisais tout à coup qu’elle me disait «&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;vous&lt;/span&gt;».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;- Vous m’avez vouvoyée pour me dire de rester une gamine. Vous êtes une super prof mais, sérieux, ne vous reconvertissez pas en psy. Parce que vous seriez nulle. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle m’avait vouvoyée. J’étais foutue, adulte, responsable, cramoisie.&lt;br /&gt;J'étais comme elle maintenant, j'essaierai peut-être même d'empêcher les autres de grandir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S1cJKJL9CYI/AAAAAAAAAao/vj2wuso0CIs/s1600-h/profseule.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 267px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S1cJKJL9CYI/AAAAAAAAAao/vj2wuso0CIs/s400/profseule.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5428817945687820674" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Baisser les bras... quelle idée. Toujours je les garde relevés pour danser, faire la fête, commander un autre verre, héler un taxi ou me pendre à tout plein de cous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne connais plus ni l’espoir ni la colère. L’envie, parfois. Quand eux on le droit de rester dans le bar qui ferme alors que moi non. Et puis juste après, je m’en fous. Ca c’est ce que je connais le mieux. M’en foutre.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Qu’est ce qui compte? Hein? &lt;/span&gt;Je demande quand même parfois entre deux vodkas. Hein, dis le moi, toi là, qu’est ce qui compte? A part ton verre à recommander, ta demoiselle à séduire, l’autre à flouer et les blagues du lendemain, à bien construire pour faire rire l’assemblée.&lt;br /&gt;La syntaxe, ça vaut aussi pour l’humour. Certains profs de littérature nous auront au moins servi à se foutre de leur gueule en bon français, c’est toujours ça.&lt;br /&gt;J’ai pas froid parce que j’ai bu et puis après j’ai trop chaud parce que l’alcool s’en va mais pas toi et je ne te voulais pas vraiment dans mon lit, ou pas aussi longtemps. Je parle de rien. Je ris de tout. Je commence à vivre en diagonale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai mal partout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S1cDwiQr_pI/AAAAAAAAAag/C3LHKydmjLc/s1600-h/platre2.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 348px; height: 400px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S1cDwiQr_pI/AAAAAAAAAag/C3LHKydmjLc/s400/platre2.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5428812008183824018" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un jour, on croise une amie qu’on n’avait pas vu depuis au moins aussi longtemps que l’espoir. Elle était restée dans une cave, elle aussi, en quelque sorte. Je marchais comme ça, je sais plus trop pourquoi d’ailleurs, je me rendais pas loin de là où il fallait, à peu près à l’heure requise et j’avais même pas froid. J’avais plus envie d’écrire, ni de lire, le cinéma, j’y allais plus et les conversations sentaient la mauvaise haleine de l’alcool ou le chewing-gum poli. Les gens grelottaient, je crois, j’en suis même pas sûre parce que j’avais du mal à les considérer comme des gens, alors je peinais à leur attribuer des sensations humaines. Des trucs qui viendraient du corps, je pensais que plus personne faisait ça.&lt;br /&gt;On m’avait bousculée et, quand même, l’espace d’une seconde je m’étais dit qu’à une époque, lointaine, presque antérieure à moi même, j’avais été une fille qui refusait qu’on la bouscule.&lt;br /&gt;Je me disais qu’en même temps, refuser qu’on nous bouscule ne nous assurait pas du fait qu’on ne nous bouscule plus jamais, mais que quand même... le refuser nous poussait peut-être à leur expliquer qu’il ne fallait pas faire ça, parce que ne pas considérer les gens et ne même plus se rendre compte qu’ils étaient forcément du genre à ne pas apprécier qu’on les bouscule, c’était être une vieille peau. Et puis je me disais que je divaguais, d’ailleurs ça m’avait fait perdre un temps fou, j’avais pas sorti ma carte de transport alors que j'étais déjà presque dans les escaliers du métro. C’est comme si je n’avais rien pensé du tout, et que personne ne m’avait bousculée, ou alors y’a très longtemps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Manon&lt;/span&gt;?!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ca me rebouscule, mais plus gentiment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Je te suis rentrée dedans mais comme une furie! t’as pas vue? Je faisais tomber mon téléphone et je savais plus où j’en étais et pour le rattraper sans raccrocher j’ai fait n’importe quoi je t’ai bousculée et puis j’ai cru te reconnaître et puis c’est bizarre parce que comme tu t’es pas retournée je me suis dit que ça pouvait pas être toi parce que pour moi, toi, tu te serais retournée pour m’insulter tu vois, mais c’est con, je sais pas pourquoi je pense ça et puis je t’ai observée quand même et je t’ai vue regarder en l’air et t’arrêter et t’étais comme .... chais pas, ralentie par rapport aux autres gens tu devais penser à un truc fort, j’en sais rien, mais là je me suis dit, alors que je t’avais pas toujours vue de face hein, mais je me suis dit «bon c’est sur c’est elle!»&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La fille, enfin, respire. J’en pouvais plus de sa tirade, je souffrais pour elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;- Ok. Bon, mais, on se connait?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;- Ha ha, je te reconnais bien là.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je pense «super, elle me reconnaît bien là alors que moi je l’ai pas reconnue ailleurs, donc elle me reconnaît deux fois et moi je la remets jamais» mais je dis juste:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;- J’étais au ralenti, tu dis?&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;- C’est marrant, tu vois, j’ai toujours pensé qu’on s’entendrait, un jour.&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;- Et, ce jour arrivera dans une autre vie non?&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;- Je suis de très bonne humeur aujourd'hui. Tu me vexeras pas, tu sais. &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;- Bah oui, non, j’en n’ai pas envie d’ailleurs. Mais, heu... je comprends pas trop trop...&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;- T’étais hyper ...&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ok, j’ai compris, elle va me parler de comment j’étais avant, me parler de quelqu’un d’autre, de comme je ne suis plus, et me tuer un peu plus. Ok, on veut m’achever. J’abdique. Voilà, j’abdique. Laissons cette greluche déblatérer et passons à la pharmacie pour acheter plein de médocs, après.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-T’étais hyper... Hyper pareille en fait. T’as pas changé. C’est dingue.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je. J’ai un peu le souffle coupé. Parce que, si, j’ai changé, si si si, je suis aigrie, j’aime plus personne, d’ailleurs toi même tu m’emmerdes, j’ai pas que ça à faire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;- T’es toujours autant...&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je pense : «autant capable de te tuer?» et encore une fois, je dis rien. J’ai compris la leçon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Toujours autant à fond quoi. T’es à fleur de peau. On se le disait souvent.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’aimerais savoir qui est le «on» mais manifestement ma bouche décide d’autre chose:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Tu me trouves à fleur de peau?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Tu plaisantes? Regarde toi. Tout t'énerve, tout te plaît. Ca doit être super fatiguant, sérieux.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je le prends dedans mes bras. Dedans, vraiment, comme si je voulais tatouer l’accolade dans ma peau. Je sais pas pourquoi je fais ça, je l’aime pas tellement, son parfum est entêtant et vulgaire et puis, quand même, elle m’a bousculée. Je suis fatiguée. Je me repose un peu sur elle, un instant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’y repense de temps en temps. Elle a voulu qu’on se voit, moi j’avais envie de tout sauf de ça, c’était pas ma came et, ça va hein, bon, peut-être m’avait-elle sortie de mon hibernation, mais, elle n’en savait rien et puis, elle aurait pas compris. C’est pas parce que je l’avais prise dedans mes bras qu’on était liées à la vie à la mort. Compte tenu du nombre de gens que j’aimais à crever et que j’avais jamais pris dans mes bras, cette théorie ne marchait pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je baissais pas les bras, je les levais pas non plus, je les posais sur mes hanches, comme ça, comme quelqu’un qui réfléchirait dans un film muet; la gestuelle bien exagérée pour qu’on comprenne sans les paroles. Et sans les paroles, mes mains sur mes mes hanches, je me disais «&lt;span style="font-style: italic;"&gt;alors comme ça, y’a des gens que t’aimes à en crever?&lt;/span&gt;»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parce que je me dis «tu» quand je me parle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Y’avait des gens que j’aimais à en crever.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certains morceaux ne durent pas assez longtemps et il m’arrive de jeter des livres, tout à coup, vite, pour ne pas les finir. Je les cache, comme ça je sais qu’il me reste du bonheur quelque part. Les gens, certains, seraient comme ces bouts de livres et les chansons qui restent dans la tête. Et moi, je serais comme une enfant qui se remettrait aux métaphores, pour voir si leur place est assez chaude, encore, pour que je ne me moque plus d’elles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La colère et l’espoir avaient réduit leur champ d’action, comme prévu. De beaucoup. Beaucoup-beaucoup.&lt;br /&gt;On était passé, eux, et moi avec, à 6 milliards et quelques à une vingtaine de personnes. Puis, on a avait réalisé qu'il restait encore du linge sale dans la séléction, alors on avait encore réduit et on était arrivé à un petit noyau de 5,6 élus.  Du beau vrai licenciement.&lt;br /&gt;J’étais exclue du monde parce que j’avais décidé de me tenir à l'écart, peut-être. Je voulais pas le détester mais ça avait été pour mieux me protéger, on aurait dit.&lt;br /&gt;Et, là, comme ça, je réalisais dans mon mètre 60 que j’avais toujours la même colère et toujours le même espoir, et que j’avais mis potentiellement l’un et nécessairement l’autre dans ces 5,6 pauvres bougres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si ceux là me décevaient, si j’avais mal prévu mon coup, j’irai sûrement acheter tellement de canettes de bières qu’une lapidation de tigre en direct ne me ferait ni chaud ni froid, comme quand les saisons n’avaient pas de température ni d’emprise sur le corps que j’habitais plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’avais encore fait la gamine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et levé les bras trop haut.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si ça se trouve, j’étais intacte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais ceux que j’aimais, ça pouvait pas être autrement: ils étaient le monde, le grand, ils allaient se sauver et m’aider à le faire aussi. Ils avaient forcément 5,6 victimes auxquelles ils accrochaient leur naïveté cynique, comme moi. Et ainsi de suite. Ca allait marcher.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis, même s’ils étaient pas nombreux, ils étaient grands, très grands, presque trop grands pour mes petits bras finalement trop courts.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;-maispastrop-&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/202453825640709732-7642138546276373170?l=beaucoupbeaucoup.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://beaucoupbeaucoup.blogspot.com/feeds/7642138546276373170/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=202453825640709732&amp;postID=7642138546276373170' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/202453825640709732/posts/default/7642138546276373170'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/202453825640709732/posts/default/7642138546276373170'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://beaucoupbeaucoup.blogspot.com/2010/01/haut-les-mains-haut-les-bras-haut-le.html' title='Haut les mains, haut les bras, haut-le-coeur.'/><author><name>ManonTroppo</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01434665557006111691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='12' src='http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/SVC1uIkOdWI/AAAAAAAAATg/IP0XCvOxM5M/S220/allegromanontroppo.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S1cJKJL9CYI/AAAAAAAAAao/vj2wuso0CIs/s72-c/profseule.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-202453825640709732.post-988399584130609475</id><published>2010-01-06T00:53:00.013+01:00</published><updated>2010-01-06T01:42:31.361+01:00</updated><title type='text'>Les premiers seront les derniers.</title><content type='html'>&lt;span style="color: rgb(255, 0, 0);font-size:130%;" &gt;J’étais pas la seule à découvrir toutes ces choses dingues, &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;mais la première fois que je les ai faites, c’était au moins aussi bien que vos premières fois à vous. Et surtout, c’était les miennes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De la même façon que je n’ai pas osé égarer ma virginité en public, j’ai préféré ma chambre, aussi, pour ma première cigarette et mon premier joint et ma première prise de conscience du monde et.&lt;br /&gt;Et tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Y’avait une porte coulissante en bois, un bois épais qui laissait pas passer grand chose. Ni les odeurs, ni les mots, ni les décibels, ou les larmes; les longs soupirs que nous inspirent nos 15 ans . Parce que, merde, c’est dur quand même.&lt;br /&gt;Et puis je pouvais fermer à clé aussi. Je précise parce que «porte coulissante» peut laisser entendre «intimité zéro», ce qui était loin d’être le cas. Chez moi, j’avais un autre &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;chez moi&lt;/span&gt;, et on n’y entrait pas sans frapper. D’ailleurs on n’y entrait jamais vraiment. J’étais au bout de l‘appartement; on me voyait pas rentrer et par où j’étais sortie. On passait la tête, pour proposer «à table» ou ordonner «baisse cette musique» mais pas davantage. C’était mon &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;chez moi&lt;/span&gt; à moi chez ma mère chez elle.&lt;br /&gt;Le truc de la porte, c’était arrivé assez tard, vers mes 12 ans, quand on m’a collé un début de poitrine, j’ai exigé une serrure;  puisque j’en avais une sur mon journal intime, ça me semblait implacablement logique, je devenais secrète et cachottière, collectionneuse de verrous en tous genre, et puis c’était marre.&lt;br /&gt;Avant mes 12 ans, ma serrure était autrement plus conviviale: comme dans un film de famille un peu bidon qui sortirait en salle au mois d'août, j’étais une enfant fraîche, qui exigeait juste un mot de passe qu’on trouvait en s’adonnant à une fouille intempestive d’indices subtilement dissimulés dans les litières des chats ou écrits au marqueur dans l’allu qui entourait le poulet du midi. Ou glissés, justement dans le trou de la serrure qui n’avait pas encore de clé à l’époque.&lt;br /&gt;Alors, ça m’amusait davantage de créer l’indice et d’entendre ma mère jouer le jeu que d’avoir 15 ans et simplement fermer ma porte à double tour et ressembler aux adolescents que les magazines décrivent. Du genre, les ados qui ont besoin d’intimité. Et de respect. Et de Nirvana très fort. Et peut-être même d’insultes à l’égard de celle qui porte l’utérus qui nous a permis de connaître Kurt chéri d’amour. Bref. J’ai bien fait mon boulot de «&lt;span style="font-family:arial;"&gt;celle qui est là mais qui voulait pas et à qui on n’a pas demandé son avis alors faut pas l’emmerder, ok&lt;/span&gt;»?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La porte en bois, je l’ai pas claquée, puisqu’elle coulissait, mais je l’ai coulissée très fort pour marquer la rebelle que j’étais devenue. Beaucoup. Dont un nombre incalculable de fois inutiles et théâtralement exagérées.&lt;br /&gt;Ca fait son petit effet aussi, quand ça glisse d’un coup d’un seul, et, me concernant, c’était bruyant comme j’aimais.&lt;br /&gt;Le problème, c’est que, contrairement aux vraies portes qui, quand on les claque se ferment, celle là se rétractait après l’élan, et malgré mon envie de me tenir loin et coupée du monde trop dégueulasse et tout, laissait par là-même le centimètre suffisant pour entendre le petit rire étouffé de ma mère. Elle trouvait ça ridicule faut croire. Alors qu’il n’y avait rien de plus sérieux.&lt;br /&gt;C’était la première porte que je claquais, c’est pas rien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon premier joint avait un goût d’attaque nucléaire, selon les dires de ma gorge. Bien m’en a pris de faire ça dans mon &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;chez moi&lt;/span&gt; du chez moi avec un ami de confiance. On était pas beaux à voir mais de toute façon, on s’en foutait royalement. Je crois qu’on avait trop chargé le pétard, dilettantes qu’on était. On vérifiait la véracité de la rumeur des garçons en 3° qui disaient que ça faisait rire et que ça donnait faim.&lt;br /&gt;Je me souviens avoir élaboré toute une théorie, ce soir là, pour convaincre ma mère de mettre un frigo dans ma chambre. Et puis, le lendemain, j’avais réalisé qu’elle était cap’ d’accepter juste pour me voir comprendre que, vide, il ne servait à rien. J’avais pas demandé ça pour Noël finalement. De toute façon, on fêtait pas Noël.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La première cigarette était arrivée avant encore.&lt;br /&gt;Ridiculement petite, du genre à tenir à 3 comme moi sur une banquette de voiture, je dormais un week end sur 2 à l’arrière d’une BMW kaki décapotable qui roulait très tôt et très vite sur l’autoroute. Et de 6h à 8h, des volutes séductrices arrivaient régulièrement jusqu’à mes naseaux frétillants. On ouvrait la fenêtre bien sûr, mais l’air n’y changeait pas grand chose, au contraire, il cristallisait l’odeur. Je trouvais le parfum follement super. Je voulais pas nécessairement en avoir, je savais que c’était pas de mon âge, mais pour moi, et, chacun ses goûts, ça sentait foutrement bon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors quand on a eu l’âge que ce soit presque de notre âge de s’acheter un paquet de Marlboro Light par 10, ça a fait ni une ni deux, j’ai foncé et j’ai voulu vivre ce moment, dans mon &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;chez moi&lt;/span&gt; de chez moi, pas avec les autres petites frappes dans le square à côté du collège. Pour moi, c’était un Moment, pour de vrai.&lt;br /&gt;J’avais pas claqué la porte coulissante mais, au contraire,j’avais attendu que la maison dorme et je l’avais fermée tout doucement, j’avais marché sur les lattes du plancher qui grinçaient le moins et ouvert mes fenêtres, tout en veillant à ce qu’aucun voisin ne me voie. Je pensais sûrement que les voisins, c’était comme les premiers de la classe et que ça allait cafter. Dans le noir, invisible, excitée comme un pou, j’avais allumé le truc un peu comme ça, sans savoir, mais avec la folle envie de retrouver cette odeur de la banquette arrière et de pouvoir sortir de moi une fumée élégante et malléable. J’avais vu trop de films avec Humphrey et Lauren. Et j’avais toujours trouvé le mot «volutes» attractif.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S0PZPNjQdmI/AAAAAAAAAZc/w5kPmsyOcGA/s1600-h/smokeMM.jpg"&gt;&lt;img style="cursor: pointer; width: 230px; height: 320px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S0PZPNjQdmI/AAAAAAAAAZc/w5kPmsyOcGA/s320/smokeMM.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5423417231643014754" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S0PZJ_m_dgI/AAAAAAAAAZU/jsMQB38uD5o/s1600-h/smokeMM2.jpg"&gt;&lt;img style="cursor: pointer; width: 242px; height: 320px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S0PZJ_m_dgI/AAAAAAAAAZU/jsMQB38uD5o/s320/smokeMM2.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5423417142001235458" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S0PYyGnUB5I/AAAAAAAAAZE/1xHPBhWYGrk/s1600-h/smokeMM5.jpg"&gt;&lt;img style="cursor: pointer; width: 233px; height: 320px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S0PYyGnUB5I/AAAAAAAAAZE/1xHPBhWYGrk/s320/smokeMM5.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5423416731564771218" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S0PY_LcuSqI/AAAAAAAAAZM/WrPfs5B9B_c/s1600-h/smokeMM4.jpg"&gt;&lt;img style="cursor: pointer; width: 233px; height: 320px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S0PY_LcuSqI/AAAAAAAAAZM/WrPfs5B9B_c/s320/smokeMM4.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5423416956200831650" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S0PXvNNzbZI/AAAAAAAAAYk/y61hWXDbHeo/s1600-h/smokeMM3.jpg"&gt;&lt;img style="cursor: pointer; width: 233px; height: 320px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S0PXvNNzbZI/AAAAAAAAAYk/y61hWXDbHeo/s320/smokeMM3.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5423415582285589906" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S0PX7hCS0yI/AAAAAAAAAY8/luTn5lZ0IWE/s1600-h/smokeMM6.jpg"&gt;&lt;img style="cursor: pointer; width: 233px; height: 320px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S0PX7hCS0yI/AAAAAAAAAY8/luTn5lZ0IWE/s320/smokeMM6.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5423415793764455202" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’avais sorti mon premier briquet, un Bic, je me souviens. Noir et tout. Parce que moi je voulais pas en faire des tonnes et me la raconter avec un imprimé hippie ou hip hop ou hop là, noir c’était parfait; c’était ma façon de crâner à moi, j’imagine. Et j’avais inspiré en me rappelant ce que Ludovic avait dit:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Tu aspires, tu as la fumée dans ta bouche et là, t’imagines que ta mère te voit et tu fais «Haaaan ! Maman», faut que ça touche ta luette en fait, au fond, peut-être que tu vas tousser, et puis tu recraches».&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;J’avais pas prévu qu’en plus de l’odeur que je voulais retrouver, il y aurait un goût. Le goût ne m’a ni plu ni déplu. Bon. J’ai pas retrouvé l’odeur. Soit. La cigarette était même pas finie que je rentrais déjà la cassette d’Aerosmith dans mon walkman en pensant à autre chose. J’étais même plus concentrée sur l’événement. C’était une déconvenue insipide, à peine j’avais commencé que j’étais déjà habituée, presque dépendante. Les mecs font bien leur boulot avec tout ce qu’ils mettent dedans, ils créent une déception séduisante et additive; non vraiment, y’a pas à dire, c’est un truc de pro.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après les Marloboro et les joints, je suis passée aux garçons. Chaque chose en son temps.&lt;br /&gt;J’avais oublié jusqu’à il y a une semaine ma première fois avec un garçon. Non pas que je n’y accorde aucune importance, mais j’avais choisi de garder le deuxième souvenir, le premier étant peut-être un peu, disons, bref; mais en vidant la pièce qui était ma chambre, mon &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;chez moi&lt;/span&gt;, ma mémoire a jugé bon de remettre les pendules à l’heure et, comme on dit, «tout est revenu».&lt;br /&gt;Ma première fois avec un garçon était aussi &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;chez moi&lt;/span&gt;; comme une fille, j’avais voulu mon lit, ma déco, mon décor, le risque de me faire surprendre par ma mère, et mon matin. Peut-être finalement que je n’y ai pas tenu tant que ça, peut-être que c’est simplement dans mon &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;chez&lt;/span&gt; &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;moi&lt;/span&gt; que la mini nana que j’étais était cap de faire la Chose et que les choses se sont naturellement enchaînées, si je puis m’exprimer ainsi. Le garçon avait eu le droit de dormir chez moi, mais il était question qu’il reste dans la chambre d’amis, d’invités. On a cessé d’être amis quand je l’ai invité à me rejoindre &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;chez&lt;/span&gt; &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;moi&lt;/span&gt; et que, un peu comme pour l’attaque nucléaire du joint et l’évidence de la cigarette, ma première fois avec un garçon ne faisait pas tant clore le désert de l’avant qu’annoncer l’excès de l'après.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Y’a eu plein d’autres premières fois dans le &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;chez moi&lt;/span&gt; de mon chez moi.&lt;br /&gt;Y’a eu la première fois où une femme m’a proposé de venir vivre avec elle. Avec elle et son mari. Qui avait 3 autres femmes, en dehors d’elle j’entends. Y’a eu le suicide du voisin, qui a atterri dans notre cour, la tête dans la vigne vierge. Y’a eu l’incendie d’une rue entière, que je voyais, pétrifiée depuis ma chambre. Y’a eu mes premières règles, la preuve que j’étais humaine et cap de faire des humains comme moi qu’ auraient plein de premières fois. Y’a eu la première fois où je me suis réveillée avec un garçon dont j’étais incapable de penser quoique ce soit sinon qu’il fallait absolument qu’il reste emboîté, comme ça, à mon corps, en chaise. Y’a eu les premières lettres, écrites, reçues, et la révélation du plaisir qui accompagnait l’affaire. Y’a eu la première tromperie et la découverte de la raison d’être du mythe consistant à affirmer que ça blesse les garçons d’être embrassé juste après leur meilleur ami. Ou juste avant. Y’a eu la première naissance, à laquelle je ne comprenais rien. Par où t’es rentré et tout. La première mort, à laquelle je ne comprenais rien non plus. Par où t’es sorti et compagnie. Y’ a eu le premier livre que j’ai refermé sur mon torse en me demandant si un jour, je vivrai dans la vie aussi profondément que ça peut l’être par écrit. Y’a eu la première dernière page d’un livre. Y’a eu la première fois où j’ai réalisé que c’était les livres qui allaient m’écarter de pas mal d’énième fois inutiles et il y a eu aussi le jour où j’ai réalisé que je commençais à avoir fait le tour des «premières fois».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien sûr, un jour j’aurai mes premières rides. Et mes premières pluies acides. Je sais que ça viendra par paquet, que je ne saurai plus trop distinguer l’histoire dans l’historique et qu’en terme de première fois d’enfant, entre guillemets, j’arrive au bout; au bout du début.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors, il y’a eu la première fois où je me suis sentie non pas adulte ni grande, que nenni, la première fois où je me suis sentie d’aller à l’étranger avec un garçon sans bagage, plutôt. Et de quitter mon &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;chez moi&lt;/span&gt; du chez moi. Sans trop y penser, juste happée par l’aspiration inspirante de l’à venir, à l’aveuglette, comme ça, pouf.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;object height="344" width="425"&gt;&lt;param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/RMINSD7MmT4&amp;amp;hl=fr_FR&amp;amp;fs=1&amp;amp;rel=0"&gt;&lt;param name="allowFullScreen" value="true"&gt;&lt;param name="allowscriptaccess" value="always"&gt;&lt;embed src="http://www.youtube.com/v/RMINSD7MmT4&amp;amp;hl=fr_FR&amp;amp;fs=1&amp;amp;rel=0" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" height="344" width="425"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis, dans le même élan, la première fois où j’ai pris mes CD du &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;chez moi&lt;/span&gt; de mon plus trop chez moi pour les mettre dans un ailleurs, et la première fois où mon ancien &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;chez moi&lt;/span&gt; est devenu un bureau rempli de trucs excessivement sérieux et la première fois où le &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;chez moi&lt;/span&gt; de mon chez moi était dans un nouvel appartement, le «chez moi» d’un autre, disques et tout y compris, mais plus du tout là où j’avais eu mes premiers rapports nucléaires. C’est passé sans prévenir, j’avais encore les clés de là bas et il y restait quelques affaires dont personne n’avait jugé utile de se séparer et qui avaient l’avantage d’entretenir un bordel qui n’existait plus réellement et de marquer un territoire qui n’était plus à personne. J’avais jamais pensé à la première fois de ma mère qui voit partir sa fille et qui, peut-être, passe devant une chambre vide où y’a même pus de musique à baisser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les chats me reconnaissaient moins facilement; parfois, un ustensile de cuisine changeait de place sans que j’en aie été prévenue en première dépêche, parfois, la cuisine elle-même changeait de place, et les voisins faisaient des enfants, je veux dire des enfants qui grandissaient en plus, et qui allaient m'appeler madame dans le hall d’un immeuble où j’avais même pas été ne serait-ce qu’une demoiselle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'appartement, mon premier appartement, je saurai le dessiner les yeux fermés, les poings liés. Pourtant, quand je veux le décrire, le raconter à un autre, tout se mélange et je réalise que je n’ai jamais fait vraiment attention à lui; parce qu’il était là, toujours là, comme un membre de la famille j’imagine. Les gens qu’on voit tous les jours, on n’est pas capable de remarquer s’ils ont minci, et on est toujours les derniers à comprendre qu’ils s’en vont.&lt;br /&gt;Il est compliqué cet appartement, il est fait en U, autour d’une cour. On voulait faire de la cour une vraie véranda et casser les murs pour en faire un O idyllique. On aurait eu un petite mare, avec des petits poissons, pour amuser les gros chats. On avait pensé à un perroquet, puis 2 pour qu’il(s) ne s’ennuie(nt) pas. Et puis, on s’était dit qu’un perroquet ou 2 dans une véranda à Paris, c’était un peu comme poser nos chats sur une branche dans le désert. Sans compter que ça vit longtemps, un perroquet. Alors on savait qu’une de nous 2 allait mourir avant eux, c’est un aperçu qui nous avait un peu soupé l’envie. Et puis de toute façon, la copropriété avait refusé l’idée de la véranda. Parce qu’ils auraient pas supporté la jalousie que leur aurait inspiré chaque jour la vue sur notre eden. Bon.&lt;br /&gt;Les salles de bains ont changé de pièces, le couloir est devenu un dressing, la chambre a exigé une mezzanine et le piano a refusé d’être autant dans les courants d’air. Pendant les travaux, on vivotait autour d’un bec benzène dans une moitié d’appartement et on continuait de dessiner des plans d’architecte pas trop mauvais pour d’autres projets pas toujours réalisables.&lt;br /&gt;Tout ce qui aurait pu être possible, je m’en souviens comme si c’était hier. Mais la salle de bain aux mosaïques turquoises sur lesquelles on écrivait pour que j’apprenne à lire, depuis la baignoire sabot, c’est comme si c’était pas ma vie. Faut qu’on me raconte sinon je me souviens pas. J’oublie pas la couleur de tes yeux, elle est comme un doudou pour moi, mais je regarde dedans tous les jours, alors je sais plus vraiment les nuances et combien t’en as.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Y’a eu une autre première fois à laquelle j’étais pas préparée.&lt;br /&gt;Souvent, de nos jours, les dates importantes marquant une période non moins mémorable naissent dans des combinés de téléphone.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Allô?&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Oui, alors, il faut que tu me dises si tu veux des plantes et de la vaisselle parce que là, ça y est, la vente est en cours, j’ai un acheteur, et je veux pas tout garder, hein, donc tu viens faire le tri. &lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Heu, ... allô?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ca peut pas être à moi qu’on parle.&lt;br /&gt;Y’a pas 36000 possibilités.&lt;br /&gt;Soit un membre de la famille meurt d’un coup d’un seul et c’est trop foudroyant et on parle pas tout de suite de vaisselle; soit un membre de la famille meurt des suites d’une longue maladie et je me serais attendue à ce moment auquel cas j’aurais pas été foudroyée à ce point.&lt;br /&gt;Ni l’un ni l’autre.&lt;br /&gt;Je me sens flouée.&lt;br /&gt;Je me sens haineuse du monde entier. Encore un truc qu’on goupille dans mon dos. Foutus capitalistes. J’ai envie de coulisser ma porte comme jamais. Kurt, steupl’, chante pour moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’était une première fois qui en annonçait d’autres, une réaction en chienne, un effet boule de neige, en hiver, et moi qui me sentais comme un cliché.&lt;br /&gt;Après, y’a eu cette première fois où il a fallu mettre les livres dans des cartons et les miroirs dans des tissus. Je me sentais lâche, c’est absurde, mais je me sentais lâche de partir avant que ce soit la fin. Je voyais pas l’utilité de décider s’il fallait ou non garder les photos de colonies où je ne me souvenais pas avoir été, s’il était urgent de jeter des livres dont on est le héros, dans une nouvelle vie où j’étais manifestement un personnage secondaire. Les choses se faisaient sans moi, et encore une fois, j’arrivais pas à me faire à l’idée, pourtant, «en amour» comme on dit, «en amitié» comme on croit, je suis la première à partir avant les ruines, mais là, vraiment... Il fallait que tout soit tombé, que l’endroit soit démoli ou peut-être simplement haï pour que j’accepte de faire table rase.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je repose un carton K7 audio.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Je...Excuse moi, juste, je me dis un truc là, pourquoi tu partirais pas quand ce sera la fin plutôt?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Pardon? Tu veux dire quand je mourrai? C’est agréable...&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;-Mais non, rhoooo, la fin, la fin d’ici quoi.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Mais... &lt;span style="font-size:180%;"&gt;C’est &lt;/span&gt;la fin, Manon. &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt; Les papiers sont signés. &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;On va pas attendre un ouragan quand même.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt; &lt;span&gt;Je le sais, là, j’ai renfrogné ma tête, un peu en arrière, ce qui me fait une sorte de double menton tout à fait attrayant, je le sais, j’ai eu 12 ans en une seconde. &lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;-Trop pas. Il est encore là l’appart. Il est pas fini. Regarde.Tu pars mais bon, j’veux dire, tu vois quoi, c’est trop pas la fin, attends.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Qu’est ce que tu parles mal. C’est quoi ces phrases? &lt;/span&gt; &lt;span&gt;Et elle rit.&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;-On s’en fout de comment je parle, ce qui compte c’est ce que je dis.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Et tu dis n’importe quoi. La fin c’est maintenant. Vis le tout de suite. &lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;-Nan. Nan, je suis pas d’accord. &lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S0PbgXaxnHI/AAAAAAAAAZk/zW-K-T85Fbw/s1600-h/mafalda-nopasaran.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 245px; height: 253px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S0PbgXaxnHI/AAAAAAAAAZk/zW-K-T85Fbw/s400/mafalda-nopasaran.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5423419725372824690" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Bon, écoute, on en parle dans le camion, ok? Tu peux descendre ces cartons?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les trucs un peu tristes se passent toujours très vite ou c’est juste pour moi?&lt;br /&gt;A peine j’avais réalisé la rupture qu’on rendait déjà les clés. J’étais adulte en un claquement de doigt. J’avais même pas eu le temps d’enlever le porte clé en forme de langue Rolling Stones.&lt;br /&gt;Ca voudrait dire que &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;chez moi&lt;/span&gt; maintenant, c’est là où j’habite? Là où rien n’est jamais rangé, là où ce serait pas de refus qu’une porte coulisse tellement j’y ai installé la continuité de mes colères de mes 15 ans; ça voudrait die que je suis une adulte et que toi, qui pars de là, t’es vieille et que, eux, qui s’installent chez nous, ils ont toute la vie devant eux?&lt;br /&gt;Non mais ho. Et tout le monde fait ça? Et les gens s’en sortent? Et c’est une préoccupation bourgeoise? Et t’en as d’autres des scoops dans le genre?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai du y repasser, pour régler des broutilles soit disant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne sais pas si découvrir le chez soi de son chez soi vide et seul, où les soupirs qui nous échappent résonnent comme en enfer en se répercutant sur des murs dépités d’être déshabillés, où le sol a gardé la trace d’un lit qui a dormi là 18 ans, l’emplacement où un poster Mickey avait été remplacé par un poster Nina Hagen qui avait été remplacé par des inscriptions à même le mur, et voir pour la première fois l’espace sans le contenu, comme un corps, en fait, comme un corps déjà froid... je sais pas si on peut appeler ça «régler des broutilles».&lt;br /&gt;On règle rien, on découvre des nouveaux couloirs dans notre tête.&lt;br /&gt;Et on aimerait beaucoup que ce soit des broutilles, ces couloirs. On aimerait être une broutille, en fait, de haut en bas. Et que les couloirs ne mènent pas à des culs de sacs poussiéreux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est la première fois que je me dis que tous ceux qui n’auront pas vu cet endroit ne me connaîtront jamais vraiment. Et c’est peut-être aussi bien, le temps me le dira. Le temps a plein d’occases.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’aurai d’autres premières fois, j’en doute pas. J’aurai mon premier avortement, mon premier deuil, mon premier accident, ma première dette, mon premier dernier, mon premier dentier, mon premier souvenir amusé de tout ça, un jour, sûrement, mon premier dernier souffle, j’en doute pas.&lt;br /&gt;Mais on a qu’un mausolée, et à chaque fois que je passerai sous les fenêtres de là bas, c’est à dire mes fenêtres à moi, si je vois de la lumière et de la vie, ça m'enlèvera un peu des 2, à moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;-maispastrop-&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/202453825640709732-988399584130609475?l=beaucoupbeaucoup.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://beaucoupbeaucoup.blogspot.com/feeds/988399584130609475/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=202453825640709732&amp;postID=988399584130609475' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/202453825640709732/posts/default/988399584130609475'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/202453825640709732/posts/default/988399584130609475'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://beaucoupbeaucoup.blogspot.com/2010/01/les-premiers-seront-les-derniers.html' title='Les premiers seront les derniers.'/><author><name>ManonTroppo</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01434665557006111691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='12' src='http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/SVC1uIkOdWI/AAAAAAAAATg/IP0XCvOxM5M/S220/allegromanontroppo.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S0PZPNjQdmI/AAAAAAAAAZc/w5kPmsyOcGA/s72-c/smokeMM.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-202453825640709732.post-3217479170262391307</id><published>2010-01-04T21:58:00.014+01:00</published><updated>2010-01-05T16:24:54.979+01:00</updated><title type='text'>...et la caravane passe...</title><content type='html'>&lt;span style="color: rgb(204, 0, 0);font-size:180%;" &gt;Pourvu que le chauffage soit allumé. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai les doigts encore envahis de la fin Décembre.&lt;br /&gt;L’engourdissement me rappelle les fois où après que les hôtes d’un dîner soient partis, je réalisais en rangeant que les quelques verres de vin (j’entends les quelques verres de trop) avaient occupé mon temps et découragé mon envie d’écrire. L’hiver passe souvent en pages blanches, à force de devoir plier mes doigts, puis les déplier, puis souffler dessus, puis sautiller, puis mettre un disque, puis danser, puis répondre au téléphone puis avoir faim, puis... réaliser que je m’étais couchée au lieu d’écrire, tout ça à cause d’une paralysie digitale partielle. C’est comme si mon âme résidait dans mes dernières phalanges. Et qu’on me l'anesthésiait à grand renfort de températures négatives.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La différence de taille, aujourd’hui, c’est que je rentre certes frigorifiée mais sobre comme un mormon et munie d’une paire de gant. Oui, parce 2 pintes, et 1 double pastis, pour mon foie, c’est une blague de débutant. C’est comme ça, n’est pas cow boy qui veut. Et même qu’il arrive que soient cow boys ceux qui ne le voulaient pas tant que ça. La preuve.&lt;br /&gt;Bref.&lt;br /&gt;Et le bout de mes doigts n’a pas froid, au contraire, il s’échauffe d’impatience, il frétille et souffre presque en sentant le désir du clavier gonfler si fort sous son ongle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’espère quand même que j’aurais pensé à allumer le chauffage avant de partir, après m’être préparée, histoire qu’il ne fasse pas plus froid chez moi que dehors. Je croise les doigts opérationnels.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma porte s’ouvre sur une vague de tiédeur bienveillante et j’ai une pensée furtive mais vraiment compatissante pour ceux qui peignaient ou écrivaient ou réparaient des voitures dans le froid, à l’époque où c’était pas franchement eau et gaz à tous les étages.&lt;br /&gt;Je laisse l’air sibérien sur le perron et j’ouvre la boîte de pandore MacBook.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Malgré le plaisir sensuel que je ressens à faire glisser les stries de mes empreintes digitales sur l’Azertyuiop, je n’arrive pas à l’exprimer; toutes mes pensées sont envahies par l'énervement que j’ai éprouvé ces derniers jours à devoir évoluer au milieu de pattes qui courent de grands magasins en vendeurs de sapins, de bras chargés de bolduc et de papiers cadeaux au goût franchement douteux et aux têtes remplies d’étoiles sans qu’on sache vraiment pourquoi. Quant aux bouches déblatérant des monologues hantés par 2 dates qui, si l’on en croit l’engouement général, doivent forcément posséder la clé du bonheur ou peut-être la recette contre la faim dans le monde, elles ne me poussent qu’à appréhender davantage le 25 et le 31 de ce mois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est pas une histoire de famille, d’en avoir ou pas, même si, la mienne, de famille, se résume à une génitrice et trois félins; ça fait pas beaucoup de cadeaux les félins en plus, 25 décembre ou pas. La famille, c’est pas la question. J'ai connu les grandes tables remplies au point qu'on ne reconnaisse plus bien quel est ce cousin là bas au bout. J'ai connu ça et j'en suis revenue. Pour preuve: ma famille constituée d'une génitrice et de 3 félins. Si on y regarde de plus près, c'est pas si sacré que ça le lien de sang, je vous jure; ça se renie en 2 temps 3 mouvements.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est pas une histoire de parenté donc, ou même de foyer. C’est principalement une affaire de sommes d’argent aberrantes, d’hypocrisie de belles doches, de vantardise de vaisselle de Limoges, de bêtisiers et de best of, de personnalités de l’année qui sont toujours les mêmes ignares et d’enfants qui ne pourront pas crâner à la rentrée parce qu’ils n’ont pas eu la bonne marque. C’est une histoire de dictature émotionnelle et de compétition de bonheur. Tout ça dans un pays qui se prétend laïque mais qui ne peut s’empêcher de balancer pub pour parfum sur pub pour bijou en l’honneur d’un type qui n’en portait sûrement pas beaucoup et que tout ça dégoûterait outre mesure si l’on en croit les rumeurs circulant à son sujet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S0JZjw1xfwI/AAAAAAAAAX0/HkVrpdZtUns/s1600-h/PAQUETS+CADEAUX.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 258px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S0JZjw1xfwI/AAAAAAAAAX0/HkVrpdZtUns/s400/PAQUETS+CADEAUX.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5422995372248235778" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelques amies néanmoins m'attendrissent par l'enchantement enfantin avec lequel elles attendent l'événement. Mais on n'est pas des enfants, en décembre, on est des portefeuilles. Et l'enchantement ne dure que le temps d'une chanson.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.deezer.com/en/#music/result/all/barbara%20noel"&gt;http://www.deezer.com/en/#music/result/all/barbara%20noel&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Et toi, ton Noël?&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;-Bah, bien, ouais. &lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;-Ah, «bien» c’est tout?&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;-Oui, enfin, c’est à dire, très bien mangé, bien bu, et voilà quoi. &lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;-Ah... Désolé. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;M’enfin, voilà autre chose. Je n’ai en effet pas eu à subir les nouvelles guirlandes lumineuses criardes sur un sapin d'élevage au pied duquel des enfants bruyants déchireraient des paquets aux imprimés crétinisants qui regorgent d’inutilités fabriquées par d’autres enfants qui n’ont jamais eu vraiment le temps de croire au père Coca Cola.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S0NYqq-gc_I/AAAAAAAAAX8/iGswgMdu_nQ/s1600-h/sapinscadeau.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 300px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S0NYqq-gc_I/AAAAAAAAAX8/iGswgMdu_nQ/s400/sapinscadeau.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5423275866398422002" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La-belle-affaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Et ton jour de l’An alors?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;-&lt;span style="font-style: italic;"&gt;L’enfer, on s’est retrouvés à pas avoir de métro et à s’embrasser dans la rue alors qu’il faisait -4. &lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;-Ah ouais, dur. &lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Et toi?&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;-Moi: in-cro-ya-ble: on était dans une grande maison avec un feu de cheminée et du champ’ à gogo. &lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;-Han, la chaaaaaaance. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En effet, je ne considère pas plus grave de me les peler le 31 qu’un autre jour et, en effet, il m’arrive de boire du champagne dans une grande maison plus souvent qu’une seule fois dans l’année.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S0NYv5jbmQI/AAAAAAAAAYE/La4kOx9S94g/s1600-h/sapins.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 300px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S0NYv5jbmQI/AAAAAAAAAYE/La4kOx9S94g/s400/sapins.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5423275956210735362" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;La-belle-jambe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Et l'esprit de famille t'en fais quoi?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Heu, des serpentins non?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Non mais sérieusement. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Sérieusement, t'es sérieuse?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-L'esprit de famille de Noël, quand même!&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Ah mais parce que l'esprit de famille c'est 1 fois par an? Ah, bon, moi je croyais que la famille c'était justement tous les jours. Les gens que je dois voir obligatoirement une fois par an, je crèverai avant de leur donner le petit nom de "famille". &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Mais, et les cadeaux?&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt; T'aimes pas ça les cadeaux?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-J'aime pas avoir à chercher les magasins où les changer, en fait.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Mais, y'en a toujours qui marquent le coup, c'est Noël quand même.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Ah parce que ça aussi, les cadeaux, c'est qu'une fois par an?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Non mais tu vois c'est symbolique quoi. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Symbolique de quoi au fait, rappelle moi.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-...&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Le seul symbole que je vois rattaché à cette date, c'est la naissance d'un type qui représente une religion à laquelle tu ne crois pas -dis moi si je me trompe- récupéré par un système bienheureux de pouvoir en faire sa vache à lait -dis moi si je me trompe-.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Mais alors t'aimes pas Noël?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Nan. Et, tu sais pas quoi? je suis pas la seule même que. Un jour on sera des millions et on inversera l'ordre des choses et les écrans plats, les petits bracelets et les chèque cadeaux feront moins les malins. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis les festins qui terminent en réglement de comptes entre deux cousins que tout a toujours séparé... très peu pour moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S0NZt7bczNI/AAAAAAAAAYM/mgEkIBos34s/s1600-h/festen.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 310px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S0NZt7bczNI/AAAAAAAAAYM/mgEkIBos34s/s400/festen.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5423277021866020050" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est toute cette hargne qui sort de mes index, mes annulaires et mes majeurs alors que foncièrement, là, je suis bien. Même si je ne tape qu’avec 3 doigts.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Foncièrement j’aime cette période de l’année pour sa beauté figée et la nuit, synonyme de chaleur et de fêtes ou de couettes et de galipettes, qui tombe plus tôt. J’aime l’engourdissement de mes joues et le sang qui fouette mes oreilles. J’aime le sentiment que ma maison est impénétrable, derrière mes fenêtres, quand la météo daigne nous offrir quelques flocons.&lt;br /&gt;J’aime même les démarches de colvert qu’on adopte prudemment quand on doit affronter les dits flocons transformés en boue glissante.&lt;br /&gt;J’aime l’idée qu’une nouvelle année arrive, c’est toujours ça de pris et toujours ça de perdu, c’est aussi l’occasion d’admettre qu’il n’y a pas que pour moi que le temps passe et de réaliser que je n’ai pas la pire des façons de le dépenser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais je suis parasitée à droite à gauche et de haut en bas. Ca ne parle que de vent. C’est partout et tout le temps, à la radio, dans les journaux, dans des bouches que j’aime embrasser, dans l’air, dans l’ère, et j’étouffe en hiver comme au milieu d’un été embouteillé à Mexico.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oh et puis, toutes ces coutumes, toutes ces habitudes, ces calendriers ... comme si on en n'était pas déjà empêtrés à tout bout de champ.&lt;br /&gt;J’aimerais juste que ce satané mois béni soit consacré à manger du foie gras, à boire du vin, qu’on m’apprenne à lancer un feu de cheminée aussi, et qu’on garde les beaux sentiments pour les 363 autres jours délaissés. Si c’est pas trop demander au type barbu pour tous les petits rhésus. Même s'ils sont pas des anges.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;object height="275" width="480"&gt;&lt;param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/xb4jac&amp;amp;related=0"&gt;&lt;param name="allowFullScreen" value="true"&gt;&lt;param name="allowScriptAccess" value="always"&gt;&lt;embed src="http://www.dailymotion.com/swf/xb4jac&amp;amp;related=0" type="application/x-shockwave-flash" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always" height="275" width="480"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;a href="http://www.dailymotion.com/video/xb4jac_charlotte-gainsbourg-heaven-can-wai_music"&gt;Charlotte Gainsbourg "Heaven Can Wait"&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;envoyé par &lt;a href="http://www.dailymotion.com/charlottegainsbourg"&gt;charlottegainsbourg&lt;/a&gt;. - &lt;a href="http://www.dailymotion.com/fr/channel/music"&gt;Regardez plus de clips, en HD !&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Merry Christ my ass.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;-maispastrop-&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/202453825640709732-3217479170262391307?l=beaucoupbeaucoup.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://beaucoupbeaucoup.blogspot.com/feeds/3217479170262391307/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=202453825640709732&amp;postID=3217479170262391307' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/202453825640709732/posts/default/3217479170262391307'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/202453825640709732/posts/default/3217479170262391307'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://beaucoupbeaucoup.blogspot.com/2010/01/et-la-caravane-passe.html' title='...et la caravane passe...'/><author><name>ManonTroppo</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01434665557006111691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='12' src='http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/SVC1uIkOdWI/AAAAAAAAATg/IP0XCvOxM5M/S220/allegromanontroppo.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/S0JZjw1xfwI/AAAAAAAAAX0/HkVrpdZtUns/s72-c/PAQUETS+CADEAUX.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-202453825640709732.post-7522754548339697938</id><published>2009-11-16T20:07:00.013+01:00</published><updated>2009-11-18T03:20:23.565+01:00</updated><title type='text'>cet appel vous sera facturé 0,90 centimes d'€ la minute et sachez que vous allez en cramez, des minutes.</title><content type='html'>&lt;span style="color: rgb(204, 0, 0);font-size:130%;" &gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Le téléphone&lt;/span&gt; fixe sonne.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Et j’aime pas ça.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis moderne moi, ça y est, et pour cette raison, je ne suis joignable que sur une machine de communication que je transporte, c’est à dire qui est portable puisque je ne fais que me porter moi-même ça et là du matin au soir et qu’il paraît qu’on doit être joignable tout le temps.&lt;br /&gt;Chez moi,  il est parfaitement impossible que je discute. Quand j’y suis, chez moi, c’est pas pour parler de la vie, en bien, en mal, en long ou que sais-je, à l’horizontale; quand je suis chez moi, c’est pour être chez moi.&lt;br /&gt;.&lt;br /&gt;Un point s’impose, ici.&lt;br /&gt;Pour marquer à quel &lt;span style="font-size:180%;"&gt;.&lt;/span&gt; c’est définitif cette opinion et ô combien personne ne me fera revenir dessus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais le téléphone fixe sonne. Quand même.&lt;br /&gt;Je ne connais pas cette sonnerie, je pars alors à la recherche d’un réveil que j’aurais camouflé, hier, dans l’idée de me piéger moi-même pour m’obliger à le trouver et donc à sortir de mon lit. Cette hypothèse est assez vite discréditée par l’oeil que je pose sur l’heure: 01h31.&lt;br /&gt;Or, je ne mets pas de réveil à cette heure là, ou du moins: pas encore. Ou du moins pas que je sache.&lt;br /&gt;Et puis voilà, c’est incontestable, rendons-nous à l’évidence: le socle du téléphone clignotant avec le même empressement que mettrait un oeuf dur à sautiller au fond d’un casserole une fois cuit, je suis forcée d’admettre que c’est ça: c’est le téléphone. Le téléphone fixe donc.&lt;br /&gt;Me fixe de son combiné hurlant, comme ça, caché sous la couette, avec ses yeux affamés, sans gêne.&lt;br /&gt;Qu’est ce qu’il fait, là, je me demande, et à quand remonte la dernière fois où je l’ai utilisé, tout ça. C’est fou tout ce que la tête est capable de produire comme pensée le temps de 4 sonneries.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Se proposent alors d’elles mêmes deux possibilités:&lt;br /&gt;-laisser sonner et interroger le répondeur pour savoir quel malfaiteur a malfait.&lt;br /&gt;ou&lt;br /&gt;-répondre et prendre l’incroyable risque de ne pas pouvoir couper court grâce aux stratèges habituels qui consistent à prétendre ne plus avoir de batterie ou ne plus capter ou se faire voler l’appareil à l'arraché, bon.&lt;br /&gt;San compter qu’à cette heure ci, il est assez peu probable que mon interlocuteur soit une de ces crapules facilement blackboulables qui voudrait me vendre des double vitrages ou des lots d'encyclopédies universelles; travailler + pour m’emmerder +, soit, mais pas la nuit, quand même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ok, on respire et on décroche, c’est aussi simple que ça, allons-y, t’es cap’.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne connais pas la voix, je ne connais pas le prénom mais je reconnais cette sensation de danger, latent, d’inconnu brûlant, attractif comme le vide d’une falaise d’Etretat.&lt;br /&gt;Je sais que tout ça ne vaut rien de bon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-... et donc voilà, Manon. Je m’appelle Vincent, au fait.  Et je me demandais si vous aviez un peu de temps pour discuter...&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-...&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Vous m’entendez?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Heu, oui. Oui-oui.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Mais vous ne m’écoutez pas?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Heu, non. Pas trop, non.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Pourquoi?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Pourquoi? Ben, peut-être parce qu’il est minuit passé, que je ne vous connais pas, que vous arrivez chez moi d’un coup sans prévenir en connaissant mon prénom et que, comme je l’expliquais plus haut, personne ne fait ça, on ne m’appelle pas chez moi si je n’en n’ai pas formulé clairement l’envie. Par exemple.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Vous expliquiez ça où ça, plus haut?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Plus haut dans le texte.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Dans le quoi... ? Ah! vous aussi vous avez des troubles psychologiques?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon coeur s’emballe, même s’il fait ça souvent, à chaque fois ça me turlupine un peu plus, ce qui a pour effet de lui mettre la gomme davantage encore, et ça ne s’arrête jamais. Certains jours, ma vie ressemble à s’y méprendre à un serpent qui se mordrait la queue. Une vipère, le serpent. C’est pas beau à voir, j’vous dis que ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je lui dis:&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Des troubles psychologiques... Et bien, et après? Qui n’en n’a pas? Faudrait être déjà à moitié mort pour ne pas être psy-cho-lo-gi-que-ment atteint, faudrait être de marbre pour ne pas s’attrister dix fois par jour, se révolter au moins autant, et baisser les bras également, un peu plus touchée, abîmée peut-être même, soyons fous. C’est un signe de santé que d’être un chouia malade, voilà ce que j’en pense.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;C’est bien simple, si je n'entretenais pas ma bonhomie et mon sarcasme avec du baume du tigre, quotidiennement, de haut en bas en insistant sur les zones concernées, si je ne riais pas de tout, je serais maboule. &lt;/span&gt;&lt;a href="http://www.leparisien.fr/faits-divers/terrorisme-alerte-au-suppositoire-explosif-05-10-2009-663015.php"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Si on n’a pas d’humour, aujourd’hui, on ne peut être que terroriste.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;En fait, non, je n’ose pas dire tout ça, je me contente de:&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Comment ça des troubles psychologiques? Non, d’ailleurs, je veux dire: comment ça «moi aussi» j’ai des troubles psychologiques? Vous voulez dire que vous en avez, vous?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Je vous l’ai dit, mademoiselle, je sors de prison et d’un traitement de cheval. Alors si je n’en n’avais pas forcément avant, je suis assuré d’en avoir aujourd’hui.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il m’a dit ça? , j’ai pas entendu. Mon coeur s’emballe même plus, clairement, il se prend pour Dave Grohl.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/SwMohXOM4WI/AAAAAAAAAXs/_Fpa7P9AHY4/s1600/batterie.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 491px; height: 299px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/SwMohXOM4WI/AAAAAAAAAXs/_Fpa7P9AHY4/s400/batterie.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5405208531409101154" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Attendez, heu...&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Vincent&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Vincent, écoutez. Je suis pas. Voilà. Bon.J’ai pas de problèmes particuliers avec la prison, les gens qui en sortent, ceux qui y rentrent... m’enfin bon, quand l’un d’eux m’appelle chez moi alors que je ne le connais pas...&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Vous comprenez pas.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Bah ce que je comprends c’est que c’est bizarre, déjà que je parle jamais dans ce téléphone là, fixe et tout, que j’ai l’habitude d’être... je sais pas ... dans la rue, quand je suis au téléphone, là, je vous le dis tout net, j’ai l’impression que vous êtes dans mon salon. Et j‘ai connu des sensations plus agréables pour ne rien vous cacher.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Vous comprenez pas.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Mais arrêtez de me dire ça, c’est vous qui comprenez pas. Vous êtes chez moi, là, dans ma vie. Y’a a assez de parasites comme ça sans vous, j’vous jure. Sans vous manquer de respect mais quand même, merde.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Ne soyez pas grossière.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-... Ah bah! Ca alors. V’là que vous me donnez des leçons maintenant.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Ca ne vous pas, la vulgarité, c’est tout.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Ah super, je vois le genre, vous me connaissez un peu comme si vous lisiez en moi un peu comme si j’étais un livre ouvert et d’ailleurs un peu comme toutes les femmes, c’est ça? Vous trouvez que les gonzesses qui fument et qui boivent et qui jurent, ça craint, c’est ça? Vous êtes mal tombé: ça occupe précisément les 3/4 de mon temps. En sachant que le 4° quart est consacré à me moquer de l’humanité et à dormir. Alors vous voyez, trouvez quelqu’un d’autre à qui raconter vos histoires de savonnettes.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Mais, vous êtes très agressive; je ne comprends pas.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Ah je croyais que c’était MOI qui ne comprenais pas, faudrait savoir.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-...&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Ok. Bon, écoutez. C’est ce qu’on appelle une conversation stérile, je vais devoir vous laisser, je n’ai plus de batterie.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;                Et merde.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Vous ne comprenez pas, j’ai eu du mal à vous trouver.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Du mal comme: taper un prénom sur les pages jaunes et tomber sur mon numéro? Non parce qu’en ce moment, justement, j’évite un ado pré-pubère qui s’acharne sur mon zéro un et qui ne m’amuse plus trop et il ne m’a pas cherchée ou trouvée ou eu du mal ou je ne sais quoi, ses parents ont eu le malheur de laisser traîner un un bottin et il m’emmerde. Point.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Ah, un ado vous harcèle?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Oui, c’est un enfer sur pattes. Il a une voix de castra, on entend l'acné qui bouillonne, c’est vous dire. Et il veut dire des trucs cochons, mais comme il en n’a pas encore fait, des trucs cochons, il est juste... assommant.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Je vois.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Ce que vous voyez c’est que vous venez de me conforter dans l’idée de passer sur liste rouge et pourtant, vous voyez, c’est quelque chose que je me refusais à faire, «passer sur liste rouge». Je suis pas président public, c’est absurde, je n’ai aucune raison de recevoir des coups de fils de paumés de la vie qui veulent me pourrir mon existence. Enfin ça c’est ce que je croyais. La preuve en est, j’ai eu tort.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Je suis cette preuve?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Ne jouez pas sur les mots, pour quelqu’un qui sort de prison, je trouve ça limite.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il rit, le bougre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Je n’y avais même pas pensé, voilà, là je vous retrouve!&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;M’a-t-il seulement trouvée?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Vous me retrouvez rien du tout, vous me souhaitez bonne soirée et vous me laissez tranquille jusqu’à la fin du monde. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Je vous fais peur?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-... Vous avez failli, oui,  mais là vous passez à une autre catégorie: comment pourriez vous ne PAS m’inquiéter? Le fait que vous ne le conceviez pas m’abasourdit d’agacement. Donc vous ne me faites plus peur, vous m’enquiquinez. Mettez vous à ma place, un peu. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Très bien, oui, non, je veux dire, je comprends. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Bon voilà, parfait, alors heu... enchantée, bonne soirée, et là je vais raccrocher. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Et vous traitez tous vos lecteurs de la même manière?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mes lecteurs? Tiens donc. Pour qui me prend-il au juste? Est-ce qu’il me confond avec quelqu’un qui écrit, quelqu’un de super, quelqu’un de l’académie, qui aurait reçu un prix, qui connaîtrait Pivot, qui a sa photo ringarde en dernière de couverture, qui, qui, qui... pour qui me prend-il ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Et bien, écoutez,&lt;/span&gt; &lt;span style="font-size:85%;"&gt;(je racle ma gorge et prend un air de princesse, ou, en tout cas, l’air que j’imagine le plus seyant pour une princesse)&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;, non. Pas du tout. Mais là, vous voyez, je suis débordée. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand on prend un air, l’intonation suit naturellement, c’est un truc que je vous donne parce que je suis de nature généreuse: - &gt; prenez un air de princesse et spontanément vous aurez une élocution précieuse que vous ne vous connaissiez même pas. Ca marche à tous les coups.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Ah oui? Vous êtes sur quoi?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Et bien, c’est un peu indiscret comme question mais j’accepte de vous répondre: je suis sur un roman, encore. C’est à dire... non, pas «encore», mais «toujours» pour être précise. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me tiens debout devant mon miroir, l’audience est au max, les gens s'appellent pour se dire que jamais aucun auteur n’a été si détendu face à son succès mondial, tout le monde zappe pour moi, je baisse la lumière pour essayer de me trouver pas mal, voilà, je suis pas mal, je suis même mieux que pas mal dis donc, le monde est à moi, balancez donc vos bouts de papiers et vos preum’ de couv’ comme on dit, je suis chaude pour une petite session d’orthographe, heu pardon, hi hi, blague d’écrivain, je voulais dire «d’autographes».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’aurais pas pu vivre cette situation avec un téléphone portable dans la rue, ça c’est sûr.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Ah parce que vous écrivez des romans? C’est bien, ça me rassure; enfin, me rassurer est un bien grand mot, non pas que je m’inquiétais, mais je me demandais si vous faisiez un peu d’efforts quoi, un truc vraiment, comment dire, construit. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Hein? De quoi? Qu’est ce que...&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les princesses ne parlent pas comme ça, Manon, les princesses ne font pas répéter, les princesses ne font pas d'onomatopées avec leurs bouches pures, les princesses ne sont pas prises au dépourvu, les princesses doivent bien se moquer de toi à l’heure qu’il est.&lt;br /&gt;Je ne comprends décidément rien à cette conversation. Est-ce seulement une conversation? Qui suis je où vais je est ce qu’il reste du vin?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Je trouvais tout ça très prometteur, c’est tout. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pivot m’encourage, avec son air de grand père idéal, lui aussi il me trouve prometteuse, c’est évident, il m’invite d’une moue inimitable à y aller, à penser que oui, en effet, je suis &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;«du genre très prometteur».&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Oui, merci, c’est ce qu’on a déjà dit à mon sujet. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pas sûre sûre de mon coup, je rajoute:&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Enfin, surtout dans des critiques new-yorkaises, en fait, vous voyez. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je transpire.&lt;br /&gt;Est ce que les princesses transpirent? Non? Même quand elles font l’amour?&lt;br /&gt;Si Pivot pouvait aussi me dire avec quel genre d’auteur le criminel me confond, ça m’ôterait une épine du pied dans le plat.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Tiens alors justement je me demandais si vous aviez besoin de contacts ou je ne sais pas, de numéros, pour, vous voyez... rencontrer des gens. Des gens du milieu. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des contacts, moi? Mon petit, je n’ai que ça, des contacts, j’en déborde, je ne sais plus qu’en faire, et finalement c’est moi qui deviens LE contact des autres, alors sincèrement, vos contacts...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Des contacts? Et bien, oui, pourquoi pas.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Non parce que je sais que le blog est un art encore assez peu considéré, et je trouve que le vôtre mérite qu’on s’y penche, il y a quelque chose à faire, c’est pour ça que je suis ravi de savoir que vous avez en fait déjà publié des romans. Où puis-je les trouver? Vous me donneriez les références?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Mon blog????&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Oui, votre blog. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pivot, l’audience, mes fautes d’autographes, tout, tout s’écroule dans un bruit de flaque à peu près équivalent à ce qu’aurait fait la quantité d’eau que mes larmes produiraient s’il ne fallait pas que je garde la face, là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Ah ouiiiiii, bien sûr, vous voulez dire «mon blog» !&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Oui... ? Ben, votre blog, oui. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Oui, oui oui oui. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Garder la face au téléphone, c’est quand même plus facile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-...&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Oui oui oui. Oui. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais bon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Alors, est ce que vous me donneriez les références de vos romans? Je peux vous le dire, je suis ce qu’on appelle un fan inconditionnel, et j’assume hein. En fait, c’est drôle, après 5 ans en prison, il me restait plus grand chose, bonne conduite, tout ça, et je suis passé assistant du prof de français et grâce à ça, j’ai eu accès à internet. Je ne sais pas trop comment, je suis tombé sur votre blog ... l’expression est éventée, mais c’est pourtant ce qui image le mieux ce que j’ai ressenti à ce moment-là, vous m’avez mis une claque. Aller-retour. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Ah oui.   &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sans point d’interrogation, sans point d’exclamation, non, un &lt;span style="font-style: italic;"&gt;«ah oui»&lt;/span&gt; sans rien, comme ça, neutre, suisse, désillusionné et les bras ballants, un &lt;span style="font-style: italic;"&gt;«ah oui»&lt;/span&gt; qu’a une seule envie c’est qu’on le laisse tranquille et qu’il puisse rentrer chez lui se coucher.  Ah oui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’essuie mon plancher, lave mon égo, prend un bain d’humiliation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Vous semblez.... ailleurs...&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Pffff&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tant pis, je dis tout, je m’en fous, je suis qu’une crotte de mouche là, je vais pas faire ma pimbêche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Ailleurs, c’est faible. Enfin, à moins que vous considériez la situation de ma dépouille 30 mètres sous le sol déjà rongée par des insectes carnivores moqueurs... Alors oui, je suis «ailleurs», en effet.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Mais c’est dingue comme vous passez d’une émotion à une autre. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Vous trouvez?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-C’est rare. D’habitude, les gens sont remplis d’eux-mêmes, ce qui les empêche de ressentir tout l’extérieur et...&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Ok, on arrête, là. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-On arrête quoi?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Je suis pas sensible à l’extérieur,je suis rien du tout, j’ai juste cru que vous m’aviez confondue avec un auteur renommé. Je suis égocentrique, voilà tout, ok?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Mais, je ne vous ai pas confondue...&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Pffffffff. Je n’ai écrit aucun roman, vous saisissez? J’en ai deux, dans les tiroirs, ils m’emmerdent et personne n’en n’a jamais vu la couleur. Vous comprenez, là?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Ah... Vous...&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Ah oui oui, j’ai cru que vous me confondiez et j’ai aimé la confusion. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;- «Confusion» me fait toujours penser à «Confucius», pas vous?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Non. Mais allez-y vous, écrivez un roman, et je vous appellerai pour vous féliciter, voilà, très bien, on fait comme ça, bonsoir.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Je ne comprends pas...&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-...Oh v’là que ça vous reprend. Merde quoi.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Et vous, vous redevenez vulgaire.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Je ne sais plus quoi vous dire. C’est bizarre. A un inconnu, je veux dire, à vous, en somme, si je n’ai plus rien à dire... Non, c’est pas ça je m’emmêle les pinceaux.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-C’est le propre de ceux qui dépeignent la réalité.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Oh arrêtez deux minutes, c’est bon. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-...&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-En tant qu’inconnu, je ne devrais pas «ne plus savoir que vous dire» mais «ne rien avoir à vous dire» et je raccrocherai et on en parlerait plus et puis c’est marre. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Vous avez encore des choses à dire?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Non, moi non, non. Mais vous, peut-être non?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Oui, moi oui. Oui. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Ok. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Oui.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Et donc, là, il se passe quoi? Vous me les dites ces trucs ou je dois vous envoyer un bristol?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Non mais je pensais juste que ça ne vous intéressait pas, c’est tout! Une personne de votre envergure. Moi en face. Un type qui sort de prison. Enfin vous voyez. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Oh arrêtez un peu, je vous ai dit que j’avais rien publié, que j’avais fait semblant et même pas correctement. Alors dîtes tout ce que vous voudrez, faîtes vous plaisir, c’est vous qui payez la communication de toutes façons. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-J’ai l’impression que vous ne comprenez pas. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-C’est une blague?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Ah? Vous comprenez en fait?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Non: c’est une blague que vous disiez encore «vous ne comprenez pas»? C’est fait exprès pour m'énerver c’est ça?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les dialogues me fatiguent, au bout d’un moment, au bout de ce moment là, en tout cas. Quand ils tournent en rond et quand, en parallèle, ils sont assez taquins pour chatouiller vos entrailles. Ils me fatiguent.&lt;br /&gt;Je n’ai plus envie de parler avec lui, ni non plus envie d’écrire ce qu’on s’est dit avec des tirets à la ligne et des italiques, parce que, finalement, aucun des deux n’écoutait vraiment l’autre. Ce qui est le propre des dialogues qui durent trop longtemps, de tout ce qui dure trop longtemps.&lt;br /&gt;Il m’a dit que je devrais surtout considérer le fait que quelqu’un soit tombé sur mon blog et l’ait aimé, aimé au point de trouver mon numéro. Ce à quoi j’ai répondu des trucs que même le ras des pâquerettes ne cautionneraient pas, toute pragmatique que j’étais, incapable de m’élever un tant soit peu, au moins jusqu’à l’absurdité de la situation.&lt;br /&gt;Au point que j’entendais même pas ses compliments.&lt;br /&gt;Il m’a dit que je devrais entendre que j’ai été lue en prison, et que mon lecteur n’avait qu’une idée en tête: me trouver pour parler avec moi.&lt;br /&gt;Et moi, pendant ce temps, je pensais que j'étais une nulle de l’avoir accueilli de la sorte. J’écoutais pas. Ca ne m'intéressait pas plus que ça, certainement.&lt;br /&gt;J’avais cru à un rôle, un scénario, et je me retrouvais face à quelqu’un qui voulait parler de ce que j’écrivais. J’ai été simplement capable de dire:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Si je l’écris c’est que je n’ai pas envie d’en parler. Alors, parler de ce que j’écris... Vous comprendrez que.... Vous êtes allé en prison pour quoi?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Si je vous le dis, est ce que vous écrirez quelque chose sur moi?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Je ne peux rien vous promettre, mais il y a de fortes chances pour que vous vous reconnaissiez dans quelques lignes. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Vous écrirez sur mon crime? &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-C’était un crime?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-On dit «crime» aussi pour un vol de sac à main vous savez. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-On ne prend pas 5 ans pour un vol de sac à main.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Vous m’avez écoutée alors?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Voilà que ça recommence...&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Qu’est ce qui recommence?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Le dialogue. Les tirets. La ponctuation et chacun son tour, tout ça. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-J’ai tué une personne. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Une seule? On tue tous des personnes tout le temps, au moins ceux qu’on aime. Une seule, c’est pas non plus...bon...pas la peine d’en faire une histoire, quoi. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Je l’ai tuée avec mes mains. Elle est dans un cercueil. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Ah, vous voulez dire, un crime?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Un vol de sac à main est un crime. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-La plupart des sacs à mains volés sont eux-mêmes criminels: un cuir douteux, une atteinte au bon goût, infectés de répertoires remplis d’une famille sur qui on ne peut pas compter, de clés d’un appartement trop grand, de carte ump... pour moi c’est pas un crime, c’est un devoir civique, de les voler, ces sacs à mains. Ca leur permet de repartir à zéro. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Oui mais moi j’ai tué quelqu’un.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est vrai, il a tué quelqu’un. Pour de vrai.&lt;br /&gt;Si je voulais être certaine que vous vous rendiez compte de ce que ça signifie, je l’écrirais plein de fois. Pour que vous ne passiez pas à la phrase d’après sans percuter, pour que vous ressentiez, un peu, de ce que j’ai ressenti quand il me l’a dit, c’est à dire un quart du tiers du centième de ce qu’il a ressenti, lui, quand il l’a fait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:courier new;"&gt;C’est vrai, il a tué quelqu’un. Pour de vrai. C’est vrai, il a tué quelqu’un. Pour de vrai. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:courier new;"&gt;C’est vrai, il a tué quelqu’un. Pour de vrai. Pour de vrai. Avec ses mains. C’est vrai, il a tué quelqu’un, c’est vrai de vrai. Pour de vrai. Il a tué quelqu’un. Pour de vrai. Avec ses mains. C’est vrai, il a tué quelqu’un. Pour de vrai. Avec ses mains, à lui. C’est vrai, il a tué quelqu’un. Il doit vivre avec. Pour de vrai. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il aimait une femme. Ce qui en soit est déjà assez extraordinaire. Non, parce que, je veux dire: il aimait une femme. Pour de vrai. C’est vrai. Il aimait une femme. Avec ses mains. Pour de vrai.&lt;br /&gt;Pas juste une fille qui lui tenait compagnie, un peu drôle, un peu jolie, un peu aimable, avec qui le temps passe tant bien que mal, non, non. Il aimait vraiment une femme. Et, asseyez-vous: il aimait une femme qui l’aimait. Pas comme ça, en passant. Ils s’aimaient comme c’est pas possible.&lt;br /&gt;Et puis il a fini par ne plus l’aimer, elle, à force d’avoir peur de toutes les femmes, en elle.&lt;br /&gt;Là, je l’ai interrompu, je sais, c’est mal, il ne l’a pas pour autant mal pris, il a compris que j’étais dedans, investie, attentive, curieuse, spontanée donc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-...J’ai commencé à ne plus pouvoir supporter une minute passée sans elle, je ... je devenais fou, je l’imaginais faire l’amour avec tout le monde...&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-C’est dingue parce que justement il y a un documentaire sur L’Enfer qui vient de sortir.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-L’enfer?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Le film de Clouzot. Qu’il n’a jamais terminé. L’histoire d’un homme amoureux, mais jaloux. Jaloux davantage.  &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-D’où le titre?...&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-D’où le titre oui. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;object height="364" width="445"&gt;&lt;param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/inFbkTmhPhc&amp;amp;hl=fr_FR&amp;amp;fs=1&amp;amp;rel=0&amp;amp;border=1"&gt;&lt;param name="allowFullScreen" value="true"&gt;&lt;param name="allowscriptaccess" value="always"&gt;&lt;embed src="http://www.youtube.com/v/inFbkTmhPhc&amp;amp;hl=fr_FR&amp;amp;fs=1&amp;amp;rel=0&amp;amp;border=1" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" height="364" width="445"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il m’a dit que c’était bien trouvé comme titre, parce qu’en effet, l’enfer, c’est exactement ce qui arrivait quand un homme perdait la tête par jalousie. Comme une maladie qui nous laisserait trop normal pour être soigné et trop fou pour s'en sortir. L’enfer pour tout le monde, pour la femme &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;aimée-pure-pute-infidèle-parfaite&lt;/span&gt;, pour l’homme &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;triste-triste-amoureux-triste&lt;/span&gt;, et pour tous les gens autour. Même pour le fleuriste, ça devenait compliqué.&lt;br /&gt;C’est d’ailleurs là que ça avait commencé. Ou terminé. Tout dépend du point de vue et si on croit en dieu tout puissant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Vous croyez en dieu?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Je ne sais pas, il y a des gens qui méritent le paradis dans votre histoire?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle aimait acheter des fleurs, elle avait un compte, elle payait à la fin du mois, parfois un peu en retard mais rien de grave. Une vie trépidante en somme. Lui, Vincent, un jour, il l’accompagne, sa femme adorée. Ca faisait quelques temps qu’il voulait savoir à quoi elle passait ses journées et quels hommes posaient les yeux sur son corps.&lt;br /&gt;La boutique est magnifique, ça il s’en souvient, un fleuriste qui aimait son boulot, il dit. On aurait pu croire qu’on arrivait chez quelqu’un, il rajoute. Chez quelqu’un où on aurait aimé prendre le thé, parler de la vie, passer le temps.&lt;br /&gt;Le bouquet de sa femme vénérée est prêt, là, scintillant sur le comptoir; ses fleurs préférées; le fleuriste et elle ne se parlent même pas; à peine elle rentre qu’il le lui tend, le bouquet fatidique et elle n’a pas à le payer.&lt;br /&gt;Ils sortent.&lt;br /&gt;C’est tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils sortent. Vincent, à ce moment là prend conscience de toutes les veines de son corps. Elles le brûlent. Il trouve le temps de se dire que, le corps humain, c’est bien pensé, ça irrigue tout, mais malheureusement, y’a un défaut de fabrication, c’est que ça ne ferme pas les vannes qu’il faudrait assécher, parfois, en cas de coup de sang.&lt;br /&gt;Je l’interromps une seconde fois, je suis encore plus investie et spontanée et attentive et curieuse et impolie que tout à l’heure; je l’interromps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Ca nous rappelle qu’on n’est que ça. Dès qu’on est dépassé, le corps parle plus fort que la tête, le coeur brinquebale, les tempes tambourinent, les veines sursautent, les joues s’empourprent, les mains tremblent, les jambes flagellent, la bouche s’assèche, les pupilles se dilatent....Parfois les sexes bandent aussi.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis là, quand même, je me dis que je m’emballe un peu trop face à quelqu’un qui confie son crime, je serais pas une bonne psy, ça c’est officiel.  Alors je me tais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-C’est ça. C’est exactement ça.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Oui, le corps prend toujours le dessus quand la tête sait plus comment gérer.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une voiture arrive de loin, à toute berzingue, sa femme amour de sa vie va pour traverser sans se rendre compte du chauffard, toute préoccupée qu’elle est à humer l’odeur du diable de ses fleurs de malheur de ce connard de fils de pute qui la baise quand? où? dans quelle position? est ce que c’est mieux qu’avec lui?&lt;br /&gt;Tandis qu’elle avance, il se dit qu’elle a raison d’aimer les bégonias. Ceux-là vont parfaitement avec sont teint et c’est ce qu’il mettra sur sa tombe. Il sait pas pourquoi il se dit ça puisqu’il est hors de question qu’elle meure, puisque si elle meurt, il n’est plus rien, et en se disant ça, alors que la voiture fait crisser le pneu comme une dégénérée, son bras part pour la rattraper, agripper le bout de veste rouge et la ramener jusqu’à lui pour qu’elle ne se fasse pas... En partant, son bras, bizarrement, comme ça, soldat esclave d’une partie de son cerveau qu’il n’avait que trop mal écoutée jusque là, son bras la pousse, légèrement. Juste ce qu’il faut. Un chouia.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;object height="364" width="445"&gt;&lt;param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/HD6uk5ifzDI&amp;amp;hl=fr_FR&amp;amp;fs=1&amp;amp;rel=0&amp;amp;border=1"&gt;&lt;param name="allowFullScreen" value="true"&gt;&lt;param name="allowscriptaccess" value="always"&gt;&lt;embed src="http://www.youtube.com/v/HD6uk5ifzDI&amp;amp;hl=fr_FR&amp;amp;fs=1&amp;amp;rel=0&amp;amp;border=1" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" height="364" width="445"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant qu’il me raconte, je me sens vide. Vide de ce genre d’expérience. Je ne dis pas que j’en veux, je ne dis pas qu’il faudrait que je le vive pour comprendre mais, justement, n’ayant rien vécu d’approchant de ça, je suis juste vide. Son angoisse me remplit. Je suis son putain de réceptacle. Il est la falaise d’Etretat, je le savais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son bras la pousse, elle glisse, la voiture fait comme si elle essayait de l’éviter mais ne feinte pas la fuite, en revanche. Il s’en fiche; il est déjà en train de se demander s’il y a des témoins, si la plaque a été relevée, il est déjà en train d’espérer que le chauffeur était ivre autant que sa conduite pouvait le laisser entendre et qu’il n’aurait qu’un trou noir à la place de ce souvenir en guise de témoignage.&lt;br /&gt;Et c’est ça, c’est simplement ça qu’il ne se pardonne pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le geste de son bras, la jalousie, c’est de l’anatomie, il n’y pouvait rien. Mais, quand tout le monde se précipitait autour d’un corps tressaillant de derniers souffles, lui, il pensait à son alibi. Il était donc un criminel. C’est ce qu’il pensait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il a arrêté de parler. J’ai regardé l’heure. Non pas que je m’ennuyais, non, je sais pas... le corps encore une fois, qui décide pour la tête: j’avais besoin d’un rapport au concret et je l’avais: troisheuresvingt.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Je me lève dans 6 heures.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà ce que j’ai dit.&lt;br /&gt;Je voulais croire que tout ça, la routine, les horaires, le travail où, non, Manon, on n’arrive pas en retard 4 jours de suite, non, le métro, les cigarettes qui n’en finissent plus d’augmenter... ça prenait le dessus. Je voulais me convaincre que ce qu’il me disait n’était pas la seule chose importante, qui nous rendait tous impotents, dans nos transports publics et nos petites relations réchauffées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Je me lève dans 6 heures. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-...&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Et vous à quelle heure vous vous levez d’ailleurs le corps après ils en ont fait quoi vous l’avez accompagnée à l'hôpital ou alors vous vous êtes dit que c’était plus qu’un corps vous  vous êtes demandé si vous seriez encore amoureux un jour je sais pas vous avez eu envie de tout changer de tout recommencer vous l’avez touchée quand elle était encore chaude? Bref, je me lève dans 6 heures. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Je ne me lève plus jamais moi vous savez.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Vous avez été touché aussi? Vous êtes en fauteuil?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-J’aime votre enthousiasme à toute épreuve. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Vous êtes une falaise d’Etretat. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-J’aime vos métaphores. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Vous êtes en fauteuil roulant? pourquoi vous ne vous levez plus jamais?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Parce que je ne peux plus me coucher, je ne dors plus. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Ah. Ok.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Ne vous sentez pas bête. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Si vous me dîtes de ne pas me sentir bête c’est que trouvez qu’il y’ a matière à ce que je me sente bête. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Non.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Si.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Non.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Bref, de toute façon on ne parle pas de moi et je lève dans 6 heures mais comment vous êtes vous senti, vous l’avez touchée, est ce qu’elle a compris que vous l’aviez poussée, est ce que...&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-...Vous êtes loin d’être bête, vous êtes anatomique et vous comblez ça par une grande intelligence. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Ok, je me lève vraiment dans 5h57.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Je vous raconterai la suite demain, si vous voulez&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai utilisé le ton que j’avais entendu et admiré dans les polars des années 60, quand on demandait à une femme quelque chose d’incroyablement crucial pour l’intrigue, le scénario,  alors que depuis le début, tout ce qu’on voulait d’elle, c’est qu’elle ne rentre pas trop dans le cadre et que, quand c’était indispensable, alors qu’elle mette une jolie robe et qu’elle bosse son roulement de hanche, merci bien. En général, vérifiez si vous voulez, la dame, à ce moment précis, n’est pas apprêtée comme en 40. Elle sort du lit, ou peut-être qu’elle est fatiguée par les desiderata masculins qui grouillent sous ses jupons. Alors, elle dit, en sachant que le spectateur la comprend avec un simple geste, consciente de la conséquence que sa respiration salvatrice peut insuffler, perspicace sur l’impact de l’anatomie sur le cortex, elle dit:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;«Voyons ça demain, très cher, si vous voulez bien».&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;object height="398" width="480"&gt;&lt;param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/x1wpk&amp;amp;related=0"&gt;&lt;param name="allowFullScreen" value="true"&gt;&lt;param name="allowScriptAccess" value="always"&gt;&lt;embed src="http://www.dailymotion.com/swf/x1wpk&amp;amp;related=0" type="application/x-shockwave-flash" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always" height="398" width="480"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;a href="http://www.dailymotion.com/video/x1wpk_a-bout-de-souffle-1959_television"&gt;A bout de souffle 1959&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;envoyé par &lt;a href="http://www.dailymotion.com/lesamisdejob"&gt;lesamisdejob&lt;/a&gt;. - &lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Vous avez mon numéro, j'ai cru comprendre. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Vous répondrez?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-J’aurai peur que ce soit l’ado qui dit «enculade» au lieu de «sodomie» pour me choquer mais oui, je prendrai le risque. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Ca me fait plaisir, pour un écrivain. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Oh, on a dit qu’on arrêtait avec ça, s’il vous plaît. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-On pourra se tutoyer demain?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Je ne sais pas. On est aujourd’hui. Je ne fais pas de promesses que je ne suis pas sûre de tenir. C’est une règle que je me suis imposée dernièrement. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Vous êtes un phénomène. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Par exemple, ça, vous me l’auriez dit en me tutoyant, j’aurais trouvé ça nul.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Je vous vouvoie toujours si vous voulez. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Dites moi, vous n’avez pas prévu de tuer une autre femme hein? Non parce que, moi, perso, j’ai encore deux-trois choses à faire à faire, donc ...&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Deux trois romans par exemple?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Je ne sais pas. Deux trois trucs, quoi. Passer au pressing, faire mes ongles. Acheter des fleurs. ... Je peux faire cette blague?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-...&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Vous ne dites plus rien donc j’ai peur.  &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Peur de quoi?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-De vous avoir blessé. Ou que vous me blessiez, bientôt. Oui, bah pardon, mais j’ai le droit d’être sur mes gardes quand même. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Des blagues. A ce sujet. Au sujet des fleurs. Tout ça. C’est ça qu’il me faut! Comme vous dîtes, si on n’a pas d’humour, on ne peut être que terroriste. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Comment vous savez que j’ai dit ça?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-C’était plus haut, dans le texte. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Je raccroche, Etretat. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-A demain?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-Si je ne suis pas là, j’aimerais bien que vous parliez sur mon répondeur. Je déteste mon téléphone fixe, mais j’adore qu’on y laisse des messages. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Vous avez vraiment envie de connaître la suite, hein.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;-J’ai surtout envie de connaître votre fin. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chacun de nous est resté avec le bip bip lancinant de la communication interrompue alors qu’on était encore connectés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a des hommes, dans la vie réelle, qui tuent par amour, alors, faut croire.&lt;br /&gt;Et, on dirait bien qu’il y a des femmes qui aimeraient savoir ce qui dérape, quand le seuil de plénitude est atteint. Des femmes qui, peut-être, ne savent que trop bien que le bonheur n’est qu’une bande annonce.&lt;br /&gt;Nos films ont des longueurs, des crevasses, des travers, des silences et beaucoup, beaucoup, beaucoup de méandres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;-maispastrop-&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;l.a.s.u.i.t.e.d.e.m.a.i.n.o.u.l.e.j.o.u.r.d.a.p.r.e.s.d.e.m.a.i.n.&lt;br /&gt;c.e.s.t.a.d.i.r.e.p.l.u.s.t.a.r.d.c.e.s.t.b.i.e.n.p.o.u.r.l.e.s.u.s.p.e.n.s.e.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/202453825640709732-7522754548339697938?l=beaucoupbeaucoup.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://beaucoupbeaucoup.blogspot.com/feeds/7522754548339697938/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=202453825640709732&amp;postID=7522754548339697938' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/202453825640709732/posts/default/7522754548339697938'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/202453825640709732/posts/default/7522754548339697938'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://beaucoupbeaucoup.blogspot.com/2009/11/telephone.html' title='cet appel vous sera facturé 0,90 centimes d&apos;€ la minute et sachez que vous allez en cramez, des minutes.'/><author><name>ManonTroppo</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01434665557006111691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='12' src='http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/SVC1uIkOdWI/AAAAAAAAATg/IP0XCvOxM5M/S220/allegromanontroppo.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/SwMohXOM4WI/AAAAAAAAAXs/_Fpa7P9AHY4/s72-c/batterie.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-202453825640709732.post-1737331231997406768</id><published>2009-11-01T01:28:00.008+01:00</published><updated>2009-11-04T04:46:24.660+01:00</updated><title type='text'>Ou comment perdre de l'expérience de vie.</title><content type='html'>&lt;span style="color: rgb(255, 0, 0);"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Les gens vieillissent.&lt;/span&gt; C'est comme ça.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Le temps passe.&lt;br /&gt;L'eau, ça mouille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je les vois, ils s'inquiètent de leurs rides et ils se parent de bijoux en se promettant fidélité. Parfois, ils sont augmentés. Quelquefois, ils augmentent. &lt;a href="http://www.worldometers.info/"&gt;Et ils enfantent. Et ils consomment. Et ils meurent. Et on remet ça. Et partout, et tout le temps pour toujours.&lt;br /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Je me demande si la vieillesse rime toujours avec la sagesse. J’espère pas.&lt;br /&gt;Je les vois, ils prennent du bagage, de la culture et de l'assurance. Une autorité naturelle se dégage de propos qu'ils n'auraient jamais osé tenir quelques années plus tôt à cause de l'acné, par exemple. C’est discréditant, une apparence négligée, quand on veut dire des choses importantes.&lt;br /&gt;Ils reconnaissent maintenant les bons vins au premier coup d'oeil, et les bêtises aussi. Raison pour laquelle ils en font moins, j’imagine. Raison pour laquelle, ils arrêtent de boire aussi, c’est possible.&lt;br /&gt;L'expérience fait gagner de l’espérance de vie et un temps fou, on dirait.&lt;br /&gt;Et comme c'est précisément ce qui manque à mesure qu'il passe, j'imagine que c'est positif, le gain de temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je vieillis aussi, faut croire. Pourquoi échapperais-je à la règle? Je vieillis au milieu de connaissances qui ne sont plus au coeur de l'action, il leur arrive de plus en plus souvent de préférer un bon film à l'ouverture d'un bar, d’avouer parfois ne pas avoir compris l'engouement qu'un artiste aura provoqué, de camoufler l'essoufflement que 5 étages provoquent dans un corps qui, paraît-il, ne fait que décliner à partir de 30 ans pétants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis retombée sur une sorte de journal intime datant d'une époque où j'écrivais encore de manière lisible; l'école, mon quotidien d'alors, m'obligeant à un effort graphologique conséquent.&lt;br /&gt;Je ne sais plus trop ce que je racontais, des choses essentielles, bien entendu, comme la nouvelle venue dont on se demandait si elle avait déjà couché ou le bulletin de notes que j'avais caché ou encore le beau gosse du lycée qui avait choisi ma table, à la cantine, et qui m'avait invitée au cinéma. Et puis, je parlais d'une amie que je ne voyais plus et pour cause: l'assemblée mondiale des divinités avaient voté et jugé utile de la faire tomber dans le Rhône après en avoir bu les Côtes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A l'époque, je lui en avais voulu, à elle:&lt;br /&gt;quelle fieffée salope, franchement, se mettre la tête au vin et vouloir se baigner après, se noyer et m'abandonner, MOI, seule au monde et les yeux bouffis de tristesse. Salope. Pute. Va te faire foutre où que tu sois. Pourvu que ce soit en enfer. En plus, on adorait Victor Hugo toi et moi, on connaissait Demain dès l’aube par coeur. Tu voulais que ta fille s’appelle Léopoldine. Et ma prof de français me surnommait &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Oph%C3%A9lie"&gt;Ophélie&lt;/a&gt;, tu t'souviens? Connasse d'ironie. Connasse de toi. Et puis,ta Léopoldine, heureusement qu’elle a pas eu une mère aussi minable que toi. T’auras au moins réussi ça, grosse merde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et je leur en avais voulu, à eux:&lt;br /&gt;ça vous suffit pas de vous amuser avec des africains faméliques et des léopards qui finissent en manteaux, faut en plus que vous vous attaquiez à MOI et que vous poussiez mon amie d'amour à boire et à vouloir se baigner pour qu'elle se noie et qu'elle m'abandonne, MOI et ma tristesse et mes yeux qui vont exploser si ça continue? Connards. Enculés de cyniques. Brûlez pour toujours, et en enfer; et ne vous approchez pas de mon amie d'amour pour la foutre, vous méritez une castration et une lapidation et une humiliation et un écartèlement sur une roue et... et tout ce que vous avez inventé dans le genre pour qu’on vous déteste. Si je pouvais, je vous séquestrerai dans une pièce borne qui diffuserait du Cabrel en boucle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;object height="344" width="425"&gt;&lt;param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/_NMzepSePD4&amp;amp;hl=fr&amp;amp;fs=1&amp;amp;"&gt;&lt;param name="allowFullScreen" value="true"&gt;&lt;param name="allowscriptaccess" value="always"&gt;&lt;embed src="http://www.youtube.com/v/_NMzepSePD4&amp;amp;hl=fr&amp;amp;fs=1&amp;amp;" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" height="344" width="425"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je voulais que tout disparaisse, le monde entier, le Rhône et moi. J'ai passé quelques jours en compagnie d'une humeur pas franchement commode, j’avais trouvé l’amertume pour remplacer ma meilleure amie et, dans mes rêves, l’amertume revêtait une apparence humaine pour nous permettre de percer nos index et mélanger nos gouttes de sang en nous jurant de toujours haîr toute la terre et de lui en faire baver, jusqu’à la fin des temps.  Quand je ne rêvais pas, je noircissais les pages d'insultes plus imaginatives les unes que les autres. Les noms d'oiseau, c'est pour les enfants à côté du lot d'injures que je gravais là, bleu sur blanc, de cette écriture &lt;span style="font-family:courier new;"&gt;impersonnelle et régulière&lt;/span&gt;, dans un Clairefontaine décoré de tickets de places de cinéma et de mots d'esprit échangés en cours de bio. Logique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le cahier, à gauche, à l'aide d'un stick UHU, j'avais collé un papier où Joachim avait écrit  &lt;span style="font-style: italic;"&gt;"t'as vu les nouvelles Doc de Joséphine? C'est trop la honte!"&lt;/span&gt;. Ce à quoi j'avais répondu, me trouvant certainement indiscutablement comique : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;"Elle s'achète des Doc quand nous on n'en met plus, c'est ça l'esprit d'équipe, comme à l’usine, on se relaie !"&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;En dessous, un ticket de cinéma, délavé. Parce que, vraiment, ç'aurait été dommage d'oublier que j'avais vu "Ace Ventura".&lt;br /&gt;Et sur la page de droite, les insultes et, pour de vrai, l'encre qui a coulé à cause des larmes. Le ploc de la goutte a fait gonfler le papier et chialer les mots, eux aussi, y'a pas de raison.&lt;br /&gt;J’ai passé la main sur le relief que mes états d’âme avaient modelé sur les feuilles, c’était une sensation plutôt agréable. Ca m’a fait penser aux papiers peints gondolés qu’on trouve chez les personnes en fin de vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A la toute fin de cet épisode, j'avais arrêté les confessions et abandonné le confessionnal au fond d’un énième tiroir inutile.  Mais, quand je retombai dessus quelques mois plus tard, je rajoutai, avec une sagesse acquise en un temps record, donc, et d'une écriture nettement plus révélatrice de son auteure, c'est à dire illisible... j'avais rajouté:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je viens de me relire. C'est comme si c'était pas moi. Peut-être sommes nous vraiment plusieurs nous-même dans une vie qui se découpe dans des décors différents. Aujourd'hui, je me trouve abjecte d'avoir pu dire des choses pareilles. C'était la faute de personne, même pas Voltaire, surtout pas la sienne à elle. Et je réalise que j'ai pas mal roulé ma bosse sur la question en seulement (attends, je compte) 8 mois. Alors je me dis que si c'est ça, vieillir, si c'est vivre en comprenant tous les jours un peu mieux, alors et bien, vieillir, c'est cool, et je veux bien essayer. "&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Entendons nous bien: d'accord, j'avais un journal intime, d’accord je le tutoyais en lui disant "attends", d’accord je faisais déjà des jeux de mots limites, mais j'avais cependant saisi quelque chose, du fin fond de mon adolescence dorée à chaussures militaires, quelque chose que j’imaginais déterminant pour mon entrée dans le super monde des grands:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;                    &lt;span style="color: rgb(153, 153, 153);"&gt;Vieillir, c'est cool.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Cool comme un groupe de rock.&lt;br /&gt;Pouvoir être vieux et chanter comme un jeune étalé dans le caniveau, ouais, ça serait pas mal "cool" comme ils disent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.deezer.com/listen-1086308"&gt;http://www.deezer.com/listen-1086308&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais, alors qu'à l'époque il fallait qu'on éclaire mes lanternes constamment, parce que j'étais comme qui dirait esquintée de me cogner partout dans le noir, aujourd'hui, j'ai peur d'un jour avoir tout compris, trop compris, et qu’il fasse toujours jour d’une lumière aveuglément transparente et blanche comme les matins où il ne fait ni beau ni moche et qu’on ne sait pas quoi se mettre, sinon la couette, à nouveau, sur la tête.&lt;br /&gt;Peur donc, non pas de vieillir mais, voilà, d'être vraiment vieille pour de bon.&lt;br /&gt;Apprendre, d’accord, j’en suis. Mais si c’est pour m’assagir, là, je ne sais pas.&lt;br /&gt;Prendre de l’assurance, pareil, je prends. Mais ne plus douter de rien... j’hésite.&lt;br /&gt;Tout ça finit quand même noyé par des traitements contre l’arthrose et des verres à dentiers, on me fera pas croire qu’il y a quelqu’un que cette finalité excite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai l’impression, aujourd’hui, d’avoir l’âge parfait, qu’on fera jamais mieux.&lt;br /&gt;Parce que ma petite expérience m’a appris à me dépatouiller d’encombrements ridicules, je ne prends plus en considération un paquet de détails qui, accumulés, réussissaient auparavant à me gangrener. Par exemple, les filles qui critiquent ma manière de vivre, les adjectifs qu’elles m’accordent, les regards au laser qu’elles déposent de mes pieds à ma tête et dans le sens inverse et plusieurs fois tant qu’on y est. On peut dire que c’est le temps qui m’aura appris à en rire, peut-être même à m’en délecter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors que quand j’avais 15 ans,&lt;br /&gt;je faisais comme si rien ne me touchait, bien sûr, mais, le soir, moi aussi je me sondais, tout partout, essayant vainement de percer le mystère selon lequel certaines de celles que je considérais comme mes consœurs me jaugeaient avec autant de méchanceté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les garçons qui laissent leurs chaussettes à côté des croissants, je dois l’avouer, il y a de ça quelques années, ça avait le don de me mettre en rogne et, avec un peu de chance, d'éventuellement me gâcher ma journée. Avant même d’avoir bu une gorgée de café, ça fait un peu dur à supporter, vous ne me contredirez pas.&lt;br /&gt;Je m’évertuais à expliquer que: non, quand on est un être humain, à une époque où les machines à laver existent, surtout si on prend la peine d’aller acheter des viennoiseries pour notre chère et tendre ce qui prouve qu’on n’est pas le dernier des rustres, non, on ne peut décemment pas mélanger les torchons et les serviettes sans s’attendre à un retour de manivelle. Je montrais le panier à linge sale en demandant à quoi il était censé servir, alors hein, un peu comme une mauvaise instit’ frustrée. Il prenait l’air du cancre qui comprend à moitié et méprise encore plus.&lt;br /&gt;J’expliquais et tout en expliquant, je comprenais le sens de l’expression «pisser dans un violon» et le fait que moi-même, finalement, je m'en foutais pas mal.&lt;br /&gt;Aujourd’hui, un garçon qui laisserait son linge sale à côté d’un croissant pur beurre qui sort du four, je le renverrais chez sa môman, tout simplement.&lt;br /&gt;Ou alors, si je l’aimais vraiment fort fort fort, je me débrouillerais pour trouver un violon et y pisser dedans, devant lui. Histoire qu’on en rigole.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parce que j’ai cet âge parfait où l’humour et la légèreté ont le dessus sur «tout», puisque «tout» le reste volette péniblement au ras des pâquerettes OGM.&lt;br /&gt;C’est pour ça que je suis jeune, aujourd’hui, là tout de suite, pour toujours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je veux bien apprendre encore, savoir, découvrir. Je ne veux que ça, évidemment, il n’est pas question que je m’enferme dans un endroit où le monde ne rentrerait pas et où j’essaierais d’interdire au temps d’avoir une prise terre sur mon nuage.&lt;br /&gt;Mais j’aimerais juste qu’on me propose un bout de papier, un contrat où je pourrais signer pour être sure que jamais tout ce que j’aurais stocké dedans moi ne m’empêchera de rire de tout. Ou d’ être triste pour un rien.&lt;br /&gt;Je veux que toujours ce soit comme ça.&lt;br /&gt;Je veux que jamais le journal télévisé ne me fasse plus aucun effet. Se blaser, c’est mourir un peu. Je veux que jamais je casse de la vaisselle anglaise pour un problème de ménage pas fait. Se tromper de colère, c’est s’enterrer avant l’heure.&lt;br /&gt;Je veux pas qu’ils gagnent, les délavés, les flous, les fades. Je veux pas d’une vie micro ondes, voilà; les extrêmes ça me fait pas peur, au contraire, ce qui me terrorise c’est le calme sournois du juste milieu très comme il faut au sein duquel, sans qu’on s’en rende compte &lt;span style="font-size:85%;"&gt;-parce qu’ils ont bossé des années sur le concept-&lt;/span&gt; les murs se resserrent et finissent par nous étouffer alors qu’on savait même plus si on respirait encore de toute façon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut pas que j’oublie: un jour je serai vieille et on ne m’arrêtera plus dans la rue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;--Mademoiselle?&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;J’enlève mes écouteurs. (enfin, par méfiance civilisée, je n’en enlève en fait qu’un)&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;-Oui?&lt;br /&gt;-C’est pour un renseignement...&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;J’enlève l’autre écouteur tout en me disant qu’on va encore trouver le moyen de me demander la direction d’une rue que je ne connais pas dans un quartier où j’habite depuis 5 ans.&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;-Oui?&lt;br /&gt;-La rue de la plus belle femme du monde, c’est ici non?&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;Je ris, je ris d’un rire que la plus belle femme du monde n’aurait jamais validé, elle l’aurait jugé trop enfantin, trop spontané, bruyant, jeune en somme. Et la plus belle femme du monde n’est pas jeune, pas vieille non plus, elle n’a pas d’âge, elle est née à 33 ans et mourra à 33 ans en ayant épuisé des siècles de virilité entre temps. Et je remets mes deux écouteurs avec juste le temps de l’entendre me dire&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt; «bah quoi, c’est un beau compliment non?», &lt;/span&gt;&lt;span&gt;ce à quoi je réponds de dos, tout en marchant, d’un signe du pouce. Vers le haut, le pouce.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un jour je serai vieille et on ne m’arrêtera plus dans la rue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un jour, je passerai dans une rue pour aller m’acheter mes prolongements de vie, et fatiguée par trois petits pas dans des chaussures à semelles orthopédiques, je m'assiérai sur un banc. Si on a daigné en laisser quelques uns d’ici là. Reprenant mon souffle sans même plus m'inquiéter du vacarme que mon organe vital jouera, je verrai arriver à ma gauche un jeune homme plutôt appétissant, je me dirai certainement que je suis ridicule de regarder encore les jeunes hommes qui donnent faim alors que je n’ai plus de dents. Et à ma droite, je verrai apparaître une jeune fille poivrée du genre qui plaît aux jeunes hommes en sauce. Ils se croiseront devant moi et là, le Lui, il dira à la Elle un truc que je ne comprendrai qu’à moitié, parce qu’à mon époque, on se parlait pas comme ça, les expressions m’échapperont, mais pas le ton. En substance, je comprendrai qu’il lui demande si la rue de la plus belle femme du monde est bien celle ci. Ca me fera d’un côté un pincement à l’oreillette gauche de mon coeur et de l’autre un frisson de plaisir, c’est à dire dans celle de droite, si vous suivez. Je me sentirai et tutrice et complice et témoin et pucelle de l’instant. Et puis, en partant, la jeune fille remettra son sac sur son épaule d’un geste un peu brusque et sans s’en rendre compte, me bousculera, au niveau du visage, avec la lanière d’un cuir à la mode. Enfin, elle, elle aura cru acheter un cuir mais on me la fera pas, mon grand âge me permettra de démasquer une assez bonne imitation. Au visage hein, le coup de sac, ce qui est assez humiliant. Tout le monde sera parti, personne pour me faire de compliments, ça j’aurais compris, mais même pas quelqu’un pour venir me demander si ça va, si c’est pas trop horrible de passer du côté de la vie où plus rien ne se passe, où on devient transparent et où, finalement, on passe notre temps à attendre que ça finisse.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant, si quelqu’un venait me demander tout ça, j’espère, j’espère incroyablement fort que je répondrai que si. Oui, c’est dur de ne plus être dans la vie quand on est encore vivant, d’après ce que dit le médecin. Que, bien sur, c’est l’enfer d’assister à deux beaux corps qui s’interpellent le temps de se rendre à deux métiers qui présagent d’un avenir alors que nous, on travaille plus, et que notre avenir, il a plus de futur comme auraient les punks de notre génération. Qu’évidemment, on sait que ce genre de saynète ne nous comptera plus parmi ses personnages principaux et seulement  parce qu’il suffit de baisser les yeux vers nos mains pour voir que toute notre peau baisse la garde, qu’on tombe, qu’on pend et que, de toute façon, si quelqu’un venait à nous aimer bibliquement, on n’aurait même pas le souffle pour assouvir une demande pareille.&lt;br /&gt;Que, pour de vrai, devenir spectateur d’un décor où on était vedette, c’est pas le paradis.&lt;br /&gt;Mais, ce qu’il faudrait dire, plus que tout ça, c’est que, ça nous rend triste. Et heureuse. Triste et heureuse, pour les mêmes raisons. Des raisons semblables qui font seulement appel à des pans différents de notre mémoire et trouvent toujours la même sensibilité dans la corde qu’on croyait cassée. Le bordel quoi, mais justement: &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;tant mieux&lt;/span&gt;. Le bordel c’est à dire pas la vieillesse qui pourrait simplement ne pas voir des gens s’interpeller dans la rue, laisser le JT défiler sans que la gorge ne se serre à l’image de fosses communes qui manifestement veulent continuer d’exister, ne pas vous répondre jeune homme, pour vous dire que, à une époque, je me disais que si vieillir c’était arrêter de ressentir, alors je ne voulais pas.&lt;br /&gt;Aujourd’hui je ressens, -j’ai que ça à foutre vous me direz- je ressens et je suis triste, triste à en crever parce que plus jamais on ne m’arrêtera dans la rue et que je le savais déjà quand j’avais l’âge parfait. J’ai des sensations, je les partage avec vous. Je peux être, disons... connectée avec un jeune.Je peux être, disons... connectée avec un jeune pour ce genre de raison. Et même si ça se trouve, ce jeune aurait tout donné pour me rencontrer jeune.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;object height="344" width="425"&gt;&lt;param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/dKwnE_jR8l8&amp;amp;hl=fr&amp;amp;fs=1&amp;amp;"&gt;&lt;param name="allowFullScreen" value="true"&gt;&lt;param name="allowscriptaccess" value="always"&gt;&lt;embed src="http://www.youtube.com/v/dKwnE_jR8l8&amp;amp;hl=fr&amp;amp;fs=1&amp;amp;" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" height="344" width="425"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Et comment ! ... C’est quoi l’âge parfait?&lt;br /&gt;-27 ans.&lt;br /&gt;-J’ai 26 ans.&lt;br /&gt;-Pour moi c’était l’âge parfait mais ça peut être quand on veut. Quand on peut surtout.&lt;br /&gt;-Ca pourrait être 26 ans?&lt;br /&gt;-Si vous vous arrêtez pour me parler et qu’après que je vous ai dit ce que je pensais vous vous sentez rempli de toute la terre et à la fois très seul, vous serez au poil.&lt;br /&gt;-Ah ouais, vous dîtes «au poil» quand même.&lt;br /&gt;-Je t’emmerde, je dis ce que je veux, je suis vieille, tu me dois le respect.&lt;br /&gt;-Je vous respecte. Continuez, je vous ai coupée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je chercherais, ma tête suivrait plus trop. Je retrouverais quand même parce que c’est important, j’aurais peut-être pas une autre occasion de le dire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Vous disiez que vous saviez à l’âge parfait qu’on ne vous arrêterait plus dans la rue...&lt;br /&gt;-...Oui, je sais ce que je disais quand même! Et que donc, je savais que ce serait triste mais ce dont j’avais peur, c’est précisément de ne pas l’être, triste. De ne plus ressentir. De laisser les choses vivre devant moi, de ne pas être concernée. J’ai été triste, là, et heureuse à la fois, c’est à dire que j’ai été vivante vous trouvez pas? Ne rien ressentir et m’être simplement dit «zut, si j’ai un bleu avec le coup de sac que cette j.e.u.n.e. m’a donné, je suis pas sure que la pharmacie aura de la pommade en stock». Ca ç’aurait été être déjà morte. Vous trouvez pas?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Pourquoi vous me vouvoyez?&lt;br /&gt;-Parce que vous êtes le chef.&lt;br /&gt;-...Le chef?&lt;br /&gt;-... Permettez moi de sourire. Je découvre qu’être vieille c’est aussi faire des blagues à retardement. Quelque chose que vous comprendrez plus tard, sur ce banc peut-être. Et ...&lt;br /&gt;-Et je penserai à vous!&lt;br /&gt;-Et vous penserez à moi.&lt;br /&gt;-Et je vous appellerai pour vous dire «&lt;span style="font-style: italic;"&gt;ça y est j’ai compris le clin d’oeil&lt;/span&gt;»&lt;br /&gt;-Vous ne pourrez pas parce que je serai morte et incinérée depuis un bail mais penser à moi me maintiendra vivante et le petit vieux que vous serez ressentira un peu de sa jeunesse, à ce moment là.&lt;br /&gt;-C’est génial.&lt;br /&gt;-Je n’irai pas jusque là.&lt;br /&gt;-Vous iriez jusqu'où?&lt;br /&gt;-Jusqu'au bout, comme d'habitude.&lt;br /&gt;-Ben alors?&lt;br /&gt;-Jusqu'au bout oui, mais pas jusqu'au mensonge. Pas jusqu'à vous dire "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;oui, c'est vrai c'est génial&lt;/span&gt;".&lt;br /&gt;-D’ailleurs où alliez vous, là?&lt;br /&gt;-Au bout, comme d'habitude.&lt;br /&gt;-Non mais sérieusement.&lt;br /&gt;-Ah, on parle sérieusement? Rholala,c'est assommant. Bon, alors et bien, je rentrais. Ou peut-être que j’allais à la pharmacie, tiens. Je ne sais plus.&lt;br /&gt;-Je vous raccompagne si vous voulez. Vous n’avez pas peur que je vous vole votre sac à main?&lt;br /&gt;-Je n’ai jamais peur, c’est un peu mon problème.&lt;br /&gt;-Ok, je vous raccompagne, c’est où?&lt;br /&gt;-Je ne sais pas.&lt;br /&gt;-Non mais, chez vous, c’est où?&lt;br /&gt;-Je ne sais plus.&lt;br /&gt;-...&lt;br /&gt;-...&lt;br /&gt;-...Ok, allons à la pharmacie alors.&lt;br /&gt;-Vous voyez, vous êtes triste pour moi. Et moi aussi. On est vivants.&lt;br /&gt;-C’est déjà ça...&lt;br /&gt;-C’est tout ce qu’on demande surtout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;-maispastrop-&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/202453825640709732-1737331231997406768?l=beaucoupbeaucoup.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://beaucoupbeaucoup.blogspot.com/feeds/1737331231997406768/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=202453825640709732&amp;postID=1737331231997406768' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/202453825640709732/posts/default/1737331231997406768'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/202453825640709732/posts/default/1737331231997406768'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://beaucoupbeaucoup.blogspot.com/2009/11/ou-comment-perdre-de-lexperience-de-vie.html' title='Ou comment perdre de l&apos;expérience de vie.'/><author><name>ManonTroppo</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01434665557006111691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='12' src='http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/SVC1uIkOdWI/AAAAAAAAATg/IP0XCvOxM5M/S220/allegromanontroppo.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-202453825640709732.post-4288326811426812298</id><published>2009-10-14T00:13:00.012+02:00</published><updated>2009-10-14T16:19:33.695+02:00</updated><title type='text'>J'arrive toujours en retardement aux rendez vous.</title><content type='html'>&lt;span style="color: rgb(204, 0, 0);font-size:180%;" &gt;L'assiduité,&lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(204, 0, 0);"&gt; c'est pas mon fort.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;La régularité, non plus.&lt;br /&gt;Ces mots là, j'aimerais les mixer avec une vodka coca, histoire de voir s'ils font toujours autant les malins.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;object height="344" width="425"&gt;&lt;param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/QhYzO-MSVi8&amp;amp;hl=fr&amp;amp;fs=1&amp;amp;"&gt;&lt;param name="allowFullScreen" value="true"&gt;&lt;param name="allowscriptaccess" value="always"&gt;&lt;embed src="http://www.youtube.com/v/QhYzO-MSVi8&amp;amp;hl=fr&amp;amp;fs=1&amp;amp;" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" height="344" width="425"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout ce qui pourrait se répéter à heures fixes les mêmes jours de la semaine et tous les mois, à côté de gens qui évoluent au même rythme de fuseau et d'agenda, de manière générale, ça m'effraie; parce que la cadence invariable des vagues quand elle se calque à celle de la vie, n'a pour moi plus rien de naturel et rapproche de la mort plus que de l'existence.&lt;br /&gt;Mener cette vie, ce serait... J'aurais l'impression de faire de l'apnée avec des œillères et un début de surdité, le tout en boitant, tout ça pour me rendre à la guillotine. Une vraie partie de plaisir, en somme.&lt;br /&gt;Personne n'a envie de ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'après moi, l'existence ne naît au monde que dans le désordre, désordre dans lequel elle se démène tant bien que mal et qui l'embarrasse parfois, soit, mais au milieu duquel elle trouve, au détour de bordels et d'imbroglios, des chemins que les lignes irrémédiablement droites évitent.&lt;br /&gt;La fameuse histoire de l'école et des buissons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ranger tout ça, ça reviendrait à foutre le souk dans le désordre qui me sert de repère; où que ce soit, tout est à sa place puisque rien n'en n'a vraiment, de place. C'est comme ça que je m'y retrouve.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ca ne signifie pas que je vis dans un capharnaüm infecté, je n'héberge aucune sorte de souris ou de cafard à la maison, je parle, en fait &lt;span style="font-size:85%;"&gt;-puisqu'il faut vous mâcher tout le boulot-&lt;/span&gt; davantage de l'intérieur de ma tête que de l'arrangement de ma chambre.&lt;br /&gt;Bien sûr, chez moi, c'est pas vraiment un catalogue de vente de meubles, où la table qui est censée avoir supporté des beuveries resplendit de mille feux, où l'armoire des épices semble sortir de son carton et où, d'ailleurs, les épices viennent d'être mises dans leurs bocaux. Alignés, les bocaux. Parfaitement parallèles au poster Dubo-Dubon-Dubonnet où aucune éclaboussure d'huile n'a trouvé résidence et devant lequel Martineàlacuisine pose après son détartrage et sa mise en pli.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien sûr, chez moi, ça ressemble à moi. Et, oui, je retrouve parfois mes clés dans frigo et il m'arrive de littéralement mettre tous mes vêtements sur mon lit pour retrouver LE haut qu'il faut absolument que je porte aujourd'hui. Haut que j'ai oublié au pressing, d'ailleurs. Vous serez bien gentils de me le rappeler.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien sûr que c'est comme ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma mère me disait &lt;span style="font-size:85%;"&gt;- les mères disent toujours des grandes phrases, les maternités distribuent un guide pour ça? - &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Si tu veux mettre de l'ordre dans ta tête, commence par ranger ton environnement.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Avait-elle raison?&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Tu ne peux pas faire le vide dedans si c'est un foutoir pareil dehors.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Avait-elle tort?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Peut-être n'ai je pas envie, pas &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;vraiment&lt;/span&gt; envie, que chaque chose soit à sa place et que je sache où est la mienne. Je suis convaincue que c'est en ne sachant pas où je vais aller que je suis assurée d'y arriver. Et puis, je n'ai pas pour autant l'impression de prendre des gros risques, et j’enfreins aucune loi, on va pas m’enfermer pour ça, je m’accorde juste un peu de suspense et d’imprévu, et, en effet, ça demande du temps. Vous savez, ce truc farfelu dont tout le monde manque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;object height="344" width="425"&gt;&lt;param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/8dRy2yVrgb8&amp;amp;hl=fr&amp;amp;fs=1&amp;amp;"&gt;&lt;param name="allowFullScreen" value="true"&gt;&lt;param name="allowscriptaccess" value="always"&gt;&lt;embed src="http://www.youtube.com/v/8dRy2yVrgb8&amp;amp;hl=fr&amp;amp;fs=1&amp;amp;" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" height="344" width="425"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je m’accorde tout ça parce qu’en fin de compte, on n’est jamais aussi bien servi que par soi &lt;span style="font-style: italic;"&gt;m’aime&lt;/span&gt; et que j’estime mériter cette fantaisie. Tout en la jugeant éminemment saine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On nous a fait croire que les horaires et les bouquins rangés en ordre alphabétique nous aideraient. La magnifique arnaque.&lt;br /&gt;Sont arrivés les pointeuses et les licenciements pour retards répétés. Se sont vendues par milliers des armoires compartimentées, coupées dans le bois dont on manque.&lt;br /&gt;Ca n’est pas par goût que les gens rangent.&lt;br /&gt;C’est par ennui: &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Chais pas quoi faire... tiens, si je classais les vinyles par date d'achat grâce aux factures rangées dans le 4° tiroir? Quand j'aurai fini peut-être que je serai assez fatiguée pour enfin dormir.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;C’est par peur: &lt;span style="font-style: italic;"&gt;le désordre me rappelle l’infinitésimale chance que j’ai d’éviter la mort, l'ordre m'apaise et ressemble à l'image que je me fais du paradis. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Par névrose: &lt;span style="font-style: italic;"&gt;je veux que mes hôtes comprennent que je suis quelqu’un, quelqu’un de bien, on peut pas se payer ma tête. Faut qu’on m’admire. Je gère. Et j'essaie de me convaincre moi-même, ok?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Ou par psychose aussi: &lt;span style="font-style: italic;"&gt;si le livre côtoie la lampe qui jouxte le tableau, où va le monde? tout est permis, je m’y retrouve plus, y'a plus de saison. Je veux pas de frivolité, je suis pas fantaisiste, non, je veux être austère-austère-austère, je veux d’ailleurs décider moi-même de l’être pour ne pas avoir à l'apprendre de quelqu'un d'autre.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien sur, deux fois par an, j’éprouve un malin plaisir à accoupler les pulls en laine et ceux en cachemire; aligner les livres de poche sous l’étage de ceux qui ne tiennent qu’allongés et que j’ordonne par taille et par épaisseur, par couleur pourquoi pas; trier les bons magazines des mauvais. Jeter, c’est mon hobbie. Mais, garder, et laisser vivre, c’est ma passion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est ce que j’aime voir chez les autres, les zones d’ombre où ils n’ont pas fait le ménage depuis plusieurs printemps, et peut-être même les encourager à ne jamais y toucher, pour qu’ils gardent intact un coin qu’on croit réservé aux vieilleries ou aux peluches qu’on n’ose pas bazarder. On ne connaît jamais aussi bien quelqu'un que quand on a visité son grenier. C’est peut-être à cet endroit là qu’ils me séduisent le plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/StXUJkHatJI/AAAAAAAAAXU/mN_inO4E2GI/s1600-h/grenier.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 320px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/StXUJkHatJI/AAAAAAAAAXU/mN_inO4E2GI/s400/grenier.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5392449389624734866" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’autre jour, je repensais &lt;span style="font-size:85%;"&gt;- oui parce que j’y avais déjà pensé avant et pas qu’une fois -&lt;/span&gt; à ces filles que j’ai entendues me dire, au sujet de leur amoureuxchéridamourtoujours: &lt;span style="font-style: italic;"&gt;«J’aime pas quand il m’écoute pas, tout à coup il rêvasse, il est ailleurs et moi, tout ce que j’ai dit, bah il a rien entendu et faut que je répète, ça m'énerve mais ça m'énerve.»&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/StXWcjhKdCI/AAAAAAAAAXc/OEA9VpC8vhg/s1600-h/listening_to_seashell_op_744x1059.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 281px; height: 400px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/StXWcjhKdCI/AAAAAAAAAXc/OEA9VpC8vhg/s400/listening_to_seashell_op_744x1059.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5392451914905056290" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai pas mis le ton, j’ai fait ça simple, mais généralement, c’est teinté d’aigreur, de vraie aigreur, de rancune et de peine.&lt;br /&gt;Je repense à ça. Bon. Je comprends pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Précisément, ce que je préfère chez ceux que j’aime, c’est leurs moments d’absence. J’aime qu’ils soient là, attentifs, qu’ils rebondissent, rient, me fassent rire ou je ne sais quoi, et, ainsi, nous sommes deux.&lt;br /&gt;Mais, après le flou dégagé par l’attitude du cancre rêveur qui appelle un «&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Tu m’écoutes?&lt;/span&gt;» et en réponse le «&lt;span style="font-style: italic;"&gt;... Hein? Quoi? Attends je ... Répète?&lt;/span&gt; » , là, nous aurons été seuls ensemble, seuls à deux. &lt;a href="http://www.crowded.fr/2008/12/11/chier-en-amoureux/"&gt;L’intimité extrême, presque obscène&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;J’ai vu cette personne partir de notre décor pour rentrer dans sa tête et penser à des choses qui bien souvent sont pétrifiantes de banalité, mais justement, j’ai été avec cette personne quand elle lâchait prise et laissait un détail la ramener à ... &lt;span style="font-style: italic;"&gt;cette chanson pas entendue depuis longtemps,&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;et pourquoi d’ailleurs, tiens mais qu’est ce qu’il est devenu ce chanteur, est ce que j’ai un disque de lui, faudrait que je vérifie...&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«&lt;span style="font-style: italic;"&gt;... Hein? Quoi? Attends je ... Répète?&lt;/span&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/StXWyfvvWbI/AAAAAAAAAXk/GLHLT69xJyw/s1600-h/hugh-kretschmer-listening-to-yourself.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 318px; height: 400px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/StXWyfvvWbI/AAAAAAAAAXk/GLHLT69xJyw/s400/hugh-kretschmer-listening-to-yourself.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5392452291849574834" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien entendu, je dis ça parce que leurs éclairs d’égarements sont plus rares que leurs cycles d’attention et que cette rareté leur confère une valeur particulière. Peut-être que si leurs moments d’absence se faisaient plus récurrents que leurs moments d’écoute.... Peut-être que je ne les fréquenterais plus, tout simplement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'aime quand ma chambre me réserve la surprise de tomber sur une boîte de bijoux achetés entre 95 et 96 alors que je cherchais un livre que je dois rendre. J’aime tout autant quand un jeune homme me réveille en me proposant un thé et que, après quelques quarts d'heure, estimant que le thé devrait être planté, cueilli et infusé depuis un bail, je m'inquiète de trouver la tasse où le breuvage m'attend pour tomber sur le prometteur en pleine réflexion métaphysique devant une fissure du plafond qu'il n'avait encore jamais remarquée et dont il se demande d'où elle vient et comment la réparer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon thé peut bien attendre, évidemment. Le type est là et ailleurs, tout à moi et pourtant inaccessible.&lt;br /&gt;Il est juste là pour être bu, ce Earl Grey.&lt;br /&gt;Vous n'êtes manifestement pas destinés à être seulement consommés, mais bien davantage à être observés. Et, en conséquence, aimés. En bazar et en pagaille. Dans tous les sens. Aucun thé du monde ne peut rivaliser avec ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon grand labyrinthe, ok, souvent, je m’y égare, et régulièrement, il en pousse certains à me perdre aussi, mais à la fin, à la toute fin, ça aura l’air goupillé comme sur du papier millimétré, vous verrez; ça prendra sens et forme, ce sera aveuglant d’évidence. Ca fait ça avec toutes les vies, on me l’a juré depuis plein de lits de mort. De loin, les écarts et les accidents s’alignent avec le reste parce qu’avec le recul on admet que tout n’est qu’un grand accident, une suite d’ incartades.&lt;br /&gt;La vieillesse, ça arrondit les angles, et comme, je compte évidemment finir ronde, les angles seront devenus autant de cachettes où j’aurai semé des farces &amp;amp; attrapes  et où les revirements à 90° degrés serviront de passe-murailles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En plus, les biopics, c’est réalisé par des gens qui nettoient leurs maisons avant que la femme de ménage n’arrive. Ce sera nickel chrome. Tout va bien se passer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;-maispastrop-&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/202453825640709732-4288326811426812298?l=beaucoupbeaucoup.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://beaucoupbeaucoup.blogspot.com/feeds/4288326811426812298/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=202453825640709732&amp;postID=4288326811426812298' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/202453825640709732/posts/default/4288326811426812298'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/202453825640709732/posts/default/4288326811426812298'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://beaucoupbeaucoup.blogspot.com/2009/10/jarrive-toujours-en-retardement-aux.html' title='J&apos;arrive toujours en retardement aux rendez vous.'/><author><name>ManonTroppo</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01434665557006111691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='12' src='http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/SVC1uIkOdWI/AAAAAAAAATg/IP0XCvOxM5M/S220/allegromanontroppo.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/StXUJkHatJI/AAAAAAAAAXU/mN_inO4E2GI/s72-c/grenier.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-202453825640709732.post-7841422878118918614</id><published>2009-08-03T00:03:00.022+02:00</published><updated>2009-09-08T15:42:33.390+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='cowboy'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='solitude'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='chatte'/><title type='text'>St Jacques De compost</title><content type='html'>&lt;span style="color: rgb(204, 0, 0);font-size:180%;" &gt;Depuis ma fenêtre, &lt;/span&gt;quand m’arrive le bruit d’un scooter qui passe, la nuit, je suis toute transpirante d’angoisse, d’une angoisse qui n’a pas vraiment de nom, quelque chose que moi même je ne saurais nommer, catégoriser.&lt;br /&gt;C’est certainement du au fait que ce bruit représente pour moi ce qui incarne le mieux la solitude. La solitude de celui sur son deux roues qui rentre ni tôt ni tard après une soirée ni faite ni à faire, et celle de celui à qui parvient le bruit de cette vie tiède.&lt;br /&gt;C’est pas la solitude comme je l’aime, c’est la solitude méchante, qui s’infiltre tout partout et attaque et isole ceux qui ont déjà perdu pied.&lt;br /&gt;Je n'entends pas souvent ce bruit alors qu'il se produit peut-être 20 fois dans une soirée. C'est pour ça que, quand je l'entends, je.&lt;br /&gt;Je ne sais plus, j'ai l'impression qu'elle m'a laissée tomber. Je me penche sur mon balcon pour voir le type se garer, j'attends qu'elle arrive et qu'on parle ensemble de ça, mais, et elle le sait, si j'ai accordé de l'importance à ce bruit, s'il m'a interpellée, c'est qu'elle n'est pas là, c'est qu'on n'en parlera pas ensemble. Elle, elle dirait "condition siné qua non" et par "A+B" sur un ton un peu péremptoire, pour me faire gamberger. Ouais, elle a du tempérament.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;object height="344" width="425"&gt;&lt;param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/A-d6GFW3KmU&amp;amp;hl=fr&amp;amp;fs=1&amp;amp;"&gt;&lt;param name="allowFullScreen" value="true"&gt;&lt;param name="allowscriptaccess" value="always"&gt;&lt;embed src="http://www.youtube.com/v/A-d6GFW3KmU&amp;amp;hl=fr&amp;amp;fs=1&amp;amp;" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" height="344" width="425"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;reviens&lt;br /&gt;devant&lt;br /&gt;maporte&lt;br /&gt;moijetetrouvepas&lt;br /&gt;malpeignée&lt;br /&gt;tulesaistoiqueyapasdamoursmortes&lt;br /&gt;ninonplusdamoursvivantes&lt;br /&gt;taspaslegoutdumalheurdutout&lt;br /&gt;ilsontriencompris&lt;br /&gt;cestpastoilagarcecestnous&lt;br /&gt;moiaussijailesyeuxcernes&lt;br /&gt;tespaslemiroirdeceuxquiontbesoindetreaiméspourvivre&lt;br /&gt;puisquetuvistoietquetuaimesmêmeceuxquineveulentpasdetoi&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;accrochetoiàmeshanchesauprintemps&lt;br /&gt;pourquonrouledesmecaniquesensemble&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;silteplaitreviensdevantmaporte&lt;br /&gt;faismoidesnuitsblanchessoismonplusbeaucollieretmonombre&lt;br /&gt;cestmoiquimecoucheàtesgenoux&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;silteplaitreviensdevantmaporte&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;etmemededansmatête&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n’y a qu’un seul nom commun pour parler de ça et pour l’illustrer, pourtant, deux adjectifs que, en vérité, tout oppose.&lt;br /&gt;Il y a les gens «seuls», et il y a les «solitaires».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/SqY3ju0JrjI/AAAAAAAAAW0/SES5Olbp8RU/s1600-h/clochard.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer; width: 337px; height: 249px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/SqY3ju0JrjI/AAAAAAAAAW0/SES5Olbp8RU/s400/clochard.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5379047891942354482" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/SqY4CbfBQJI/AAAAAAAAAXE/DTKBTLRyN-k/s1600-h/cowboy-t7764.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer; width: 337px; height: 288px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/SqY4CbfBQJI/AAAAAAAAAXE/DTKBTLRyN-k/s400/cowboy-t7764.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5379048419329392786" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les premiers qui ont tout à envier aux seconds qui, eux mêmes, éprouvent une sorte de compassion méprisante pour les autres, et les jugent, évidemment.&lt;br /&gt;Maîtres de leur isolement, et avant tout, heureux de cet isolement, ils n’admettent pas que certains semblables en soient les victimes. Ils voient en ces victimes une bêtise naturelle, un manque de curiosité et un affront fait à la Solitude, qu’ils estiment comme l'éternelle maîtresse à séduire, l'insaisissable amoureuse qui leur apprend tant. Qui leur apprend le temps, aussi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai moi-même du mal à comprendre ceux qui veulent à tout prix être entourés, accompagnés, et qui fuient ce que je n’aurais pas peur de considérer comme la clé. De quoi? De tout, au moins.&lt;br /&gt;Je vois des gens s’étonner du plaisir que je prends à rester chez moi, dans une semi-obscurité éblouissante, pour... rêvasser diront certains, ou simplement être là, consciente de mon corps, de moi, moi dans mon corps et tout ce bordel dans cet appartement, cet appartement dans cette ville, cette ville dans ce pays, cette réalité ô combien concrète qu’un plan large balaye et réduit à la taille d’une mouche au milieu d’autres mouches. Etre là, consciente de tous ces insectes, fourmillants de pensées, allongés dans leurs lit, qui rêvent à la même chose, motivés par la même envie de vivre en grand parce qu’en lien avec tout le monde et ne devant rien à personne. Parce que je ne suis jamais aussi entourée que quand je suis seule, et que je touche à quelque chose qui me dépasse, j’ai souvent peur de réduire mes murs à ceux de mes bars et mes amours à celles de mes fréquentations.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est probable que tout cela ne soit compris finalement que par ceux qui partagent déjà mon avis, ce qui est un peu triste, si on y pense. Alors, et bien, n'y pensons pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ca me manque.&lt;br /&gt;Ma solitude me manque.&lt;br /&gt;La télé me parle à moi, carrément, tranquilou, elle me tutoie même parfois parce qu'elle croit savoir ce qu'il me faut comme shampoing. Je l'allume et je coupe le son en même temps que le portable. J'imagine ce que tout le monde dit, eux dans le poste, toi sur mon répondeur. Et, systématiquement, y'a un geste qui s'empare de moi: une main qui cache une oreille et une autre qui cache un oeil, alors que j'ai coupé le son et que je ne vois que moi. Mon geste a manifestement décidé qu'il fallait que je me con-centre davantage. Pas "con" centre comme si j'étais débile, je suis brillante, mais con "centre" comme s'il fallait que je me ramène à une sorte de noyau et d'essence, ouais, rien que ça. C'est pas moi, c'est mes gestes.&lt;span style="font-style: italic;"&gt;( Adressez leur votre courrier des lecteurs, si ça vous chante)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Peut-être ai-je tort mais je l’associe à mon équilibre, à l’essence même de ce que je suis et, pour cette raison, la délaisser me nuit. La nuit, je me lasse d’en être éloignée. Je me perds. On peut pas se passer de son ombre, de sa main droite, d’un complice. Si je la perds, tout fout le camp. Tout. Y'a plus de saison ma bonne dame.&lt;br /&gt;Parfois, de nouvelles rencontres associées à un printemps propice aux rendez vous en terrasse me font remplir mon agenda d’apéros et de mariages et de cinémas et d’anniversaires et de dîners et de cafés et de...&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;«&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;je sais que tu veux aller au parc floral mais tu veux pas passer bruncher à la maison avant?&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;»&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;«tu brunches? ça te dit, je te rejoins au parc floral pour les concerts tout à l’heure?» &lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;t’es où? &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;t’es au parc floral? j’ai un dîner avec des amis après, tu viens avec moi?»&lt;br /&gt;«il est cool ton dîner? tu fais quoi après? j’ai une fête, ça te tente?»&lt;br /&gt;«je te réveille? je passe te chercher dans une heure et on va faire les soldes?»&lt;br /&gt;«t’as fait les soldes? haaaaan, j’arrive avec une bouteille et tu me montres tes robes, après j’ai un concert de mec qui vont fêter ça autour d’un bon dîner, plus tard, et ils ont un plan fête après»&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;... et 3 jours ont passé, le temps a filé en conversations dont je suis incapable de me souvenir, en sensations déjà enfouies sous trop de vodka, en réflexions avortées trop vite.&lt;br /&gt;Ma solitude assiste au déroulement des opérations, d’abord amusée, puis assez vite jalouse, inquiète et, pour finir, enfin, vexée, elle claque la porte. Et quand je réalise qu’elle n’est plus là, c’est déjà trop tard; je suis seule, mais seule comme le type sur son scooter. Pas seule comme j’ai toujours aimé l’être, comme ça m’a toujours plu et servi.&lt;br /&gt;Pourtant c’est chez elle, et nulle part ailleurs que les choses se passent. Elle sait tout parce qu’avec elle, tout est possible, tout est brutalement honnête et dénué d’artifices, elle est crue et saignante, elle est franche, elle me met à poil; elle, elle a vraiment envie de vie. Je vous aime mieux quand je vous vois peu, je ne peux pas vous enchaîner, vous n'êtes pas des cigarettes, je veux être absolument avec vous quand je suis face à vous, et je veux être absolument moi. Vous ne m'aimeriez plus non plus, dans le cas contraire, de toute façon. Elle est ma came, mais aussi mon secret beauté et ma recette de grand-mère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;object height="344" width="425"&gt;&lt;param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/UuHDceDUSyU&amp;amp;hl=fr&amp;amp;fs=1&amp;amp;"&gt;&lt;param name="allowFullScreen" value="true"&gt;&lt;param name="allowscriptaccess" value="always"&gt;&lt;embed src="http://www.youtube.com/v/UuHDceDUSyU&amp;amp;hl=fr&amp;amp;fs=1&amp;amp;" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" height="344" width="425"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Y’a quelque chose de sacré dans la solitude, dans le respect de la solitude. Et quelque chose d'extrêmement calorique aussi. On veut tout, tout de suite, affamé; parce qu’on sait que tout est possible, on a mille chose à dire et pas assez de temps.&lt;br /&gt;J’ai jamais écrit autrement qu’en jet, qu’en gerbe, qu’en instinct et maintenant que je me suis éloignée d’elle, je vois que ça vient moins, que... c’est pas ça, je suis moins à fleur de moi, ma peau est trop hydratée de crèmes de marques variées, les choses sont plus camouflées, j’ai moins d’élans, je dois sortir de la Vie pour revenir à moi, et ça gâche la vérité qu’est belle qu’à poil.&lt;br /&gt;Pas trop intellectualisée.&lt;br /&gt;Ne pas réfléchir trop fort à l’évident.&lt;br /&gt;Mais le laisser envahir nos tiroirs remplis de principes et de connaissances, les faire s’affronter et finalement cohabiter.&lt;br /&gt;Parce qu’elle est plus forte que nous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec elle, nos préoccupations s’élèvent. Un tout petit peu, si peu.&lt;br /&gt;Les filles changent de priorité, le vernis et le brushing attendront demain. Les hommes touchent enfin à la sérénité de ne pas devoir absolument séduire, et toujours assurer.&lt;br /&gt;C’est le repos du guerrier et pourtant, c’est la guerre aussi, cette solitude. Mais la guerre avec soi-même qui, si elle n’est pas la seule qui compte, est peut-être la plus dure, la plus foncièrement dépouillée et donc catégorique, intransigeante. Ca nous pardonne rien. Ca n’a pas de pitié.&lt;br /&gt;Parce qu'on n’est pas indulgent face à soi-même, on laisse ça aux autres, à ceux qui disent nous aimer.&lt;br /&gt;Nous, on se condamne, on se juge, d'accord, on se fixe quelques sursis , mais avant tout, on se connaît un peu plus. Alors, même sans avoir fait d’études de psychologie, de sociologie, d’amour ou même de paix, j’affirme qu’en sachant être seul, on offre sa chance à la vie et on ouvre la porte à tout et tout le monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Y’a plus rien de vraiment effrayant quand on se connaît sinon la peur de, justement, se perdre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y’a ce bruit de scooter, et puis, tout à l’heure, il y avait le bruit de mes talons sur le bitume.&lt;br /&gt;Je me suis demandé si quelqu’un l’entendait, depuis ses fenêtres ouvertes sur cette diva d’été qui n’en finit plus de se faire désirer; si on pensait «quelle tristesse, une fille en talons seule, à cette heure, dans la rue». Il y a des rues à ce point étroites qu’elles renvoient le bruit de nos pas, nous faisant croire qu’une autre fille marche à cette même cadence et, moi la première, je m’imagine une âme esseulée qui aurait préféré rentrer accompagnée, et qui accélère la marche de peur de se faire alpaguer par des esseulés qui ont perdu leur âme. Et qui supposent qu’en vous mimant un cunnilingus avec leur langue embourbée de whisky, ils pourraient arriver à leur faim. Fin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Là, on se sentirait pas mal "seule-au-monde-bordel-de-merde", et on serait obligée de sourire, en plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/SoH0AqOr_gI/AAAAAAAAAWs/TfMmBtMX-zE/s1600-h/marilyn_monroe_gi4.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 282px; height: 400px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/SoH0AqOr_gI/AAAAAAAAAWs/TfMmBtMX-zE/s400/marilyn_monroe_gi4.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5368840522975411714" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais, ce sont mes pas, mes échos, mes talons. J’ai voulu être seule. J’imagine que quelque part, quelqu’un me plaint, pourtant, ça y est je suis dans moi et j’ai enfin pour ma pomme, les trottoirs de la ville et le spectacle des gens. Gratos. Je croise des vraies personnes seules, vraiment seules parce que quand elles mourront - &lt;span style="font-style: italic;"&gt;ce qui, vu leur état, ne saurait tarder &lt;/span&gt;- personne ne s’en rendra compte. Et puis, il y a ceux persuadés d’être deux. Ils se tiennent la main pour se le prouver. Ils se taisent quand je les dépasse parce que ça les dépasse, précisément, et que je leur rappelle quand ils priaient pour ne plus être comme moi, seule avec l’écho des talons alors que je prie pour ne jamais être comme eux, seule avec l'écho de la solitude de l'autre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a ceux qui me le disent, d’une manière plus ou moins élégante.&lt;br /&gt;-&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Une jeune fille comme vous seule à cette heure ci?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Je les entends un peu après, parce que je parlais déjà dans ma tête avec des idées à la conversation autrement plus passionnante, je me retourne et souris quand même, évasivement. Ils ne répondent rien, parce qu’ils croyaient s’adresser à une femme triste impatiente de compagnie et que, tout à coup, ils ont vu que seule, je l’étais pas le moins du monde. Ni triste ni seule. Qu’en tout cas, je l’étais bien moins qu’eux, réduits à interpeller n’importe quelle passante pour échanger n'importe quoi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un scooter m’émeut, mes talons vous interpellent, votre interpellation me nourrit. Le cercle de la vie. Non mais sans rire, sérieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand j’ai «rendez vous», comme on dit, je rentre rarement seule. Bah, j’ai rendez vous, non? Sinon, quand "on", un groupe de gens, a prévu de se retrouver dans un bar, alors j’arrive toujours après, toujours, parce que j’aime ce moment, latent, flottant où je sais que je vais bientôt parler avec des personnes que j’aime, les toucher, rire avec un peu de chance, mais que je ne suis pas pressée. Et les aiguilles du cadran, vraiment, ont le feu au cul. Je ne me rends pas compte de l'heure déjà dépassée. J’ai tout mon temps.&lt;br /&gt;C’est tout ce que j’ai, le temps.&lt;br /&gt;Ca, et la solitude.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le temps et la solitude n’ont pas d’âge, ils vivent pour toujours, c’est tout l'intérêt, peut-être le seul. J’aime qu’ils soient mes compagnons, sans sang, sans coeur, sans respiration, l’anatomie est trop faible; j’aime répondre à leur bible et leurs commandements parce que c’est à moi qu’ils servent. D’autres croient en un dieu. Soit. Personnellement, je m'en remets, et me soumets, à cette incertitude et cette puissance du rien, du vide, du tout, du calme avant nos tempêtes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’en suis manifestement réduite à parler de ça. Ce dont tout le monde a parlé avant moi, en mieux, en pire, en quoiqu’il en soit, j’en suis réduite aux clichés, moi, déjà si petite.&lt;br /&gt;C’est la solitude dont je veux parler pourtant. Et je sais pas comment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Celle-là même qui effraie les 3/4 de la population, de la faune, de la flore, tout ce monde là ayant un léger penchant pour les regroupements, la proximité et les voisinages. Je vois bien qu’autour, ça veut être à plusieurs. Je vois bien que c’est compliqué de refuser un rendez vous sans raison particulière. Il &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;faut &lt;/span&gt;une raison. Il faudrait, pour ne pas se rendre à un dîner, avancer l’argument d’avoir déjà un autre dîner de prévu. On &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;veut&lt;/span&gt; une raison. Il semble impossible de reporter un rendez vous galant avec le simple prétexte de ne pas en avoir envie. Il est indéniable qu’assise à une terrasse de café, les autres pensent pouvoir nous aborder parce que pour eux, on ne fait pas ça, être seule, si c’est pas pour rencontrer des gens. Ca leur semble raisonnable. Que leur répondre?&lt;br /&gt;Faut dire, aussi, qu'il y a tellement de femmes qui croient qu'être seule, c'est être sans homme. Elles donnent des faux espoirs celles là. Aux autres, et à elles. Je regrette parfois cette philosophie parce que, ce sont celles-là mêmes, qui, seules dans leurs chambres imaginaient les plus belles histoire d'amouuuuuur et qui aujourd'hui perdent leur imagination quand elles perdent l'assurance de dormir dans des bras et que l'inquiètude les rend ... lâches.&lt;br /&gt;Y'en a même qui écrivent des chansons à ce sujet, je veux dire, des chansons qui se vendent, des titres qui rentrent dans le top 50.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;object height="344" width="425"&gt;&lt;param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/B5Ouhzax96M&amp;amp;hl=fr&amp;amp;fs=1&amp;amp;"&gt;&lt;param name="allowFullScreen" value="true"&gt;&lt;param name="allowscriptaccess" value="always"&gt;&lt;embed src="http://www.youtube.com/v/B5Ouhzax96M&amp;amp;hl=fr&amp;amp;fs=1&amp;amp;" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" height="344" width="425"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;Des femmes qui touchent au plus &lt;span style="font-style: italic;"&gt;profond&lt;/span&gt; d'elles mêmes uniquement quand elles ont peur qu'on ne les touche plus, des gens qui ne veulent pas qu'on les touche parce qu'ils se débrouillent très bien tous seuls, des vieux qui crèvent en espérant que leur petite fille leur rende visite au moins une fois avant de, et ceux qui aiment tellement être seuls que ces comportements, chez les autres, les excluent tout naturellement de la mascarade.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais c’est ça dont je veux parler. Et je sais pas comment. Parler de la personne qu'on aime pour toujours, avouez que c'est pas commode. Et puis, on dit pas "je t'aime" à sa solitude: on la laisse s'installer, on lui fait de la place, et on entretient l'endroit. C'est tellement plus éreintant que le reste, cette relation-là. Tellement plus sévère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jamais on a crée sans être seul, jamais on a aimé, jamais on a inventé et imaginé et tout ce que vous voudrez, sans être seul. Lucky Luke, c'est comment qu'il repart sur fond de coucher de soleil? Avec sa mie et tous ces compères peut-être?&lt;br /&gt;Je me dis parfois que si tout le monde voyait la solitude comme une amie, j’en aurais bien davantage, des amis. Et des vrais. Pas de ceux qui appellent parce que, rentrés chez eux, il faut absolument qu’ils en ressortent. J’aimerais qu’on m’appelle parce qu’on veut me voir moi. Pas parce qu’on refuse de se regarder, soi, en face. J'aime pas trop, finalement, qu'on me donne rendez-vous pour passer le temps. En plus, le temps ne passe pas, il nous regarde élaborer des subterfuges pour le remplir, et puis il reste. C'est nous qui trépassons sous ses yeux amusés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je crois que j’ai arrêté d'aimer un garçon pour ça. Il savait pas être seul.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Etre toujours plusieurs, ce serait comme mettre des couches de vie sur des couches de survie sur des couches de vécu sans jamais vivre; et ça empêcherait de ressortir la vieille boîte de lettres, s’installer en coupant le portable et les relire. Si on le fait jamais, alors pourquoi les garder? Pourquoi même les écrire?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’autre soir, c’est ce que j’ai décidé de faire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai ouvert le carton et, tout de suite, j’ai senti une sorte d’exclusivité de bien-être, réservée à moi et moi seule simplement parce que je laissais la place et le temps à des émotions sans conséquences, sans résultats immédiats. Un samedi soir à minuit, il y a finalement peu de gens seuls, assis en tailleur dans leur chambre à relire des vieilles lettres rangées dans les mauvaises enveloppes. C’était du luxe pour moi, un moment privilégié, loin de l’agitation à laquelle je me mêle souvent avec entrain. J’ai relu, donc, et sans trop me replonger dans des souvenirs, j’ai senti l’importance, l’urgence de penser à tous ceux qui avaient écrit des lettres, celles que je lisais et les autres, celles qui étaient restées au fond des tiroirs et celles déchirées sous la colère; j'étais dans la force des émotions ressenties mais sans action. Les émotions qui ne viennent pas d’un fait, d’un geste, qui ne découlent pas directement de l’attitude de quelqu’un, là, en face, mais qui naissent de la conscience de ce que les gens vivent, moi au milieu, loin, seule dans ma chambre. J’aime jamais autant les gens qu’à ces moments là.&lt;br /&gt;Il y avait une lettre, une vielle lettre, qui se terminait par le fameux "qu'il est doux de ne rien faire quand tout s'agite autour de soi". Et, l'expéditeur avait barré le "doux" pour le remplacer par "rude" puis il avait barré "rude" pour le remplacer par "indispensable". J'avais fini par remplacé tous les autres par lui, du coup, évidemment. Et je repensais à l'incroyable symbiose qu'on avait vécu, tous les 2, pourtant/justement passionnés de solitude.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Peut-être parce que je suis fille unique, peut-être à cause de ça ai-je développé une capacité à me créer des conversations, des amis, des situations imaginaires. Aujourd'hui encore, quand j'ai réussi à être seule complètement pendant environ 3 jours c'est toujours pareil, je touche au divin et donc à l'enfance. J'écoute de la musique, je danse, ça me donne envie de me maquiller d'une façon que je jugerais intolérable pour voir des gens dans la vraie vie, je me fais des coiffures, et, voilà, pile poil, j'ai 10 ans dans ma conscience adulte et ça, accrochez-vous pour me faire démordre de l'idée que c'est pas l'avenir et le meilleur anti rides.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis, un papillon de nuit a jugé utile de s’inviter à ma lonely party. Peut-être cherchait-il de la compagnie. La compagnie de la lampe. Pas être seul, quoi, et pour quoi faire, l’imbécile, il savait même pas.&lt;br /&gt;Panique.&lt;br /&gt;On est si peu de choses, malgré nos jolis principes et nos grandes théories, on est si peu de choses qui tenons à pas beaucoup plus, tout ça brinquebalant sur un fil tendu comme un truc dentaire, prêt à aider mais aussi à rompre.&lt;br /&gt;Les amis dans ma tête ne me fileront aucun coup de main, tout à coup y'a plus personne, c'est du joli, tiens. J’ai maudit mon envie d’être sans personne alors, parce que je ne pouvais plus compter que sur moi-même pour me dépatouiller et, incapable de le faire, j’étais plus rien qu’une angoissée, une mauviette prête à faire appel à n'importe qui; un homme abandonné sur un quai il y a 4 ans, pourquoi pas, juste pour qu’il vienne m’aider aujourd'hui, si personne d’autre ne répondait pour venir m’en débarrasser. Je me suis dit que, bien sur, je ne pouvais pas demander à un ami aviné et enfoui dans un sous sol de Pigalle de venir m’aider, bien sur, je ne pouvais pas. Mais alors à qui? Et, est ce que je n’étais pas seule comme le type sur son scooter tout à coup?&lt;br /&gt;Cette idée m’a révoltée au point que... Comment un papillon pouvait débarquer et tout remettre en question, de quel droit, non mais. Aussi ai-je pris sur moi et j’ai sorti l’aspirateur.&lt;br /&gt;Faut que je sois claire sur ce point: de manière générale, je suis contre la peine de mort. De manière générale, je suis pour les noctambules. Mais les papillons de nuit, ça vient foutre un bordel sans nom dans tous mes principes. Je panique, je ne suis plus moi-même, je pourrais, vraiment hein, je pourrais tuer quelqu’un qui s’amuse à m’en poser un dans les cheveux. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;(D'accord, «poser un papillon de nuit dans les cheveux de quelqu’un» n’est pas une activité courante, mais les phobies vous font imaginer des trucs déments.)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Les araignées, par exemple, j’aime pas non plus, mais je cale un verre sur elles, un papier au dessous, et je les vire au dessus du balcon depuis mon 6° étage. Elles s’en sortiront, ne vous inquiétez pas. Mais les papillons de nuit...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils sont comme ce bruit de scooter, tout compte fait. Ils jouent de leurs talons sur mes murs, mais moi, j'ai pas envie de les prendre dans mes bras, chacun sa merde. Ils sont des Seuls pas Solitaires qui courent à tout prix après une compagnie qui ne veut pas d'eux.&lt;br /&gt;Leur existence est à ce point vide qu’ils cherchent du contact et se collent aux lumières et s’y brûlent jusqu’au lendemain matin où, le jour leur interdisant une quelconque activité, ils iront dormir, crevés, abîmés, en attendant de s’en remettre pour s’y remettre. Ils sont fous. Ils perdent les pédales, nous rentrent dedans, n’ont aucun respect des priorités et en plus, ils font un boucan dégueu quand ils se cognent tout partout. La classe, ils connaissent pas. Sans parler du fait qu’ils sont moches. Poilus, et comme décolorés en comparaison de leurs collègues du jour dont les pigments et les croquis sur leurs ailes méritent le respect ad vitam. Ca et le fait que, eux, ils nous pompent pas l'air.&lt;br /&gt;Ils sont pathétiques, les papillons de nuit. Je ne veux pas d’eux avec moi. Si le type au scooter forçait la porte de mon hall pour me rejoindre dans l’espace restreint de l’ascenseur, je n’en penserais pas moins. Je ne voudrais pas de lui non plus. Je l'aiderais pas. Je le virerais à coups de hurlements et de lancers de sac.&lt;br /&gt;Qu’ils nous foutent la paix avec leur problème de solitude.&lt;br /&gt;Voilà pourquoi je sors l’aspirateur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais, le bruit de ses ailes dans le sac est insurmontable.&lt;br /&gt;Il est pas mort, le bougre, il lutte dans la poussière. C’est peut-être le pire des bruits que j’ai été amenée à entendre. Avec celui des petits bouts de chair du taureau, qui tombent, dans l’arène, sous les applaudissements mous d’un public qui s’en fout, en fait.&lt;br /&gt;La tristesse de leur solitude, la &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;SOLITUDE&lt;/span&gt; de leur solitude met tellement en lumière la plénitude de la mienne... Peut-être devrais-je les remercier, finalement. Alors qu’ils me donnent envie de chialer.&lt;br /&gt;Il a fallu que fasse quelque chose pour l'en sortir, c'était soit lui qui taisait le bruit de son refus de mourir soit moi qui partait le temps qu'il agonise. Alors bon.&lt;br /&gt;J'ai du élaborer tout un truc, un truc que je devrais pas raconter si je voulais qu'on ne me considère pas comme folle, un truc que je vais dire, là, pourtant:&lt;br /&gt;Voilà, j'ai ouvert l'aspirateur, fait un gros trou dans le sac et remué le barda tout en veillant à tenir le couvercle assez fermé pour ne pas me prendre Caliméro dans le visage et puis j'ai mis l'appareil sur le balcon, ouvert le couvercle tout en veillant à avoir dégagé le chemin pour vite, vite, rentrer à l'abri et refermer la fenêtre et puis j'ai attendu. Il a mis 5 bonnes minutes mais il est sorti.&lt;br /&gt;Et là, tout ce qu'il a trouvé à faire, ça a été de foncer vers un autre appartement allumé, l'imbécile malheureux. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;"J'aurais du le laisser crever, tiens"&lt;/span&gt; que je me suis dit. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;"Même pas foutu de tirer une morale d'une expérience, ce con"&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;Les autres paieront pour lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après le scooter et le papillon de nuit vient la chatte en chaleur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ca fait 2 jours qu’elle réclame de se faire foutre, la pauvresse. Elle râle et hurle, sans pudeur, seulement inquiète d’alerter un mâle dans le coin et d’avoir son rapport sexuel au bon moment dans le mois et puis enfanter des minus matous qui crèveront noyés dans une baignoire.&lt;br /&gt;Cette chatte, je l’aime très fort. C'est ce que je pense en l'entendant, je peux pas m'empêcher de l'aimer très fort. Et pourtant ses vocalises n’ont rien d’agréable mais, MAIS, elle est seule à crever, à hurler, à écarter les jambes, elle illustre parfaitement mon propos et elle le fait en temps et en heure, synchro qu’elle est, la chatte, comme une chose réduite aux besoin de ses ovaires. Voilà, précisément où elle touche le vif du sujet. Comme tous les Seuls qui aident les Solitaires à mieux voir encore que la Solitude est bonne pour eux. Elle trouvera son mâle, elle aura sa portée et l'année d'après elle remettra ça. Tout ça en boucle, jusqu'à sa mort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Faut que je m’y fasse, certains des gens que j’aime sont des animaux et veulent ne pas être seuls, et se collent aux lampes et miaulent pour avoir des enfants.&lt;br /&gt;Les gens seuls hurlent à la gueule du monde, pour qu’on les sauve; les solitaires beuglent à l’intérieur d’eux mêmes parce qu’ils savent que personne ne sauve personne, même pas eux-même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais, être seul, vraiment seul, ici et aujourd’hui, ça n’est pas vraiment possible. Ca conduirait à la folie parce que c’est pas fait pour cette vie. Jeter son téléphone, couper sa connexion internet et ne plus répondre à l’interphone... faut, faut être déjà à moitié fou, non?&lt;br /&gt;On devrait tous le faire, au même titre qu’on décide que tout le monde devrait voyager, essayer des drogues, faire le grand plongeon ou je sais pas quelle connerie, on devrait tous vraiment, vraiment pour de vrai, essayer d’être seuls.&lt;br /&gt;Mais on parie combien, qu’à terme, ça nous serait reproché, qu'on serait même puni pour ça?&lt;br /&gt;Parce qu’il y’aurait toujours un petit abandonné de législateur pour décréter qu’on a été coupable d’attentat à la pudeur et de non assistance à la vie en cours, la vie en danger.&lt;br /&gt;On parie?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Y’a pas moyen d’être tranquille, toujours quelqu’un dont il faut s’occuper quand c’est pas nous-même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;-maispastrop-&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/202453825640709732-7841422878118918614?l=beaucoupbeaucoup.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://beaucoupbeaucoup.blogspot.com/feeds/7841422878118918614/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=202453825640709732&amp;postID=7841422878118918614' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/202453825640709732/posts/default/7841422878118918614'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/202453825640709732/posts/default/7841422878118918614'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://beaucoupbeaucoup.blogspot.com/2009/08/st-jacques-de-compostelle.html' title='St Jacques De compost'/><author><name>ManonTroppo</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01434665557006111691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='12' src='http://1.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/SVC1uIkOdWI/AAAAAAAAATg/IP0XCvOxM5M/S220/allegromanontroppo.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_YsviLYWqIWk/SqY3ju0JrjI/AAAAAAAAAW0/SES5Olbp8RU/s72-c/clochard.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-202453825640709732.post-1770499224567768252</id><published>2009-07-27T13:15:00.011+02:00</published><updated>2009-07-27T14:21:25.797+02:00</updated><title type='text'>Motus et bouche cousue</title><content type='html'>&lt;span style="color: rgb(204, 0, 0);font-size:180%;" &gt;J'ai rien à dire.&lt;/span&gt; Ca arrive.&lt;br /&gt;Comme un grand vide dont je prends salement conscience quand j'essaie d'ouvrir une nouvelle fenêtre dans l'ordinateur. Elle sonne déjà rouillée, y'a tout plein de traces de poussières, quelques débuts de toiles d'araignée. L'air qui en sort a comme un parfum de naphtaline, de produits anti-mites, de cave renfermée en somme. J'ai rien à dire. Je referme dans un grincement culpabilisateur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Y'a peut-être trop de choses gardées, pas évacuées à temps pour éviter l'inextricable embouteillage de mots et de sensations, qui encombre ma syntaxe et engourdit mes doigts, tétanisés à l'idée d'affronter tout "ça". C'est pas un problème d'inspiration, c'est même le contraire: tout expirer me prendrait trop de temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai rien à dire parce que tout est bêtement... enfoui.&lt;br /&gt;Comme l'été empêtré derrière la multitude de couches de gris du ciel.&lt;br /&gt;Au dessus des nuages, il fait toujours beau. Derrière mon silen
